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Majorité fragilisée pour Ouattara, presque sûr d’être candidat en 2015

le Dimanche 28 Avril 2013 à 08:16 | Lu 1272 fois



Majorité fragilisée pour Ouattara, presque sûr d’être candidat en 2015
ABIDJAN (© 2013 AFP) – Opposition en marge, majorité fragilisée: c’est le paradoxe auquel est confronté le chef de l’Etat ivoirien Alassane Ouattara après des élections locales entachées d’incidents, avertissement avant la présidentielle de 2015 à laquelle il compte se représenter.

Des blessés, de la casse et surtout beaucoup d’invectives et d’accusations de fraude: le spectacle offert lors des municipales et régionales du 21 avril n’a guère été brillant, deux ans après la fin de la crise née de la présidentielle de novembre 2010, qui avait fait environ 3.000 morts.

Les incidents n’ont certes touché qu’une dizaine de communes et surtout la capitale économique Abidjan. Comportements de « mauvais perdants », a regretté le président de la commission électorale, Youssouf Bakayoko, en livrant les résultats globaux vendredi soir.

Mais le plus frappant tient à ce que les tensions ont concerné surtout les partis de l’alliance au pouvoir: le Rassemblement des républicains (RDR) d’Alassane Ouattara et le Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI) de l’ex-chef d’Etat Henri Konan Bédié. Le parti de l’ancien président Laurent Gbagbo, le Front populaire ivoirien (FPI), boudait officiellement ces scrutins.

Dans le quotidien d’Etat Fraternité-Matin, le directeur du journal Venance Konan s’est inquiété de la « guerre qui s’annonce » entre le RDR – conforté comme premier parti du pays après ces élections – et le PDCI, son indispensable soutien de la dernière présidentielle.

Au fil d’une longue décennie de crise, les Ivoiriens « ont été nourris à la sève de la violence », déclare à l’AFP un proche du président Ouattara pour expliquer ces incidents. Il se veut rassurant sur la santé de la coalition: « les états-majors vont se retrouver ».

Ouattara « vraisemblablement » candidat en 2015

Mais les tensions n’ont pas surpris. Ex-parti unique, le PDCI vit mal son statut de second et beaucoup en son sein s’estiment lésés dans le partage du pouvoir, et de ses avantages.

Toutefois, si, malgré son âge (bientôt 79 ans), Henri Konan Bédié garde le contrôle du parti à l’issue du congrès du PDCI attendu cette année, l’alliance a en principe de beaux jours devant elle, et le parti pourrait même être amené à ne pas présenter de candidat face à Alassane Ouattara en 2015.

Ce dernier a en effet indiqué, dans un entretien à paraître dans l’hebdomadaire Jeune Afrique, qu’il briguerait « vraisemblablement » un second mandat.

Le FPI cherche en tout cas à profiter des dissensions au sein de la majorité. Quelques jours avant les élections locales, il a carrément appelé le PDCI au « rassemblement ».


Les responsables du FPI « n’ont pas fait ça au hasard, ils sentent qu’il y a des tensions de plus en plus fortes » entre RDR et PDCI, analyse Rinaldo Depagne, chercheur à International Crisis Group (ICG).

Si cet appel a jeté le trouble au sein de la coalition au pouvoir, il est resté sans suite. Et le parti de Laurent Gbagbo s’installe plus que jamais en marge du jeu politique, après avoir déjà boudé les législatives fin 2011. Sa stratégie semble suspendue au sort de son mentor, détenu à La Haye par la Cour pénale internationale (CPI), qui le soupçonne de crimes contre l’humanité.

Il reste que ces élections locales, boycottées par le principal parti d’opposition et à ce titre symbole d’une réconciliation en panne, auront eu valeur de test, et même d’avertissement.

Le double scrutin « devait faire la démonstration que l’état de droit est installé », relève un familier de la scène politique ivoirienne. Or, souligne-t-il, « la violence est toujours latente, et rien n’est réglé avant la prochaine présidentielle ».

Si la sécurité a très nettement progressé, la croissance économique retrouvée dans le pays, première économie d’Afrique de l’Ouest francophone, ne fait pas encore reculer la pauvreté. Et des dossiers cruciaux, comme le foncier, n’ont toujours pas été ouverts.

Dans l’entretien à Jeune Afrique, Alassane Ouattara dit d’ailleurs qu’il ne croit pas possible de « redresser la Côte d’Ivoire » comme il l’entend d’ici 2015.


Nathalie Yamb

«A priori je ne pense pas qu’il soit possible de redresser la Côte d’Ivoire comme je le voudrais dans les trois ans à venir.» Alassane Dramane Ouattara, Jeune Afrique 2729 du 28.4.2013

Comment cet aveu d’échec et d’incompétence est-il compatible avec les assertions répétitives du Dr Ouattara sur le taux de croissance en hausse mirobolante de 13% en 2012 et à deux chiffres en 2013, à celles relatives à un recul de 50% de la pauvreté en Côte d’Ivoire depuis son arrivée au pouvoir, à celles de l’émergence en 2020 ? Hyper pouvoir, mensonges institutionnels et éclatement d’une nation.

Face à sa faillite tellement flagrante qu’il est obligé de la reconnaître publiquement au moment où il amorce sa troisième année à la tête de l’Etat, la solution de Ouattara est d’annoncer son intention de briguer un deuxième mandat en 2015. On ne change pas une équipe qui échoue… C’est compter sans la détermination des Ivoiriens et de LIDER.

L’immergence et la violence, ça suffit.

Nathalie Yamb
Conseillère exécutive du Président de LIDER

Dimanche 28 Avril 2013
Vu (s) 1272 fois



1.Posté par Sily Camara le 28/04/2013 11:37 | Alerter
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La mégalomanie conduit à tous les rêves. Il faut savoir comment va faire Allassane Ouattara pour être candidat en 2015, lui qui est inéligible au vu de la constitution ivoirienne. Sa candidature "à titre exceptionnel pour les élections de 2010 " est le résultat de l'usage de l'article 48 par l'ex-président Gbagbo. L'article 48 de la constitution donne des pouvoirs tout aussi exceptionnels dans des circonstances de crises graves: partition du pays, état de guerre, cataclysmes graves, avec effet sur l'intégrité du territoire, etc. Il faut rappeler qu'Allassane Ouattara a appelé ses partisans à voter "oui " en2000, lors du référendum pour l'adoption de ce projet de constitution, sachant qu'il ne peut prétendre à un poste électif, du fait de ses géniteurs d'origine étrangère ( burkinabè ). Il faut aussi rappeler que lui-même n'a jamais acquis la nationalité ivoirienne.
Est-ce donc pour cette ambition que l'individu a arraché récemment les pouvoirs du parlement? En effet, pour modifier les conditions d'éligibilité, le parlement doit voter "oui" au 2/3 . Ensuite la loi va au référendum où elle est adoptée à la majorité de 51/100. En se substituant au parlement, il entend éviter les conditions des 2/3. Ensuite, en naturalisant des millions d'émigrés du sahel et en leur distribuant les cartes d'identité ivoirienne, le tour est joué. C'est trop merveilleux pour être vrai, monsieur Dramane Ouattara !
Rappelez-vous l'expression: " les ivoiriens sont doux et amers". Ils vous attendent. Ne prenez pas leur hospitalité pour de l'inintelligence.

2.Posté par Sily Camara le 28/04/2013 12:33 | Alerter
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Promesses jamais tenues, mais encore des promesses, toujours des promesses ! Voilà l'homme Ouattara. En 1990, quand Houphouet-Boigny, l'a pris, on ne sait où, pour l'introduire en Côte d'ivoire ( pour la première fois ) , l'homme a juré, la main sur le coeur, devant caméras et micros, qu'en 100 jours, il redresserait l'économie ivoirienne "tordue". Zoro, le justicier n'aurait pas fait mieux. Après ses 100 jours, l'échec était patent. Il revint sur les plateaux de télévision pour se prosterner et demander 1000 autres jours. Arrivé son millième jour en octobre 1993, il avoua qu'il avait échoué et qu'il ne pouvait plus garantir les salaires des fonctionnaires dès décembre 1993. La France, notre mère-patrie, propriétaire du franc CFA opta pour sa dévaluation.
Pendant les campagnes électorales de 2010, le même Ouattara a promis, comme un magicien, des dizaines, des centaines de milliards de francs CFA à chaque ville, chaque département. Il a promis la réduction des prix de tous les produits de grande consommation: carburant , denrées alimentaires, etc. A l'arrivée tous, vraiment tous ces produits ont connu une augmentation de prix. Faut-il rappeler les cinq universités, les emplois promis? Aujourd'hui, les ivoiriens ne vivent pas, ils luttent pour survivre.
Face à l'échec, il demande un autre mandat, se convaincant qu'il réussira à déchirer notre constitution, pour son bonheur. "Tous les os ne sont pas à croquer ", disent les patriotes ivoiriens.

3.Posté par Lea le 28/04/2013 21:09 | Alerter
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On attend de voir

4.Posté par yobo le 28/04/2013 23:35 (depuis mobile) | Alerter
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merci Sili Camara. bien dit que je te félicite ...il a avoué qu' il ne peut pas redresser nous notre pays ,coupé en deux et le Ditacteur "WOODY"de la france a fait ce que nous tous nous savions ....pas besoin de vous le dire ...
il a eu son lit ou il dort sans qu' il ne soit inquieté, voilà pourquoi il raconte de n'importe quoi .
mais je vous assure qu' il va partir de justesse ...à vous les ivoiriens (nes)...
signé :LA MAIN DE DIEU

5.Posté par souscek le 29/04/2013 01:32 | Alerter
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Déjà si fin 2013 le trouve encore au pouvoir, c'est qu'il a la chance ! Son sort est déjà décidé et scellé à deux niveau: la" frense" elle même n'en veut plus et si hollande se déplace à Abidjan, c'est pour lui dire au revoir. (tous les coups d'états en Afrique sont précédés du déplacement d'un haut dignitaire de la république, pour ne pas être accusé). Après il y a nous la RP, qui sont sommes sur le point de nous en occuper ! ses jours sont comptés !

6.Posté par la grace le 29/04/2013 02:24 | Alerter
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LU POUR VOUS

COMMENT ALASSANE DRAMANE OUATTARA A ORGANISE LES CRIMES DE DUEKOUE
Dimanche, 28 Avril 2013 12:46

L'enquête que vous allez découvrir plus bas a été menée par un journaliste de l'hebdomadaire français Le Nouvel Observateur. Il y a deux raisons pour lesquelles je vous invite à prendre le temps de la lire. Depuis le début de la crise postélectorale ivoirienne, et même avant, l'ex-président Laurent Gbagbo a fait l'objet des pires portraits et assertions caricaturesques dans les medias occidentaux, totalement acquis à l'entreprise de diabolisation qui le visait.

Gbagbo dictateur, Gbagbo mauvais perdant de l'élection présidentielle, on était habitué.
Cette enquête faite par un organe de presse européen peu réputé pour sa propension à l'exagération, et qui se greffe aux rapports accablants d'organisations humanitaires que l'on ne peut soupçonner de collusion avec l'ancien pouvoir ivoirien, comme Human Rights Watch, Amnesty International, La Croix Rouge, Caritas etc., ruine définitivement ce qu'il restait de la réputation de technocrate bien propre sur lui d'Alassane Ouattara, construite à coup d'articles laudateurs, d'omissions opportunes et de contrevérités savamment distillées. Jean-Paul Mari dépeint ici une fresque hideusement magistrale des exactions organisées par Alassane Ouattara, un homme banal cruellement mortel, dont l'Histoire retiendra qu'il a été capable d'enjamber des dizaines de milliers de cadavres pour s'asseoir dans le fauteuil présidentiel ivoirien.

La lecture de ce document va certainement vous soulever le cœur. Il faut vous forcer à aller jusqu'au bout, même s'il est plus agréable d'ignorer certaines choses. La narration claire et ciselée ne laisse aucune marge au flou. C'est inexorable, insoutenable, sans ellipse, sans pardon. L'opinion publique française et occidentale ne pourra pas échapper au malaise, même si elle est habituée à couvrir du voile de l'ignorance tout ce qui peut lui donner mauvaise conscience: L'horreur de la guerre est arrivée à son comble avec Alassane Dramane Ouattara, soutenu et épaulé par Nicolas Sarkozy, président de la république française.

Mahalia Nteby


Pour voir des photos du massacre de Duékoué, cliquez ici: lien

___________________

1.ooo, 2.ooo morts ? On ne sait pas. Mais la grande tuerie de Duékoué a duré toute une semaine, dans la ville, les villages, la brousse. Accusées : les Forces du Nord du président Ouattara qui ont lancé leurs supplétifs à l'assaut. Jean-Paul Mari a reconstitué sur place la mécanique d'une bataille qui a tourné à l'épuration ethnique.

Duékoué est une ville infecte. L'endroit pue la crasse, la sueur, la peur, la haine, la mort. Ce matin, il fait déjà bien trop chaud et l'humidité trempe le corps. Dans l'église incendiée du quartier Carrefour, il faut marcher entre les cadavres encore frais d'hommes abattus à bout portant, découpés à la machette ou la gorge tranchée, à même le sol, mains liées dans le dos, comme des animaux de ferme.

Dans l'air, il reste cette odeur pois­seuse, reconnaissable entre toutes, mélange de mort, de métal, de sang caillé et de brasier mal éteint, et ces cendres noires aussi collantes que les mouches sur l'ordure. Il y avait un quartier, une population de 10 000 personnes, il ne subsiste plus grand-chose d'humain. Sinon l'église Jésus-Sauveur, carbonisée, les mai­sons noircies, les allées défoncées en terre ocre, le sol noir couvert de gra­vats et de vêtements sales, dispersés. Un cyclone de violence a tout emporté, les abris de bambou, les toits en tôle, les murs de ciment, les fils électriques qui pendent des pylônes et les portes arrachées à mains nues. Restent les pancartes du restaurant Nid d'Abeilles, du salon Hip-Hop Coif­fure, de la pharmacie Médicaments chinois et un poster déchiré d'un foot­balleur africain. Même les arbres ont brûlé, leurs branches basses encore lourdes de mangues. Un gosse traîne dans la ville fantôme, trouve un fruit pourri, le suce. Un homme, un balai de paille à la main, contemple les ruines de sa maison. Un vélo passe, chargé d'une chaise en plastique épar­gnée.

Tuer, tuer, tuer, la solution est tou­jours la même. La solution à quoi ? D'abord à un conflit politique. Entre les Forces du Nord, ex-rebelles devenus l'armée du nouveau président Ouattara, et les Forces du Sud, l'armée de l'ancien président déchu Laurent Gbagbo. Une solution aussi au conflit ethnique qui oppose les Malinkés ou Dioulas du Nord et les Guérés du Sud. Une solution, enfin et surtout, au conflit foncier, la guerre pour la terre, la guerre dans la guerre, pour un village, une ferme, un champ de cacao. Tuer l'autre, le grand propriétaire, le fermier, c'est laisser la terre vide, comme un cimetière fertile, à prendre là, maintenant. Un conflit politico-militaire et la revanche des métayers, cela suffit pour justifier le massacre des innocents. Cela s'appelle une épuration ethnique.

Tout près d'ici, il y a trois grandes fosses communes, de la terre fraîche retournée sur des monceaux de cadavres. Dans l'une d'elles, près de la rivière Guémon, les pieds des morts baignent dans le marécage. Les survivants hésitent à revenir, un œil sur leur passé, l'autre sur la brousse toute proche et la masse sombre des taillis d'où les massacreurs ont surgi. Et s'ils revenaient ?

Duékoué est une ville abandonnée de Dieu et du gouvernement, à sept heures de route et vingt-deux check-points d'Abidjan. Un gros bourg laid, sans âme et sans monument, doté d'une poignée de missionnaires héroïques mais sans conseil général. Personne ne s'y intéresse, sauf quand surviennent les massacres, et l'on vole à son secours quand tout est accompli. Pour son malheur, Duékoué est un carrefour stratégique. Qui tient Duékoué contrôle la circulation régionale, le chemin du cacao jusqu'au premier port du pays, San Pedro, et tout le flux humain et commercial entre le Grand Ouest et ses frontières.

Autre malédiction, la région est riche, la terre fertile, bien arrosée et les prix du café et du cacao ont flambé. Comme par hasard, les grands massacres dits politiques se produisent l'hiver, précisément à l'heure de la récolte.
En 2002, quand le Nord et le Sud se séparent, les premiers massacres renvoient opportunément chez eux une foule de métayers malinkés, leurs fils, leurs voisins, des paysans sans terre mais pleins de rage. On trace sur la carte une belle ligne de démarcation qui passe... juste au-dessus de Duékoué. L'ONU compte les coups, la Force Licorne patrouille, les ONG désertent le coin. Trop compliqué ! Entre les « coupeurs de route», bandits de grand chemin, le groupe d'Amandé, un seigneur de guerre venu du Burkina, fort de 300 hommes, qui s'est adjugé tout le parc naturel du mont Péko, la flopée de milices d'autodéfense, hommes de main des politiques ou simples voyous, dotés de «généraux» et de noms flamboyants de mouvements de libération, les commandos de quartier, les mercenaires du Libéria... la région devient une poudrière. Tous sont armés jusqu'aux dents, menacent, rackettent, volent, saignent, violent et tuent à l'occasion.

Dans le quartier Carrefour, il ne fait pas bon être Guéré et pas une semaine ne passe sans que l'on retrouve un corps ou deux dans les fossés. Face aux Guérés, au nord, existe une variante locale de miliciens, les Dozos, des chasseurs traditionnels malinkés, armés de fusil calibre 12 et de chiens de brousse. Les mystiques guerriers, initiés au grand secret de la forêt, portent des coiffes décorés de dents d'animal et ont le corps bardé de gris-gris supposés les rendre invulnérables aux balles invisibles face à un fauve ou capable d'occire un éléphant d'un seul coup de lance. Avec le temps, la farouche confrérie du Nord s'est dévoyée, agrégeant les jeunes enragés malinkés, faisant une milice de plus. Dix ans plus tard, à l'hiver 2011, quand les Forces du Nord, rebaptisées FRCI, lancent la grande offensive en direction d'Abidjan, la capitale tenue par Laurent Gbagbo, tout est prêt pour la grande épuraion. « Vers quatre heures du matin, j'ai été réveillée par des lueurs et des explosions terribles. J'ai hurlé, croyant à un cauchemar. J'avais raison», dit Clémentine Don. A 53 ans, violée deux fois, sa maison pillée, son village dévasté, son mari humilié, encore terrorisée et obsédée par la tache de sang qui profane l'herbe au pied de l'arbre sacré du village, Clémentine est une femme brisée : «Nous sommes souffrants, vous comprenez...» Elle a pourtant tout fait pour échapper à l'horreur.

Née à Carrefour, elle a quitté son quartier dès les premiers incidents en 2001 pour s'abriter dans ce paisible village de Dahoua, à 5 kilomètres au sud de Duékoué. Clémentine, devenue présidente de l'Union des Femmes, a créé une coopérative Contre la Famine ! Tout s'effondre avec les premiers tirs, ce lundi 28 mars. Tremblante, elle suit les combats qui mettent Duékoué à feu et à sang. L'armée régulière du Nord a franchi la ligne rouge de démarcation. Pour en finir au plus vite, les rebelles du Nord ont lancé tous leurs supplétifs dans la bataille, les Dozos, leurs miliciens et même la bande de tueurs du chef de guerre Amande. Ils descendent des montagnes, s'infiltrent par la brousse, dévalent de tous les côtés à la fois, balaient les Forces de Sécurité présidentielles et taillent les milices Guéré en pièces. Ils prennent Duékoué en quelques heures puis... s'arrêtent, font la fête et pillent. Au petit matin du mardi 29 mars, des dizaines de cadavres couvrent les trottoirs de Duékoué, les vaillants miliciens Guérés ont déguerpi en laissant leur population sans défense, face à des combattants ivres de bataille.

Carrefour est le premier quartier sur leur chemin. Ils encerclent les maisons. Les hommes sont triés, leur carte d'identité examinée. Un nom malinké : la vie sauve. Une carte d'identité ivoirienne, un nom guère : une balle dans la tête. Dehors, les femmes sont à genoux. « Ils nous forçaient à chanter leur gloire, à répéter : « Guerriers ! Guerriers !», dit Julie, une habitante. Les assaillants se divisent en trois groupes : «Les tueurs, les pilleurs et les gâteurs... Les gâteurs, c'est ceux qui arrosaient nos maisons d'essence avant de mettre le feu.» Un curé et ses enfants de chœur sont surpris devant l'église : «Quel est ton parti ? - Le parti de Jésus-Christ. - Jésus-Christ ? C'est pas un parti !» Ils sont abattus. Au milieu des cris et des explosions, les assaillants insultent leurs victimes : «Vous avez voté Gbagbo ! Traîtres !» Et les anciens métayers exultent : «Vous nous avez pris pour des domestiques. Nous sommes revenus en maîtres. Nous prendrons vos femmes, vos terres, vos champs. Et vous mangerez de la boue !» Et ils tuent. En fin de matinée, Carrefour est en feu. Et les supplétifs commencent à envahir les villages alentour.

A Bahé-B, à quelques kilomètres de Duékoué, Denis bêche son champ de manioc. Il entend du bruit, se dirige vers sa ferme, voit huit hommes en treillis, foulard rouge sur le front et sandales en plastique aux pieds. « Qui est là ?» Trois coups de feu lui répondent. La première décharge de chevrotine le manque, la deuxième lui loge un plomb dans le cou, la troisième lui crible l'épaule. Il tombe, laissé pour mort. Au troisième jour des massacres, les tueurs ne trient plus leurs victimes. «Ma femme, Hélène, mes jumeaux de 4 ans et demi, mon fils de 2 ans... Ils ont tué neuf personnes de ma famille», dit Denis. Couché dans les herbes hautes, paralysé, en sang, Denis entend l'appel au secours de sa nièce, sa fille adoptive, âgée de 13 ans : «Papa ! Au secours ! Ils sont en train de me violer !» Denis aperçoit plusieurs hommes autour de l'enfant, les cris durent une éternité. Puis ils cessent. Et Denis découvrira le corps de sa nièce, abattue d'une décharge dans la poitrine. Toute la nuit, Denis entend les aboiements des chiens des Dozos qui entrent dans la brousse, chassent les rescapés, les paysans dans leurs campements.

Une nuit de chasseurs, d'aboiements, de coups de fusil. Au petit matin, Denis se traîne vers la route et croise une colonne de l'Onuci. Après une longue inertie, les casques bleus commencent à patrouiller, enterrent les morts et cherchent des survivants.

Dans son village, Clémentine a compris que la brousse ne la protégerait pas de la folie de Duékoué. Au moment de fuir, elle est arrêtée par des Dozos et des hommes en armes. Parmi eux, une femme militaire en treillis. Ils parlent dioula, la langue du Nord, et poussent vers l'arbre sacré du village trois hommes, entre 18 et 20 ans, les mains attachées dans le dos. « J'ai entendu des cris bizarres, des couinements, comme si on égorgeait un porc», dit Clémentine. Quand les hommes s'en vont, les paysans se précipitent et trouvent les trois hommes au sol, la gorge tranchée au couteau de chasseur. «Ces cris... je les entends encore, chaque nuit !» Elle appelle l'Onuci, trois fois, au secours, en vain : «Venez ! Ils sont train de tuer dans les campements !» Le lendemain, le groupe d'assassins revient, avec des chiens «pour chercher les fusils cachés», disent-ils. Ils mitraillent un homme sur le palier de Clémentine. Nouvel appel de détresse. Cette fois, un camion blanc arrive. 300 personnes veulent fuir. C'est trop pour le véhicule. On forme une longue colonne de civils à pied qui suivent au pas le camion des casques bleus, sous les cris de rage des Dozos : «Pourquoi les laissez-vous partir ? Laissez-nous faire ! On va en finir avec ces agoutis [rongeurs] !» Clémentine, elle, reste, «pour continuer à informer les autorités». Samedi 2 avril, en fin de matinée, trois autres hommes en treillis, la trentaine, arrivent à mobylette, fusil de chasse à la main, ils cherchent de l'argent, arrachent ses vêtements. Clémentine les supplie : «Je suis vieille. Je suis votre maman.» Ils la violent à tour de rôle. Pillent la maison. S'en vont. Reviennent. Clémentine est surprise de nouveau à 300 mètres de là, dans la maison de sa sœur, 56 ans. Elles sont violées toutes les deux : «On va tuer Laurent Gbagbo, prendre vos femmes ! Vous deviendrez nos domestiques !»

Depuis, Clémentine parcourt Duékoué et la campagne environnante, le souvenir des cris des suppliciés et des violeurs dans la tête, avec un carnet à la main où elle note tout, les morts, les viols, les campements dévastés. Parfois, elle vient à pied jusqu'au camp de réfugiés de la mission catholique du père Cyprien. Ils sont 30 000, venus de Carrefour ou des villages environnants, serrés jusqu'à étouffer dans une enceinte faite pour une paroisse de campagne. 30 000 personnes, dans l'odeur des feux de bois vert, des excréments et du désinfectant, de la misère, de la promiscuité, de la maladie. «La semaine dernière, nous avons perdu 14 enfants à cause des diarrhées, dit le père Cyprien, et 15 de plus ces trois derniers jours.»

Dans la nuit africaine, quand l'orage finit par éclater, c'est toute l'eau d'un ciel peu miséricordieux qui s'abat d'un coup, comme un rideau de plomb glacé, sur des femmes et des enfants debout, tendant une bâche de plastique à bout de bras. Le camp est protégé par une unité de Marocains de l'Onuci, mais il manque de place, vivres, de médicaments, d'eau potable, de tout. 30 000 réfugiés dans un jardin ! Parfois, même le père Cyprien sent le courage lui manquer. Surtout dans la nuit noire, quand il entend les rôdeurs assassins continuer à hurler des menaces sous le nez des survivants : «On vous tuera tous, jusqu'au dernier !» Oui, le père Cyprien tremble lui aussi. Le grand massacre, qui a duré plus d'une semaine, a sans doute fait bien plus de mille morts. Il sait que Duékoué la maudite est un point rouge sur la carte du pays, une ligne de front des ethnies, un laboratoire du Mal, un lieu emblématique de ce que la Côte d'Ivoire pourrait devenir si elle ne trouvait pas, vite, très vite, le chemin de la réconciliation.


Jean-Paul Mari in Le Nouvel Observateur, le 12 mai 2011


7.Posté par Tchedjougou OUUATTARA le 29/04/2013 19:20 | Alerter
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Avec ça, ce Monsieur va lancer sa campagne Présidentielle à l'Ouest le 1er mai 2013, ce, après avoir annoncé sa candidature.


Avec ça, vous les "blancs", vous êtes sûrs que les gens de l'Ouest n'ont aucun match retour avec nous, gens du Nord ?

Je ne crois pas à un tel mensonge !

L'avenir de la Côte d'Ivoire a été terriblement noirci par un burkinabè = Dramane OUATTARA.

Comment nous ivoiriens du Nord de la C.I, généralement résidents de la partie sud du pays allons envisager le vivre ensemble avec lesautres ?

Comment pourrions-nous dédouaner lorsque c'est chez nous que OUATTARA a subitement trouvé bon d'emprisonner les autres enfants cadres du pays ?

Comment pourrions-nous justifier demain ?

Que dirions-nous demain pour justifier notre innocence lorsque la plupart de nos cadres du Nord de la C.I s'associent à cette grave situation, et ne comprennent pas qu'ils s'approprient une mission de repeuplement de l'Ouest de la Côte d'Ivoire par des ressortissants des pays au Nord de la Côte d'Ivoire ?

L'horizon de mon pays est noir. L'horizon de l'ivoirien du nord de la Côte d'Ivoire dans le vivre ensemble ivoirien n'est pas reluisant.
Que faire ?
Lorsque tu parles à des frères du Nord de la Côte d'Ivoire du danger, tu es traité de tous les noms : un vendu, un bâtard, un insensé...en tout cas, tous les noms.

Comment nous du Nord de la Côte d'Ivoire pourrions-nous parvenir à soumettre les autres ivoiriens ? Déjà, avec ce que nous venons de voir à l'issue des municipales et Régionales, nous, ressortissants du Nord ne pouvons plus solidement espérer la solidarité des frères du PDCI, majoritairement baoulé.

Que faire ?

Les étrangers ? Mais nul n'est toujours victorieux chez les autres. Est-il sûr que AMADE et sa troupe continueront à tuer les ivoiriens de l'Ouest, sans l'appui de l'ONU, de la FRANCE...?

Ce n'est pas si sûr...

Les Wê nous pardonneront à quel prix ? That is the question à laquelle Dramane OUATTARA qui n'a ni case, ni maison au Nord de la CI. ne saurait répondre.

Peut-on vraiment se risquer d'évaluer la présence de Dramane OUATTARA sur terre encore à plus 240 jours ? Je ne le crois point...

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