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Paris: «Show» de Ouattara, Wade... Répréssion musclée

le Vendredi 16 Septembre 2011 à 06:46 | Lu 906 fois



Paris: «Show» de Ouattara, Wade... Répréssion musclée
Les Africains dignes protestent, la police de Sarkozy réprime. Un Ivoirien dans le coma. La « République des boucantiers » transhume à Paris.

Une noire colère. Les centaines d’Africains qui, en pleine journée de travail – certains ont pris une permission, d’autres ont abandonné leur commerce – ont convergé vers l’UNESCO pour crier leur détestation de la Françafrique incarnée par des leaders comme Alassane Ouattara et Abdoulaye Wade, se sont exprimés hier. « J`aime la France, j`aime l`Afrique, mais je n`aime pas la France-à-fric », « A bas la Françafrique! », « Wade assassin! Ouattara assassin! Abdel Aziz assassin! », «Halte au pillage des richesses africaines ».

Les slogans étaient forts. La répression aussi. Cela fait plusieurs mois que les Renseignements généraux français enquêtent sur le mouvement de dénonciation de l’imposture ivoirienne et de la dénonciation de la guerre françafricaine de Côte d’Ivoire. Ils ne comprennent pas ce mouvement africain qui ne s’essouffle pas et qui fait désordre alors que Sarkozy raconte à son peuple qu’il a délivré les Ivoiriens de la tyrannie.

Paris: «Show» de Ouattara, Wade... Répréssion musclée
Les CRS français ont donc été déployés par centaines pour saboter la manifestation devant l’UNESCO. Les premiers «indignés » arrivés sur les lieux ont été encerclés et quasiment immobilisés trop loin du siège de l’UNESCO. Une sorte de cordon a été créé pour empêcher les personnes arrivées un peu plus tard d’avoir accès au lieu de la manifestation. Les manifestants arrivés par la station de métro Cambronne ont été coupés de ceux
descendus à la station Ecole militaire.

Malgré toutes ces mesures, les policiers français se sont signalés par leur brutalité, et ont usé et abusé des gaz lacrymogènes et de la matraque. Bilan : un manifestant dans le coma, transporté en service de réanimation. Les observateurs estiment en tout cas qu’à l’heure où le scandale de la «République des mallettes » a éclaté, l’opinion française est un peu mieux disposée à en apprendre un peu plus sur le «traitement particulier» infligé par la France à ses anciennes colonies, enjolivé en permanence par des médias aux ordres. Quant aux militants ivoiriens et panafricains de France, ils tiennent le coup. Pour envoyer un message fort de courage à ceux qui, en Côte d’Ivoire, ploient sous le poids d’une terreur cyniquement organisée.

Gaspillage éhonté de l'argent public à Paris

Alassane Ouattara surprend de plus en plus les Ivoiriens et particulièrement ses partisans qui ne suivent plus la logique de ses «solutions». Alors que la Côte d’Ivoire traverse une zone de turbulences économiques extrêmes, il invite toute sa «République» à Paris pour festoyer au frais du contribuable ivoirien.

Depuis sa prise de pouvoir le 11 avril dernier, le chef de l’Etat, Alassane Ouattara, multiplie les «virées» hors du pays. Il a effectué en moins de 5 mois une dizaine de voyages à l’extérieur de la Côte d’Ivoire, exclusivement dans les pays qui lui ont été d’un soutien inestimable dans le changement de régime en Côte d’Ivoire. A peine de retour d’un séjour hexagonal, il y a 15 jours, Ouattara y est retourné depuis le week-end pour assister à la remise du prix Félix Houphouët Boigny (Fhb) pour la paix de l’Unesco. Cette fois, Ouattara n’a pas manqué d’inviter à ce banquet, au frais du contribuable ivoirien, tous les membres ou presque de sa coalition au pouvoir.

Abidjan s’était vidé de l’essentiel des hommes du régime actuel au pouvoir, à l’exception du Premier ministre qui avait la «garde» de la maison. Outre Henri Konan Bédié qui a pris l’habitude de représenter plus ou moins l’Etat de Côte d’Ivoire à cette cérémonie annuelle, on notait la présence des présidents d’institutions, dont Marcel Zadi
Kessy, président du Ces, Charles Konan Banny, président de la Cvdr, Francis Wodié, président du Conseil constitutionnel version Ouattara, Youssouf Bakayoko, président de la Cei, Laurent Dona Fologo, ex-président du Ces, le gouverneur du District de Yamoussoukro nommé par Ouattara, Augustin Thiam.

Ainsi que de plusieurs membres du gouvernement, tels Patrick Achi, Kobenan Kouassi Adjoumani, Raymonde Goudou Coffie, Charles Diby, Ahoussou Jeannot, et de Kouadio Konan Bertin (KKB) et Zié Daouda Coulibaly du Pdci. Et bien d’autres personnes transportées, nourries et blanchies aux frais de l’Etat de Côte d’Ivoire dans une situation de crise économique profonde, où les recettes prennent rarement le chemin des caisses de l’Etat, du fait du rançonnage sauvage des Frci qui continuent d’avoir une mainmise sur des secteurs vitaux de l’économie.

A tout ce monde déjà pléthorique, l’on doit bien sûr ajouter les membres des différentes délégations qui les accompagnent, forcément pléthoriques. Dans une période difficile et pour l’Etat et pour les Ivoiriens. Comment le super-économiste qu’est Ouattara peut-il, dans une telle situation, se jouer les «boucantiers » (personnes enclines aux gaspillages, ndlr) avec le peu de ressources que collectent les régies financières ? Il ne peut chanter l’hymne à la bonne gouvernance le matin et multiplier les dépenses superflues le soir. La situation financière de l’Etat, ce n’est un secret pour personne, est très préoccupante.

Pendant que l’Etat vient de lancer un emprunt obligataire dans l’objectif de renflouer quelque peu ses caisses, que les régies financières ont du mal à se retrouver après 5 mois, que la Côte d’Ivoire est obligée de quémander de l’argent ne serait-ce que pour payer ses fonctionnaires (une première en 51 ans d’indépendance), les Houphouétistes au pouvoir s’offrent une semaine de villégiature au frais du contribuable. Pour disent-ils assister à la remise du prix Félix Houphouët-Boigny pour la paix, où leur «hôte», le président français, n’était même pas présent. Les Ivoiriens ont des raisons de désespérer.

Vendredi 16 Septembre 2011
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