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Malgré l’arrestation l’ex-chef de guerre Frci: Comment la “République” d’Ouérémi fait toujours peur

le Samedi 22 Juin 2013 à 00:38 | Lu 545 fois



Malgré l’arrestation l’ex-chef de guerre Frci: Comment la “République” d’Ouérémi fait toujours peur
Parti de Duékoué à moto, le samedi 8 juin 2013, à 18h20 mn, nous voici à 19h20 mn à Nidrou, village situé à près de 30km de Duékoué. Pour y arriver, il faut obligatoirement traverser Bagohouo, chef-lieu de sous-préfecture situé à seulement un kilomètre du lieu où résidait le chef rebelle et mercenaire burkinabé Amadé Ouérémi. C’est la peur au ventre que nous franchissons, la nuit, cette localité. La peur ne nous quitte pas lorsque nous traversons successivement les villages Blody, Guinglo-Zia, Yorozon et Nidrou qui sont dans l’obscurité la plus totale parce que n’étant pas électrifiés.

Comment Amadé régentait la zone avant la crise

Ce voyage dans cette zone nous a permis de découvrir et d’apprendre un certain nombre de choses. Par exemple, que le chef de guerre a de très grandes plantations de café-cacao dans la forêt classée du Mont Péko. Ces plantations s’étendent sur plus de 35 ha et ses éléments ainsi que des civils venus du Burkina Faso, pour la plupart, y travaillent pour son compte. Les autochtones Wê n’y ont pas accès. Notre guide de fortune nous explique que le panneau qui jusque-là indique que nous entrons désormais dans une ère protégée, le parc national du Mont Péko, n’existe plus. Pour prouver à tout « intrus » que cette réserve naturelle est désormais sous son contrôle, le maître des lieux, Amadé Ouérémi, avait écrit ceci : «Interdit d’entrer avec une arme». Des témoins sur place parlant d’Amadé Ouérémi diront que l’ex-réparateur de vélos était devenu tellement riche grâce à la guerre et à l’exploitation du sol et des essences rares du parc national classé au patrimoine mondial de l’Unesco qu’il avait fini par devenir tout simplement arrogant et n’avait donc aucun respect pour les populations autochtones Wê.

Il ne respectait pas non plus les Forces de défense et de sécurité, l’armée régulière d’alors de l’Etat de Côte d’Ivoire sous le Président Laurent Gbagbo. Son campement, situé à près de 6 km de Bagohouo, était protégé par ses hommes puissamment armés qui avaient dressé des barrages et filtraient les entrées. Plus loin, nous découvrons que celui qui se faisait appeler «commandant» a fait construire un pont long de deux cents mètres sur la rivière Sonh. La réalisation de cet ouvrage aurait coûté plusieurs millions de Fcfa. Les riverains expliquent qu’il l’avait construit pour faire écouler ses produits agricoles. Mais ils nous mettent en garde de ne pas nous aventurer davantage dans l’antre de l’ogre. Même si absent aujourd’hui le maître des lieux, son fief reste toujours dangereux. Au dire des populations, dans le campement d’Amadé Ouérémi, chaque semaine, les travailleurs de celui-ci lui versaient de grosses sommes d’argent. Pour étaler sa richesse et forcer davantage le respect et la crainte, il a fait aménager un espace où il exposait, chaque samedi, au soleil, la multitude de billets de 10.000 fcfa.

«Tout cela est fait sous la haute protection de ses hommes armés», précisent nos interlocuteurs. A les en croire, Amadé Ouérémi qui se faisait passer pour le propriétaire terrien vendait l’hectare de forêt à 500.000 fcfa. Dans la zone, l’on raconte surtout que le chef de guerre pouvait facilement exécuter un planteur autochtone si la plantation de celui-ci était sur le point d’entrer en production. Il la revend ensuite à plusieurs millions de fcfa aux burkinabé qui venaient d’arriver dans son fief. Pour confirmer sa mainmise et son hégémonie sur la zone, il a installé ses compatriotes et parents burkinabé partout. Son oncle, connu sous le pseudonyme de Djo Blo, est un grand acheteur de café-cacao. Avec son véhicule de marque Mercédes, ce dernier est actuellement basé à Sibably, à quelque 3 km après le village de Nidrou, où il mène tranquillement ses activités. Alors que son neveu Ousséini, lui, vit dans le village de Nidrou où il fait ses affaires. Quand son jeune frère, dont le nom n’a pas été révélé, tient un maquis-restaurant à Guezon. «Pour se rendre au marché hebdomadaire à Nidrou, les 6 femmes du chef de guerre se déplaçaient en cortège. Chacune sur sa moto. Elles étaient toujours bien protégées par des combattants armés jusqu’aux dents au service de leur mari », révèlent des témoins que nous avons rencontrés.
Le massacre des gendarmes et des civils…

Avant la crise postélectorale, précisément en décembre 2010, l’un des acheteurs de produits d’Amadé Ouérémi basé dans le village de Nidrou a été arrêté à bord d’un camion de marque Kia pour un contrôle de routine par des gendarmes en service. Selon des témoins, le véhicule n’avait pas de pièces et a donc été bloqué par les gendarmes. L’employé va donc rendre compte à son patron, Amédé Ouérémi. Celui-ci entrera dans une colère noire. Le chef de guerre dépêche alors ses hommes armés sur le terrain et ces derniers, sans autre forme de procès, ouvrent le feu sur les forces de l’ordre qu’ils blessent mortellement.

En août 2010, les hommes d’Amadé Ouérémi vont s’en prendre à une patrouille des agents des Eaux et Forêts. Ils incendient leur véhicule. Ces attaques répétées sur leurs collègues et frères d’armes vont fouetter l’orgueil des gendarmes qui décident alors de se rendre dans la zone. Mal leur en prit. Le seigneur de guerre et ses hommes vont leur tendre une embuscade dans laquelle ils vont tous périr. 5 d’entre eux vont être exécutés dont certains au domicile du mercenaire burkinabé à Bagohouo et le 6ème rescapé va succomber des suites de ses blessures à Duékoué. Les véhicules 4x4 des gendarmes sont brûlés. Selon des témoins, les supplications de l’officier qui disait ceci : «Qu’ai-je fait ? Je suis encore jeune. Je n’ai pas d’enfant. Ne me tuez pas !» n’ont rien changé à la volonté et à la détermination des hommes d’Amadé Ouérémi d’égorger le gendarme au domicile du chef rebelle.

Le 25 janvier 2011, les hommes du mercenaire burkinabé Ouérémi ont poursuivi leur sale besogne dans cette zone. Trois jeunes Wê, en l’occurrence Germain Gaha, Hippolyte Bah en service au centre de santé de Nidrou, d’où ils sont originaires, et Apollinaire Mahan Gaha, qui, lui, était en poste au centre de santé de Bagohouo, ont également fait les frais de la barbarie du seigneur de guerre Ouérémi et de ses hommes. En effet, revenant à moto de Duékoué où ils étaient allés s’approvisionner en médicaments pour ravitailler les centres de santé où ils sont en fonction, ils ont été interceptés à un barrage par des éléments d’Amadé Ouérémi entre Guinglo-Zia et Blody. Ils vont être dépouillés de tous leurs biens avant d’être abattus par un certain «Tout petit», un ressortissant burkinabé qui vit actuellement dans la zone. Depuis lors, leurs corps n’ont jamais été retrouvés et leurs parents ne savent pas où donner de la tête. Les plaintes qu’ils ont déposées à la brigade de gendarmerie ont été classées sans suite.

Dans le village de Nidrou, vit actuellement un Peulh guinéen du nom d’Aboubacar qui y tient une boutique et que nous avons pu rencontrer, le samedi 8 juin dernier, vers 20h. L’on a appris qu’un jeune originaire du village, François Zahoué Gaha, lui remettait chaque fois de l’argent. Argent que François Zahoué devait récupérer une fois son épargne devenue importante pour investir dans diverses activités. Et puis, malheureusement pour lui, la crise qui éclate en 2011 le contraint à aller trouver refuge à Duékoué-Carrefour. Entretemps, le Guinéen, lui, rejoint les combattants d’Amadé Ouérémi. Au cours de l’expédition meurtrière de ceux-ci au quartier carrefour de Duékoué, Aboubacar reconnaît le jeune Wê. Il ne va pas hésiter à l’abattre. Non seulement, le Guinéen va retourner plus tard dans le village après son crime, mais il va se réinstaller tranquillement comme si de rien n’était et continuer de gérer sa petite boutique.


Vincent Deh Envoyé spécial à l’Ouest
notrevoie

Samedi 22 Juin 2013
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