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Pascal Affi N’Guessan, l’homme qui voulait tourner la page Laurent Gbagbo

L'Afrique en mouvement - Afrik53.com : Infos 7J/7 le Vendredi 10 Juillet 2015 à 09:43 | Lu 1492 fois

Sans doute n’imaginait-il pas que la tâche serait à ce point difficile. Mais Pascal Affi N’Guessan s’obstine et compte bien porter les couleurs du FPI à la présidentielle d’octobre. Sauf qu’il sait désormais que ses ennemis les plus féroces appartiennent à son propre camp. Portrait.



Pascal Affi N’Guessan, 62 ans, est un homme difficile à cerner. Il parle d’un ton monocorde, n’affiche aucune passion, fait preuve d’un pragmatisme parfois déroutant, semble ne vivre que pour le travail, lit peu de romans et n’a pas vraiment de mentor politique. En cette douce journée de juin, tout de même, il a le sourire. Le voici à Paris, où il n’a pas mis les pieds depuis 2009, reçu à l’Élysée, au Quai d’Orsay et même par le Medef en qualité de candidat du Front populaire ivoirien (FPI) à la présidentielle du mois d’octobre.

On comprend sa satisfaction. Qui aurait cru, le 5 août 2013, qu’il serait aujourd’hui dans cette position? Ce jour-là, Affi N’Guessan bénéficie, avec treize autres détenus pro-Gbagbo, d’une remise en liberté provisoire. C’est un homme affaibli, marqué par plus de deux années passées à la pri­son de Bouna (à 600 km au nord d’Abidjan) qui se présente devant les Ivoiriens. Tous ont encore en tête les images d’une vidéo publiée sur YouTube au début de sa détention. Affi y apparaît en chemise blanche. Autour de lui, six de ses codétenus, dont Michel Gbagbo, le fils de l’ancien président ivoirien.

Morou Ouattara, un ancien chef rebelle en charge des Forces nouvelles à Bouna, leur fait la leçon, puis leur demande de faire des pompes. Affi N’Guessan s’exécute difficilement pendant deux interminables minutes, avant de se relever avec tout autant de difficulté. À sa sortie de prison, Michel Gbagbo décidera de porter plainte contre Guillaume Soro, alors Premier ministre. Pas lui. «Ce n’est pas dans mon caractère. Je considère que faire souffrir un homme est d’abord un échec du bourreau », nous explique-t-il. Persuadé que l’avenir du parti repose sur ses épaules et qu’il lui faut prendre ses responsabilités, il pense aussi au futur. Et à cette question qui, aujourd’hui, divise le FPI: comment convaincre les militants qu’il faut continuer sans Laurent Gbagbo, emprisonné à La Haye? Sans doute n’imaginait-il pas que cela serait si difficile.

Point de non-retour

En décembre 2014, le FPI doit organiser un congrès et élire un nouveau président. Après avoir parcouru le pays et entamé la restructuration d’un parti décimé par la crise postélectorale, Affi N’Guessan pense se présenter seul, ou presque. Mais en octobre, un dossier de candidature est déposé au nom de Laurent Gbagbo. Affi s’y oppose, considérant que l’on se sert du nom de l’ancien président, et utilise par deux fois la justice pour faire invalider la procédure. Pour les pro-Gbagbo, désormais appelés« frondeurs », cet épisode marque un point de non -retour. « C’est du jamais-vu! Il s’est mis dans une impasse», juge un socialiste français qui connaît Gbagbo (et Affi N’Guessan) depuis la fin des années 1980.

«Affi nourrit une haine pour celui qui l’a fait en le nommant Premier ministre, alors qu’il n’était pas le militant le plus chevronné’ », s’insurge un proche de Gbagbo. Quand il accède à la primature, en octobre 2000, ce fils de petit planteur de café et de cacao est tout de même un cadre important du FPI, un parti créé dans la clandestinité en 1982 et qu’il a rejoint en 1986. Mais, il appartient à la deuxième génération, celle qui n’a pas forcément lu Marx ou Lénine et qui évolue dans l’ombre des « historiques» que sont Laurent Gbagbo, Aboudramane Sangaré ou Émile Boga Doudou.

Certes, en 1988, il met en place une base du FPI au sein de l’École nationale supérieure des postes et télécommunications d’Abidjan (dont il a été étudiant puis directeur d’études), puis intègre la direction nationale du parti en 1990. La même année, il se fait élire maire dans sa ville de Bongouanou, en pays agni-baoulé, à 200 km au nord d’Abidjan. C’est son premier fait d’armes. « S’imposer avec l’étiquette du FPI sur les terres du PDCI [l’ancien parti unique], ce n’est pas rien », se félicite-t-il. Pas suffisant toutefois pour gagner la confiance des caciques du parti. Défait aux municipales de 1996, Affi N’Guessan retrouve son poste à Côte d’Ivoire Télécom (qu’il avait rejoint en 1993), tout en poursuivant son activité militante.

Triptyque

Gbagbo et son fidèle Sangaré ne le perdent pas de vue. En fins stratèges, tous deux estiment qu’il faut donner une assise nationale à un parti qui manque de profils technocrates. Affi, l’ami ingénieur des télécoms, est le candidat idéal. «En 1999, Gbagbo m’a dit: “Si je suis élu président, Affi sera mon Premier ministre», raconte un de ses intimes. Après le coup d’État du général Robert Gueï, en décembre 1999, Affi N’Guessan entre au gouvernement de transition comme ministre de l’Industrie et du Tourisme avec l’étiquette FPI.

Gbagbo en fait ensuite son directeur de campagne, remporte le scrutin d’octobre 2000 et le nomme à la primature. « Avec Gbagbo bété, Mamadou Koulibaly [président de l’Assemblée nationale] dioula et Affi N’Guessan Agni, nous avions mis en place ‘un triptyque régional pour élargir la base et asseoir notre pouvoir », se souvient un cacique du régime. Arrive ensuite l’épisode qui constitue, pour la grande majorité des observateurs de la vie politique ivoirienne, le tournant dans les relations entre Pascal Affi N’Guessan et Laurent Gbagbo: la signature des accords de Linas-Marcoussis.

Réunis près de Paris du 15 au 24 janvier 2003, les partis politiques et les différents groupes rebelles impliqués dans le conflit qui couve depuis le 19 septembre 2002 parviennent dans l’euphorie à un accord. Celui-ci maintient le chef de l’État à son poste jusqu’au terme de son mandat mais lui impose de partager le pouvoir avec un Premier ministre de consensus chargé de former un gouvernement d’union nationale. Deux jours plus tard, à Paris, l’accord est avalisé par les chefs d’État, dont Gbagbo, mais est immédiatement contesté par ses partisans à Abidjan.

Président du FPl depuis juillet 2001, Affi N’Guessan fut signataire en lieu et place de Gbagbo à Marcoussis. Aujourd’hui, il apparaît clairement qu’il a pris certaines libertés par rapport à la ligne du régime. L’ancien président ivoirien a depuis confié à plusieurs de ses proches ne pas avoir été consulté par son Premier ministre avant la signature de l’accord. Affi lui-même le concède. «Je l’ai eu au téléphone une seule fois, à mi-chemin des négociations. Nous avons fait le point sur le déroulement des discussions et il m’a dit: “Faites ce que vous avez à faire ». J’ai considéré que je devais jouer ma partition.» Pourquoi ? «Le pays était coupé en deux, le régime acculé, c’était la seule chose à faire. Si les termes de Marcoussis avaient été appliqués, on aurait peut-être pu normaliser le pays et aller à la présidentielle en 2005, comme cela était prévu. Finalement, en nommant le chef de la rébellion, Guillaume Soro, au poste de Premier ministre en 2007, Gbagbo a été contraint de faire encore plus de concessions. »

Les partisans de Gbagbo l’accusent, de leur côté, de ne pas avoir résisté aux pressions de la France, d’avoir joué sa carte personnelle, d’avoir cru comme beaucoup que l’ancien président était «cuit» et qu’il fallait se placer. « Affi est un pragmatique, pense un fin connaisseur de la vie politique. Avec ce qu’il faut d’opportunisme. Il savait que son salut ne devait pas dépendre de Gbagbo.» « Son passage à la primature lui est monté la tête», renchérit un diplomate européen en poste à Abidjan après 2004. Si Gbagbo le maintien malgré tout à la direction du FPI, la relation de confiance entre les deux hommes est rompue.

À Abidjan, Affi N’Guessan est placardisé au sein d’un parti dont le véritable chef se nomme Simone Gbagbo, qui considère que les signataires de Marcoussis sont des traîtres à la cause. La première dame l’aurait même giflé. L’intéressé dément, tout comme deux proches de Simone – « C’était plus une gifle verbale », dit l’un d’eux. Affi N’Guessan précise: «Notre contentieux ne date pas de cette époque. Nos tempéraments étaient trop différents pour que l’on s’entende. Elle était sanguine, et moi, plus rationnel. »

Ambitieux

Jusqu’à la présidentielle de 2010, Pascal Affi N’Guessan encaisse. Son passage à la primature l’a rendu ambitieux et il veut se servir de ce purgatoire pour se déplacer sur le terrain et se faire connaître des militants de base. Aujourd’hui encore, il est persuadé que cette période peut lui servir à asseoir sa légitimité, lui qui n’a pas vu Gbagbo depuis le 30 mars 2011 (il a demandé à le voir à La Haye mais l’ancien président ne lui a toujours pas répondu). Et force est de constater que, à quatre mois de la présidentielle, il lui reste encore du travail- il doit supporter les invectives de ses opposants à chacune de ses apparitions publiques.

S’il est parvenu à s’entourer de quelques ténors du régime Gbagbo (Marcel Gossio, autrefois à la tête du Port autonome d’Abidjan, Augustin Komoé, directeur de cabinet de Gbagbo dans les années 1980, et Alphonse Voho Sahi, son ex-conseiller spécial, l’ont rejoint), la majorité de ceux qui représentent l’orthodoxie du parti lui a déclaré la guerre. Et un fin connaisseur du FPI de conclure: « Affi est persuadé que son heure a sonné. Mais comment peut-il espérer compter sur la base du parti? » Sa position face au régime est également délicate.

Non pas qu’il regrette d’avoir choisi la voie du dialogue. Mais il éprouve toutes les peines du monde à expliquer pourquoi Fraternité matin, le quotidien pro gouvernemental, couvre sa campagne. Et se voit contraint de critiquer le verdict des pro-Gbagbo, qui ne l’a condamné qu’à dix-huit mois de prison avec sursis quand Sangaré a pris cinq ans ferme. « Les peines ont été distribuées à la tête du client, non en fonction des faits mais de leur attitude vis-à-vis du pouvoir », dit-il. Pas facile d’être un opposant quand, au sein de votre propre parti, on affirme que vous êtes l’homme que le pouvoir a choisi et décidé d’affronter en 2015 …

L’explosive « Mme Affi N’Guessan »

Angeline Kili, qui partage sa vie depuis plus de dix ans, n’est son épouse que selon le rite coutumier. Quand leurs chemins se croisent, début 2002, le Premier ministre de l’époque est déjà marié, mais cette nouvelle idylle est acceptée. Leur rencontre coïncide avec la montée en puissance de cette chrétienne issue d’une famille de Gagnoa (la ville natale de Gbagbo). Simple secrétaire de direction, elle est bombardée présidente du Fonds de régulation et de contrôle (FRC), une des structures issues de la réforme des institutions de la filière café-cacao. Son influence ne cesse de croître, comme le montre cette scène du 1er octobre 2004: Amadou Gon Coulibaly, alors ministre de l’Agriculture, organise une conférence de presse pour l’ouverture de la campagne. Mais quand vient le temps des questions réservées aux journalistes, Kili, assise au premier rang, se lève et indique à l’assistance que la conférence de presse n’aura pas lieu. Personne n’osera la contredire. Le couple profite alors des fastes d’une fonction avantageuse.

Tout s’arrête brusquement en 2008 avec l’opération mains propres lancée par le président Laurent Gbagbo contre les barons de la filière. Angeline Kili est incarcérée à la Maison d’arrêt et de correction d’Abidjan (Maca). Affi fait tout pour obtenir l’indulgence du chef de l’État, organise deux réunions du parti présidentiel pour rallier des hommes influents à sa cause, mais ne parvient pas à ses fins. Il multiplie alors les entrevues discrètes avec sa belle, à la nuit tombée, dans le quartier VIP de la Maca. La situation indispose rapidement sa belle-famille. En 2009, Affi N’Guessan est contraint de divorcer. Remise en liberté provisoire deux ans plus tard, Angeline Kili sera condamnée à vingt ans de prison en novembre 2013 pour «détournements de fonds, abus de confiance, abus de biens sociaux, escroquerie, faux et usage de faux en écriture privée de banque ou commerce ». Elle est depuis dans l’attente de sa procédure d’appel. Nul doute qu’elle conserve, à l’endroit de Laurent Gbagbo, une rancœur tenace.

Source: Jeune Afrique

Afrik53.com : Infos 7J/7
Vendredi 10 Juillet 2015
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1.Posté par Morifitini Traore le 10/07/2015 14:39 (depuis mobile) | Alerter
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Affi, traumatisé par morou ouattara est complètement devenu fou de dramane ouattara. Il va donc en guerre contre l''''homme qui l''''a fait politiquement: Laurent GBAGBO. Autant dire qu'''' il est devenu ZINZIN! Inchaalah

2.Posté par Morifitini Traore le 10/07/2015 14:41 (depuis mobile) | Alerter
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Affi, traumatisé par morou ouattara est complètement devenu fou de dramane ouattara. Il va donc en guerre contre l''homme qui l''a fait politiquement: Laurent GBAGBO. Autant dire qu'' il est devenu ZINZIN! Inchaalah

3.Posté par bamba le 11/07/2015 11:16 | Alerter
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chers compatriotes ,c'est cette france hollandaise qui avait trompé AFFI parce qu'au début ,si AFFI avait insisté à ce que se fassent les ETATS-GENERAUX ,c'est tout juste qu'il voulait que ce qu'on a vecu n'arrive plus jamais ,mais ADO qui décédé dépuis 2011 alors cela était difficile pour la france d'accepter ce que demande AFFI ,donc au lieu de ce que veut AFFI hollande lui a dit de remplacer les kaciques du FPI afin de tourner la page gbagbo,et c'est là son erreur puisqu'il avait accepté.

4.Posté par Sily Camara le 11/07/2015 18:04 | Alerter
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...et qui a finalement tourné la sienne.

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