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Révolution Permanente : le peuple Baoulé, la discipline du parti et les erreurs fatales du FPI en pays Baoulé ! (Partie I)

le Mercredi 21 Août 2013 à 00:00 | Lu 1956 fois



Révolution Permanente : le peuple Baoulé, la discipline du parti et les erreurs fatales du FPI en pays Baoulé ! (Partie I)
Le débat fait rage d’une part, entre ceux qui du FPI ont la rage contre "les Baoulés" pour leur soutien aveugle à un Konan Bédié dépassé par les événements et qui se comporte comme un Gourou préparant le suicide collectif et, d’autre part, entre ceux qui veulent expliquer ou qui cherchent à comprendre et qui maladroitement tiennent des propos qui ne permettent pas au FPI de recruter en pays Baoulé de façon déterminante.

Aujourd’hui, la Révolution Permanente a décidé de se consacrer à la question avec l’appui des cadres Baoulés qui participent avec nous, à l’analyse de haut niveau au sein de ce groupe d’actions et de réflexions stratégiques qu’est la Révolution Permanente.

Comme cela est la règle d’or au sein de la Révolution Permanente, nous allons vous livrer une analyse sans état d’âme, qui froissera l’orgueil de certains, mais qui amènera le grand ensemble à comprendre et à rectifier le tir dans notre quête de positionnement solide du FPI en pays Baoulé.

D’abord, comment Houphouët-Boigny a-t-il pu créer le mythe du vote mécanique en pays Baoulé ?

Pour beaucoup de Baoulés comme pour bien d’autres Ivoiriens du Nord, de l’Est, de l’Ouest et du Sud, Houphouët-Boigny incarnait le « Libérateur » de la Côte d’Ivoire du joug colonial. Voter le mythique Houphouët-Boigny, voter celui qui a osé affronter le Blanc et lui « imposer » l’indépendance du pays, c’est faire acte de reconnaissance à un bienfaiteur.

Sur ce, soutenir « l’héritier désigné par Houphouët de son vivant », revient à honorer la mémoire de l’illustre bienfaiteur qui fut et à manifester sa gratitude sans fin à ce PDCI-RDA qui était son cheval de Bataille et qui conserve encore dans l’esprit de certains, son rang de « parti de Libérateurs » de la Côte d’Ivoire.

En pays Baoulé, au moins la moitié des personnes qui étaient, au moment des Indépendances, en âge de faire du « Travail Forcé colonial » et qui sont encore vivants soutiennent sans se poser des questions, tout ce qui est PDCI.

Quant à l’autre partie restante, elle soutient, si tel est le cas, le PDCI par obéissance aux « cadres influenceurs ».
Nous voici au second point de notre analyse.

Ensuite, la stratégie des « cadres influenceurs ».

C’est là le talon d’Achille du FPI en pays Baoulé. En pays Baoulés, la notion de « cadre » est bien différente de la notion de « cadre intellectuel». Un cadre, c’est un fils de la région qui a réussi, soit grâce à ses relations suivies avec le PDCI ou avec des personnalités dudit parti, soit en y arrivant seul tout en demeurant militant du PDCI. C’est pourquoi les vieux Abdoulaye Diallo, Allou Konan, N’Zi Kan, etc., quoique analphabètes, participent en tant que cadres, au maintien de l’influence géopolitique du PDCI dans leurs régions d’origine.

Du vivant d’Houphouët et après lui, du temps ivre de Konan Bédié, les nominations de cadres intellectuels par région ou par département visaient utilement cet objectif, à savoir, créer dans chaque localité, un cadre fort, influent financièrement et politiquement, qui à son tour, doit recruter dans chaque canton ou tribu, des cadres influenceurs qu’il aidera à occuper de bons emplois ou à rayonner comme personnalité politique influente dans la localité concernée.

Cette organisation stratégique permet de maîtriser les circuits de communication avec la base, sans forcément avoir besoin de passer par les Secrétaires de section ou délégués départementaux. Bien au contraire, ce sont ces influenceurs qui tiennent les mains des délégués politiques du PDCI quand ils doivent s’adresser dans chaque localité aux « parents » d’un tel ou d’un autre.

Mais le choix du cadre influenceur ne se fait pas au hasard. Il tient compte notamment de critère de famille de chefs, de lignée royale, de la notion de chef lieu de canton, de tribu ou encore du critère de village centre. Par exemple, un cadre choisi dans un village qui n’est pas un village centre, un chef lieu de tribu ou de canton et qui est de lignée d’esclave de père et de mère, aura une influence très réduite s’il ne travaille pas en tandem ou avec la bénédiction de cadres venant de familles de chefs ou de familles royales, ou encore issus de villages centres, de chef lieu de tribu ou de canton.

En plus, en pays Baoulé, il y a une forme de hiérarchisation, d’ordre de préséance entre les sous groupes Baoulés. Cet ordre de préséance tient compte des liens supposés ou réels avec la Reine-Mère Nanan Abra Pokou.

Ainsi, les noms des sous-groupes expliquent bien ce lien avec la famille de la Reine Nanan Abra Pokou dont le siège de la Royauté est à Sakassou dans la région de Bouaké.

Nos camarades Résistants Baoulés qui connaissent la coutume profonde, nous citent quelques exemples : au centre, le Gbro ou Bro (étymologiquement les Kplo : peau d’animal), sont des porteurs de peaux d’animaux sur lesquels certains accompagnateurs de la Reine, de rang inférieur s’asseyaient. De même, les Satiklan (étymologiquement Sati Sran : serviteurs ou hommes de service) sont les sous groupes chargés du service à la cour royale. Ainsi, un Kplo ou un Sati Sran ne peut pas diriger un Faafouè (étymologiquement Wafa fwè : proche famille, parents, alliés) qui sont du même rang que la Reine. Les Faafouès sont les propriétaires de Bouaké en partage avec un petit sous groupe appelé les Akpaloffouè dont le viallage originel serait l’actuel quartier de Cambonoukro (villages unis).

Bref, comme on le voit, recruter en pays Baoulé n’est pas une affaire d’injures ou d’interpellations creuses à prendre conscience de...

Si tu n’es pas un influenceur connu et accepté, si tu n’es pas d’une lignée qui peut prendre la parole devant une lignée de Chefs, lorsque tu viendras parler aux Baoulés, ils viendront t’écouter, te répondront qu’ils t’ont compris et qu’ils en parleraient à leurs enfants et dès que tu tournes le dos, ils disent à leur enfants : l’avez-vous vu en compagnie d’un tel ou d’un tel autre de vos frères qui nous parlent d’habitude ? Savez-vous qu’il vient de tel village et que la terre même sur laquelle son village est nous appartient ? Aujourd’hui, à cause de la politique et de l’Ecole, tous ces descendants d’esclaves ou tous ces anciens serviteurs de nos ancêtres viennent nous parler. Imaginez la suite.

Au niveau du FPI, l’organisation en pays Baoulé pose problème. Aucun influenceur fort ou accepté. Aucune stratégie de recrutement de cadres influenceurs anciens (anciens frustrés ou déçus du PDCI) ou nouveaux (jeunes cadres sympathisants ou militants du FPI, Opérateurs économiques respectés et écoutés). Juste des secrétaires de section choisis pour leur militantisme au FPI sans tenir compte de l’exception culturelle du pays Baoulé, des critères pour parler et se faire écouter en pays Baoulé.

Prenons à ce propos le cas de la ville de Bouaké. Le patron régional du FPI est le ministre Amani N’Guessan. Il est originaire de Bodokro. Il est du sous-groupe Goly. En pays Baoulé, un cadre originaire d’une petite localité comme Bodokro ne peut JAMAIS être le chef politique de Bouaké, Chef lieu de région des Faafwè. Nos interlocuteurs insistent : JAMAIS. A moins qu’il ne s’appuie sur un réseau de cadres influenceurs Faafwè connus, qui jouissent d’une bonne réputation et qui peuvent parler à un roi ou à un Chef sans être obligé de se prosterner avant de prendre la parole.

Regardons également du côté de Yamoussoukro. Le cadre influent sur lequel le FPI s’appuyait était le Gouverneur N’DRI Apollinaire. Ce dernier a été introduit auprès du Président GBAGBO par l’ex-Maire Monsieur Gnanagbé.

Souvenez-vous du conflit qui a éclaté entre les deux hommes à propos des plantations d’Houphouët ? Savez-vous que N’DRI Apollinaire, au moment où ce conflit éclatait ne valait pas un clou à Yamoussoukro et que tous les cadres le haïssaient pour son arrogance, sa cupidité supposée ou avérée et sa défiance envers le maire Gnanagbé, acte de défiance qui a été interprété comme une forme achevée d’ingratitude que le Président GBAGBO tolérait ? Si oui, vous pouvez alors comprendre les résultats du Président GBAGBO lors des élections de 2010 à Yamoussoukro.

Recruter en pays Baoulé a ses règles. Si le FPI les ignore, il restera ignoré par la majorité des Baoulés.

Plusieurs raisons permettent au FPI d’atteindre des résultats spectaculaires en pays Baoulé. Savez-vous que les Baoulés de Bouaké ont toujours été craints par Houphouët qui les a toujours accusés de vouloir le tuer. Selon nos sources, c’est à la suite d’un incident qui s’est produit à la Piscine Municipale de Bouaké, où Houphouët était une nuit en réunion avec des Chefs Baoulés et le courant a été coupé. Selon Houphouët, les rois Faafwè voulaient le capturer pour adorer leur tamtam parleur. Il aurait eu la vie sauve grâce à Djibo Sounkalo qui l’aurait fait exfiltrer et qui l’aurait caché. En guise de récompense, Houphouët a nommé Djbo Sounkalo Maire de Bouaké jusqu’à sa défaite dans les années 1990 face à Blédou Konan, un fils de Bouaké.

Par ailleurs, de toutes les régions de la Côte d’Ivoire, savez-vous que la région de Bouaké est la plus démunie en infrastructures de base. 99% des villages ne sont pas électrifiés à ce jour, les pompes villageoises n’ont fait leur apparition que dans les années 1990 et sont en nombre très insuffisant aujourd’hui, il n’y a pas de dispensaires dans les villages-centres et les écoles primaires ont pour la plupart été construites par les villageois eux-mêmes.

Aujourd’hui, la quasi-totalité de ses écoles est en ruine, les logements des enseignants construits par les villageois tombent en lambeaux et le peuple Baoulé reste l’otage le plus docile de la rébellion d’Alassane Dramane Ouattara. La relative beauté des villages Baoulé de la Région de Bouaké est l’œuvre des Planteurs Baoulés et de certains cadres intellectuels, car construire sa première maison dans son village est chez le Baoulé, un symbole de réussite et une des conditions de la dignité du Baoulé.

Cette situation, à l’exception de Yamoussoukro qui fut construite par Houphouët, prévaut dans la quasi-totalité des régions Baoulés, notamment dans la région de l’ancienne Boucle du Cacao (Daoukro, Ouéllé, etc.).

En principe, recruter en pays Baoulé, notamment une partie modeste des électeurs qui ont connu le Travail Forcé colonial, la majorité des électeurs qui sont nés après 1960 et la majorité écrasante des jeunes cadres, élèves et étudiants, devait être une partie de plaisir pour le FPI, si le Président GBAGBO n’avait pas conforté certains Baoulés dans leurs préjugés et si les militants du FPI cherchaient à comprendre, à respecter la coutume politique des Baoulés plutôt que d’être arrogants et injurieux vis-à-vis d’un peuple discipliné, respectueux du Chef et fidèle à sa parole donnée.
(La Deuxième Partie est à venir et elle sera plus riche en enseignements)

A Très Bientôt.
Hassane Magued,
Avec la Contribution inestimable des Cadres Baoulés Membres de la Révolution Permanente



Mercredi 21 Août 2013
Vu (s) 1956 fois



1.Posté par Sily Camara le 21/08/2013 14:13 | Alerter
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Une fois encore merci, Hassane. Mais parce que je suis né avant l'indépendance, parce que j'ai opté pour le FPI dès la clandestinité, parce que Tagbanan mais né à Dimbokro, éduqué à Dimbokro où mes grands-parents se sont installés vers 1910 ( avec l'arrivée du chemin de fer dans la région ), parce que connaissant le fonctionnement de la société Baoulé et Akan plus que celui des Gour (dont les Sénoufo et Tagbanan sont issus ), parce que ayant milité au FPI plus en pays Baoulé qu'ailleurs, je voudrais encore faire quelques observations sur votre commentaire-ci, bien que je n'aime pas débattre de tout ce qui touche à la tribu, à l'ethnie.
Les personnalités que vous avez cités ont en commun "d'avoir les moyens". Quand ont-ils eu ces moyens ? Sous le parti unique. Comment ? Je ne saurai le dire. Le constat, c'est qu'au moment de la proclamation du multipartisme, tous étaient déjà des barons connus du PDCI. Nous avons fait, avec les Amani Nguessan, les Affi Nguessan, Yao Yao, Don Mello et beaucoup d'autres, un travail de fond. Pourquoi ces "barons" dont beaucoup ont compris la "bonne nouvelle" n'ont pas voulu s'engager, contrairement aux jeunes cadres, neufs ? je ne le dirai pas. Posons-nous tous la même question. Houphouet était là. Il savait ce qu'il a fait pour... Il savait aussi ce que chacun a fait ou continue de faire pour être ce qu'il est. Pourquoi par contre dans d'autres régions (vous en connaissez) "anciens" et jeunes cadres ont milité à visage découvert?
Dans beaucoup de régions, et pas seulement au centre du pays, il a fallu partir de zéro. Tout se construit. Ce n'est donc pas une faute ou une erreur du FPI. Les choses ont commencé à être corrigées dès 2000. Savez-vous le nombre et les noms des anciens "barons" du PDCI, qui, dans l'ombre ont aidé le président de la république ou le FPI, ? Tout ne se dit pas. Mais comme je l'ai déjà dit, on ne nait pas cadre, on ne nait pas leader d'opinion. Tout se construit. Malheureusement, tout doit encore se reconstruire, à partir de la situation actuelle. Merci quand même d'avoir attiré l'attention du FPI sur l'immensité du travail à faire.
silycamara@rocketmail.com

2.Posté par N'GORAN Kouadio le 22/08/2013 00:36 | Alerter
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Le baoulé de Bouaké est lucide, pas suicidaire mais opiniâtre. Il pardonne mais sait se souvenir de qui lui a fait mal ou du bien.

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