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Message de fin d’année à la Nation ivoirienne: Le président Gbagbo parle à son peuple (Le ministre Koné Katinan Justin)

le Samedi 31 Décembre 2011 à 13:00 | Lu 984 fois



Message de fin d’année à la Nation ivoirienne: Le président Gbagbo parle à son peuple (Le ministre Koné Katinan Justin)
Ivoiriens, Ivoiriennes,
Habitants de la Côte d'Ivoire,
Mesdames et Messieurs,
Chers compatriotes,

Je voudrais au nom du Président Laurent Gbagbo, vous souhaiter une très bonne année 2012. En son nom, je formule le vœu que cette nouvelle année qui commence soit meilleure à celle qui s’achève. En effet, c’est peu de dire que l’année 2011 aura été une année particulièrement éprouvante pour notre pays.

Les blessures profondes visibles de nos corps et celles non visibles de nos cœurs témoignent de l’extrême traumatisme que nous avons connu au cours de l’année qui s’écoule. Il reste indéniable que cette année-là marque une étape importante de l’Histoire de notre pays en ce qu’elle nourrit tous les questionnements de notre devenir en tant que peuple appelé à participer à la construction de l’humanité. Sous quelque angle où l’on la consulte, l’année 2011 n’aura apporté que désolation au peuple ivoirien. La contre-valeur, en gain de la douleur subie, reste très marginale. Le bilan reste donc très négatif à tout point de vue.

Sur le Plan politique, après décembre 1999, la Côte d’Ivoire a enregistré, au cours de l’année écoulée, une deuxième rupture de l’ordre constitutionnel. En effet, le 11 avril 2011, le Président de la République, investi comme tel par le Conseil constitutionnel qui l’avait déclaré vainqueur de l’élection présidentielle du 28 novembre 2010, a été renversé par l’armée française placée à l’avant poste d’une armée de mercenaires spécialement recrutés à cette fin. Contre cette armée étrangère, les forces de défense et de sécurité, toutes unités confondues, ont défendu avec honneur et bravoure la République et l'ordre constitutionnel. Le président Laurent Gbagbo continue de leur exprimer sa profonde estime pour leur sens élevé du patriotisme. Pour ceux des nôtres qui l'ont combattu, sans en mesurer les conséquences sur la Patrie et la souveraineté de notre peuple, le Président Laurent Gbagbo les rassure de son pardon.

Le Président Laurent Gbagbo a été renversé et détenu arbitrairement à Korhogo pendant 6 mois dans des conditions que lui-même a décrites, le 5 décembre dernier, suivies de sa déportation à la Haye. Cette rupture de l’ordre constitutionnel est l’accomplissement d’un long processus de dégénérescence de l’Etat et de mise à mort symétrique des valeurs qui le sous-tendent entamées depuis le 19 septembre 2002. Ce n’est donc pas un fait accidentel. Ce processus procède d’une logique portée par un certain ordre mondial très pervers qui perturbe l’échelle des valeurs de toute la planète. Le code d’honneur de l’action politique n’existe plus. L’Etat tel que nous l’avons connu et aimé semble vivre ses derniers moments.

Les grandes valeurs que l’Humanité a drainées dans son évolution tombent sous le coup de la censure. La Patrie, la Souveraineté, l’Etat, la Nation et le Peuple sont devenus des termes hérétiques dans la nouvelle «religion» qui oriente notre monde. La mondialisation en tant que vecteur de rapprochement des peuples unis par le même destin se corrompt chaque jour davantage. Pourtant, elle constitue une belle occasion pour l’humanité pour réaffirmer son unité dans sa diversité.

La prise en otage de ce mouvement salutaire pour l’Homme par une minorité manipulatrice en assombrit les horizons pourtant prometteurs. La Côte d’Ivoire, notre pays, en a été le champ d’expérimentation en 2011. C’est pourquoi, il nous faut faire une lecture sereine et profonde des évènements politiques de 2011. La bonne lecture que nous ferons de ces évènements permettra d’ajuster notre détermination et de rationnaliser nos efforts pour mener ce combat qui s’annonce vital pour nous. Il faut que nous ayons une claire vision de la logique implacable de notre monde.

L’arrestation du Président Laurent Gbagbo et de tous les hauts cadres qui lui sont proches, politiquement ou administrativement, ainsi que l’exil forcé des autres rentrent dans un schéma de déréglèmentation d’un ordre devenu gênant pour une coquetterie de personnes dont la cupidité n’a d’égal que leur égocentrisme démesuré. Toutes les dimensions de notre communauté humaine à l’échelle planétaire sont en train d’être soumises aux dicktats de cette coquetterie. C’est pourquoi, un esprit rationnel ne peut comprendre ce qui se passe dans notre pays.

Une élection, fut-elle présidentielle, reste avant tout une affaire domestique à chaque Etat et ne peut donner lieu à autant de désolation. La déportation du Président Laurent Gbagbo dans une prison à La Haye est certainement la plus grande injustice de notre jeune Histoire. Mais elle nous offre en même temps la formidable occasion de démontrer au monde notre détermination à nous battre pour garder la maîtrise de notre destin et celui de tous les peuples enchaînés. C’est le défi majeur que nous devons relever pour l’année 2012. La grande chaine de solidarité qui se dresse autour du Président Laurent Gbagbo à travers le monde traduit la justesse de son combat dont la cause transcende les seules frontières ivoiriennes.

L’adhésion massive des Ivoiriens au boycott des législatives ivoiriennes du 11 décembre 2011 lancé par le FPI et le CNRD nous donne de bonnes raisons d’espérer sur l’issue favorable de notre combat. Nous osons croire que chacun a pu tirer objectivement les leçons de ce faible taux de participation jamais enregistré par une élection dans notre pays. Il est constant que, dans la marche de l’humanité, chaque cause soit incarnée par un homme. Le Président Laurent Gbagbo incarne celle qui sous-tend le combat que nous menons.

Notre liberté, notre dignité sont portées par lui et le peuple le lui rend bien aussi bien en Côte d’Ivoire que partout ailleurs. Il me semble opportun que chaque acteur de la vie politique de quelque bord qu’il se situe ait pu tirer leçon du message du peuple ivoirien. Le peuple a voulu tout simplement nous rappeler que le dialogue politique qui doit déboucher sur la réconciliation ne peut exclure en aucun cas le Président Laurent Gbagbo. Le peuple ivoirien a voulu également rappeler qu’il reste encore en attente des résultats définitifs de l’élection présidentielle du 28 novembre 2010. Jaloux de ses prérogatives, le peuple a crié son indignation face à la communauté internationale qui l’a spolié avec violence de son droit de vote. La révolte silencieuse du peuple, ce 11 décembre 2011, s’inscrit dans la mobilisation générale qui s’observe à travers le monde autour de la question essentielle qui est : «Qui a gagné les élections présidentielles en Côte d’Ivoire ?».

Je voudrais, à ce niveau de mes propos, au nom du Président Gbagbo, remercier solennellement toutes ces nombreuses personnes qui se dressent chaque jour en Côte d’Ivoire, en Afrique, en Europe, en Amérique sans distinction de race pour soutenir son combat. Je les invite à demeurer dans la posture du combattant permanent : "Allez jusqu’au bout !", allons jusqu’à ce que justice soit rendue. Il est bon de savoir que le Président Laurent Gbagbo est en prison avec toutes les restrictions que cela comporte. Il faut se garder de se laisser endormir par la rhétorique selon laquelle il est dans de bonnes conditions à La Haye. Les conditions sont aussi drastiques que partout ailleurs dans les prisons. Seule, notre mobilisation reste le gage de la restauration de la dignité du Président Laurent Gbagbo qui est également la nôtre. Pour l’instant, le coup d’Etat du 11 avril 2011 a été perçu comme une onde de choc qui a impacté négativement la cohésion sociale.

En effet, sur le plan social, le Président Laurent Gbagbo a posé les bases d’une intégration sociale solide. Cette intégration sociale s’est ressentie dans l’Administration et dans l’Armée, les creusets de notre identité nationale. L’attachement du Président Laurent Gbagbo à la République a guidé son action sur le plan social. Dans un pays coupé en deux, l’Etat, sous le Président Laurent Gbagbo, a respecté tous ses engagements vis-à-vis de ses citoyens sans distinction d’ethnie, de religion ou d’opinion politique. Vu sous cet angle, depuis le 11 avril 2011, la Côte d’Ivoire fait des graves pas en arrière.

La cohésion sociale s’est rompue. Les multiples licenciements qui ressemblent plus à des règlements de comptes politiques sont les derniers coups qui portent l’estocade à la famille déjà affaiblie par les emprisonnements arbitraires, l’exil forcé et la rétention illégale des moyens de subsistance par un Etat qui a tourné définitivement le dos au droit. Faut-il le rappeler, la famille constitue la fondation sur laquelle se construit la cohésion sociale. Les meurtres et les assassinats qui se perpétuent rapprochent malheureusement notre pays d’une déflagration sociale plus importante. C’est pour prévenir un chaos généralisé, que nous devons nous battre pour sauver notre République et notre Nation en 2012. Nous ne pouvons les abandonner à l’aventure. Pour ce faire, le débat politique doit s’ouvrir impérativement en Côte d’Ivoire. Un débat inclusif qui suppose l’élargissement de tous les détenus civils et militaires, le retour des exilés, la fin des tueries.

Toujours au niveau social, la fermeture prolongée de l’Université place dans une situation stressante les étudiants et leurs parents notamment les plus démunis. Ce sont au total plusieurs dizaines de milliers d’étudiants issus de trois promotions de terminales qui s’interrogent sur leur avenir. L’école est devenue un droit censitaire là où le Président Laurent Gbagbo l’avait rendue gratuite. En décidant de maintenir l’Université fermée contre tout bon sens, la République abandonne ses propres enfants et avec eux son propre avenir. La Côte d’Ivoire n’a jamais connu pareille situation de toute son Histoire. Deux raisons majeures expliquent le drame de l’université ivoirienne. La phobie ressentie par le Gouvernement de la contestation estudiantine inhérente à toute société démocratique, mais surtout son souci de se faire des économies.

L’impact économique de la crise politique ivoirienne est multiforme. Sous le saupoudrage de quelques actions d’éclat, se cache une véritable incapacité à tenir les engagements les plus élémentaires de l’Etat, malgré le retour à la politique de l’endettement exorbitant. Le Président Laurent Gbagbo a donné au monde entier de découvrir le génie de la Côte d’Ivoire qui, malgré une conjoncture des plus difficiles, a entrepris une vaste politique de désendettement sans pour autant compromettre les engagements de l’Etat vis-à-vis des citoyens. Les paysans ont eu droit à une juste rémunération du fruit de leur travail.

Le kilogramme de cacao qui se négociait à 1200 f en 2010 est tombé à moins de 500 francs après le 11 avril 2011. Les travailleurs du secteur public ont connu une amélioration de leur rémunération. Le budget arrêté par le Gouvernement Aké N'Gbo avait pris en compte l’amélioration du statut financier de plusieurs corps dont notamment les diplomates, les sages femmes, etc., pour un coût budgétaire de l’ordre de 14 milliards de francs CFA.

Les grands travaux d’urgence de la ville d’Abidjan notamment l’échangeur du carrefour de la Riviera II et la jonction de la 7ème Tranche et de la 8ème Tranche des II Plateaux financés par la Banque mondiale se poursuivaient avec la construction sur fonds propres du troisième pont. La poursuite des travaux du Pont reliant Jacqueville au continent et la fin des travaux de l’autoroute du nord témoignent de l’engagement du Président Laurent Gbagbo de construire son pays en mobilisant le maximum de ressources intérieures. La déclaration obligatoire des biens des ministres avant leur entrée en mission exigée par le Président Laurent Gbagbo et le Premier ministre Aké N'Gbo constitue une première dans l’histoire de la Côte d’Ivoire et traduit sa volonté d’engager sans réserve la lutte contre la corruption.

Mesdames et Messieurs,
Chers compatriotes,

La Côte d’Ivoire nous appelle. L’Afrique nous interroge et le monde entier nous regarde. Notre salut et notre destin sont plus que jamais entre nos mains. Nous avons le devoir, devant notre propre Histoire, de nous battre pour imposer le bon sens et la justice dans le débat politique en Côte d’Ivoire. Cela passe par la libération du Président Laurent Gbagbo et l’ouverture d’un vrai dialogue politique dans notre pays.

C’est le minimum de considération que l’on doit aux électeurs ivoiriens qui ont réaffirmé leur choix du 28 novembre 2010, le 11 décembre dernier. Que la nouvelle année qui commence aide les nouveaux promoteurs de la démocratie à la baïonnette à comprendre que partout ailleurs dans le monde, seul, le peuple souverain décide de son avenir en dehors de toute pression, y compris celle des armes les plus puissantes. Le peuple ivoirien entend ne pas faire l’exception.
Bonne et heureuse année 2012 à toutes et à tous dans la Paix vraie.
Que Dieu bénisse la Côte d’Ivoire !

Pour le Président
Laurent Gbagbo,
Le Représentant et
Porte-parole,
Le ministre
Koné Katinan Justin

Le Représentant et Porte-parole, Le ministre Koné Katinan Justin

Samedi 31 Décembre 2011
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