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Verone Mankou : « Je Ne Souhaite Plus Qu’on M’appelle Le Steve Jobs Africain »

L'Afrique en mouvement - Afrik53.com : Infos 7J/7 le Jeudi 29 Mai 2014 à 00:00 | Lu 7090 fois

Concepteur de la première tablette tactile africaine et le premier smartphone africain, Vérone Mankou, nous a honoré en nous accordant une interview exclusive où il répond à cœur-ouvert à des questions que nous avons longtemps tenu à lui poser mais aussi celles qui font polémique.

Dans cette interview marathon, Vérone Mankou nous fait beaucoup de confessions, tant sur lui, que sur son entreprise VMK. Il déclare par exemple qu’il est devenu « plus entrepreneur que technicien » ou encore qu’il souhaite plus être appelé le Steve Jobs africain comme c’est le cas aujourd’hui. Il nous a également confié que « VMK ne va jamais développer de système d’exploitation ».

Sa vision, ses projets, son plus grand rêve, ses modèles, son regard sur la jeunesse … : tout cela est à découvrir dans cet entretien qui a duré six (6) mois.



Le sigle VMK se rapporte aussi bien à Vérone Mankou qu’à Vumbuka. Notre rédaction a même tenté de décrypter votre logo. Elle a pu remarquer que sur celui-ci, le « V » est comme isolé, et en petit caractère tel un prénom tandis que les lettres « M » et « K » sont plus visibles et en lettres capitales, on dirait le diminutif de votre nom, Mankou. Pourquoi doit doit-on croire que VMK signifie Vumbuka plutôt que Vérone Mankou ?

Déjà, selon la logique des choses au Congo, s’il fallait l’appeler Vérone Mankou, le sigle devrait être VM au lieu de VMK. Quand on a l’appelé VMK, pour nous ça voulait dire « Vumbuka ». C’est vrai que je peux comprendre cette nuance.C’est comme lorsque vous voyez un verre à moitié rempli, quelqu’un d’autre peut dire qu’il est à moitié vide. On ne peut pas dire que l’un d’entre vous a un problème de vision. Chacun est libre de donner l’interprétation qui lui semble meilleure.

VMK a emménagé dans un nouveau local depuis quelques semaines. Vous êtes enfin chez vous ?

Vu notre plan de développement, nous n’avons pas encore la volonté de construire notre propre siège. En 2012, on avait un local qui aujourd’hui est devenu très petit car à l’époque nous étions moins nombreux qu’aujourd’hui ; nous avons alors décidé de diviser les choses en envoyant l’équipe commerciale dans un local situé dans l’une des zones les plus commerciales de la ville et l’équipe de direction dans une autre où sera notre atelier de production.

VMK célèbrera cette année ses 5 ans d’existences. Quel bilan faites-vous des 5 années précédentes et quelle est votre vision pour les années à venir ?

VMK aura 5 ans en Juillet, le 10 précisément. Pour moi, VMK c’est comme un enfant. En 5 ans, VMK a appris à parler, à marcher, à courir. VMK apprend vite. Je ne peux être que ravi de ce que nous avons connu en 5 ans car ce n’était pas facile. Nous avons eu des hauts et des bas, nous avons eu beaucoup de problèmes comme toute jeune entreprise. Pour nous, le cap pour les cinq prochaines années, c’est de conquérir le continent. VMK n’a toujours été qu’au Congo. Pour nous, les 5 ans qui vont suivre vont nous permettre de délocaliser la production, petit à petit, de la Chine au Congo, pour que demain, tous nos produits soient conçus et assemblés sur place.

Et pour cela, nous allons également ouvrir une usine dans chaque ensemble régional. Dans la zone CEMAC, nous avons déjà le Congo ; dans la zone UEMOA, on aura la Côte d’Ivoire ou le Nigéria. Nous trouverons aussi un pays en Afrique Australe et orientale. Nous allons vers une diversification de notre catalogue qu’on va étoffer avec beaucoup de produits car VMK a toujours eu pour objectif de mettre, entre toutes les mains, la technologie a un prix accessible et la technologie existe sous diverse forme et nous allons réfléchir pour que nous puissions avoir un produit pour chaque forme. En bref, ces 5 ans c’est :

- L’expansion
- Le transfert de technologies en Afrique
- Le développement de notre gamme de produits … et, pourquoi pas, l’entrée en bourse.

Le développement de VMK à l’international : où est ce que vous en êtes ?

Développer un projet à l’international, c’est un peu plus compliqué qu’on le pensait. Ce qui fait qu’on a dû revoir beaucoup de nos plans. On pensait lancer quatre (4) opérations cette année ; ça fait plus de cinq (5) moi que nous sommes encore derrière la première opération qui est la Côte d’Ivoire (dont le lancement est prévu pour le deuxième semestre 2014).

VMK est une entreprise africaine d’origine congolaise. Pour qu’on affirme notre africanité, nous devons être présents dans 54 pays. Nous avançons pour être présent dans tous ces pays. Quelle que soit la vitesse de l’avancée, le plus important c’est d’y arriver.

Le partenariat entre VMK et les opérateurs va continuer ?

Nous sommes assez fiers de notre partenariat avec les opérateurs ; un partenariat qui va d’ailleurs s’élargir ici au Congo et dans les pays où nous allons nous implanter. Nous ne pouvons pas nous dire que nous allons pouvoir vendre nos produits tous seuls. Nous avons besoin d’un réseau de distribution qui prend en compte les partenaires comme les opérateurs et les distributeurs que nous avons partout dans quartiers, dans nos villes et ce partenariat va continuer et il va même s’accentuer car nous pensons que nous sortons gagnant de cela ; ce qui est aussi le cas pour nos partenaires. Donc, tant que c’est du gagnant-gagnant, nous restons.

Quelles difficultés votre entreprise a-t-elle rencontré de sa création à aujourd’hui ?

Ouf ! Je veux bien croire que vos lecteurs ont suffisamment de temps pour lire le contenu de cet entretien, mais s’il faut énumérer les difficultés que nous avons rencontrés, je suppose votre article serait interminable. Cependant, je peux vous citer nos 2 principales difficultés, notons : La recherche de talents et le financement. J’ai préféré citer la recherche de talents en premier parce que c’était le plus dur à faire. C’est un véritable casse-tête, dans un pays comme le nôtre, où on ne forme pas d’ingénieurs ; d’où notre intérêt d’aller vers l’expansion pour pouvoir recruter des talents un peu partout en Afrique, là où ils se trouvent, plutôt que de les ramener au Congo.

Nous avons aussi eu beaucoup de soucis de management. Comme vous le savez, un créateur de start-up n’est pas obligatoirement un entrepreneur et le début de ma vie d’entrepreneur était marqué par plusieurs échecs, l’incompétence etc. : c’était chaotique. Mais avec le temps, j’ai commencé à apprendre, comprendre et je fais de mon mieux pour mieux mener cette vie et aujourd’hui je pense que je suis un meilleur entrepreneur, qu’il y a deux ans, qu’il y a trois ans, qu’il y a cinq ans parce qu’il y a cinq ans, j’étais plus technicien qu’entrepreneur et aujourd’hui, c’est tout le contraire : je suis plus entrepreneur que technicien.

Que sont devenus les différents projets que vous avez eu a annoncé ici et là sans suite ? Notamment le projet de conception d’un ordinateur ou encore d’une tablette éducative … Vous avez même promis mettre sur le marché la tablette la moins chère : était-ce un simple coup de buzz ou ce sont des projets qui sont réellement en cours de concrétisation ?

Il nous faut jusqu’à vingt-quatre mois pour mettre un produit sur le marché. Dans ces vingt-quatre mois, il peut se passer beaucoup de choses. Il peut arriver qu’il y’ait des retards, des reports …. Dans le cas de VMK, nous n’avons jamais annoncé quelque chose que nous n’étions pas capables de faire. Nous avions dit que nous avons une solution pour qu’il y ait un ordinateur dans tous les foyers en Afrique à un prix très accessible et nous y travaillons encore.

Le banc d’essai est prêt et il nous reste plus qu’à trouver des mécanismes pour l’emmener à la production de masse. Le projet de la tablette éducative est pratiquement fini, la production va démarrer dans quelques mois. Elle sera donc sur le marché avant la fin de cette année. Je suppose qu’elle sera la tablette la moins chère sur le marché car mettre une tablette, à moins de 100.000 Francs CFA, pour la qualité que nous allons faire, je crois que c’est quelque chose d’exceptionnel. Je ne veux pas en dire un peu trop mais je reste confiant qu’elle sera de loin la tablette la plus accessible pour une qualité exceptionnelle.

En parlant de projets, y’en a un autre qui vient de nous revenir : votre projet de fabrication de drones. Est-ce aussi un aussi un projet de VMK ?

En effet, j’ai annoncé sur ma page Facebook que j’’étais en train de concevoir un drone. Non, ce n’est pas un projet de VMK ; tous les projets de Vérone Mankou ne sont pas des projets de VMK. C’est un projet personnel. VMK est lui aussi né d’un projet personnel, au départ je voulais concevoir un ordinateur portable moins cher et ça a abouti à ce qu’est, aujourd’hui, VMK. A présent, je caresse le rêve de pouvoir faire des drones parce que c’est quelque chose qui me passionne et c’est une technologie d’avenir. Je ne sais pas quelle est l’entreprise qui sera créée après ce projet qui avance très bien. Je pense que d’ici l’année prochaine, notre drone effectuera son premier vol officiel.

De la tablette tactile aux drones. N’êtes-vous pas en train de sortir de votre contexte ?

Non, je ne suis pas en train de sortir de mon contexte. Mon contexte, c’est rendre à la réalité tous mes projets dans les sujets qui me passionnent. La tablette était un projet dans un sujet passionnant. J’ai lancé la tablette parce que la technologie m’a toujours passionné. Pas seulement la technologie informatique mais également la technologie embarquée. J’espère faire avec ce drone ce que j’ai pu faire avec la tablette, c’est-à-dire, un projet qui a quitté le papier, qui est arrivé à la réalité, qui a été utilisé par beaucoup de personnes et qui a fait la joie de beaucoup d’autres. Donc, je pense que je ne me disperse pas.

Vous envisagez lancer une école. Nous faisons partis de votre entourage et dans votre entourage, c’est un secret de polichinelle. Est-ce le fameux VMK Academy ou autre chose ?

Je ne m’attendais pas à en parler ici. VMK Academy n’est pas une école, c’est un projet de renforcement de capacité de l’équipe de VMK, c’est-à-dire, nous avons besoin de plusieurs types de profils qu’on a du mal à trouver au Congo parce qu’ils ne sont pas assez formés au niveau des écoles, voire quasiment pas. Nous avons donc décidé de les récupérer dans les établissements où ils seront détectés pour les former chez VMK de sorte qu’ils soient capables de répondre à des besoins spécifiques de l’entreprise après leur formation. Leur intégration au sein de nos équipes sont garanties.

Par contre, mon projet d’école a pour nom de code : « Infinite School ». C’est un projet que je ne pourrais pas bien définir, car pris au dépourvu. Tout ce que je peux vous dire c’est que la majorité des écoles supérieures d’informatique, au Congo, ne sont pas créés par ceux qui ont un background de technicien, ce qui fait que, nous avons des écoles, qui, au départ, n’avait pas vocation à être technique, mais qui au cours de leur vie, lancent des filières techniques, ce qui n’est pas une mauvaise chose.

Malheureusement, la qualité de la formation, de l’environnement de la formation et même celle des formateurs ne suit pas. Les métiers des technologies sont les métiers d’aujourd’hui et de demain et chaque année qui passe, les besoins des entreprises évoluent rapidement. Les écoles qui sont sur place, n’arrivent pas à suivre.

Pour cela, je vais lancer dès l’année 2015, une école qui a pour vocation, la formation des talents, des vrais. Vous savez au Congo, quand un élève rentre dans un institut, s’il en sort talentueux, il ne faut pas se dire que c’est l’école qui lui a rendu talentueux…mais qu’il était talentueux en y entrant. Le système de formation d’aujourd’hui fait que si vous n’êtes pas talentueux à l’entrée, vous ne le serez pas à la sortie. L’Infinite School est l’institut où il faudra être pour acquérir du talent. Personnellement, je n’ai qu’un Bac +2. Lorsque j’ai voulu poursuivre mes études, j’ai cherché les meilleures écoles de la place, j’en ai trouvé mais quand j’ai vu la formation qu’on me proposait pour le niveau Bac +3, j’ai décidé de laisser tomber parce que c’était une peine perdue.

Je n’avais rien à apprendre, non pas du fait que je me croyais trop intelligent mais parce que le contenu était creux, vide. J’ai toujours rêvé de continuer avec les études qui dans une école qui me permettrait de gagner en connaissances, en capacités : cette école n’existe pas au Congo. Mais croyez-moi, elle va bientôt exister. Avec l’Infinite School, j’ai décidé de réaliser l’école de mes rêves.

Vous êtes plusieurs fois revenu sur le mot « formation » lorsque vous avez parlé de VMK Academy et d’Infinite School. Ce qu’on retient, c’est que vous allez pouvoir former des techniciens. Alors doit-on attendre un système d’exploitation VMK ?

Cette question de système d’exploitation revient très souvent. Je vous faisais comprendre qu’aujourd’hui je suis plus un entrepreneur que technicien. Lorsque les gens me suggèrent de créer un système d’exploitation, pour prouver par exemple qu’on a une touche africaine ; pour moi, c’est d’une bassesse inouïe. Nous n’avons pas besoin de créer un système d’exploitation. Ceux qui en parlent sont des ignorants. Ceux qui savent analyser le marché arrivent à remarquer qu’il n’y a que trois (3) grands systèmes, je cite : Android, iOS et Windows Phone. Ils sont créés par de grands groupes qui investissent beaucoup d’argent pour leur promotion ; ils comptent, à trois, plusieurs millions d’applications. Moins d’1% de ceux-ci ont été développés en Afrique. A quoi cela servirait à VMK de lancer un système pour se retrouver, ensuite, en position de faiblesse ?

Ce qui fait un système d’exploitation, ce n’est pas un constructeur mais son contenu. Alors qui va développer du contenu pour ce système ? ; C’est vrai qu’il faut être dans une approche où « demain, ça va changer » mais cette approche-là n’est pas valable pour les OS. Le système que nous utilisons aujourd’hui sur nos ordinateurs Windows existe depuis longtemps, et s’il fallait lancer un système pour prouver la compétence nationale ou régionale d’une sous-région, Samsung aurait, lui, aussi, lancé son OS pour PC, pareil pour Asus et autres. Pourquoi ils ne l’ont pas fait ? : C’est tout simplement parce que le plus important ce n’est pas l’OS mais le contenu et ce contenu on peut le mettre dans n’importe quel système quand il est bon. S’il n’en tient qu’à moi, je ne vise pas développer un OS et je ne pense pas pouvoir le faire. Je vise plutôt ramener du contenu sur les devices. Que fera alors un OS tant qu’on n’a pas du contenu ? : rien.

A l’époque, nous avions le système de BlackBerry (BlackBerry OS) ; Palm OS; Bada ; MeeGo (conçu par Nokia et Intel). Palm OS est devenu WebOS, que Hewlett Packard avait racheté à un milliard de dollars et a investi plusieurs millions pour développer son contenu, pensant qu’il détenait la clé du succès. L’arrivée sur le marché de ce système était un vrai flop.

Quand iOS, d’Apple, a commencé à déferler dans le monde entier, Nokia a voulu réagir avec MeeGo ; il était prétendu être « le iOS killer ». Son arrivée sur le marché … : une bourde. Moins de deux (2) ans après son lancement, le finlandais a décidé de jeter l’éponge.

Prenons également le cas de Bada qui était censé être une alternative à Android que Samsung avait lancé en mettant en jeu d’importants moyens financiers. Ce système n’a pas tardé à être abandonné par Samsung.

Je vais remonter encore plus loin. A l’époque, Microsoft avait son couple DOS-Windows, Apple avait le sien. Y’avait d’autres systèmes comme BeOS etc. Au fil du temps, les petits systèmes ont fini par disparaître pour laisser émerger deux grands du secteur des PC : Windows et les systèmes à base Unix (Linux, Mac OS …).

Sur les mobiles, chaque constructeur, avait, au départ, son système d’exploitation. Mais il est arrivé un moment où l’offre a baissé. On avait : Windows Mobile (l’ancêtre de Windows Phone), Symbian, BlackBerry OS,… et quand le marché à continuer à se développer, les « petits systèmes » ont disparus.

On a même entendu parler de Firefox OS. Vous êtes déjà tombé sur un appareil tournant sous ce système ? : Je crois que non ! Même moi qui a la chance de beaucoup voyager, je ne suis tombé dessus qu’une seule fois.

Même quand on me parle de Tizen de Samsung, je suis prudent, car avant de s’appeler Tizen, il s’appelait MeeGo, le même système que Nokia avait décidé de lâcher

Donc, dire à VMK de développer un OS, c’est le pousser vers une dépense inutile. Pourquoi ? : Parce que VMK va recruter des talents, va concentrer deux ou trois ans pour développer un système, qui, à sa sortie, ne sera utilisé par personne. Dans cette histoire de systèmes d’exploitation, il est aussi rare qu’une entreprise qui fabrique les devices conçoive, en même temps, les OS. Ya pas d’intérêt à vouloir se lancer à la fois dans le Hardware et dans le Software. Vous allez me dire qu’Apple l’a fait … : Oui Apple l’a fait en voulant fermer son software et son hardware, résultat : Apple perd du terrain. Dans quelques années, Windows Phone aura pris la deuxième place et iOS, la troisième pour la simple raison qu’Apple ne veut pas « ouvrir son système » ; or il n’y a pas de place pour les systèmes fermés.

Ubuntu envisage aussi lancer son OS pour mobile. Soyez en sûr, ils vont aussi finir par se casser la tête. Vous voulez aussi que VMK entre dans cette danse ? : Je peux vous garantir que … VMK ne va jamais développer de système d’exploitation tout comme il ne développera pas, non, plus des applications à la place des développeurs ; c’est un choix stratégique qui nous permettra de continuer jusqu’aux dix (10) prochaines années.

Maintenant, ceux, qui restent convaincu que l’authenticité des produits VMK passe nécessairement par un système d’exploitation africain, peuvent toutefois le développer et nous l’offrir !

Vous pensez que les raisons que vous venez d’avancer expliquent le fait que le téléphone Elikia Moké tourne sur le même OS que la plupart des feature-phones OEM, vulgairement appelés « téléphones chinois » au Congo ?

Comme je venais de vous le préciser : nous ne développerons pas de système d’exploitation. Lorsque nous avons eu envie de mettre sur le marché un feature-phone, nous nous sommes basés sur une plateforme de notre fournisseur de microprocesseurs, et ce fournisseur a déjà un OS pour tourner sur ces processeurs : nous l’avons utilisé tout comme tous les autres qui ont utilisé la même plateforme. C’est un système qui répond aux besoins d’un utilisateur du feature-phone Elikia Moké. Pourquoi vouloir se tracasser ? : Laissez-moi vous dire, une fois de plus, que le plus important c’est d’emmener du contenu dans ce système. En mettant internet, une plateforme Java, je pense que les gens ont pu étendre les capacités de ce téléphone pour en faire un usage beaucoup plus agréable.

Ce n’est donc pas une question de téléphone OEM des chinois ; même Android se retrouve aujourd’hui dans la majorité des téléphones ou tablettes OEM du fait qu’il est gratuit. C’est plutôt une question de fournisseur et pour le moment, il y’en a pas assez pour les téléphones basiques. Certains constructeurs préfèrent ajouter une surcouche, ce que VMK n’envisage pas faire car lorsqu’il faudra faire la mise à jour de ce système (par exemple en cas d’une faille de sécurité grave), il faudra redévelopper la surcouche et cela prend beaucoup de temps, ce qui pourra nous faire perdre des clients qui vont, sans doute, se lasser d’attendre.

Vous avez promis, via un billet de blog, la bagatelle somme de 25.000 dollars à celui qui allait trouver un appareil qui reprenait exactement le même design que celui du smartphone Elikia. Pourquoi n’avez-vous pas lancé le même défi pour tablette Way-C ? Avez-vous eu peur que quelqu’un le trouve facilement ?
Tout simplement parce que la tablette n’est plus sur le marché. Ce pari concerne tant la tablette tactile que le smartphone.

J’entends très souvent les mauvaises langues dire que « nous faisons du copier – coller ». Ce qu’ils ont tendance à tendance à oublier c’est que le « coller » est conforme à la « copie ». Ceci dit, si le nôtre est un « coller » : qu’ils nous emmènent la « copie ». D’aucuns pourront dire qu’ils n’ont pas le temps, qu’ils ont beaucoup mieux à faire, je suis d’accord. J’ai mis 25.000 dollars sur la table pour les motiver, afin qu’ils nous ramènent la « copie » dont nos produits sont le « coller » ; jusqu’à lors nous avons rien reçu.

On a dit la même chose de Huawei, de Xiaomi, de Oppo lorsqu’ils ont commencé. A l’époque on appelait Asus et Acer : les « clones Taïwanais ». Il y’a toujours une mauvais compréhension ou interprétation et derrière se cache parfois une mauvaise volonté dans les critiques. Avec le temps, ces gens se rendront peut être compte qu’ils ont fait des erreurs d’appréciation ; je ne considère pas ça comme de la mauvaise volonté en tant que telle.

25.000 dollars c’est beaucoup d’argent pour moi, pour VMK. Il est d’un fait que j’aurais même mis 1 million de dollars parce que je sais qu’on ne m’emmènera jamais la « copie ». J’ai confiance au travail qu’ont fait nos équipes (celles du Congo et de la Chine) et je suis prêt à mettre la main au feu que personne ne touchera ces 25.000 dollars.

Pourquoi continuez-vous à vendre un smartphone doté d’une vielle version Android, surtout quand vous savez que vous ne proposez pas de mise à jour de système?

La version Android qui tourne sur Elikia est antérieure, c’est vrai. Mais il existe encore des produits qui sortent avec Android Gingerbread. Au moment où nous avons conçu ce smartphone, la version 3.0 d’Android n’était pas encore disponible et au moment du lancement du produit, Honeycomb venait de sortir. Si nous avons du mal à le mettre à jour, ce n’est pas parce que son hardware est dépassé ; mais nous craignons que l’appareil puisse ramer et nous ne pouvons pas sacrifier l’expérience utilisateur au profit d’une version récente qui ne va apporter que peu de nouvelles fonctionnalités si ce n’est l’amélioration de l’ergonomie. Nous sommes également à la veille du lancement d’un nouveau produit qui sera doté des dernières versions disponibles mais surtout des toutes dernières technologies.

Quels sont prochains produits que VMK mettra sur le marché ? Seront-ils assemblés sur place ?
Nous avons une tablette tactile qui va arriver sur le marché, certainement cette année. Elikia, étant sorti il y’a longtemps, a besoin d’une mise à jour, d’une nouvelle version. Nous nous battons, nous travaillons sur le lancement de nos prochains produits. Pour les vingt prochains mois, nous allons lancer jusqu’à six téléphones.

Quant à la problématique de l’assemblage, nous portons à votre connaissance que notre usine, dans un premier temps, ne va assembler que des feature-phones avant de passer aux smartphones et tablettes. Il va se passer un temps, je pense dix-huit mois, pour qu’on s’adapte avec ces technologies. Vaut mieux prendre du temps pour apprendre pour mieux appliquer ensuite.

Pourquoi une usine au Congo ?

La différence entre un entrepreneur et une personne non avertie est que le premier a une grande capacité d’analyse tandis que le second en manque. L’un n’est pas plus intelligent que l’autre. Pour répondre à votre question, nous avons analysé les enjeux à venir en nous référant au passé.

A l’époque, il y’avait des téléphones qu’on fabriquait aux Etats-Unis et d’autres qu’on fabriquait en Europe. Aujourd’hui tout le monde va en Asie. Pourquoi ? : Parce que là-bas, la main d’œuvre est bon marché. Mais depuis un certain temps, les prix en Asie connaissent une hausse, lente certes, mais sûre. On voit à présent des entreprises chinoises ouvrir des usines en Ethiopie. Quand on a fini avec l’Amérique, l’Europe et l’Asie : la prochaine gare, c’est l’Afrique. Tous les analystes le disent.

Pour être leader demain, nous devons être premiers aujourd’hui. L’usine de VMK ne va pas seulement assembler des produits VMK, nous allons assembler les produits de tout le monde parce que nous aurons les capacités et les compétences requises, ce qui veut dire que même si demain 242Tech veut se lancer dans le design Hardware, nous pourrons travailler avec vous.

Je réitère : l’Afrique est la prochaine gare. Lorsque ce temps va arriver, nous serons pionniers. On a vu Google investir des millions de dollars pour lancer une Motorola aux Etats-Unis en voulant vendre du « Made in America » malheureusement c’était un « Flop In America ». Le train ne va plus repartir dans les gares où il était passé. Nous nous lançons parce que j’ai la ferme conviction que le temps de l’Afrique est arrivé.

En 2011, vous avez développé un marché d’applications, dénommé VMK Market, afin permettre aux développeurs locaux de s’épanouir. Croyez-vous que ça été une réussite ?

Personnellement je considère que c’était une réussite, surtout sur le plan technologique, parce que nous avions trouvé un manquement auquel nous avons apporté une solution. Mais sa mise en application a posé problèmes notamment du fait que VMK, jusqu’à lors n’est présent qu’au Congo. Il était difficile pour un développeur, basé hors du Congo, de développer des applications sur un téléphone qu’il n’avait pas sur son marché. Il y’avait également un problème de compétences et de 2012 à 2014, le constat reste le même.

Figurez-vous que Google organise une compétition comme Africa Android Challenge et qu’au Congo il n’y a eu que quatre soumissions d’applications, donc quatre développeurs sur les 4 millions d’habitants que compte le Congo ; ce qui correspond à un développeur pour 1 million d’habitants : c’est un désastre ! Cela explique le fait que VMK Market a été une réussite technologique mais un échec commercial parce que le nombre d’applications n’a pas dépassé les 500.

Ce qui fait la force d’une entreprise, ce sont ses échecs qui lui poussent à aller de l’avant en se surpassant. En ce moment, nous développons une solution qui va nous amener à nous surpasser en migrant VMK Market vers une solution qui va répondre aux exigences d’aujourd’hui. C’est vrai qu’avec Android, qui a dépassé le cap d’un million d’applications avec une application (presque) pour tout mais la question du contenu premium se pose toujours. Je n’en dis pas plus, retenez juste que nos échecs passés vont produire de bons fruits.

Nous allons vous poser une question qui vous a déjà été posée au cours d’une émission télé. A la différence d’aujourd’hui, nous souhaitons obtenir une réponse non complaisante : Qui est derrière VMK ?
Derrière VMK, il y’a plus d’une centaine de personnes qui travaillent pour ce projet dont moi. Au Congo, quand on lance quelque chose qui réussit, on a toujours cette propension à croire qu’il y’a des gens qui se cachent derrière. Pour le moment, nous n’avons aucun fond d’investissement qui nous accompagne ; c’est une initiative qui n’a (presque) pas changé. Nous avons quatre (4) millions de personnes qui nous soutiennent et un milliard de personnes qui nous portent dans leur cœur.

C’est une façon pour vous d’infirmer que le gouvernement a des parts dans votre société ?

D’infirmer ? [Lâche-t-il avec un air étonné]. On aurait dit que le gouvernement avait des parts dans VMK ?

A ce que je sache, il n’y a aucun partenaire institutionnel dans VMK. Je ne vois pas pourquoi le gouvernement congolais prendrait des parts ; étant donné qu’il n’a pas un fond souverain qui lui permettrait d’investir dans les projets. Si y’avait un fond, ces rumeurs pourraient être fondées. Je ne vois pas comment l’Etat pourrait faire pour investir dans ce projet. Il n’a jamais été question que le gouvernement prenne des parts dans VMK et je ne pense pas que ce sera le cas, sauf s’il lançait un fond souverain.

L’Etat congolais vous accorde au moins une aide financière ?

L’Etat congolais nous a aidé par le passé et ça tout le monde le sait. Dire qu’ « il nous accorde » : ça non. Car le dire au présent serait une façon de faire croire que c’est toujours le cas. L’Etat nous a amorcé en nous aidant à passer du point A au point B. Il nous reste, cependant, 24 points à passer et pour cela, nous parlons avec ceux qui nous vont nous tendre la main pour continuer. Ça peut être le gouvernement (encore) ou d’autres. Nous n’écartons personne … nous avons besoin d’avancer.

Qu’est-ce que l’Etat Congolais a gagné en contrepartie de l’aide financière dont elle vous a fait bénéficiaire ?

Dire que l’Etat congolais a gagné quelque chose, je ne sais pas ; je ne suis pas l’Etat pour répondre à sa place. Je vous prends un exemple ; lorsque vous (242Tech) êtes venus me voir parce que vous n’aviez pas de quoi acheter un nom de domaine et un espace d’hébergement : je vous ai offert ce dont vous m’avez demandé. Ce que j’ai gagné ? : C’est la joie, la fierté d’avoir contribué à ce projet ; à que je sache, je n’ai rien gagné d’autre.

Pareil avec BantuHub, une initiative pour laquelle j’ai investi beaucoup d’argent. Pas pour en gagner mais pour permettre à d’autres de changer leur vie ; de changer le monde. Donc voilà, l’Etat pouvait être dans la même logique … la fierté d’avoir un enfant qui a emprunté une bonne voie. Grâce à VMK, nous nous sommes battus pour mettre le Congo dans la carte des technologies, c’est peut être, aussi, un gain dans ce sens-là.

Visiblement, votre entreprise est en train de croître. Malgré cela, vous criez toujours à l’aide : n’avez-vous pas le soutient des banques ?

Quand on voit les entreprises de notre ère, que ce soit Facebook, Twitter et même Apple à une certaine époque, on se rend compte qu’ils ont toujours besoin d’argent pour aller d’un point à un autre. A chaque niveau, les besoins en termes de finances deviennent de plus en plus importants. Il est difficile pour une entreprise qui, au même moment, doit faire de la recherche et développement et commercialiser, d’avoir des fonds disponibles.

C’est pourquoi elle a toujours besoin de l’argent frais. Le problème avec les banques est qu’elles ne comprennent que la partie commerciale des nouvelles technologies, pas la partie R&D. Ils financent qu’à la hauteur des ventes alors qu’il y a des produits qui, pour rentrer dans leurs marges, demandent un certain temps d’attente, généralement long. Peu de banques comprennent qu’il faut d’abord financer la R&D. Nous nous permettons de penser que la donne va changer.

Qu’est- ce que vous enviez aux géants comme Apple et Samsung ?

Leur histoire, juste leur histoire

Que pensez-vous de vos concurrents ?

Lesquels ? Je pense que Samsung fait un bon travail. Il en est de même pour Apple. Chacun a une bonne vision du marché des utilisateurs et que chacun a choisi, par rapport à sa vision, de développer des produits qui, pour la plupart se ressemblent ou qui sont différents pour d’autres. Ils ont tous une approche qui vise à répondre à la demande du marché.

Et vos concurrents africains ?

Je pense que le plus important, c’est ce que nous essayons de faire. Nous voulons mettre la technologie dans toutes les mains en Afrique, chacun à sa manière, chacun selon sa méthode, chacun selon sa vision. C’est de la concurrence et les géants naissent que de la concurrence. Je félicite tous ceux qui sont en train de le faire comme nous.

Tony Smith, patron de Limitless a affirmé, au cours d’une interview qu’il a accordé à AfroConcept News qu’il a commencé avant vous. Qu’il a mis sa tablette tactile sur le marché avant vous, mais que vous, vous avez sorti à grande échelle la vôtre qui est bien inférieur à ce qu’il fabrique, parce qu’il a eu la chance d’être entouré des experts de l’industrie technologique. Mais votre gouvernement congolais s’est saisi de cette opportunité pour valoriser votre talent. Ce qui a fait qu’aujourd’hui, le Congo se positionne comme un pays technologique en Afrique : que répondez-vous par rapport à ça ?

Je ne connaissais pas ces propos. C’est vous qui me les faites découvrir. Mais bon, chacun est libre d’interpréter les choses comme il pense. Lorsque nous nous sommes lancés dans cette aventure, on ne savait pas qu’on devait avoir cet écho, ce succès. Le buzz nous a autant surpris qu’il a fait des jaloux. Je ne veux pas dire que Tony est jaloux ; je pense que les propos qu’il a tenu ne sont pas totalement justes. J’ai eu la chance de voir son produit à Paris lors de notre rencontre mais ces propos m’étonnent. Je ne souhaite pas les commenter, ceux qui veulent y croire sont libres de le faire. Les faits sont têtus, les commentaires sont libres. Le seul mérite que je puisse l’accorder, c’est que grâce à ces propos il a pu se faire citer dans cette interview, pas mal le coup de com. !

On vous considère comme le Steve Jobs africain. Est-ce une fierté pour vous ?

Vous savez, Eto’o n’est pas le Pelé africain. Eto’o est Eto’o. Cristiano Ronaldo n’est pas non plus le Pelé portugais ou européen. C’est la même chose pour Zlatan, Ronaldinho, … Chacun s’illustre ou s’est illustré selon son temps et son art. Faire référence à Steve Jobs en parlant de Vérone Mankou est flatteur car j’ai grandi en admirant Steve Jobs et mon plus grand regret c’est de ne pas pouvoir le serrer la main parce qu’il est mort trop tôt, selon moi.

Quand on le dit, ça me fait sourire, je comprends ; c’est pour mettre les choses dans le contexte. C’est quelqu’un qui a lancé des produits épatant pour un public qui ne les attendait pas : c’est peut-être ce qu’on a pu faire. On a tous grandi avec l’envie de changer le monde, Steve Jobs a réussi, Bill Gates a réussi, mon rêve à moi c’est de réussir. Mais mon souhait est que, demain, qu’on ne continue plus à m’appeler le Steve Jobs africain comme on le fait aujourd’hui mais qu’on m’appelle : Vérone Mankou.

Vous êtes plutôt un inventeur ou un concepteur ?

Je ne sais pas ce que j’ai inventé, pour ne pas dire, je n’ai encore rien inventé. Les tablettes, smartphones : ça existait avant moi. Je conçois les produits qui ont été inventés avant moi.

Ce sont donc les chinois qui vous ont fait ? Si non, justifiez votre réponse
Ce genre de questions me rappelle un sujet de rédaction au collège [Rires]. Les chinois m’ont fait : oui … et non. Pourquoi je dis oui ? : Parce que s’il n’y avait pas la Chine, mon projet de tablette tactile à bas prix n’aurait pas vu le jour. S’il fallait assembler ces produits en France, ils ne seraient pas aussi accessibles que ça.

Pourquoi non ? : Parce que j’ai payé pour en arriver là. Personne ne m’a aidé gratuitement, j’ai payé les entreprises chinoises pour m’aider à réaliser mon rêve. Ça c’est des mauvaises langues. Les gens qui le disent n’y croient même pas ; mais ils sont obligés de le dire pour rappeler leur manque d’adhésion à mon projet. C’est une interprétation méchante ; chacun choisit d’interpréter les choses comme il pense car en réalité, personne ne m’a fait, si ce n’est Dieu lui-même : c’est ce que je crois en tant que chrétien.

L’une des difficultés que nous avons rencontrées afin que vous puissiez nous accorder ces interviews est le fait que vous êtes rarement sur place. Quelles sont les retombées de vos multiples voyages ?

Je voyage beaucoup, en effet. Tous mes voyages sont des voyages de VMK. Les retombées ce sont déjà fait sentir et pour la plupart des cas, ce ne sont pas des choses sur lesquels on peut communiquer.

Vous êtes un jeune entrepreneur, vous avez été cité dans différents classements de Forbes ou Jeune Afrique. Vous avez eu à rencontrer beaucoup de leaders des quatre coins du monde. Êtes-vous en train de réaliser votre plus grand rêve ?

Mon plus grand rêve est de faire la route entre Tanger et Cape Town à bord d’une supercar de marque africaine. Mais ce n’est pas encore le cas aujourd’hui parce qu’il n’y a pas encore de route entre ces deux villes. Et la supercar africaine n’a pas encore été créée. En attendant, à chaque fois que je rencontre quelqu’un qui a plus d’expérience que moi, j’y gagne. Quand je rencontre une personnalité et que je discute avec elle, ça me fait passer en classe supérieure et pour ne pas avoir fait beaucoup d’années à l’école après le Bac, je peux dire aujourd’hui que j’ai un Bac +20.

Vérone Mankou, un modèle pour la jeunesse africaine peut-on entendre ou lire ici et là. Mais qui sont vos modèles?

J’ai beaucoup de modèles. Lorsque les gens parlent de moi, ils font plus référence à Steve Jobs sans savoir que l’un de mes plus grands modèles c’est : Richard Branson. Il y’a Steve Jobs bien entendu ; Howard Schultz ; Gervais Koffi Djondo ; Luc-Emmanuel Zanghieri ; Elon Musk ; Lei Jun ; Shigeru Miyamoto. Il y’a aussi mon père, ma mère et beaucoup de gens. La liste est non-exhaustive.

Dans une interview accordée à « Le Point », vous avez déclaré qu’ « En Afrique, chaque problème a une solution, et cette solution est une start-up ». Combien de solutions avez-vous apportez ? … c’est-à-dire combien de start-up avez-vous créé en tant que Vérone Mankou ?

Dans le grand nombre de problèmes que nous avons en Afrique, moi j’ai trouvé le problème de l’accessibilité des devices. Ce problème m’a poussé à lancer VMK. D’autres ont trouvé d’autres problèmes comme vous (242Tech) avez trouvé le manque d’informations technologiques au Congo. Moi j’ai fait ma part du boulot, quitte aux autres de faire la leur. Il faut que chacun se lance … je n’ai pas vocation à être un « serial entrepreneur » ; j’ai juste vocation à être quelqu’un qui fait bien son travail.

Vous êtes le fondateur de l’Association BantuTech, qui est à l’origine de l’initiative BantuHub : Pourquoi BantuHub ? Combien ça vous a coûté ?

Quand on a réussi à lancer VMK, je me suis rendu compte d’une chose : c’est qu’on avait réussi parce qu’on avait le cadre idéal et les moyens de réussir ; informatiques surtout. Ils sont nombreux aujourd’hui ces jeunes qui sont incapables de lancer leur startup faute de moyens. BantuHub est l’espace où l’on vous donne les moyens pour résoudre vos problèmes. C’est un espace d’incubation pour permettre à ce que chacun puisse avoir sa startup. Je ne compte pas ce que j’ai mis dans BantuHub mais aux derniers calculs, nous avons déjà dépassé les 50.000 dollars d’investissement.

Le Congo est-il le pays idéal pour la concrétisation de vos futurs projets ?

Jusqu’à lors, je considère que le Congo est le pays idéal.

Comment voyez-vous l’évolution des TIC au Congo ?

Quoi qu’il se passe, ça sera toujours mieux que ce qu’il y’a aujourd’hui. Nous sommes encore à nos prémices et chaque jour qui passe on voit une meilleure adhésion des gens vers les nouvelles technologies. On sent que les besoins s’expriment ; ce qui me fait dire que demain le Congo sera un eldorado des nouvelles technologies.

Donc vous croyez que le Congo sera émergent à l’horizon 2025 ?

J’aime bien la marque Adidas pour leurs baskets mais surtout pour leur slogan « Impossible is nothing ». Je crois que rien n’est impossible. Je le dis d’autant plus que j’ai l’expérience sur ce sujet. Le Congo sera émergent seulement si nous travaillons ; si chacun s’y met à fond. Si nous nous engageons à travailler sérieusement. Là je ne parle pas du président, des ministres : je parle de chacun d’entre nous.

Vous croyez en votre Congo, vous voyez en lui en avenir positif. Vous montrez d’une manière ou d’une autre que vous l’aimez. Ne serez-vous pas en train de préparer une entrée dans l’arène politique ?
Ce n’est pas à ça que je pense tous les matins en me rasant la barbe. Je veux changer le monde, technologiquement… pas politiquement !

Quel est votre regard sur la jeunesse africaine en général, et congolaise en particulier ?

La jeunesse représente l’avenir de ce continent qui compte plus de jeunes que de vieux. Je ne peux être que confiant quand je vois cette jeunesse parce que je sais que c’est elle qui va prendre le relai. Je souhaite qu’elle soit consciente et formée.

Ce genre de sujet pouvait par exemple vous inspirer des articles pour votre blog qui, soit dit en passant, est assez pauvre. Nous pensons que ça ferait « plus responsable » que publier en permanence vos photos sur Instagram …
[Rires]. J’ai beaucoup d’articles dans la tête mais je n’ai pas le temps de les écrire. Je serai heureux si vous vous proposez à m’aider dans de le (re)writing. C’est plus facile de publier une photo plutôt qu’un article. Mais je suis toujours passionné de mon blog et je ne l’ai pas encore fermé dans l’espoir que demain il va se remplir.

Ne vous arrive-t-il donc pas de croire que vous êtes différent ?

Non, jamais.

Afrik53.com : Infos 7J/7
Jeudi 29 Mai 2014
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