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Un chauffeur de corbillard fait des révélations époustouflantes !

le Mardi 12 Mars 2013 à 08:10 | Lu 2500 fois



Un chauffeur de corbillard fait des révélations époustouflantes !
Il y a des métiers pour lesquels les proches ne sont pas toujours favorables, de par leur délicatesse ou l’énorme risque qu’ils comportent.

Diomandé Mory, la cinquantaine révolue, qui exerce le métier de chauffeur de corbillard depuis fin 1999. Il nous livre ses ''secrets'' et tente de lui donner un visage aussi humain qu’ordinaire, à travers cette interview exclusive qu’il a accepté de nous accorder, le jeudi 21 février 2013, dans les environs de la morgue du Chu de Yopougon.

Diomandé Mory, pourquoi avez-vous choisi le métier de chauffeur de corbillard ?

Diomandé Mory : C’est un métier qui permet de connaitre la Côte d’Ivoire et les coutumes des 60 ethnies qui la composent. C’est un métier noble, qui n’est pas trop fatiguant parce que les déplacements se font surtout les jeudi ou les vendredi.

Comment s’est passé votre premier jour au volant d’un corbillard ?

Comme tout début dans un métier ou une fonction, il fallait être concentré, ne pas laisser transparaître aucun soupçon de débutant. Je peux dire que je l’ai réussi. Mais je regardais les parents qui étaient très affligés autour de leur défunt.

Aujourd’hui, en 2013, pouvez-vous affirmer que vous avez atteint votre objectif ?

Je ne l’ai pas encore totalement atteint, parce que c’est un métier où chacun de nous veut avoir son véhicule. Le jour où j’aurai mon propre véhicule, je dirai oui, j’ai atteint mon objectif. La plupart des gens que vous voyez ici ont débuté comme chauffeur ou simples ponceurs de cercueils et aujourd’hui, ceux qui ont eu l’aide des parents, ont pu acquérir des magasins. Ceux qui n’ont pas eu cette aide sont comme nous, mais je pense que ça ira.

Peut-on dire que dans ce métier, vous faites de bonnes affaires ou c’est difficile pour vous ?

C’est un métier qui marche bien. Si ça ne marchait pas, nous n’allions pas continuer. Vous voyez plein de corbillards, de cercueils… Vous voyez partout des veillées, des bâches partout, c’est la mort mais ça marche. C’est parce qu’Ivosep est débordée que nous nous débrouillons à côté.

A part le vendredi, y-a-t-il des périodes de fortes demandes ?

Ce ne sont pas forcément les levées de corps des vendredi qui font que ça marche. Nous avons institué un nouveau système. Nous faisons le transfert des corps généralement d’Abidjan vers la ville la plus proche des parents. Alors qu’avant, les parents faisaient le chemin inverse pour venir encombrer la famille éplorée dans la capitale. Ce sont des dépenses supplémentaires. Je prends l’exemple chez les Bétés où quelquefois des convois viennent sur Abidjan pour des funérailles qui auront lieu à Gagnoa après. Ce sont ces périodes qui comblent la semaine, en attendant ceux qui décident de faire le transfert en même temps que la levée, le vendredi. Cela dit, ce système que nous avons instauré est moins coûteux pour les parents.

Comment se fait la tarification à votre niveau ?

Le prix du transfert d’un corps se fait en fonction de la distance. Le parent ou le client paie l’aller et le retour. Un exemple, pour la distance Abidjan-Man qui est de 600 km , le client ou le parent doit payer les frais de 1200 km. En clair, nous facturons au kilométrage. Mieux, nous qui avons les véhicules de « luxe » (une Mercedes berline aux vitres tintées avec climatisation, ndlr), les prix diffèrent. Si je dois transférer un corps à Bangolo qui est de 1100 km, on doit me payer 700 000 F.CFA (ndlr : il brandit une fiche sur laquelle le kilométrage et le prix sont proportionnés). Toutefois, nous pouvons revoir nos prix, après négociations avec les parents. Il y a souvent des réductions.

Il se raconte aussi que ne devient pas chauffeur de corbillard qui veut. Avez-vous fait des cérémonies pour vous protéger avant de vous mettre au volant d’un corbillard pour la première fois?

(Ndlr, Il sourit…) Il n’y a pas de sacrifices à faire. Pour être chauffeur de corbillard, il faut être courageux. Il n’y a pas grand-chose à faire. C’est un choix comme tout autre. La difficulté que j’ai recensée, c’est lorsque, après avoir déposé le corps à une localité à des centaines de kilomètres d’Abidjan, il faut maintenant faire le chemin de retour seul à bord de son véhicule. Je n’ai rien fait comme sacrifice. Au contraire, le corps transporté nous bénit.

On dit aussi que certains parmi vous se battent ou sont en contact avec le corps, c’est votre cas ?

Les gens ne sont pas en contact avec le corps. Même lorsque les gens vous disent souvent que le véhicule est bloqué ou le corps est fâché, cela dépend de la famille du défunt. S’il a été tué par un groupe de sorciers par exemple. Vous savez, il y a toujours des mésententes entre les parents. Sinon nous, en tant que conducteur, nous n’avons rien à avoir avec cela. Ils peuvent souvent bloquer mystiquement le véhicule en attendant qu’ils puissent régler leurs problèmes. Nous sommes habitués à tout cela, donc cela ne nous effraie pas.

Donc, vous sentez tout cela souvent ?

Nous sentons mystiquement quelque chose, mais c’est le secret professionnel. Nous ne pouvons pas tout détailler sur la place publique, dans une interview. Sachez qu’il y a souvent des disputes entre les parents dans le véhicule. Moi je ne fais que conduire le véhicule.

Quand vous dites que vous discutez avec les parents, est-ce que c’est dans un langage compris par tout le monde ?

Oui, ce n’est pas mystique. Mais souvent, au cours d’un transfert, après les vérifications lorsque pour rien le véhicule s’arrête, j’explique aux parents que je n’ai rien à avoir dans leurs palabres, que c’est un service que je leur rends. Des fois, lorsque nous nous plaignons, le véhicule démarre quelques minutes après.

Avez-vous déjà abandonné un corps après une panne ou quand le véhicule est bloqué?

Non, je ne l’ai jamais fait. C’est déjà arrivé à des collègues. Souvent, il faut reconnaître qu’il y a des collègues qui ne font pas l’entretien de leurs véhicules. Ce qui, évidemment, cause des pannes qui n’ont rien à avoir avec le corps. Il faut que cela soit aussi clair, ce n’est pas parce que c’est un corbillard qu’on ne doit pas l’entretenir. Si vous ne mettez pas d’huile dans le moteur ou vous mettez des vieux pneus, ce n’est pas la faute des sorciers.

Quand vous allez à l’intérieur du pays et que vous revenez vide, y a-t-il des personnes qui vous arrêtent en auto-stop comme elles le font pour les mêmes types de véhicules ?

On va souvent au Ghana, au Bénin, au Togo. Comme je le dis, c’est le courage. Quelqu’un qui est dans le besoin peut monter avec moi. Quelquefois, en cours de route, le passager qui a eu le courage de monter avec vous peut offrir un plat ou une bière. Mieux, cela permet d’avoir un compagnon de route avec qui discuter. De toute façon, c’est un véhicule comme les autres. Mais, je précise que nous n’utilisons pas les corbillards pour faire le transport.

Ce n’est pas tout le monde qui accepte quand même de monter avec vous n'est-ce pas ?

Effectivement, lorsque des autostoppeurs vous voient venir, ils vous font des signes de vous arrêter. Mais une fois qu’ils se rendent compte que c’est un corbillard, ils s’enfuient. Plus grave, lorsque, quelquefois, nous sommes obligés de faire des escales, certaines personnes refusent que nous stationnions à côté d’elles. Elles nous demandent de déplacer le véhicule qui est proche de leur maison ou de leur véhicule.

Comment faites-vous pour vous protéger contre les coupeurs de route, vous qui êtes tout le temps sur les routes?

Nous sommes prudents comme les autres chauffeurs. Avant la tombée de la nuit, si nous ne sommes pas arrivés à Abidjan ou à la destination définitive, nous faisons tout pour nous rapprocher d’un village ou d’une ville pour marquer un arrêt. Et là, à l’entrée ou à la sortie ou même à la gare, nous passons la nuit avant de reprendre la route le lendemain.

Vous avez dit qu’en dehors de la Côte d’Ivoire, vous allez dans la sous-région. Quelle a été l’une des missions les plus difficiles pour vous ?

J’ai envoyé une fois un corps au Ghana. Puisque je ne comprends pas l’Anglais, cela été difficile. Heureusement que j’étais accompagné de quelqu’un qui comprenait Anglais. Ceci nous a permis de bien faire la mission. Au Nigéria, c’est plus compliqué parce que c’est un pays très vaste. Sans guide, ce n’est pas facile.

Est-ce les autorités ivoiriennes ou les parents qui vous font partir ?

Généralement, ce sont les parents puisque l’Etat pour transférer un corps, le fait par Ivoire sépulture et par avion. Certains parents qui jugent quelquefois les prix élevés, s’adressent à nous les particuliers avec qui nous concluons un prix forfaitaire. Toutefois, ils s’acquittent des frais de route.

Depuis que vous êtes chauffeur de corbillard, avez-vous une idée du nombre de corps que vous avez transporté ?

Beaucoup. J’ai presque quatorze (14) ans de service, je ne peux pas compter. Ce que j’ai constaté, c’est que nous transportons plus de corps vers l’ouest de la Côte d’Ivoire.

Comment réagissent les membres de votre famille qui savent que vous êtes chauffeur de corbillard ?

Cela se passe bien. Tout le monde le sait d’ailleurs. Mais au départ, certains membres de ma famille et des amis de ma femme avaient peur. Lorsque je revenais d’une mission de l’intérieur du pays et que j’offrais des bananes ou des ignames à des voisines, elles refusaient de les prendre. Mais, finalement, elles s’y sont habituées. Aujourd’hui, lorsque tout ce monde qui me craignait me voit en costume, dans un corbillard climatisé, il m’encourage. Je l’ai toujours dit, je suis fier de ce métier. Lorsque nous effectuons des missions, certaines familles nous considèrent comme l’un des leurs. Elles nous logent, nous nourrissent et nous font des cadeaux, parce que nous sommes disponibles. En tout cas, je le répéterai à qui veut l'entendre que je ne regrette pas d’avoir choisi ce métier. Mais la seule chose que j’attends, c’est d’avoir mon propre véhicule.

Est-ce qu’il vous traverse l’esprit qu’un jour, un autre chauffeur vous transportera comme vous le faites pour les autres corps ?

C’est un passage obligé. Et souhaitons que quelqu’un nous transporte, car ce n’est pas tous les corps qu’on retrouve surtout lorsqu’il s’agit de catastrophes. En tout cas, quelqu’un d’autre sera obligé de me transporter. Si c’est le cas, je dirai Dieu merci et du fonds de ma dernière demeure, je remercierai celui qui m’a transporté. J’ai dit que les corps nous bénissent pour les avoir transportés. Cela s’applique à moi aussi.


SOURCE :
Soir Info


Mardi 12 Mars 2013
Vu (s) 2500 fois



1.Posté par Hermann N'da le 12/03/2013 12:14 | Alerter
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Qu'est-ce qu'il y a de si époustouflant dans cette interview?

2.Posté par mèh le 12/03/2013 13:34 | Alerter
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Franchement, cher ami N'DA!

3.Posté par kacou patrice le 12/03/2013 18:26 | Alerter
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quand on lit un tel article, on se rend compte que le titre ne colle même pas avec le contenu. mon frère Hermann, je te soutiens. après c'est pour dire que les journaux ne marchent pas. après avoir un tel article je pense continuer de lire les titres et continuer mon chemin.
au rédacteur
en chef de journal concerné , je vous demande un peu plus de rigueur sinon!!!!

4.Posté par antu le 12/03/2013 22:17 (depuis mobile) | Alerter
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Faut pas publier n'importe quoi, mais bon afrik53 a des annoceurs et se doit de passer les "info" meme si c de la m.... . Desole du post!

5.Posté par antu le 12/03/2013 22:18 (depuis mobile) | Alerter
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Faut pas publier n''importe quoi, mais bon afrik53 a des annoceurs et se doit de passer les "info" meme si c de la m.... . Desole du post!

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