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Marie-Odette Lorougnon (Secrétaire nationale de l’Offpi) : “Les ivoiriens savent maintenant où se trouvent la xénophobie, le tribalisme et la violence ”

le Jeudi 22 Décembre 2011 à 10:17 | Lu 549 fois



Marie-Odette Lorougnon (Secrétaire nationale de l’Offpi) : “Les ivoiriens savent maintenant où se trouvent la xénophobie, le tribalisme et la violence ”
La secrétaire nationale de l’organisation des femmes du Fpi (Offpi), l’ex-député d’Attécoubé, Marie-Odette Lorougnon, commente, dans cet entretien, l’actualité politique après les élections législatives du 11 décembre dernier.

Notre Voie : Suite aux dernières violences survenues à Vavoua, le chef de l’Etat, Alassane Dramane Ouattara, vient de demander aux Frci de rentrer dans les casernes et d’interdire qu’ils circulent dans la ville avec leurs véhicules. Quels commentaires faites-vous de cette décision ?

Marie-Odette Lorougnon : J’avoue que, moi-même, je n’ai aucune visibilité, ni aucune lisibilité. Je me demande bien ce que sont les Frci. On nous avait dit que c’est l’armée régulière. Si tel est le cas, leur circulation ne doit pas poser problème. Mais, si ce sont des mercenaires dont on ne sait plus que faire, il faut avoir le courage de le dire aux ivoiriens. Moi, mon sentiment personnel, c’est que quelqu’un a pris des braises qui lui brûlent les mains aujourd’hui.

N.V. : Le problème, c’est que ce n’est pas la première fois que le chef de l’Etat ou un de ses collaborateurs donne des injonctions sans conséquence aux Frci...

M.O.L. : C’est grave pour les nouvelles autorités. Elles nous donnent le sentiment qu’il n’y a pas de capitaine dans le bateau. Depuis leur prise de pouvoir, elles ont toujours donné des ultimatums aux Frci. Mais c’est comme si ces derniers ne se sentaient pas concernés. On a parlé de lutte contre l’impunité. Mais les Frci continuent d’occuper les maisons des ivoiriens, de disposer à leur guise des biens des ivoiriens, notamment des véhicules qu’ils ont arrachés à leurs propriétaires. Je pense donc qu’avant de leur demander de ne pas circuler, il faut leur demander de restituer les biens des ivoiriens. Cela me paraît très important.

N.V. : Justement, ces mêmes Frci ont eu un comportement négatif au cours du dernier scrutin législatif décrié aujourd’hui par plusieurs candidats. Avez-vous le sentiment que le Fpi a eu raison de boycotter ces élections ?

M.O.L. : Ce n’est pas moi qui ai le sentiment que le Fpi a eu raison d’exiger des conditions minimum de sécurité pour participer à ces élections. Nous n’avons pas boycotté les élections législatives, mais j’y reviendrai. Ce que je voudrais dire, c’est que les Frci se font louer aujourd’hui par n’importe qui, pour n’importe quelle mission. On a vu le degré de violence à l’occasion de ce scrutin. Même si l’on tente de les minimiser. On a vu des candidats molestés, des candidats séquestrés, des urnes saccagées, il y eu des morts et des blessés. C’est cette violence que Laurent Gbagbo avait dénoncée depuis longtemps.

Et l’on a bien vu que malgré l’absence du Fpi, la violence était bel et bien présente. Cela veut dire que le Président Gbagbo avait eu raison trop tôt. Il y a des candidats qui se plaignent aujourd’hui, mais moi, je ris. Le Rdr ne vient pas d’arriver. Le Rdr a toujours utilisé la tricherie et la violence. Et c’est ce qui s’est passé dans le nord lors des présidentielles 2010 et que le Président Gbagbo avait dénoncé. Il y a eu bourrage d’urnes, interdiction des représentants du candidat Gbagbo dans les bureaux de vote, intimidation, agression physique. Mais ceux qui se plaignent aujourd’hui n’ont pas voulu l’écouter. Gbagbo avait aussi dit que si je tombe, vous tombez. On se rend bien compte que la Côte d’Ivoire est en train de tomber. Notre pays est en train de tomber.

N.V. : Malgré le développement que vous faites, les autorités semblent se satisfaire de la situation et avec elles, les observateurs des élections. N’est-ce donc pas vous qui appréciez mal la situation ?

M.O.L. : Nous avons une très bonne appréciation de la situation. Je voudrais dire que ces observateurs ne sont pas nouveaux. Ce sont toujours les mêmes. Même quand d’autres observateurs avaient dit hier qu’il y avait eu de la violence dans le nord, ils avaient soutenu les mêmes choses. C’est un disque qui est maintenant connu des ivoiriens. Malheureusement, la réalité est toute autre.

N.V. : Quel commentaire faites-vous de la configuration du prochain Parlement ?

M.O.L. : Sur un parlement de 255 députés ; le Rdr, seul, possède 127 personnes. Dans quel pays sommes-nous ? Sommes-nous dans deux Côte d’Ivoire ? Celle du nord qui appartient à Alassane Ouattara tout seul et celle du sud qu’il peut partager avec les autres ? On a vu qu’avec le nord qui lui est réservé par la violence, il avait une avance de 74 députés sur les autres. C’est du jamais vu dans ce pays. Ce n’est pas de la démocratie ce que nous voyons.

N.V. : Dans ces conditions, comment voyez-vous la suite de la vie politique nationale ?

M.O.L. : Les gens ne savent pas ce que c’est que Dieu. Aujourd’hui, ceux qui hier ne voulaient rien entendre lorsque Gbagbo parlait de fraude et de bourrage d’urnes, sont ceux là qui pleurent. Mais je pense qu’ils doivent arrêter de pleurer pour ne pas qu’on les accuse de jouer la comédie. Mais je suis satisfaite de ce que la vérité est en train de triompher. Il fallait que les ivoiriens sachent enfin la vérité sur ce qu’est le Rdr et Alassane Ouattara. Le Rdr a toujours triché et dans la violence. Maintenant, les ivoiriens savent où se trouvent la violence, la xénophobie et le tribalisme.

Le Rdr a tenté, pendant longtemps, de complexer les ivoiriens avec ces anathèmes. Mais on voit bien que c’est le Rdr qui fait du tribalisme à outrance. Regardez la liste des membres du gouvernement. Allez voir dans les cabinets ministériels. Jettez un coup d’œil sur les nominations dans l’armée et aux hautes fonctions de l’Etat. Et puis, regardez la liste des nouveaux députés. Plus des deux tiers sont de la même région. Ce n’est pas normal. Et mon fils Koua (Justin, secrétaire national par intérim de la Jfpi, ndlr) a raison de dire que “ce Parlement est une mutuelle de développement du nord”. Et c’est très grave. Je pense que tous les ivoiriens doivent rejoindre le Fpi pour lutter et ramener la démocratie dans notre pays.




Entretien réalisé par Guillaume T. Gbato
notrevoie

Jeudi 22 Décembre 2011
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