Lors de la cérémonie de la rentrée solennelle du conseil constitutionnel, le lundi 10 septembre 2012, le chef de l’Etat, Alassane Ouattara a encore fait une sortie de route. Dans son discours lu à cette occasion, il a accusé le précédent conseil constitutionnel dirigé par l e professeur YAO Paul N’dré d’avoir fait du faux. Traitant le responsable de cette institution d’être responsable de la crise post-électorale. Partant de là, il lui impute les nombreux morts. Et pourtant, ce que Ouattara oublie c’est que, c’est ce faux conseil constitutionnel, selon lui, qui par sa décision du 04 mai 2011 l’a proclamé président de la Côte-d’Ivoire.
Nous savons tous que la décision du conseil constitutionnel proclamant Laurent Gbagbo président est irrévocable. Mais pour ses ambitions présidentielles, Ouattara, soutenu parla communauté internationale avec à sa tête la France, a utilisé tous les moyens pour ramener Yao Paul N’dré de son exil afin de se dédire. Sous la menace des armes, le sieur Yao Paul N’dré, par instinct de survie, a fait la volonté de Ouattara, et non la volonté du peuple et de la loi fondamentale ivoirienne.
D’ailleurs, dans sa lecture de proclamation, il a fait mention uniquement que des lois de la communauté internationale. C’est dire qu’une ambiguïté demeure. Alors, si tant est que la Côte-d’Ivoire est un pays indépendant, souverain, peut-on affirmer que Alassane Ouattara en est le président ? Le débat sur sa légitimité est donc relancé. Pour nous, c’était un débat clos. Mais Ouattara, non content du poste de président qu’il occupe malgré toutes les protestations, vient d’ouvrir la boîte de pandore. Et cela à ses risques et périls.
M. Ouattara au lieu de gouverner passe tout son temps à accuser les autres. Lui, il est blanc comme neige. Il ne se reproche rien. L’enfer c’est les autres, dira quelqu’un. Alors que tout le monde sait, mais personne n’en parle, que c’est la branche armée de son parti RDR qui a entraîné la Côte-d’Ivoire dans le chaos depuis le coup d’Etat manqué de 2002 mué en rébellion. Cela n’a été possible que grâce au soutien de la France qui voyait en Ouattara l’homme providentiel, capable de lui apporter le salut. Aujourd’hui la réalité est autre. Il faut donc en tirer les conséquences.
Ce n’est pas parce qu’on a la nébuleuse communauté internationale avec soi qu’on est fort et qu’on peut tout se permettre. Ouattara croit apprivoiser et instrumentaliser les médias d’Etat au gré de ses ambitions politiques. Cette entreprise machiavélique de diabolisation du camp Gbagbo lui réussit très bien. Mais qu’il sache qu’une pièce d’argent a deux faces. Par les actes qu’il pose, il est en train de tracer les sillons de sa chute très prochaine et des souffrances de ses ouailles.
Les manifestations anti-américaines qui se répandent comme une traînée de poudre dans les pays islamiques ces derniers temps doivent nous assagir. Pour des intérêts géostratégiques, les USA ont utilisé les arabes contre d’autres puissances. Aujourd’hui nous constatons le revers de la médaille. Au cas où Ouattara ne le sait pas, les ivoiriens sont à la fois doux et amers. Ils ne supporteront pas encore longtemps les brimades, les humiliations, les traitements dégradants et inhumains auxquels ils sont soumis. Francis Wodié, le tout nouveau président du conseil constitutionnel que Ouattara brandit comme un trophée de guerre n’est pas étranger à ce qui arrive à la Côte-d’Ivoire. Il fait partie des pions de déstabilisation du pays. Le poste qu’il occupe n’est qu’une récompense.
On peut berner le peuple tout le temps, mais il sera difficile d’enlever à tous les hommes épris de justice et de paix leur sens de discernement, de compréhension et de révolte. C’est pour cela, nous demandons à Ouattara qui sait comment il est devenu président, du fait d’un faux conseil constitutionnel, d’apprendre à se soumettre, à être humble. Car la force humaine a des limites.
Rien ne sert de courir, il faut partir à point, dit l’adage.
Gilbert KOIME
gilbertkouame@yahoo.fr


Nutrition




