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Un FRCI se confie : « Ouattara doit savoir qu'il est assis sur une poudrière ambulante...»

le Jeudi 24 Mai 2012 à 06:18 | Lu 2033 fois



Un FRCI se confie : « Ouattara doit savoir qu'il est assis sur une poudrière ambulante...»

Le nouveau courrier

Après s’être dérobé à une interview formelle qu’il avait lui-même sollicité avec Le Nouveau Courrier, la semaine dernière, «Commandant» (c’est comme ça qu’il se fait appeler) s’est finalement résolu à parler.

Pourquoi vous cachez-vous derrière le pseudonyme de «commandant» au lieu de nous révéler votre vraie identité et l’unité à laquelle vous appartenez d’autant plus que vous êtes un officier de l’armée ?

Je me suis adressé à votre journal parce que depuis quelques semaines vous touchez du doigt les réalités sur le terrain. Ce n’est pas parce que les informations que vous donnez nous dérangent mais je pense que cela permet d’attirer l’attention de l’opinion sur ce qui se passe réellement afin que cessent les violations des droits de l’homme dans certains quartiers. Parce que j’estime que nous allons tout droit à la dérive si les opérations militaires qui sont menées ici et là, dans un principe contraire au respect des règles, il y aura encore une autre guerre qui sera plus atroce que celle que nous venons de traverser. Pour revenir à votre question, je préfère garder l’anonymat pour tirer la sonnette d’alarme sans toutefois attirer la foudre sur mes hommes et moi.

Quelles sont les actions militaires sur le terrain qui vous font croire que vous allez tout droit à la dérive ?

Quand nous nous sommes engagés dans un combat militaire contre Gbagbo, c’était pour le faire partir du pouvoir et installer Alassane Ouattara qui était l’homme de la situation pour nous. Il n’était pas question pour nous de mener la vie dure par la suite à nos autres frères Ivoiriens. Malheureusement c’est le constat qui est fait aujourd’hui. Des ordres sont donnés dans tous les sens d’aller perquisitionner dans telle ou telle maison, de suivre telle ou telle personne de près parce qu’il a battu campagne pour Gbagbo ou est de la même région que lui. Lors des opérations de terrain, certains parmi nous vont jusqu’à demander l’ethnie des personnes qui sont interpellées. Vous entendrez des gens dire : «Tu es Bété ? Tu es Guéré ?» Pourtant c’est ce que nous avons décrié sous Gbagbo en dénonçant le délit de «faciès» ou la marginalisation d’une partie de la population d’un même pays.

On ne peut pas avoir critiqué une chose hier et faire la promotion de cette même chose aujourd’hui. Nous savons que beaucoup d’Ivoiriens, avec tout ce qui se passe, ne sont pas contents et ils n’ont pas l’occasion de l’exprimer, de peur de se faire massacrer. Aujourd’hui, en notre sein, c’est tout un désordre. Des instructions viennent de partout et non d’un seul commandement. Alassane Ouattara qui a pris le poste de ministre de la Défense ne maîtrise rien. Il est plus préoccupé par d’autres questions que l’assainissement des FRCI. Par exemple à Abobo, vous pouvez voir plusieurs commandants qui prennent sur eux-mêmes la responsabilité d’aller en patrouille où ils veulent, d’arrêter qui ils veulent et le conduire là où ils veulent et tout ça sur de fausses dénonciations.

Si vous reconnaissez que votre présence au sein des FRCI impacte négativement sur la vie des populations civiles, pourquoi ne pas vous retirer tranquillement pour vaquer à d’autres occupations ?

Ce que vous dites là est le souhait de nombre d’éléments des FRCI à qui les autorités actuelles ont fait de nombreuses promesses. Aujourd’hui, nous attendons que ces promesses là soient tenues. Cela pourrait favoriser la réinsertion socioéconomique de beaucoup d’entre nous. Tant que cela n’est pas fait, certains seront contraints de rester dans leurs treillis, de détenir les armes et les retourner ensuite contre des populations civiles. Les autorités pensent-elles que lancer Koné Zakaria avec sa police militaire aux trousses des jeunes qui sont rompus au maniement des armes, les déshabiller dans les rues et leur arracher ces armes-là est la solution ? Les gens ne sont-ils pas en train de jouer avec le feu ? Ces jeunes-là ne sont-ils pas leurs potentiels ennemis ?

Savez-vous comment nous avons réussi à faire tomber certaines villes de l’ouest ? Il y avait des combattants frustrés sous le régime de Gbagbo parce que la question de leur récompense et leur réinsertion avait été mal gérée. Les hommes de Gbagbo qui étaient chargés de faire ce travail n’ont rien fait alors que ces jeunes-là voyaient ces personnalités mener une vie de pacha. Ce sont ces jeunes, avec l’aide des cadres de l’ouest proches de Ouattara et Soro, qui ont été approchés et se sont retournés contre le pouvoir de Gbagbo.

Comment se fait-il que ceux qui ont retourné ces jeunes sous Laurent Gbagbo commettent aujourd’hui les mêmes erreurs et même pire ? Je pense que le retour de la sécurité et la paix définitive est à ce prix. Ouattara doit savoir qu’il est assis sur une poudrière ambulante qui peut exploser à tout moment, provenant de son propre camp et non dans le camp qu’il croit fomenter un coup d’Etat contre lui. Tous les chefs sont conscients qu’aujourd’hui au sein des Frci, ça grogne en silence et entre de nombreux chefs militaires, c’est l’heure des regards pleins de méfiance.

Ne pensez-vous pas qu’il est trop tôt pour trouver des solutions immédiates aux problèmes que vous posez là ?

Vous voulez que ces problèmes soient posés à quel moment ? Pendant que les jeunes qui ont combattu à Abidjan et dont on dit qu’ils sont des parvenus sont arrêtés et jetés en prison pour les plus chanceux ? Cela fait un an qu’Alassane Ouattara est au pouvoir. Je pense que s’il y a vraiment une volonté des autorités d’aider véritablement nos jeunes gens, ils l’auraient fait sans ruser avec eux. Même nos com’zones avec qui nous étions à Bouaké sont devenus inaccessibles. Certains sont au palais, à l’état-major. Pourquoi les autorités ne favorisent pas une grande rencontre avec tous les commandements pour s’imprégner de toutes les réalités ? Chaque fois qu’ils font le tour des casernes, c’est à peine s’ils s’asseyent pour discuter avec nous. De telles attitudes peuvent-elles permettre la connaissance des réalités que vivent les soldats ?

Voyez ces deux jeunes-là (ils montrent deux de ses éléments en treillis), ce sont des jeunes qui ont au moins le niveau Terminale, qu’est-ce qu’on en fait, alors qu’ils ont combattu avec les armes à la main ? Nous avons des raisons évidentes de ne pas faire confiance à nos autorités. Je pense qu’ils ont atteint leurs objectifs. Ils ne nous accordent plus d’importance. Ceux qui comptent désormais à leurs yeux c’est l’armée française et les Casques bleus sur la protection de qui ils comptent. Nous, nous ne servons qu’à aller imposer l’ordre par les armes dans les quartiers ou à rechercher des personnes qui ne pensent pas comme nous. Il suffit qu’un individu, parce qu’il a entendu dire dans un coin de rue que ADO sera dégagé, fasse courir des rumeurs de coup d’Etat pour qu’on se déploie automatiquement.

Mais vous luttiez pour une cause, pourquoi en attendre une contrepartie aujourd’hui ?

Ce genre de discours, c’est de la poudre aux yeux. C’est le discours que tiennent généralement des personnes qui refusent d’assumer leurs responsabilités. Pendant qu’ils sont aux affaires, qu’ils se la coulent douce, ils nous disent que nous «luttions pour une cause» ? Mais la cause pour laquelle nous luttons c’est notre bien-être. C’est ceux qui jouissent de tous les privilèges aujourd’hui qui nous disaient hier que si nous faisons partir Gbagbo, notre vie serait meilleure. Cela fait plus d’un an que nous sommes là et chaque jour, on constate que leur langage change. Ce qu’ils ont dit hier, n’est pas ce qu’ils nous disent aujourd’hui.

Qu’est-ce que vous envisagez en cas de statu quo alors ?

Nous espérons que cette situation embarrassante ne durera pas longtemps et que les autorités se pencheront sur nos différents problèmes qui sont aussi urgents que bien d’autres questions auxquelles ils accordent une attention particulière. Nous souhaitons que ceux qui travaillent sur la question de la réorganisation de l’armée soient animés de bonnes dispositions pour ne pas faire prévaloir des intérêts mesquins parce que nous voyons beaucoup travailler à créer des clans en notre sein. Ouattara est le président de la République, il faut qu’il soit suffisamment responsable pour gérer lui-même la question des jeunes combattants qui ont combattu pour qu’il soit aujourd’hui au pouvoir.

Réalisée par Benjamin Silué

Jeudi 24 Mai 2012
Vu (s) 2033 fois



1.Posté par jack le 24/05/2012 19:54 | Alerter
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Nous on s'en balance!!!

2.Posté par slaye le 25/05/2012 06:46 (depuis mobile) | Alerter
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toi e ouattara on s'en fout de vous. blan bonnet bonnet blan. vs êtes du mèm acabit

3.Posté par Charles bayoro le 25/05/2012 12:56 | Alerter
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Toi et ton ouattara vs ètes les mèmes

4.Posté par namongo silue le 26/07/2014 23:02 (depuis mobile) | Alerter
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Vraiment c'est inadmissible ce qui se passe aujourd'hui dans ce pays.J'ai passe le concours de douane a Bouake sous le regime de l'ex president voirien . Et j'ai ete admi a ce concour dont le responsable etait le chef Messamba. nous avons recu une formation de la part d'un certain lieutenant Bamba ancien douanier.Nous avons egalement recu une petite formation militaire. A vrai dire on pouvait deja faire nos preuve sur le terrain avec ce que nous avons apris. Mais malheureusement nous avions ete ecarte parce que les gens ont procede par des recrutements parallele. Je peu aujourd'hui m'habiller en trelli entrer dans un camp militaire et appliquer a la lettre le reglemt militaire tel que je l'ai appri. C'est pour vous dire que la corruption et la discrimination qui faisait partir de la lutte des FN comme on les appelais dans le temp. a atteint un niveau tres eleve. Vraiment c'est regrettable.

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