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Lider, relations avec le pouvoir, procès Gbagbo, Simone, FPI Un proche de Mamadou Koulibaly dit ses vérités…

le Mercredi 19 Décembre 2012 à 06:05 | Lu 1338 fois

M. Karamoko Lacina est le délégué national à l’implantation de Lider, le parti de Mamadou Koulibaly. Dans cet entretien, il fait un tour d’horizon de l’actualité sociopolitique et donne la position de leur parti sur certains sujets dont les procès des membres de l’opposition, les élections, la réconciliation…



Lider, relations avec le pouvoir, procès Gbagbo, Simone, FPI Un proche de Mamadou Koulibaly dit ses vérités…
M Karamoko Lacina, cela fait bien longtemps qu’on n’entend pas parler de votre parti. Qu'est-ce qui se passe à LIDER ?



Merci beaucoup ! Je suis effectivement Karamoko Lacina, délégué national à l'implantation et à l'installation du parti. C'est une promotion que le président a bien voulu me faire il n'y a pas encore 3 semaines. Donc je suis bien placé pour dire si Lider est au travail ou pas. En effet, Lider est en train de s'organiser sur le terrain, au niveau du district d’Abidjan pour véritablement implanter le parti. Il y a également des missions qui sont parties à l'intérieur. Comme vous pouvez le constater, nous n'avons pas d'organe de presse, donc nos activités ne sont pas sues du grand public. La télévision et la radio qui constituent les médias d'Etat et qui devraient nous appuyer dans nos actions, ne nous ouvrent pas leur porte. Il y a de temps à autres certains organes comme L'inter qui viennent vers nous pour échanger et s’enquérir de nos nouvelles. Sinon, Lider se porte bien. D'ailleurs, l'année 2013 sera une année chargée en activité sur le terrain. Le président Koulibaly va parcourir toute la Côte d'Ivoire.



Parlant de la RTI, est-ce-que vous leur adressez des courriers en bonne et due forme pour les inviter à venir couvrir vos cérémonies ?



J'avoue que quand on leur adresse un courrier pour une cérémonie précise, ils arrivent. Mais là où nous avons été surpris, c’est que récemment, Audace Institut Afrique (AIA), présidée par le président Koulibaly, a organisé une cérémonie. L’institut a adressé un courrier en bonne et due forme à la télévision, mais de façon très polie, elle a décliné l'offre et n’est pas venue. Donc, le constat que je fais, c’est que le président Koulibaly n’est pas le bienvenu à cette télévision. Je peux me tromper, mais c’est un constat.



Mamadou Koulibaly est une personnalité bien connue de ce pays et à vous entendre, il serait censuré à la RTI. Comment expliquez-vous cela ?



Vous savez, certains l'appellent ‘’ homme politique atypique ‘’. C'est quelqu'un qui n'a pas sa langue dans la poche, qui dit les choses telles qu’elles sont, sans insulter qui que ce soit. Mais vous savez aussi qu’il y a certaines vérités qui dérangent. Et quoi qu'on dise, la télévision et la radio d'Etat sont des instruments qui appartiennent au pouvoir en place. Évidement, s'il ne veut pas entendre des choses ou encore ne souhaite pas que les populations les entendent, il ne lui permettra pas de parler.



Après la crise postélectorale, le professeur Mamadou Koulibaly, encore président de l’Assemblée nationale, est revenu du Ghana, il a été reçu par le président Alassane Ouattara, il a même été à son investiture. Aujourd'hui, d'aucuns estiment dans l'opinion publique que Ouattara s'est servi de Koulibaly et l'a jeté ensuite. Alors comment percevez-vous cela à Lider ?



Ceux qui le pensent n'ont peut-être pas tort, parce que Koulibaly, de façon spontanée, est effectivement revenu. Il a dit que la Côte d'Ivoire devrait rentrer résolument dans un environnement où c'est le droit qui prévaut et que les conditions devraient être réunies désormais pour que de façon civilisée, on fasse la politique. Il est revenu pour aider le président Ouattara à rentrer dans l'Etat de droit. Il est venu apporter sa contribution, il a fait une déclaration au nom du FPI pour dire que c'est Ouattara qui a gagné les élections. Il a été à sa prestation de serment au palais présidentiel et à son investiture à Yamoussoukro. En tout cas, il a apporté la contribution qu'un responsable de son rang pouvait apporter et de façon sincère. Et après, plus de contact, on ne l’appelle plus, on ne prend plus ses coups de fil. Et donc, que les gens pensent qu'il a été utilisé, nous ne pouvons pas dire qu'ils ont tort.



Est-ce-que le président Ouattara a un problème particulier avec monsieur Koulibaly ?



A ce que je sache, le président Ouattara n'a pas de problème avec le président Koulibaly. Le président Koulibaly non plus, n'a de problème particulier avec le président Ouattara. Mais Koulibaly reste Koulibaly et dans ses prises de position, dans sa façon de dire les choses, évidement quand tu ne rentres pas dans ce qu'il dit, tu ne vas forcément pas l'apprécier. Lui, il aime être avec tout le monde pour avancer, mais il n'aime pas la compromission. Quand tu vas dans la compromission, tu le trouves sur ton chemin. Sinon lui, il est disposé.



Aujourd'hui, on sait que le président Koulibaly a repris la craie. Doit-on en déduire qu’il est déçu de la politique ?



Non, le président Koulibaly n'est pas déçu de la politique. Bien au contraire, il est plus que jamais engagé aujourd'hui à faire de la politique. C'est d'ailleurs pourquoi il a créé Lider. Mais, ce qu'il ne faut pas oublier, c’est qu’il est avant tout professeur agrégé d'université. Et avant d'être homme politique, il a enseigné à l'université d'Abidjan. Et lorsqu'il est allé faire la politique et occupé de hautes fonctions au niveau de l’Etat, il a pris une mise en disponibilité. Maintenant qu’il n’est plus à ces hautes fonctions, il a estimé qu’il pouvait rendre aux jeunes, ce qu'il a appris. C'est pourquoi il a repris la craie. Et tenez vous bien, il le fait de façon bénévole, sans une rémunération. Mais de toutes les façons, Lider est un parti très bien organisé. Le moment venu, Koulibaly sera sur le terrain.



On pourrait aussi dire qu’il repart à l’université pour chercher des militants. Au- delà de l’enseignant, les étudiants pourraient tomber sous le charme de l’homme politique ?



Si les étudiants à qui il va donner des cours, qui sont des cours d'économie et non des cours de politique, ni d'idéologie de Lider, sont séduits par le président Koulibaly et veulent venir à Lider, ils seront les bienvenus. Mais il faut savoir que Koulibaly n’a pas besoin de retourner à l’université pour faire des émules dans le milieu estudiantin. Cela existe il y a déjà longtemps.



Est-ce que son retour à l'université ne va pas avoir des incidences sur la vie de Lider ?



Non ! Comme je vous l'ai indiqué tantôt, nous sommes un parti politique très bien organisé. Après le président, il y a d’autres cadres qui sont là et qui travaillent. Moi- même qui suis chargé de l’implantation du parti, je suis en contact permanent avec lui ; que cela soit au téléphone ou par mail, nous sommes en contact. Quand j'ai quelques soucis, je les partage avec lui, il me donne des instructions et moi je conduis les installations du parti. Le moment viendra où je lui dirai ''président, on a besoin de vous sur le terrain'', il va aménager son programme et il sera avec nous sur le terrain. Cela ne gène rien du tout.



Lider, c'était un certain nombre de cadres, mais aujourd'hui il se raconte beaucoup de choses, par exemple, que Brissi Takalea n'est plus avec vous. Et que d’autres cadres sont partis, au point où Mamadou Koulibaly se serait retrouvé seul avec vous à Lider. Que se passe-t-il réellement ?



Ceux qui le disent, c'est leur droit de dire ce qui ils ont envie de dire. Mais ce qu’il faut savoir, c’est que Brissi Takalea est vice-président de Lider chargé de la vie du parti. Il est là, il est en place. Mais, il est en train de s'organiser. Car n'oubliez pas qu'avant tout, il est docteur chirurgien dentiste. C'est ce qu'il a appris, c'est son gagne- pain. A cause de la politique, à un moment donné, il avait relâché un peu avec sa profession. Sinon, nous sommes là. A la prochaine réunion du cabinet, je vais vous inviter pour constater si oui ou non, il y a eu des départs de cadres. Donc Lider se porte très bien.



En ce qui concerne le terrain, vous avez dit que le président va effectuer une tournée nationale. Il y a quand même longtemps que cela se prépare. Est-ce que le manque de moyens financiers ne bloque pas l'avancée de Lider ?



Effectivement, vous n'avez pas tort, on a beau élaboré des stratégies de terrain, si les finances ne suivent pas, il est très difficile de faire le travail. C’est donc l’une des raisons, mais ce n'est pas la raison essentielle. Nous avons dit que pour l'année 2012, nous nous organisons pour l’implantation du parti dans la ville d'Abidjan. N'oublions pas qu’Abidjan constitue environ 50% de l’électorat en Côte d’ Ivoire. Donc nous étions soucieux de prendre le district, d'y installer nos coordinations. Aujourd'hui, c'est chose faite.

Pour l’année 2013, il s’agit d’occuper résolument l’ensemble du territoire. Nous allons mettre en place, à cet effet, une opération dénommée ‘’ opération araignée ‘’. Cela va permettre au président Koulibaly d'être vu et entendu dans toutes les régions de Côte d'Ivoire. Vous me direz certainement que cela va être dur à supporter financièrement, mais je pense que nous allons adapter notre évolution en fonction des moyens du bord. Et nous irons là où il faut que le président soit vu et entendu.



La Côte d’Ivoire a un nouveau gouvernement depuis quelque temps, Lider n’y est pas représenté. Alors, quel regard portez-vous sur ce nouveau gouvernement ?



En ce qui concerne Lider, ce nouveau gouvernement visait à détourner l'attention des Ivoiriens sur l'essentiel. Parce qu’aujourd'hui, le vrai problème des Ivoiriens, que ce soit à Abidjan ou à l’intérieur du pays, c’est la pauvreté. D'ailleurs, les effets sont là, le front social grogne, des grèves sont annoncées dans le domaine de l’enseignement, du transport. Toute la population ivoirienne commençait à murmurer. C’est dans ce contexte particulier que le président Ouattara a prétexté d'une loi, qui n'était pas pour nous une urgence, pour dissoudre le gouvernement.

Evidemment, il a réussi le coup parce que l'attention des Ivoiriens a été complètement détournée. On ne parlait plus de la grève des transporteurs, ni même des enseignants. C'etait le gouvernement, et chacun se demandait pourquoi il a été dissous? Ensuite, c'est le Premier ministre Kablan Ducan qui a été nommé à la tête d’un gouvernement de 28 ministres. Et cela apparaît comme un nouvel espoir pour les Ivoiriens. En réalité, Lider n’attend pas de rentrer au gouvernement mais il demande à ceux qui y sont, de faire leur travail. De faire en sorte que le taux de chômage qui ne fait que s’accroître, finisse par baisser ; que le panier de la ménagère qui n'existe même plus, revienne et soit garni afin que l’Ivoirien puisse manger véritablement à sa faim. Et que les grèves cessent. C'est tout ce que nous demandons. Sinon, nouveau ou ancien gouvernement, ce n'est pas l'essentiel pour Lider



Si aujourd'hui, le président Ouattara fait appel au président Koulibaly pour travailler avec lui dans le gouvernement, quelle sera la position de Lider ?



Je serai personnellement heureux que le président Ouattara appelle le président Koulibaly, parce que c'est déjà bien que le président de la République parle avec son opposition. Maintenant, si Koulibaly, au nom de Lider, estime que son entrée est inscrite dans le cadre de l’intérêt général des Ivoiriens, avec des discussions franches sur des questions précises, Lider va réfléchir à la proposition et décider. Mais si nous nous rendons compte que cette présence ne servira à rien d’autre qu’à accompagner le Président, comme on l'a vu entre 2000 et 2010 dans les différents gouvernements de Laurent Gbagbo avec l'opposition, qui ne nous ont finalement pas épargné d'une guerre, cela n'intéresse pas Lider.



L’autre actualité, c’est qu’il est de plus en plus fait cas du transfèrement ou non de Simone Gbagbo, l'ex première dame, à la CPI. Quelle est la position de Lider sur la question ?



Vous savez, la justice n'est pas faite pour une seule personne, ni pour un seul peuple. La justice pratiquée par la Cour pénale internationale (CPI) devrait être une justice universelle, une justice impartiale. Donc, si effectivement il y a un mandat contre Simone Gbagbo, mais il faut qu'elle réponde des faits qui lui sont reprochés. Mais s’il s’agit uniquement de faire du mal aux membres de l'opposition, cela n’est pas bien. Quoiqu'on dise, les différentes justices, qu’elles soient nationales ou internationales, sont animées par des individus, des êtres humains qui peuvent avoir des faiblesses ou des penchants. Nous ne souhaitons pas que ceux qui disent la justice à la CPI soient agités par quelque bord que ce soit. Donc si Simone, finalement, devrait partir devant cette justice internationale, il faut qu'elle parte. Mais nous sommes aussi convaincus que si Simone part, d'autres personnes devront la suivre. Si elle est accusée de crime, nous disons qu’elle n'a pas commis plus de crimes que d'autres personnes que nous connaissons bien et qui se connaissent.



A qui faites-vous allusion ?



Je ne fais allusion à personne. Mais je sais que Human Rights Watch et Amnesty international ont produit des rapports incriminant de façon claire, nette et précise certains chefs de guerre qui sont là aujourd'hui et qui ont des promotions. Donc, certainement qu'il y a aussi d'autres mandats d’arrêt de la CPI qui sont prêts et destinés à des personnes du camp Ouattara. Il faut que ces personnes aussi se préparent à aller devant la CPI.



Aujourd’hui, beaucoup d’Ivoiriens s’étonnent que le président Koulibaly ne se préoccupe pas du sort de ses anciens camarades du FPI en prison, parmi lesquels il compte encore beaucoup d’amis. Il ne leur a jamais rendu visite. A quoi est-ce que cela est dû ?



Mais, est-ce que vous pensez que c’est quand Koulibaly va rendre visite à ceux qui sont à Odienné, Korhogo ou à Abidjan en prison, que ceux-là vont recouvrer la liberté ? Il y a toute une organisation, toute une stratégie qu'il faut mettre en place et travailler à la libération des prisonniers. C'est justement ce que Koulibaly et les autres n'ont pas pu partager. Koulibaly disait : « organisons-nous, mettons-nous au travail, faisons en sorte que nos bases soient rassurés. Une fois que tout cela sera fait, il est évident que finalement on va déboucher sur une demande de mise en liberté de nos camarades ».

Mais les autres étaient accrochés à des préalables, par exemple la libération de tous les prisonniers avant de se mettre au travail. C'est une mauvaise lecture et Koulibaly ne s'inscrit pas là-dedans. Il ne s’agit pas d’aller, de façon hypocrite, saluer les prisonniers à la MACA ou à Odienné, pour arranger les choses. Koulibaly travaille tous les jours. Suivez ses déclarations ! Que ce soit face à la presse nationale ou internationale, il a, chaque fois, dénoncé une justice à double vitesse. C'est de cela que les gens ont besoin. Ce n'est pas en allant dire bonjour ou en apportant des bananes à des prisonniers, qu'il leur rendra service. Ceux qui font les va-et-vient, qu'est-ce qu'ils ont changé finalement ?



Et le cas Gbagbo ; est-ce que Lider ou le président Koulibaly envisage un jour de se rendre à la Haye pour rencontrer l’ancien président ?



C'est au président Koulibaly d'apprécier. Mais ce que je pourrai dire, c’est que si Lider estime qu’une visite à Gbagbo peut contribuer un tant soit peu à rapprocher Gbagbo de la porte de sortie, Lider n'hésitera pas. Mais si c'est pour aller lui rendre visite pour lui dire simplement bonjour, je ne pense pas que le président Gbagbo ait besoin qu'on vienne simplement lui dire bonjour. Il souhaite que celui qui va le voir, aille avec un élément capable de lui permettre d'aller dans le sens de sa libération.



Parlant de libération, est-ce que vous croyez en celle de Laurent Gbagbo ?



Nous savons que Laurent Gbagbo est le prisonnier de la communauté internationale. Et Lider pense que si nous nous inscrivons dans une logique de non-violence dans les actes, et dans les propos que nous tenons, la communauté internationale finira pas se convaincre que Gbagbo qui est en prison, n'est pas dangereux. Et pour nous, c'est une bonne stratégie pour que Gbagbo puisse retrouver rapidement la liberté. Mais à Lider, nous sommes convaincus que tôt ou tard, il sera libéré car les gens se rendront finalement compte que Gbagbo n'a pas fait plus de mal que les autres acteurs politiques.



Quels sont les rapports aujourd'hui entre Koulibaly et ses anciens camarades du FPI ?



Il n'y a aucun problème. Ils ont de très bons rapports. C'est vrai qu'ils ne se pratiquent pas au quotidien, mais il y a certains camarades du FPI qui viennent lui témoigner leur amitié chez lui à la maison. Ils échangent, parce qu’en dehors de la politique, ils ont été des amis pendant plusieurs décennies. Ensuite, quand il y a des cérémonies comme des funérailles, des baptêmes, des mariages, puisqu’ils ont des amis communs, ils se retrouvent et échangent. En tout cas, il n'y a pas d'animosité entre eux ; bien au contraire, il y a une ambiance conviviale entre Koulibaly et ses anciens camarades du FPI.



Vous qui êtes très proches de lui, est-ce qu'il envisage un jour de revenir au FPI ?



Non, revenir au FPI, cela ne sera pas possible et il ne faut pas envisager que Koulibaly revienne au FPI. Peut-être ce qu'il faut envisager, c’est que Lider et le FPI pourraient se retrouver et faire chemin ensemble un jour, comme le PDCI et le RDR l'ont fait. Cela est possible. Mais que Koulibaly revienne au FPI, ce serait infantiliser l'homme. C'est un homme de conviction, et il ne va pas en se disant qu'il faut revenir dès que ça coince.



La commission de réconciliation (CDVR), ensuite le dialogue républicain, cela donne l’impression de beaucoup de bruits dans la réconciliation. Quelle est l'appréciation que Lider fait de la réconciliation en Côte d'Ivoire ?



Nous pensons que la réconciliation en Côte d'Ivoire dépend à 80% du président de la République. Il est de notoriété publique que toutes les crises que le pays a traversées depuis la mort d'Houphouët jusqu'aujourd'hui, ont été des crises créées par les hommes politiques. Ce sont les politiciens qui ont instrumentalisé l'ethnie, la religion, manipulé les populations et nous nous sommes retrouvés dans la guerre.

Tout le monde est d'accord aujourd'hui que ce sont ces mêmes hommes politiques qui peuvent faire en sorte que la réconciliation soit une réalité. Et aujourd'hui, le plus illustre de ces politiciens, c'est le président de la République. C'est d'ailleurs à juste titre que lorsqu’il a été élu président de la République, depuis le Golf jusqu'à sa prestation de serment et à son investiture, il a toujours dit qu'il fera de la réconciliation sa priorité.

Parce que la réconciliation, il l'a dit et tout le monde est d'accord avec lui, est le préalable à tout développement. Pour qu'il puisse mettre en œuvre et réussir son projet de société, il faut qu'il y ait d'abord la réconciliation. Il a donc créé la CDVR. Mais tout le monde sait qu’après deux ans d'exercice de cette structure, les choses n'ont pas bougé. Ensuite, l'ex-Premier ministre Ahoussou Jeannot a initié le dialogue républicain de Bassam. Il semblait très engagé, très déterminé.

Mais on voit qu'aujourd'hui on tourne en rond. Rien ne bouge. Donc, il ne reste plus qu'au président de prendre ses responsabilités. C'est pourquoi je dis que la réconciliation dépend à 80% de lui. S’il réussit à réunir autour de lui tous les acteurs politiques, ils vont se parler une fois, deux fois, trois et quatre fois, en deux mois, nous allons sortir de là. Et le schéma est tellement clair et simple que c'est faire l’injure au président de la République de dire qu'il ne le voit pas. C'est pourquoi souvent à Lider, nous nous interrogeons si Alassane Ouattara veut vraiment aller à la réconciliation.

Est-ce que cette situation ne l'arrange pas ? On se pose la question. Ou alors, est-ce que ses émissaires, je veux parler de la CDVR, je veux parler du pôle politique du gouvernement qui siège au Cadre Permanent de Dialogue (CPD), lui font vraiment le retour des sentiments réels des acteurs politiques ivoiriens. Nous à Lider, nous plaidons pour qu'il y ait une réconciliation. Parce que c'est dans un environnement sain que Lider veut faire la politique, comme on le voit dans les pays occidentaux.



Certains estiment par exemple qu'un seul geste de la part du président de la République, à savoir libérer Laurent Gbagbo et les autres prisonniers, suffirait pour faire la réconciliation en Côte d’Ivoire. Etes-vous de cet avis ?



C'est pourquoi je dis qu'il faut qu'il s'asseye autour d'une table avec les acteurs politiques. A ces rencontres, toutes ces questions doivent être mises sur la place. A partir de là, le président Ouattara pourra apprécier s’il doit faire des gestes pour ramener la confiance à la place de la méfiance qu'il y a actuellement. Quand tu es en conflit avec quelqu'un et que tu veux que ce conflit finisse véritablement, il faut que toi-même tu décides de rencontrer la personne et parler avec elle. Mais tant que tu vas envoyer des intermédiaires et que la personne en question et toi vous ne vous voyez pas, vous allez rester longtemps dans ce conflit. Et moi, j'ai bien peur que si le président de la République ne prend pas ses responsabilités, on va rester dans cette situation de ni paix ni guerre. Nous risquons de nous retrouver en 2015 et ce qui va arriver, va être plus grave que ce que nous avons connu jusque-là.



Bientôt vont se tenir les élections municipales couplées avec les régionales. Après l’expérience infructueuse des législatives, Lider va-t-il participer aux prochaines élections ?



Nous restons au niveau de Lider, dans notre même logique. Il faut participer à toutes les élections y compris les présidentielles à venir. C'est pourquoi nous ne voyons pas d'inconvénient, ni de problème majeur qui pourrait nous empêcher de participer aux futures élections municipales. Ce sera pour nous l'opportunité de nous affirmer un peu plus et d'expliquer notre programme de société à travers les campagnes que nous ferons.

En tout cas, ce sera l'opportunité pour nous d’entrer dans certaines instances, pour dénoncer les dysfonctionnements qu'il y a. Bien évidemment, avant d'aller aux élections, nous estimons qu’il faut revoir le recensement parce que des jeunes qui avaient 17 ans en 2009, auront 21 ans. Il faut également revoir la commission électorale indépendante, retirer de cette commission tous les représentants des forces militaires, afin que la commission soit véritablement équilibrée pour qu'on aille à des élections auxquelles nous souhaitons participer effectivement. Si ces conditions minimales ne sont pas remplies, Lider pourrait revoir sa participation aux municipales et régionales couplées.

Par ailleurs, la question sécuritaire se pose à nouveau. On tente de diaboliser le président Koulibaly en allant faire des perquisitions intempestives dans sa plantation à Azaguié. On moleste ses parents, ils sont battus à chaque passage des FRCI. En fait, c’est l’intimidation à outrance. Comment voulez-vous qu’on parle d’élections quand de façon sournoise, on veut éliminer les opposants ?



Entretien réalisé par Hamadou ZIAO

Mercredi 19 Décembre 2012
Vu (s) 1338 fois



1.Posté par MENELIK II le 19/12/2012 08:26 | Alerter
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Je suis désolé Mr Karamoko Lacina.Nous sommes en Côte d'Ivoire et nous avons vécu les événements de 2002 à 2011:Côte d'Ivoire,France,Ghana(Accra),Afrique du Sud,etc..La déclaration que Mr Mamadou Koulibaly a faite à son retour d'Accra en 2011 est à son nom personnel mais pas à celui du FPI.La preuve,nous connaissons le résultat de la réaction des Instances dirigeantes et des militants de ce parti face à ce comportement qui a déçu un grand nombre d'Ivoiriens.

2.Posté par Larama le 19/12/2012 19:33 | Alerter
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Je suis très déçu de Monsieur Koulibaly. J'avais vraiment une estime pour lui lorsqu'il était au FPI. Mais pour un homme sérieux, je pense que même s'il voulait quitter le FPI, il pouvait attendre un peu. Pourtant c'est au moment où son parti avec tout ses leaders y compris le Président Gbagbo sont en prison qu'il crée son parti et veut nous faire croire qu'il a bien et qu'il a raison. M. Karamaoko nous dit que ce n'est pas en allant voir les prisonniers que ceux-ci seront aider. Mais que fait-il du soutient moral à une personne en difficulté ? Est-ce qu'en allant conforter quelqu'un qui a perdu un parent, c'est pour faire revenir le mort à la vie? Soyons sérieux. Vous avez abandonné vos camarades dans des difficultés, ne venez pas nous dire autre chose. C'est parce que ce que M. Koulibaly cherchait avec Ouattara il ne l'a pas eu qu'il se met à le critiquer. S'il avait eu ce qu'il voulait, allait-il le critiquer comme il le fait maintenant ?

3.Posté par Miaou le 19/12/2012 21:05 | Alerter
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watra a gagné des élections oû mr Karamoko? Arrêtez vos fantasmes là!!!

4.Posté par Fati le 20/12/2012 02:41 | Alerter
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pour quoi vous parlez encore de ce sieur faux cul Koulibaly? ce vieux con est mort donc pardonner ne parlez pas de lui . il veut se fait voire parce que prononcer son nom est comme dire celui de son chien depuis qu'il se fait chier sur lui même.

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