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Opposition ivoirienne après l’élection présidentielle, Y’a-t-il encore un pilote dans l’avion ? (Par Simplice Allard)

L'Afrique en mouvement - Afrik53.com : Infos 7J/7 le Jeudi 5 Novembre 2015 à 09:16 | Lu 1613 fois

Le Front populaire ivoirien (FPI) de Laurent Gbagbo fait preuve de bravoure et surtout d’un certain réalisme face à la forte répression que le régime Ouattara fait abattre sur ses dirigeants. Depuis sa déportation le 30 novembre 2011, Laurent Gbagbo est fait prisonnier à la Cour pénale internationale (CPI).



Son épouse vit une réclusion dans un lieu tenu secret, après son procès en assises à l’issue duquel elle a pris 20 ans. Ce sont au moins 372 détenus politiques, toutes situations juridiques confondues. La plupart des dossiers sont toujours en instruction dans plusieurs cabinets.

Depuis le 11 avril 2011, ce sont 89 affaires, concernant le pourvoi en cassation pour les détenus incarcérés dans les semaines et mois suivant le 11 avril, qui ont été jugés aux assises du 26 novembre 2014 en février 2015. 25 affaires ciblées sont liées à des événements directs de la crise postélectorale ou aux présumées attaques à Abidjan et dans différentes autres localités du pays. 63 autres affaires particulières ou individuelles liées à l’atteinte à la sûreté de l’Etat. 127 détenus ont toujours leurs dossiers au 10ème cabinet, 89 au 8ème cabinet, 27 au tribunal correctionnel, 4 à la chambre d’accusation et 2 au tribunal militaire.

En plus, il y a un nombre important de dossiers, estimé à 43, non classés, c’est-à-dire non encore instruits ou affectés à un cabinet. Charles Blé Goudé un autre proche de Laurent Gbagbo est lui aussi déporté à La Haye devant la Cour pénale internationale (CPI), alors qu’une procédure est ouverte contre lui devant la Justice nationale. Lida Kouassi, Assoa Adou, Dano Djédjé, Hubert Houllaye, Koua Justin, Dahi Nestor, etc. sont détenus sans jugement avec des centaines autres proches de l’ancien président ivoirien. Le tableau de la situation des prisonniers politiques sous Ouattara, tel que dépeint est bien sombre.

Mais ne dit-on pas au sein du FPI, ”quand c’est dur, seuls les durs avancent” ? Le parti de Laurent Gbagbo fondé ”quelque part dans une palmeraie à Dabou” et donc forgé dans l’adversité porte bien sa couronne d’épines. Le FPI fait même mieux qu’on aurait envisagé d’un parti qui revient de loin et qui a parcouru le chemin qui est le sien. Il a relevé tous les grands défis qui se sont révélé à lui. Déclaré mort par Yin Jhin-Choï l’ancien représentant du Secrétaire général de l’ONU, certes il a perdu d’innombrables militants – les ministres Tagro Désiré, Bohoun Bouabré, le maire Diagou Gomont, le Dg Gnan Raymond, le syndicaliste Mahan Gahé…, mais ce parti a pu tout de même sortir des décombres. Très affaibli par de nombreuses disparitions de ses intelligences et bras valides, mais aussi par de nombreux départ en exil forcé et des emprisonnements, personne ne pouvait parier que le FPI pourrait encore tenir en haleine le jeu politique. Et pourtant ce parti rythme bien la vie politique en Côte d’Ivoire.

A son actif, le boycott des élections législatives de décembre 2012, le boycott du recensement général de la population et l’habitat (RGPH) en 2014 et son solde-out : le boycott de l’opération de retrait des cartes d’électeurs ainsi que l’élection présidentielle de 2015. Ces deux derniers challenges montrent clairement qu’il en faut un peu plus pour ”tuer” l’hydre de mer qu’est ce parti. Son appel au boycott de l’opération de retrait des cartes d’électeurs se solde par 89% de taux d’abstention ; quant à son appel au boycott de l’élection présidentielle de 2015, le peuple lui répond positivement par un cinglant 80% de taux d’abstention. Il est clair qu’on ne peut sortir de ces défis comme on sortirait d’un gala. On peut donc croire que le FPI est sorti essoufflé – mais pas affaibli – du processus électoral qu’il a rythmé de bout en bout. Mais quand en est-il de ses alliés de la Coalition nationale pour le changement ?

FPI-CNC : où est la complémentarité ? Si cela ne dépendait que de cette seule Coalition, ont peut se poser la question : y’a-t-il un pilote dans l’avion ? En dehors du FPI quelle Opposition politique en Côte d’Ivoire qui soit capable de redresser la périlleuse trajectoire imprimée à ce pays depuis avril 2011, par une politique totalitariste ? Si elle existe alors cette opposition est appelée à s’affirmer dès maintenant. Sinon, il lui sera difficile de reprendre la main quand la bataille sera remportée par une force politique. Il sera trop tard ! D’où, c’est ici et maintenant que cette opposition CNC devrait agir pour marquer son territoire. Elle a des hommes, c’est peut-être le profile qui fait défaut. Mais n’est-ce pas le vécu qui forge le background.

Alassane Ouattara lui en donne une autre occasion. En effet, après son passage en force soldé par 83,36% des suffrages exprimés le dimanche 25 octobre 2015, il s’est empressé de féliciter son équipe gouvernementale pour mission accomplie. A la question « est-ce que vous pouvez donner quelques indications sur le gouvernement. Est-ce qu’il sera dissout, remanié, retravaillé » Alassane Ouattara a répondu : « Là, il n’y a aucune orientation qui a été donnée. C’est une bonne équipe qui fait du bon travail et nous continuons ensemble ». Analysé, cela signifie que c’est une politique plus répressive qui sera servie aux opposants. Si Ouattara distribue des bons points à ses collaborateurs, c’est qu’il est prêt à continuer la route avec eux. Et pourtant il est de notoriété que des membres du gouvernement se sont érigés en bourreaux de leurs concitoyens.

Les exemples si sont légion qu’on en trouve sans chercher. Le ministre d’État, ministre de l’Intérieur et de la Sécurité Hamed Bakayoko, par exemple, a de tout temps fait réprimer les manifestations pacifiques de l’Opposition avec à la clé des emprisonnements arbitraires. Il a même « reconnu » aux chasseurs traditionnels dozos dont les crimes courent les rues un statut de force publique ! Il a scindé le Parti ivoirien des travailleurs (PIT), divisé le Mouvement des forces d’avenir (MFA) d’Innocent Anaky Kobenan, etc.

Faut-il faire un dessin pour démontrer combien Gnénéma Coulibaly, Garde des sceaux, ministre de la Justice et des Libertés publiques, lui, a usé du gourdin de la Justice pour écraser l’Opposition ? 20 ans de prison pour Simone Gbagbo ! Il a cassé le FPI en deux contre la volonté des militants. Il a déporté Charles Blé Goudé à La Haye devant la Cour pénale internationale (CPI), alors qu’une procédure est ouverte contre lui devant la Justice nationale. Lida Kouassi, Assoa Adou, Dano Djédjé, Hubert Houllaye, Koua Justin, Dahi Nestor, etc. sont détenus sans jugement avec des centaines autres pro-Gbagbo.

Mais il y a pire. Paul Koffi Koffi, ministre délégué à la Défense a quant à lui constamment retourné le glaive contre d’autres enfants de la mère patrie avec les nombreuses exactions commises des Frci contre les pauvres populations Wê. Après chaque attaque réelle ou supposée des positions de l’armée nationale par des inconnus dans la région frontalière avec le Libéria, ce sont des villages Wê qui ont toujours subi des actes de représailles gratuites des militaires… Et lorsqu’Alassane Ouattara dit que son équipe a fait du « bon travail », il y a assurément lieu de s’inquiéter du lendemain. C’est là qu’il devrait trouver une opposition en face de lui. Mais au constat, il est clair que la CNC semble avoir fini sa mission avant même de l’avoir entamé.

La CNC, outre le FPI et sa machine politique, c’est aussi Charles Konan Banny, Koulibaly Mamadou, Kouadio Konan Bertin, Martial Ahipaud, etc. Mais de tous les combats que Banny et ses amis étaient censés mener pour des élections libres, transparentes, apaisées et inclusives, l’honnêteté oblige à reconnaitre que pas un seul n’a été gagné. Comme si cela ne suffisait pas ces opposants ont donné l’image d’un panier à crabes où les uns montent sur les autres pour chercher à se hisser ; laissant de côté l’essentiel à savoir amener Ouattara à revoir sa copie. Au-delà des déclarations par voie de presse, personne d’entre eux n’a vraiment mis Ouattara en difficultés en usant des moyens qu’offre la loi en pareille circonstance. Par des contradictions, ils s’en sont bien illustrés.

Koulibaly, Banny et Kkb se sont empressés de déposer leurs dossiers de candidature devant Youssouf Bakayoko au lieu de se serrer les coudes pour faire pression sur Ouattara. Alors qu’ils contestaient la légitimité de Youssouf Bakayoko à la tête de la CEI, les candidats issus de la CNC sont allés lui remettre leurs dossiers de candidature. Banny et Kkb ont fait campagne pour être élus Président de la République. Koulibaly s’est retiré de la course et a appelé au boycott après s’être discrédité. Banny a été tardivement visité par la sagesse, il a révisé sa position en s’inclinant par désistement. Mais il s’était déjà couvert d’opprobre. Quant à Kkb il a foncé aux urnes la tête baissée… Sans regret dirait-on.

Voilà l’image de contradictions ridicules que la CNC a laissée à l’opinion. Une opposition qui a donné le sentiment d’avoir trahi la confiance des Ivoiriens en allant à cette élection truquée d’avance. Mais comme dit l’adage populaire, il n’est jamais trop tard pour bien faire.

L’élection d’Alassane Ouattara remet en effet, sur le métier le combat politique de cette Coalition. Et son actuel président, Bah Jean Enoc, qui a été fait calife à la place du calife, a ici l’occasion de faire ses classes. Il peut certes compter sur l’appareil politique du parti de Gbagbo bien que le FPI soit confronté au gourdin de la Justice des vainqueurs. Certes, l’union fait la force, ensemble, FPI et CNC doivent se réarmer et se charger des espérances du peuple ivoirien. Mais le FPI ne peut passer son temps à porter du bout des bras une Cnc qui n’a jusqu’ici été que le ventre mou de l’opposition.

Qui plus est, Aboudramane Sangaré et ses camarades du parti à la rose n’ont pas droit d’exercer leur opposition, à cause de l’arbitraire au pouvoir. Dans ce cas, l’impérieuse mission revient à la CNC d’impulser une dynamique au combat démocratique. Et le temps presse, car, dès les premières heures de sa « victoire » Ouattara a annoncé les couleurs. Il a déclaré s’en prendre bientôt et encore à la Constitution de la République de Côte d’Ivoire… Après l’avoir violée à maintes reprises. Le mentor du Rdr a à cœur de modifier l’article 35 qui donne la Côte d’Ivoire aux Ivoiriens. Voilà ce qui devrait constituer le premier véritable chantier de Bah Jean Enoc, nouveau président de la CNC. C’est à lui d’empêcher la mise à mort de la loi fondamentale en mobilisant les Ivoiriens autour de l’âme de leur pays. Un défi qui n’est pas insurmontable. Ce genre de combat n’est pas nouveau en Côte d’Ivoire.

Dans les années 1990 dans l’Opposition, Laurent Gbagbo l’a mené avec ses camarades. Les démocrates du FPI unis derrière Laurent Gbagbo s’étaient dressés contre l’autocrate Félix Houphouët-Boigny et son parti unique. C’est avec détermination qu’ils ont arraché la démocratie au « Vieux » qui écrasait systématiquement toute idée progressiste et de reformes démocratiques.

Que vont faire la CNC de Bah Jean Enoc et le FPI de Sangaré au moment où Ouattara, l’artificier du 18 février 1992 s’est déclaré « vainqueur » de la présidentielle 2015 ? Une élection – signe des temps – soldée par trois différents taux de participation. A savoir celui ”autour de 60%” publié par le 1er vice-président de la Commission électorale indépendante (CEI) Sourou Koné ; le second ”54,63%” publié par Youssouf Bakayoko, président de la Cei ; et le dernier ”52,86%” par le même Youssouf qui s’est repris évoquant finalement ”une erreur de calcul”.

Charles Konan Banny, Essy Amara et Kouadio Konan Bertin, tous trois transfuges du Pdci-Rda, habitués au militantisme de salon, sauront-ils donner la réplique au régime oppresseur de Ouattara ? Que pourront ces ”irréductibles” du vieux parti déjà fragilisés par la participation de Kkb à la présidentielle envers et contre tous? Peut-on espérer un jour voir Essy Amara mener un combat politique sans prendre de gants diplomatiques ? La Coalition nationale pour le changement – CNC -pourra-t-elle faire son auto critique et repartir du bon pied. Ou bien va-t-on vers une rediffusion du film de l’avant présidentielle 2015 avec une Cnc traversée par plusieurs courants d’intérêts opposés ?

Voilà la préoccupation générale, vu que les forces démocratiques semblent abandonner leurs combats aux mains du quatrième Pouvoir. En effet, c’est sur les épaules des journalistes de la presse libre que ces acteurs politiques se sont toujours reposés. Les opposants à Alassane Ouattara voudraient voir les journalistes des journaux dits ”bleus” quitter leur place de relais de l’information pour endosser le costume d’opposants politiques, qu’ils n’agiraient pas autrement. Mais à chacun son métier.

Par Simplice Allard

Source: ivoirepost.com

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Jeudi 5 Novembre 2015
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