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Visite à Bouadikro (Moronou): Affi N’Guessan de retour au bercail

le Jeudi 19 Septembre 2013 à 08:13 | Lu 487 fois



Visite à Bouadikro (Moronou): Affi N’Guessan de retour au bercail
Bouadikro, village de la sous-préfecture de Nguessankro dans le département de Bongouanou était en fête, samedi dernier, à la faveur du retour au bercail du plus illustre de ses fils, le président du Front populaire ivoirien (Fpi), Pascal Affi N’Guessan.

Changement de lieu, même décor. Les tams-tams crépitent à un rythme infernal, rivalisant d’ardeur et d’intensité. En fond sonore, le bruit aigu du Kokoa, un instrument de percussion. Des chants et des scènes de danse. Le tout, naturellement dans un vrai tintamarre! Nous sommes en pays agni. Et nous sommes à l’Ecole primaire publique de Bouadikro, dans le village natal du président du Front populaire ivoirien, Pascal Affi N’Guessan. Comme dans tout le Moronou, depuis jeudi, c’est la fête au «digne» fils du terroir. Il retrouve les siens après deux ans et demi d’absence. Pour l’événement, le répertoire musical de la localité est passé en revue. Ainsi, le Congombe de Frondôbo, l’Ahoussi de Kinimokro, l’Ehoulo et l’Ayévoi de Barnabo, la Danse Affi N’Guessan, la Danse Kili Angeline sont présents. A ces rythmes locaux, s’ajoutent bien entendu, les artistes modernes du terroir, à savoir Macy, Ama Hélène, Mo Kinimo, et Tchabio.

Un jour exceptionnel
à Bouadikro

Un jour pas comme les autres à Bouadikro. Le village s’est levé comme un seul homme pour accueil son fils. Les vieilles, les vieux, les jeunes mais aussi les enfants sont sortis de leurs maisons. Au lieu de la cérémonie, à l’Epp Bouadikro, sont dressées une dizaine de bâches sous lesquelles il n’y a aucune place pour les retardataires. De nombreuses personnes sont debout, faute de place.

Dans toutes les cours, les femmes s’affairent dans leurs cuisines et le ton est à la gaieté. Les herbes sèches qui jonchent certaines arrières cours ainsi que les abords de l’artère principale indiquent clairement au visiteur que le village a fait sa toilette.

En pays agni, quand on reçoit un visiteur, fût-il un fils du village, on lui demande toujours les nouvelles. Maintenant que la cérémonie va commencer, place «à la demande des nouvelles». Jean François Appiah, le porte-parole de la délégation du président Affi, explique les péripéties de l’arrestation du patron du Front populaire ivoirien, au lendemain du 11 avril 2011. Il avance que la lutte a été âpre afin qu’il puisse recouvrer la liberté. Et depuis le 5 août, l’enfant du village qui dirige sans aucun doute la plus grande formation politique de Côte d’Ivoire respire à nouveau l’air de la liberté.

«Après cette bonne nouvelle, il était tout indiqué qu’il arrive au village ici, pour saluer les parents. En venant, il a voulu emprunter l’avion. Mais, il s’est dit que l’avion n’est pas nécessaire. Aussi s’est-il résolu à emprunter la voiture. Depuis jeudi donc, nous sommes en route. Mais comme il appartient à toute la Côte d’Ivoire, arrivé à Akoupé et à Adzopé, les Attié l’ont pris. Arrivé à Arrah, nos frères aussi l’ont arrêté pour qu’il passe un temps en leur compagnie. Hier (Ndlr : vendredi), nous étions à M’Batto et nous arrivons ici aujourd’hui», dira le porte-parole. La fin de son récit est suivie par un tonnerre d’applaudissements, comme pour apprécier sa maîtrise de l’art oratoire.

C’est au tour des hôtes de la délégation de donner les nouvelles du terroir. Tâche exécutée par le porte-parole du chef du village, Nanan Kouassi Paulin. «En votre absence, nous avons souffert, il y a eu plusieurs décès. Mais avec l’aide des aînés, nous avons pu faire ce qu’il y a à faire. Pendant les élections, nous étions loin de nous imaginer que les choses tourneraient ainsi. Les gens avaient déjà choisi quelqu’un. Mais au lieu de le dire pour qu’Affi et Gbagbo se retirent, ils n’ont pas eu le courage de le dire. Et au moment des votes, nous voyons qu’il y a des gens en arme. Ce qui devrait arriver arriva…

Que faire ? Nous avons invoqué les mannes, les génies protecteurs…Le 5 août, alors que j’étais au champ, on m’a appelé pour me dire qu’Affi a été libéré. Dans la précipitation, j’ai confondu mon chapeau au chapeau de fortune que mon fils a confectionné à l’aide de feuilles de bananiers (rires dans le public). Arrivé au village, c’était la fête. Et le chef a voulu savoir si c’était vrai. Il a alors demandé que quelqu’un parte à Abidjan. C’est que nous avons fait. Et nous sommes allés le voir pour être rassurés. Depuis des jours donc, le village vous attend», a-t-il assuré. Encore une fois, une salve d’applaudissements.

Les pas des danseuses sont exécutés à la perfection

C’est jour d’allégresse. Jour de joie à Bouadikro. Place naturellement au show après les échanges de civilités bien agniennes ! La danse Ayévoi de Barnabo venue de trois kilomètres, fait une prestation qui fait exulter le public. C’est que les pas des danseuses sont majestueusement et parfaitement exécutés, ce qui donnait le sentiment que la rythmique et la cadence du tam-tam communiquaient avec les pieds des danseuses. Conséquence : applaudissements et cris de joie accompagnaient chaque petite pause.

La secrétaire nationale de l’Organisation des femmes du Front populaire ivoirien (Offpi), Marie-Odette Lorougnon, venue accompagner le président Affi, se lève pour esquisser, elle aussi, quelques pas d’Akpogbo, l’une des danses les plus en vue dans le pays agni. La Danse Affi de Bouadikro prend le relais. L’ancien prisonnier de Bouna s’invite lui aussi dans le show et rejoint «son» groupe au pas de danse. Ce qui suit ne sont que applaudissements à tout rompre. Puis arrive la danse Kili Angeline de Bouadikro. Un des événements attendus. Présente dans la délégation du président du FPI, elle se lève majestueusement et tout en finesse, exécute des pas de danse sous les hourras du public. Quand arrive le tour de l’Ahoussi de Kinomokro, le mercure monte. Dans le public, on apprécie beaucoup la profondeur de son message. Traduction : «Affi N’Guessan est comme le champ de canne à sucre.

Lorsque votre champ de canne à sucre a bien réussi, il arrive que des personnes de mauvaise volonté y mettent le feu. Un tel acte est affligeant, mais il ne faut pas se laisser abattre. Car à la première pluie, le champ repoussera de plus belle. Lorsque la politique a commencé, certains ici ont hué et chassé Affi. Dans les années qui ont suivi, il est devenu maire de Bongouanou». Toute l’assistance pousse des hourras qui encouragent le groupe. Et ajoute : «Mais les détracteurs ne se sont pas arrêtés en si bon chemin. Ils ont continué, et quelques années plus tard, il a été nommé Premier ministre. Voilà qu’aujourd’hui, les méchants l’ont jeté en prison. Que deviendra Affi demain ?».

Le chef incline légèrement le verre, verse quelques gouttes de boisson

En pays agni, la prison est sans doute le déshonneur qui suscite la plus grande répulsion. Et quand on en sort, la tradition veut que l’on soit lavé de toutes les souillures pour redevenir homme, la créature de Dieu. Voici venue donc la séance de purification du président du FPI. Nana Kassi Paulin, chef de Bouadikro, se lève de son chaise. Il se dirige au centre du lieu de rassemblement, en compagnie de certains de ses notables. L’un d’entre eux sert de la boisson dans un petit verre qu’il lui remet.

Le chef incline légèrement le verre, verse quelques gouttes de boisson et psalmodie des prières : «Affi était presque au sommet. Mais les méchants l’ont fait tomber». A nouveau quelques gouttes de boisson, puis : «Nous vous avons prié. Aujourd’hui, nos appels, nos supplications ont été entendus». Encore des gouttes de boisson et il continue sa psalmodie : «Il est libre. Nous vous en remercions». Toujours des gouttes de boisson et toujours les récits sans inflexion : «Nous vous le confions pour que vous le laviez de la souillure de la prison, afin qu’il ait la force, le courage et la sagesse nécessaire pour avancer jusqu’au sommet (…)». Le chef verse quelques gouttes de boisson et avale le fond du verre. Aussitôt après, des cris et des applaudissements pour saluer le message «fort» de nanan (ndlr : le chef du village).

Nouvelle plage d’animation. Le Congombe de Frondôbo, l’Ehoulo de Barnabo et les filleules d’Affi N’Guessan, vainqueur de l’édition 2010 de l’émission Wozo vacances font danser et chanter le public. Les artistes tradi-modernes ne sont pas en reste. Ama Hélène crée l’émeute avec sa chanson «Sran», entendez l’homme. Elle y soutient que l’homme est la force de l’homme. Aussi demande-t-elle aux populations du Moronou de se ranger derrière Affi N’Guessan pour lui donner la force. Le Dj balance. «Y’a rien en face, c’est maïs ; Y’a rien en face, c’est maïs. Et la population de reprendre en chœur : «C’est comment commennnnt Affi N’Guessan il est sur terrain, devant c’est maïs…»

« Affi, le Gontagon »

La parole est aux camarades de lutte de Pascal Affi N’Guessan, les militants Fpi de la fédération de Danané venue avec une forte délégation pour vivre la fête. «L’événement qui nous rassemble est suivi par toute la Côte d’Ivoire. Ce digne fils de la Côte d’Ivoire est sorti d’un lieu qui ne lui ressemble pas (…). Nous voulons te saluer pour la promptitude avec laquelle tu as repris le combat. Tu as notre soutien pour le faire. Tu représentes ce qu’on appelle «Gontagon» c’est-à-dire, le porte-flambeau pour nous conduire à la libération de Laurent Gbagbo», dira Gba Konta, porte-parole de la délégation. Conformément à la tradition dan, il déclare Affi purifié de la souillure de la prison. Pour symboliser l’acte, il lui offre un boubou blanc et un bélier.

Prenant la parole, le président Affi N’Guessan a dit sa gratitude à tous ceux et toutes celles qui, de jour comme de nuit, n’ont cessé de prier pour sa libération. Il a soutenu que c’est la forte réclamation des populations qui a abouti à ce dénouement. Aussi a-t-il exhorté les uns et les autres à continuer dans ce sens afin que tous les autres détenus politiques puissent recouvrer la liberté.

Flash back. Il était 11h 30 minutes quand le digne fils de Bouadikro a foulé le sol de son village. Il était vêtu de blanc. Pantalon blanc, chemise blanche, babouches blanches. Un uniforme dont la couleur est rigoureusement fixée sur du bazin. Avant de rentrer dans le village, il est allé s’incliner sur la tombe de son père. A l’accueil, il y avait Brou Konin et Affi Ahou, ses sœurs. Arrivé à leur niveau, elles se sont jetées dans ses bras. Passé le temps de l’émotion et des étreintes, la procession s’est poursuivie jusqu’à l’école primaire publique de Bouadikro, le lieu de la cérémonie.
Le dimanche, le président Affi N’Guessan s’est rendu à Akakro, son village maternel. Une messe œcuménique a été organisée pour rendre gloire à Dieu. Akakro était aussi en fête.



César Ebrokié envoyé spécial dans le Moronou
Source : Notrevoie

Jeudi 19 Septembre 2013
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