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Première conférence de presse : Déclaration liminaire du Front du Refus

L'Afrique en mouvement - Afrik53.com : Infos 7J/7 le Jeudi 20 Octobre 2016 à 00:00 | Lu 481 fois



Par une décision solitaire qui engage cependant l’avenir de la Nation, le Chef de l’Etat, Monsieur Alassane Ouattara, a décidé d’octroyer à la Côte d’Ivoire une nouvelle Constitution, en remplacement de celle que le Peuple s’est librement et démocratiquement donnée en août 2000.

Tel un monarque absolu, le Président Ouattara décide l’instauration d’une IIIème République, oubliant qu’une telle mesure ne se décrète pas mais que ce sont des circonstances particulières et exceptionnelles qui imposent ces changements. D’autre part, quelle valeur donner à ce référendum là où le peuple est écarté de tout débat et où il est uniquement convié à se prononcer d’une manière moutonnière sur un texte dont il ne connait pas le contenu ? De telles dérives traduisent un mépris inacceptable pour le peuple et heurtent la conscience de tout citoyen.

Le Cadre pour la Restauration de la Démocratie (CRED) et le Front Populaire Ivoirien (FPI), ayant constaté leur parfaite identité de vue sur leur refus commun de se voir imposer une nouvelle Constitution, ont donc pris l’initiative d’entreprendre des actions communes. Ils ont mobilisé, à cet effet, des formations politiques, des personnalités politiques, des associations et mouvements de la Société civile en vue de faire barrage à l’entreprise hasardeuse de Monsieur Alassane Ouattara.

Au terme de plusieurs jours de consultations et de concertation, les leaders et personnalités qui se tiennent aujourd’hui devant vous ont convenu de se mettre ensemble, dans un Front du refus, pour agir et obtenir le retrait pur et simple de ce projet de nouvelle Constitution. Il nous faut donc expliquer pourquoi nous nous dressons contre cette initiative.

A la suite du coup d’Etat militaire du 24 décembre 1999, toutes les institutions étatiques ont été dissoutes et la Constitution de la première République suspendue. Le peuple de Côte d’Ivoire a été obligé d’aller à un Référendum pour adopter la deuxième Constitution qui a fondé la 2ème République de Côte d’Ivoire. L’élaboration et l’adoption de cette deuxième Constitution ont suivi toutes les étapes démocratiques exigées.

Ainsi, pour son élaboration, une large et démocratique consultation a été faite au niveau de toutes les organisations socioprofessionnelles, de la société civile et de diverses associations dont tous les partis politiques , y compris le RDR, parti d’Alassane OUATTARA . C’est au terme de cette étape préalable de consultation démocratique qu’une commission de rédaction composée de représentants des différentes structures ayant fait l’objet de consultation, a rédigé le projet de constitution qui a été soumis au Référendum et voté par le peuple de Côte d’Ivoire à 86, 52 % des suffrages exprimés.

La Constitution de la IIème République a été accepté, de ce fait, dans l’esprit et dans la lettre par les partis politiques et les différentes composantes de la société. A la lecture de cette loi fondamentale, l’on constate que celle-ci a pris en compte les valeurs démocratiques, telles le respect et la protection des libertés individuelles et collectives, le respect des droits humains, comme l’atteste l’interdiction de la peine de mort.

La Constitution du 1er aout 2000 consacre en outre de grandes avancées démocratiques, notamment l’institutionnalisation de la Commission électorale et la limitation du nombre de mandats présidentiels à deux. On peut donc dire qu’elle est l’aboutissement d’un processus démocratique. Elle est auréolée d’une légitimité entière car elle est à tous égards l’émanation du peuple souverain. Cependant la Côte d’Ivoire est en crise depuis près de deux décennies. Et cette crise perdure.

La fracture sociale ne cesse de grandir, la réconciliation nationale est en panne sèche par manque de volonté politique ; Des centaines de prisonniers politiques croupissent encore dans les prisons de Côte d’Ivoire tandis que des milliers de citoyens sont contraints à l’exil ; Des biens meubles et immeubles sont spoliés, des expropriations de terres à grande échelle se font surtout à l’ouest du pays ; Le chômage endémique des jeunes sortis de centres et d’écoles de formation ne cesse de s’accroître, l’école est malade avec son cortège d’improvisation et de générations sacrifiées ; La vie chère réduit les Ivoiriens à la pauvreté et les déguerpissements sans mesures d’accompagnement augmentent le désarroi et le désespoir de nos concitoyens, notamment celui des petits commerçants…

Face à un tableau aussi désespérant que réel, où se trouvent l’opportunité et l’urgence d’une nouvelle Constitution ? Les Ivoiriens ont d’autres préoccupations et il semble bien qu’il ne s’agisse, ni plus ni moins, que de faire diversion face à l’opinion nationale et internationale, avec une nouvelle Constitution et une troisième République.

L’observateur objectif a pu se faire une idée quant aux causes réelles des crises à répétition en Côte d’Ivoire : Ce n’est nullement la Constitution ivoirienne qui pose problème mais bien l’incapacité ou le refus de certains politiques à s’y conformer !

En effet :

- Pourquoi avoir privilégié la voie des armes pour régler un contentieux électoral alors que des voies de recours existent, ne serait-ce que le recomptage des voix qui a été expérimenté avec succès ailleurs ?
- Comment contraindre à l’exil des dizaines de milliers d’Ivoiriens en violation de l’article 12 de la Constitution ?
- Comment justifier de continuer à assumer le rôle de Président du RDR, tout en exerçant la fonction de Président de la République, en violation de l’article 54 de la Constitution ? Et nous pourrions multiplier ces exemples.
Dans sa forme, ce projet de nouvelle Constitution présente des incongruités, pour le Front du refus :
- La méthode qui a prévalu est inadaptée et antidémocratique en ce qu’à partir de la seule volonté du Chef de l’Etat, le peuple a été écarté au profit d’un groupe d’experts qui n’a fait qu’avaliser les décisions du Président de la République ;
- Elle est inopportune en ce qu’elle va à l’encontre des préoccupations des Ivoiriens ;
- Elle consacre un passage en force dans son adoption au pas de course, ce qui est source de suspicion;
Sur le fond, le Front du Refus dénonce un projet de nouvelle Constitution qui contient des anomalies démocratiques.
- La création d’une vice-présidence autorise le Président de la République à désigner son successeur puisque les mesures transitoires de l’article 179 lui permettent de nommer qui il veut, sans attendre l’élection présidentielle de 2020. Comment accepter qu’un Vice-président nommé jouisse de prérogatives que seul le suffrage universel peut lui accorder ? Comment accepter ce type de succession monarchique ?

- La CEI perd son statut d’organe institutionnel et devient une simple administration manipulable à souhait, consacrant ainsi le retour en force du ministère de l’Intérieur dans l’organisation des élections. C’est un véritable déni des acquis démocratiques obtenus de haute lutte par l’Opposition d’alors ;
- Par la création d’un Sénat, le Chef de l’Etat s’autorise à nommer des parlementaires, remettant ainsi en cause le, principe de la séparation des pouvoirs pourtant affirmé dans le préambule ;
- La multiplication de nouvelles Institutions, (Vice-présidence, Sénat, maintien de la Primature, Chambre des Rois et Chefs traditionnels) s’avère budgétivore alors que les Institutions en place manquent de ressources et que les droits acquis des travailleurs ne sont pas respectés ;
- Cette Constitution porte en elle les germes d’implosion sociale en ce qu’elle garantit les biens acquis de tous ceux qui sont entrain de spolier les terres des Ivoiriens ;
- D’autre part l’article 55, en faisant sauter le verrou de l’âge, ouvre la voie à un pouvoir qui voudrait s’éterniser au risque d’établir une gérontocratie.
C’est pourquoi, les organisations membres du Front du Refus:
- Appellent le peuple ivoirien a une prise de conscience sur les dangers que cette initiative fait peser sur la Côte d’Ivoire ;
- Demandent au peuple souverain de se débarrasser de la peur, de la passivité. On nous refuse des consultations nationales, on est sourd et indifférent à nos propositions. Alors ne nous taisons plus. Brisons les chaînes du silence, faisons entendre notre voix. Mobilisons-nous, organisons des marches pacifiques et soyons nombreux, au-delà des partis, en tant que citoyens de ce pays à dire que nous voulons être entendus ;
- Soyons nombreux à réclamer la paix des cœurs. Nous ne voulons plus de haine, plus d’esprit de revanche, plus de politique de rattrapage, nous ne voulons plus d’exactions sur les populations ; nous ne voulons pas d’un pays fracturé en 2 mais un seul peuple, uni, rassemblé autour de valeurs communes avec un ciment commun, l’amour de la patrie ;
Nous, membres du Front du Refus, appelons solennellement et fermement le chef de l’Etat, M. Alassane Ouattara, à faire preuve de sagesse en retirant purement, simplement et immédiatement son projet de nouvelle Constitution. Nous lançons à tous les citoyens de notre pays, un appel solennel qui sera dit par le Président Abou Drahamane Sangaré, au nom du Front du Refus.
Merci de votre aimable attention.

Fait à Abidjan, le 17 octobre 2016

Pour le Front du Refus
Danièle Boni-Claverie
Porte-parole

L’appel solennel d’Abou Drahamane Sangaré


Ivoiriennes mes sœurs,
Ivoiriens mes frères,
Peuple de Côte d’Ivoire,
Ton pays est à la croisée des chemins. C’est au prix de la sueur et du sang que tu as obtenu le multipartisme, c’est par ton intelligence, ton abnégation et ta détermination que tu as obtenu la démocratie. Nous devons la protéger comme la prunelle de nos yeux.
Fiers Ivoiriens,
Le pays nous appelle. Le pays est en danger.
Notre démocratie est menacée, notre cohésion nationale déjà fragilisée risque de voler en éclats avec cette tentative de Monsieur Ouattara de réécrire l’histoire de la Côte d’Ivoire et de penser notre futur à notre place et par la force.
Notre pays attend toujours la réconciliation de ses filles et de ses fils. Le Président Laurent Gbagbo plane sur ce pays comme une ombre tutélaire et même absent, emprisonné injustement à la Haye, il demeure un point de référence fondamental. Pendant ce temps, la Côte d’Ivoire va mal, très mal. Chacun sent l’imminence de graves dangers tandis que M. Alassane Ouattara veut distraire le peuple ivoirien avec un projet de nouvelle Constitution, funeste et dangereux. Un projet qui ouvre une page d’incertitude pour notre pays et qui ne fait qu’aggraver la fracture sociale. C’est le projet de la discorde, de la rupture sociale. Le seul effet durable de ce projet, s’il venait à être adopté par les Ivoiriens, serait d’accentuer la division de la population.

Ivoiriens, Ivoiriennes,
La Constitution n’est pas l’affaire des seuls hommes politiques qui, vous le savez, finiront par se réconcilier sur votre dos. Le débat sur ce projet est un débat de société qui conditionne le vivre ensemble. C’est un contrat social qui exige l’implication de tous.
La Constitution est notre sang, elle est l’âme de notre pays. Elle pénètre dans nos foyers, elle s’immisce dans notre intimité.
La Constitution a un propriétaire, c’est le peuple de Côte d’Ivoire et nul ne peut exproprier ce peuple sans qu’il n’ait son mot à dire. C’est tout le sens qu’il faut donner à notre réclamation d’une Assemblée constituante pour l’élaboration et l’adoption de ce projet. M. Alassane Ouattara qui gouverne la Côte d’Ivoire selon son bon plaisir a refusé de lui donner la parole, a refusé d’entendre les propositions de l’Opposition, ce qui est antidémocratique.

Ivoiriens, Ivoiriennes,
Nous n’avons pas un pays à détruire mais à construire ensemble. Le moment est venu de dire « Stop, ça suffit ! ». Alors, ensemble, agissons et transformons ce mot en action.
C’est pourquoi, j’appelle, avec les organisations, les personnalités politiques et de la Société civile et les Démocrates de tous bords, au rassemblement dans ce Front du Refus. Pour participer massivement à la Marche du refus de l’humiliation du peuple de ce jeudi 20 octobre à partir de 07h. Marche de la dignité et de l’honneur retrouvés du Peuple ivoirien.

Ivoirien mon frère,
Ivoirienne ma sœur,
Lève-toi courageusement ! L’heure de la mobilisation a sonné ! Le temps n’est plus à la peur, au repli sur soi, à la résignation. La victoire marche toujours vers un peuple mobilisé et déterminé à défendre les mains nues, sa dignité et sa liberté. Le devoir de silence de la majorité des Sans-voix fait place au devoir d’engagement, de conviction et de détermination.
La Côte d’Ivoire vaut bien un tel combat. Ce pays nous a tout donné. A nous de mettre en pratique cette conviction de John Fitgerald Kennedy : « Ne demandez pas ce que le pays a fait pour vous, mais demandez ce que vous avez fait pour le pays ».

OUI, Fiers Ivoiriens,
Le pays nous appelle.
Nous devons répondre à cet appel.
Tous dans la rue ce jeudi 20 octobre pour une marche de la paix, de la dignité et de la liberté !
Nous vous faisons confiance et nous vous attendons !
Dans la lutte et dans l’espoir, la liberté vaincra !

Fait à Abidjan, le 17 octobre 2016

Pour le Front du Refus
Abou Drahamane Sangaré
Président du FPI

Conférence de presse du Front du Refus

Le message de soutien de Bernard B. Dadié

Chers camarades,
Chers combattants pour la liberté de l’Afrique,
Nous voici à un tournant décisif de notre Histoire. Et aujourd’hui tous les peuples d’Afrique nous regardent car de notre victoire jaillira un jour nouveau pour l’Afrique. Un grand exemple pour tous les peuples d’Afrique.
Et ce combat, nous devons le mener pour le bien de nos enfants et petits enfants ; et personne d’autre ne viendra le faire à notre place.
Plus que jamais nous devons affirmer haut et fort que tous les peuples sont nés libres et égaux et aucun peuple ne peut et ne doit accepter indéfiniment la servitude.
Le temps est venu de briser nos chaines, chaines de la peur et de la servitude ; l’heure a sonné. Levons-nous et prenons notre destin en main, si nous voulons que demain, nos héritiers nous respectent et évoquent notre souvenir avec nostalgie.
Nous sommes des combattants aux mains nues car nous abhorrons le sang. Oui trop de sang à coulé et il est temps d’être tous habités par la sagesse pour nous asseoir et discuter. Pour notre bonheur et celui de notre peuple. Voici mon message.
J’aurais voulu être présent physiquement à vos côtés pour vous encourager, dans cette initiative. Mais nous savons tous que le poids de l’âge me contraint à un repos ce jour et vous devez comprendre cela si vous voulez me voir demain à vos côtés pour fêter avec vous ce jour radieux qui s’annonce pour notre pays.
Courage, courage, courage !!

Fait à Abidjan, le 17 octobre 2016
Bernard Binlin Dadié


Afrik53.com : Infos 7J/7
Jeudi 20 Octobre 2016
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