Les deux camps, qui ont été autorisés à manifester, pour soutenir cette visite (pro-Ouattara) mais aussi pour protester (pro-Gbagbo) étaient parqués dans le rayon de l’Elysée à 500 m l’un de l’autre.
Mais si la présence d’une dizaine de partisans de l’actuel président ivoirien n’a pas perturbé la quiétude des riverains de ce quartier chic de Paris, celle d’un demi-millier de pro-Gbagbo aura été, pour le moins, surchauffée. « Nous sommes là pour demander qu’Alassane Dramane Ouattara libère le président Laurent Gbagbo. Nous sommes ici ce matin aussi pour dire à François Hollande qu’il ne devrait pas recevoir le tueur de Duekoué sur le tapis rouge du perron de l’Elysée. Nous le disons car si Hollande est là aujourd’hui, c’est en partie grâce aux votes des Africains mais citoyens français que nous sommes », a martelé Abel Naki, avant de passer à une autre étape de la manifestation.
Alors qu’ils avaient été autorisés à manifester à la place Chassaigne à la sortie du métro Saint Philippe du roule à 500 m de l’Elysée, Abel Naki, le principal meneur des mouvements pro-Gbagbo en France, va ordonner à ses camarades de le suivre dans les rues menant droit à l’Elysée. S’ensuivra une course poursuite avec les forces de l’ordre, déployés pour la circonstance.
Malgré les pluies de gaz lacrymogène, Abel Naki et ses camarades réussiront à faire promener la colonne de policiers de Crs dans les rues avoisinant l’Elysée, avant de se replier sur la place Chassaigne. Après près de deux heures d’échauffourées avec la police, Abel Naki et une dizaine de ses lieutenants décident de s’abriter dans un restaurant près du lieu de la manifestation.
Ils seront aussitôt encerclés par les policiers de la Crs et condamnés à y rester jusqu’à la fin de la manifestation prévue pour 20h (18h Gmt). Un délai que les policiers eux-mêmes ne tiendront pas. Finalement au bout de deux heures de patience, Abel Naki, alors qu’il déjeunait tranquillement dans le restaurant loin du bruit de la manifestation, est interpellé par un officier de la police qui lui ordonne de le suivre.
Et comme s’il s’y attendait, c’est sans opposer de résistance qu’il fut embarqué dans un fourgon de la police. Direction : le commissariat le plus proche 210, avenue du Faubourg Saint Honoré à cinq minutes de la place de la manifestation. Les pièces d’identité de plusieurs autres manifestants seront contrôlées sur place et convoyés à des commissariats différents.
Au moment où nous mettons sous presse ces informations, ces pro-Gbagbo étaient toujours entre les mains de la Police.
Philippe KOUHON
(Correspondant à Paris)


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