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Rébellion de 2002, bombardement du camp français, crise post-électorale…: Révélations sur le complot international contre Gbagbo

le Samedi 28 Décembre 2013 à 07:48 | Lu 2466 fois



Au moment où l’ex-journaliste Camerounais de BBC, Saïd Penda fait le tour du monde avec un film diffamatoire contre Laurent Gbagbo, le site internet Le Gris-Gris International a mis hier en ligne deux vidéos dans lesquels le journaliste d’investigation et écrivain français d’origine camerounaise, Charles Onana remet au goût du jour le complot international dont le but était de renverser le président Gbagbo. Nous vous proposons la première partie de son témoignage.

«Ce qui m’a poussé à écrire le livre ‘’Coup d’Etat’’, sur la Côte d’Ivoire, c’est le fait que j’étais en train d’enquêter sur le rôle et l’action de l’Union Européenne dans les Grands Lacs, notamment au Congo et au Rwanda. Et dans les archives que j’avais obtenues de l’Union Européenne, il y avait un certain nombre de documents qui parlaient de la situation ivoirienne. La cellule stratégique de politique extérieure de l’Union Européenne traitait plusieurs dossier en même temps.

Et parmi les documents que j’avais consultés, il y avait plusieurs notes sur ce qui se passait en Côte d’Ivoire. Sur les rapports des services de renseignements européens par rapport à la crise ivoirienne. Et je vois qu’il y avait beaucoup de choses qui ne correspondaient pas exactement à ce qui était dit dans les médias. (…) J’ai donc arrêté mon enquête sur le Congo pour travailler sur le dossier ivoirien. Et c’est à partir de ce moment-là que je me suis rendu compte qu’il y avait énormément de choses qui étaient dites qui ne correspondaient pas à la réalité.

On accusait par exemple le président Gbagbo d’être responsable de l’assassinat du journaliste Guy-André Kieffer ; d’avoir orchestré, organisé le bombardement du camp militaire français de Bouaké, où neuf soldats français avaient été tués ; de refuser de quitter le pouvoir parce qu’il avait perdu les élections. Je me suis demandé mais si tout cela est vrai, pourquoi il n’y a pas suffisamment de preuves pour établir la vérité. Je suis parti du doute selon lequel le président Gbagbo demandait qu’on recompte les voix.

L’ensemble de la communauté internationale était contre lui, les médias également. Donc pour moi, si le président Gbagbo avait perdu les élections, pourquoi on ne voulait pas compter les voix y compris en présence des cameras ? (…). Ils auraient humilié le président Gbagbo s’il a perdu les élections. Mais au cas où il aurait gagné, le rétablir dans ses fonctions. Je pense qu’ils avient peur de la deuxième situation. Puisque tout le monde l’avait déclaré perdant, l’humiliation allait être non pas pour le préident Gbagbo, mais pour la communauté internationale. Et c’est cela qui a empêché les gens de recompter.

Je me suis dit s’ils refusent cette opération, je vais chercher ce qui s’est passé avec la disparition de Guy-André Kieffer. Je vais voir si c’est effectivement le président Gbagbo qui a bombardé le camp français de Bouaké, si c’est lui qui a perdu les élections. Et je veux comprendre pourquoi il y a une telle sympathie pour M. Alassane Ouattara etc. (…) alors qu’il avait été premier ministre dans les années 90 et qu’il avait laissé la Côte d’Ivoire dans une situation de banqueroute financière d’après les rapports de l’OCDE que j’ai pu consulter (…) Je publie le témoignage d’un élément des forces spéciales ivoiriennes qui dit qu’il avait été contacté par des gens de la rébellion en 2002, qui était soutenue par M. Ouattara. Parce que lui était un élément de la garde personnelle du général Robert Guéi.

Pourquoi j’ai décidé
d’enquêter sur la
Côte d’Ivoire

On l’a contacté personnellement pour cette raison. Et il a pu assister à un certain nombre de réunions de la rébellion qui visaient à renverser le président Gbagbo. Et dans ce témoignage, il est clairement dit que ces gens travaillaient pour M. Alassane Dramane Ouattara. En principe, ce qu’il faut comprendre dans cette histoire, c’est que les rebelles sont généralement du bon côté. Et les personnes qui sont aux affaires qu’on a envie de renverser sont du mauvais côté. Tous les crimes qui sont commis par les rebelles sont considérés comme des actes marginaux. Il y a d’ailleurs un terme qui est régulièrement utilisé : ‘’ce sont des actes isolés’’. Je ne sais pas pourquoi ils sont isolés, mais il sont isolés. Mais par contre tout ce qui est commis par les forces gouvernementales, ce sont des crimes contre l’humanité.

D’ailleurs même le terme rebelle, c’est un terme qui renvoie un peu aux mouvements nationalistes des années 70 comme les Sandinistes au Nicaragua, comme le mouvement de Che Guevara, à Cuba avec Fidel Castro…On a l’impression que pour réhabiliter ou pour donner une image positive de ces mouvement criminels ou ces associations criminelles, il faut les associer à l’image sympathique du Che Guevara, de la rébellion de Fidel Castro. Le monde entier déteste Fidel Castro, mais l’image positive que peut véhiculer la résistance ou la révolte de Fidel Castro, on l’utilise dans les mouvements de rébellion aujourd’hui pour que les gens ne se rendent pas compte qu’en fait ce sont des organisations criminelles. Et ces organisations criminelles commencent par massacrer les populations de leurs pays.

Soit disant pour venir à la démocratie (…) La terminologie même des rebelles est une terminologie qui vise à masquer le fait que ce sont des organisations criminelles. Cela se retrouve également au sein des juridictions internationales qui poursuivent seulement un côté. Et vous avez parlé du tribunal pénal international pour le Rwanda. La mission première qui avait été dévoulue au Tpir consistait à juger tous les crimes de guerre qui ont été commis du 1er janvier au 31 décembre 1994.

Et lorsque j’avais rencontré le procureur Carla Del Ponte à l’époque, qui était menacée par les Etast-Unis et par la Grande Bretagne, de quitter le tribunal parce qu’elle avait enquêté sur les Hutus qui étaient considérés par la communauté internationale comme les grands méchants, là elle était un très bon procureur. Mais lorsqu’elle a décidé d’enquêter sur les rebelles Tutsis de l’armée patriotique rwandaise, alors, elle était devenue un mauvais procureur. On a demandé de la renvoyer. Mais comme on ne pouvait pas utiliser des arguments objectifs, Kofi Annan a dit qu’elle avait trop de travail. Parce qu’elle cumulait le tribunal de l’ex-Yougoslavie et le tribunal pénal international pour le Rwanda. Mais lorsqu’on on l’a nommée, on lui a confié les deux juridictions. Mais tout simplement parce qu’il ne fallait pas que Carla del ponte enquête sur les amis de la communauté internationale, qu’elle fouille dans les crimes qui ont été commis par la rébellion Tutsi.

C’est de la même façon que quand vous regardez la cour pénale internationale aujourd’hui, c’est le président Gbagbo, l’ennemi de la communauté internationale qui est là-bas. Il n’y a personne de la rébellion ivoirienne. Et d’ailleurs, on ne considère pas que les rebelles, malgré les preuves matérielles dont on dispose qui sont à profusion…Moi j’ai retrouvé les photos qui ont été prises par des militaires français qui étaient à côté des rebelles lorsque ceux-ci commettaient des crimes.

Toutes ces photos sont aujourd’hui des éléments irréfutables du fait que les rebelles ont commis de crimes massifs avant même qu’ils ne viennent s’asseoir sur la table-ronde de Marcoussis qui a été parrainée par le secrétaire général des nations unies, M. Kofi Annan. Le même Kofi Annan qui a été le responsable de la mission des opérations de la paix aux nations unies au moment où les événements du Rwanda se déroulaient, on a vu qu’avec lui, seuls les Hutus ont été condamnés. Et on voit également que c’est lui qui a présidé la table-ronde de Marcoussis, la cour pénale internationale n’a pas pris en compte le fait que les rebelles ivoiriens ont commis des crimes contre l’humanité.

Seul le président Gbagbo est assis dans le box des accusés. Est-ce que c’est raisonnable ? Est-ce que c’est sérieux ? Est-ce que c’est rigoureux ? Je ne pense pas que c’est rigoureux. Je ne pense pas que c’est sérieux et je pense pas qu’on rend justice au peuple ivoirien. Et je ne pense pas non plus qu’on facilite la réconciliation en Côte d’Ivoire tant que ceux qui ont véritablement commis des crimes massifs, sont exonérés de tous les crimes qu’ils ont commis. Y compris quand ils ont tué des étrangers. Parce qu’ en Côte d’Ivoire, on a tué des Français. Les rebelles ont tué des Français.

Au Rwanda, les rebelles rwandais ont tué des Français, des Espagnols, des Canadiens et ils ne sont pas concernés par le tribunal pénal international. Voilà la vérité. Parce que les rebelles ou ceux qui sont considérés comme tels, sont du bon côté. Y compris quand ils commetent des crimes contre leurs propres mentors ou les citoyens. Ces crimes ne comptent pas. Mais dès lors qu’il s’agit du gouvernement ou du président qu’on veut renverser, alors là, il doit être jugé pour les crimes qu’il n’a même pas commis du tout dans le pays. Et je crois qu’on ne peut pas faire le droit humanitaire international, on ne peut pas enseigner aux jeunes qui sont passionnés par le droit international en utilisant ce genre de pratiques.

Les crimes de la rébellion sont documentés par Amanesty international qui n’est pas pro-Gbagbo. Mais pourquoi personne ne prend en compte les rapports d’Amnesty internationale détaillant les crimes commis par la rébellion en 2003 ? C’est important qu’Amnesty internationale rappelle au juge de la cour pénale internationale que cette organisation des droits de l’homme a rédigé un rapport détaillant les crimes commis par les rebelles en 2003. Amnesty internationale ne doit pas garder le silence devant ses propres rapports lorsqu’ils sont écartés par une juridiction internationale que d’ailleurs amnesty internationale soutient. Puisque Amnesty internationale soutient la cour pénale internationale. Mais pourquoi Amnesty se tait lorque la Cpi ne prend pas en considération ses rapports ?

Les crimes de la
rébellion sont mis de côté par la CPI
Alors là on est dans une situation complètement ubuesque. Et ça fait rire les intellectuels sérieux et les gens qui condsidèrent que le droit international humanitaire fonctionne à la tête du client avec toujurs la règle de deux poids deux mesures. Ça c’est inacceptable.

D’abord dans ce livre, je publie trois rapports confidentiels de l’ambassadeur de France en Côte d’Ivoire, Renaud Vignal. L’ambassadeur de France en Côte d’Ivoire considère, dans ces rapports, au Quai d’Orsay que le président Gbagbo n’est pas l’homme qui a été décrit par les médias et par un certain nombre de dirigeants français.

Le deuxième gros dossier que je sors dans ce livre, c’est le rapport de l’ancien conseiller de l’Elysée M. Guy Penn, le Monsieur Afrique du président François Mittérand qui n’est pas connu pour être un ami du président Laurent Gbagbo. Qui est allé en Côte d’Ivoire en 2003 au moment où les événements étaient très difficiles, la situation était très tendue entre la France et la Côte d’Ivoire. Le rapport très factuel du sénateur et ancien conseiller Guy Penn donne une relation des faits qui n’a absolument rien à voir ni avec ce que disait l’ensemble des médias à l’époque, ni ce que disaient un certain nombre de responsables français sur les escadrons de la mort de Gbagbo et de tout… Enfin, la façon dont Gbagbo a été peint par les dirigeants français de l’époque est en totatle contradiction avec ce que dit l’ancien conseiller de l’Elysée Guy Penn.

Je pense que ces éléments sont importants quand on veut comprendre dans quel contexte surviennent les événements de Bouaké. Mais ce que j’ai découvert dans l’enquête sur les événements de Bouaké, c’est que le président Laurent Gbagbo a préparé l’opération Dignité pour reconquérir le nord et l’ouest du pays qui étaient aux mains des forces rebelles. Et que compte tenu de la situation extrêmement tendue qu’il y a eu entre la France et lui en 2003 du fait que la France lui a quasiment imposé de gouverner avec la rébellion, lorsqu’il décide l’opération Dignité, il informe les Français. Il m’a confié qu’il a appelé le président Jacques Chirac pour lui dire : ‘’nous allons mener une opération contre la rébellion’’.

Et le président Chirac lui a répondu que ‘’je ne suis pas d’accord’’ avec cela. Et comme argument pour empêcher que le président Gbagbo mène l’opération, il lui dit qu’il a peur que la réputation du premier ministre Seydou Diarra soit ternie. Le président Gbagbo lui rappelle qu’en Afrique, personne ne connaît Seydou Diarra. Et qu’il n’y a pas de risuque que la réputation de M. Diarra soit ternie parce que en Côte d’Ivoire-même avant la crise, personne ne savait qui était Seydou Diarra. Le président Chirac lui donne un deuxième argument. Il lui dit : ‘’il faut faire attention si vous attaquez les rebelles parce qu’il doit y avoir des élections et si vous attquez les rebelles, ils risquent de ne pas désarmer.’’

Le président Gbagbo lui répond : ‘’Monsieur le président, les rebelles n’ont jamais désarmé. Ils ne désarmeront, ni avant, ni après les élcetions ‘’. Cet argument, pour le président Gbagbo, est irrécevable de lui parler de désarmement des rebelles si on n’attaque pas, si on ne mène pas l’opération Dignité. Le président Gbagbo comprend donc que la France est opposée à l’opération Dignité. Contrairement à ce que ce que certains Ivoiriens ont cru puisque la France n’a pas réagi à partir du 4 novembre où l’opération Dignité a commencé, l’armée française n’a pas eu mission d’empêcher l’opération Dignité. Mais ça ne signifiait pas que les hautes autorités françaises de l’époque étaient d’accord avec cette opération. Même le secrétaire général des nations unies lui-même n’était pas d’accord avec cette opération puisqu’il y a une déclaration du secrétaire général des nations unies qui s’opposait aux frappes que préparaient les forces armées ivoiriennes contre les positions rebelles.

Qui a donné l’ordre de bombarder le camp français de Bouaké ?

Alors, je me rends compte qu’au moment où toute cette histoire se déroule, le président Gbagbo a quand même une crainte. Sa crainte est que, puisque les Français ne sont pas d’accord avec l’opération Dignité, mais qui, elle est déjà plébiscité par les jeunes officiers et sous-officiers ivoiriens, pilotée par le colonel Mangou, s’il va au bout de l’opération, les Français réagiront. Mais il ne sait pas comment les Français vont réagir.

Un des témoins qui a participé à la préparation des forces aériennes de l’opération Dignité m’a confié que le patron des forces aériennes ivoiriennes, M. Edouard Yapo Séka qui supervisait les réunion préparatoires à ces missions a constamment répété qu’il fallait absolument éviter de toucher les positions françaises. Et les Biélorusses qui étaient là, ont donné des conseils techniques sur les cibles. Parce qu’il faut préciser que lesinstructeurs Biélorusses étaient là pour former les pilotes ivoiriens à l’utilisation des Sukoï 25 qui venaient dêtre acquis par les forces aériennes ivoiriennes.

Donc, il est clairement prouvé que pendant l’opération Dignité, à aucun moment, les forces aériennes ivoiriennes n’ont eu l’intention de bombarder un camp français en 2004. Et d’ailleurs, le colonel Destremeau qui était un des responsables de l’opération du côté de la force française Licorne a rencontré le colonel Mangou qui lui a confirmé que l’opération qui est conduite par les forces aériennes ne concernent exclusivement que les positions des rebelles et les infrastructures des rebelles et en aucun cas les forces françaises. Il a rappelé à l’armée française qu’elle n’avait rien à craindre de cette mission-là.

Subitement, au moment où la mission est déclenchée, évidemment, les forces aériennes ivoiriennes attaquent et touchent les cibles de la rébellion. Cela est reconnu par les officiers français. Mais au moment où la dernière phase de l’opération est mise en route, c’est-à-dire qu’il faut ratisser maintenant sur le terrain pour que les Ivoiriens avec les fantassins, reprennent progressivement la partie du territoire qui a été désertée par les rebelles, et que les hélicoptères qui étaient à l’époque pilotés par les Ukrainiens viennent maintenant, pour nettoyer en quelque sorte, le bombardement de Bouaké contre le camp français intervient.

Qui donne l’ordre de bombarder le camp militaire français ? Michèle Alliot Marie accuse publiquement le président Gbagbo d’être responsable du bombardement du camp français. Et l’ensemble des médias français prennent fait et cause pour cette accusation contre le président Gbagbo. Le président Chirac ne prend pas la peine de téléphoner à son homologue ivoirien pour lui demander ‘’pourquoi vous avez bombardé le camp militaire français ? Qu’est-ce que les Français vous ont fait pour bombarder le camp ?’’ Il ne le fait pas.

En l’espace de quelques minutes, la décision est prise de détruire l’ensemble de l’aviation ivoirienne. Et cet ensemble de l’aviation ivoirienne est détruit. Les Sukoï 25 sont détruits à la hache, d’autres sont détruits par des missiles. Et les hélicoptères sont détruite également par les missiles. Evidemment les conditions de ces destructions sous les ordres du général Poncet ont été confirmées par beaucoup d’officiers français.

Mais le problème, ce que m’a confié le président Gbagbo, c’est que au moment où on vient détruire ses avions, lui, il a désigné le procureur militaire, M. Ange Kessi, de mener des enquêtes sur le bombardement du camp militaire français. Et quand le procureur militaire ivoirien se rend sur le site, il est empêché d’accéder au site par les militaires français, notamment par le général Poncet. Pourquoi ? Le président ivoirien est étonné. Il dit : ‘’si c’est moi qui ai bombardé le camp français, normalement les Français devaient nous encourager à faire les enquêtes.

Au besoin, ils ont la possibilité de se joindre à nous, puisqu’il y a un accord de coopération militaire signé avec la Côte d’Ivoire en 1961 qui permet aux Français de se joindre aux Ivoiriens, quand il y a des crimes ou des actes, pour une enquête conjointe. Eh bien, il n’y aura jamais d’enquête conjointe pour savoir ce qui s’est passé à Bouaké. Mais le plus intéressant, c’est qu’au moment où les Biélorusses, après le bombardement, sont encerclés par les militaires Français à l’aéroport d’Abidjan, un ordre du Quai d’Orsay arrive demandant qu’on libère ces hommes arrêtés.

Le général Poncet confirme lui-même l’ordre de les libérer et de les remettre au consulat russe à Abidjan. Mais plus grave, les pilotes Biélorusses sont exfiltrés d’Abidjan par un certain nombre de personnes très proches des services de renseignements français. Ils seront ensuite arrêtés par la police togolaise. Le ministre de l’intérieur du Togo, M. François Boko, m’a confirmé également qu’il a tout fait pour que les Français extradent les pilotes Biélorusses qui étaient suspectés d’avoir perpétré le bombardement du camp français de Bouaké. Il a contacté le service de renseignements français, ils ont refusé. Il a contacté le ministère de la Défense, il a refusé. Il a contacté le ministère de l’intérieur, il a refusé. Il a contacté le Quai d’Orsay, il a refusé. Toutes les autorités françaises compétentes dans ce dossier ont refusé d’extrader les suspects du cantonnement français à Bouaké. Il a gardé ces gens pendant une quinzaine de jours.

Il était à la limite de dépasser le délai de détention provisoire. Evidemment garder des gens en détention alors qu’il n’y a pas d’éléments à charges contre eux, cela aurait pu se retourner contre les autorités togolaises. Alors que le but de cette détention était l’extradition de ces gens-là. Mme Michèle Alliot-Marie aurait pu le faire. Elle a confirmé à cette époque qu’elle n’avait pas de base juridique pour arrêter ces gens. Ce qui est totalement faux. Puisqu’une loi sur le mercenariat a été votée à l’époque et le décret d’application a été signé par le président Jacques Chirac, lui-même, qui autorise les Français à arrêter des gens qui sont suspectés de mener une action de mercenariat.

Ce qui était le cas de ces Biélorusses qu’on suspectait d’être des mercenaires. Pour savoir pourquoi ils ont bombardé le camp français, il fallait les faire arrêter. Ce qui est plus grave, c’est que le ministre de la Défense, Michèle Alliot-Marie va mentir au juge dans l’enquête. Elle va dire qu’il n’y avait pas de photos qui puissent permettre d’identifier les pilotes. Mais, j’ai en ma possession les photos des pilotes qui avaient été rassemblées par le renseignement français dès le 2 novembre 2004 au moment où l’opération Dignité était mise en route. Dès cet instant, les services de renseignements se sont mis à photographiés, à filmer, à prendre tous les détails sur les pilotes et les Ivoiriens qui étaient avec eux.

L’état-major français avait toutes ces informations, ainsi que le ministère français de la Défense. Mais Alliot-Marie a eu le courage de dire au juge qu’elle n’avait aucune base juridique. Elle ne s’est pas arrêtée là. Les accusations portées contre le président Gbagbo, elle ne les a jamais réitérés devant le juge. Qui donc a donné l’ordre de bombarder le camp français de Bouaké ? C’est la question que la Justice devrait trancher. Mais je constate tout simplement qu’après le bombardement du camp et la destruction des avions, l’armée française se retrouve devant la résidence du président Gbagbo. L’argument qui est donné à ce moment-là, c’est que les militaires français se sont perdus à Abidjan. Comment des militaires français peuvent-ils se perdre à Abidjan avec des chars qui sont munis de Gps ?

Mais surtout avec deux officiers supérieurs comme le général Poncet qui connaît Abidjan par cœur. Ce qui est aujourd’hui clair, c’est qu’ils ne se sont pas trompés de route. Ils sont partis à Abidjan pour renverser le président Gbagbo. C’est pour cette raison qu’on a laissé s’échapper les auteurs de l’attaque du 6 novembre à Bouaké. C’est pour cela qu’on a détruit immédiatement les appareils de l’armée ivoirienne, pour que le Président Gbagbo n’ait pas la possibilité de quitter sa résidence. Quand vous mettez tous ces éléments bout-à-bout, vous constatez que tout a été fait dans l’optique de renverser le président Gbagbo.

Dans tout cela, il y a un témoin, qui devrait être entendu par la Justice, c’est le chef d’état-major, le général Mathias Doué. Qui a été mis à l’écart de l’opération Dignité, qui est venu annoncer au président Gbagbo, que les français avaient été tués, et qui semble-t- il était une des personnes qui avait été considéré comme l’un des possibles remplaçants du président Gbagbo. Le général Doué n’a jamais expliqué aux Ivoiriens pourquoi, au lendemain de l’attaque du camp de Bouaké et de tout ce qui s’est passé, il a appelé publiquement au renversement du président Gbagbo. Qu’est ce qu’il a fait la journée du 6 novembre 2004 ? Où était-il quand il a disparu? Et avec qui il discutait ?

Je pense qu’on est là dans un cas de figure qui mériterait beaucoup d’éclaircissements pour qu’on comprenne. Pourquoi le chef d’Etat-major de l’armée ivoirienne qui a vu que son pays était attaqué par la rébellion, une rébellion qui a commis des massacres dans son propre village, appelle au renversement du président Gbagbo et ne dit rien de ce que les rebelles ont fait dans son village et sur l’ensemble du territoire ivoirien dont il avait la responsabilité en matière sécurité ?

Source :
Propos retranscrits par Augustin Kouyo et César Ebrokié

Samedi 28 Décembre 2013
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1.Posté par Arnold ASSO le 28/12/2013 13:43 | Alerter
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dieu ne dort pas.cher ami tout ce que tu as écrit,n'est que pure vérité mais comme ils ne voulaient pas de notre président,ils ont toujours manigancé des plans diaboliques.le woody reviendra parmi nous peu importe ce qu'ils feront.avec tout ce que tu sais sur la crise ivoirienne,dis toi que dieu notre seigneur a un plan pour toi.puisse JESUS garder notre président.Vive la côte d'ivoire

2.Posté par kkyebson le 28/12/2013 19:41 (depuis mobile) | Alerter
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Le monde entier est gouverné pas la malhonnêteté avec des dirigeants malhonnêtes qui sont prêts à tout pour protéger leurs soit disant biens en Afrique en installant des dirigeants tout aussi malhonnêtes et corrompus à la tête de nos États.

3.Posté par KIFFF le 03/01/2014 13:54 | Alerter
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AU MOINS CA CEST UNE ANALYSE DIGNE D'UN JOURNALISTE.INVESTIGATEUR. AU MOINS IL A FAIT LES BANCS.

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