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Les militaires Français avaient - ils le droit d'assassiner des civils Ivoiriens ?

News en temps réel - Isaac Pierre BANGORET (Écrivain) le Dimanche 20 Juillet 2014 à 10:38 | Lu 1009 fois



François Hollande, à Abidjan, a tenu le 17 juillet 2014, durant sa conférence de presse, les propos suivants : « Les responsables de crimes, quels qu’ils soient, doivent être traduits devant les tribunaux. L’impunité ne doit pas être tolérée. La Côte d’Ivoire doit respecter la démocratie, les droits de l’homme, et la bonne gouvernance ». On aurait été heureux d’entendre le président français nous entretenir aussi sur le sort à réserver aux militaires français qui ont, aux côtés des partisans armés d’Alassane Ouattara, assassiné des civils ivoiriens innocents .

Ne devraient-ils pas, eux-aussi, répondre de leurs crimes ? Parler de démocratie, des droits de l’homme, de bonne gouvernance, quand le président français est incapable d’amener Alassane Ouattara à former une Commission électorale indépendante légitime, c’est nous nourrir, de nouveau, de vaines espérances. Les différents faits politiques qu’il nous a été donné d’observer, d’analyser, après l’élection du président Hollande (le candidat des démocrates africains) démontrent que les véritables extrémistes ne sont pas les Ivoiriens (les Africains) mais plutôt les hommes politiques français qui, à travers les actes qu’ils posent, démontrent que le seul discours qu’ils ont décidé de tenir aux Africains est celui de la force, des armes.

Lorsque le président français Hollande, un élève de l’école de Nicolas Machiavel, affirme que l’impunité ne doit pas être tolérée en Côte d’Ivoire et que les auteurs de crimes contre l’humanité les pro-Gbagbo et les pro-Alassane seront jugés, afin de jeter les bases de la démocratie, d’un État de droit, il revient aux Ivoiriens de se poser la question suivante : « Quel est l’intérêt de l’Élysée à lutter contre l’impunité en Côte d’Ivoire, une impunité qu’elle a, de manière délibérée, favorisé, en choisissant la guerre et non le dialogue pour résoudre un contentieux électoral ? ».

La réponse est simple ; il s’agit pour Hollande et l’Élysée de se débarrasser « légalement » de tous les hommes politiques ivoiriens qui constituent un obstacle pour le clan Alassane Ouattara (et non pour sa famille politique le RHDP). L’acteur politique Hollande tient en Côte d’Ivoire, durant sa conférence de presse, le rôle du « bon » qui emboîte le pas au « méchant » Sarkosy : il s’agit, en fait, de se servir d’un droit (d’une légalité) fait sur mesure pour éliminer leurs adversaires de l’arène politique. Ouattara, durant la conférence de presse, abonde dans le même ordre d’idée, à travers une boutade, qui exprime, officiellement, son intention de nier tout lien avec des criminels de guerre qui prétendent être des « pro-Ouattara ».

Ces derniers, affirment-ils, n’échapperont pas à la justice internationale ; il s’agit, en réalité, des membres des Forces Nouvelles. Les Ivoiriens doivent éviter de tomber dans ce piège politico-juridique tendu par l’Élysée et Ouattara. Après avoir déporté le président ivoirien Gbagbo à la Haye, l’une des figures politiques ivoiriennes incontournables reste Soro Guillaume. Sa présence aux côtés d’Alassane Ouattara a permis à ce dernier d’avoir une certaine légitimité nationale. Si Ouattara a le soutien de l’électorat formé par les apatrides et les étrangers, dans leur majorité, Soro Guillaume et les Forces Nouvelles représentent, en quelque sorte, l’électorat du Nord.

Soro Guillaume et les Forces Nouvelles partagent avec Alassane Ouattara l’électorat du RDR et sont devenus, par conséquent, des adversaires politiques à abattre puisque le clan Alassane Ouattara ne doit souffrir d’aucun contre-pouvoir au sein de sa famille politique. Nous ne pouvons que douter de la bonne foi de l’Élysée qui prétendait encourager la démocratie dans notre pays, en suscitant la guerre pour résoudre un contentieux électoral. Hollande déploie, à son tour, trois mille soldats résidents en Côte d’Ivoire, dans le but de lutter contre le terrorisme au Sahel, à la veille des présidentielles ivoiriennes et burkinabé de 2015.

Lorsque nous sommes face à l’Élysée, il nous faut toujours prendre soin de définir les termes qu’utilisent ses hommes politiques, pour éviter toute mauvaise surprise. Nous devons surtout avoir en mémoire les faits politiques étroitement liés à ces termes, à la lutte, par
exemple, contre le terrorisme par la France en Côte d’Ivoire. Deux faits peuvent être évoqués : le FPI a déjà été accusé par des experts de l’ONU d’entretenir des liens avec des terroristes pour renverser le gouvernement d’Alassane Ouattara, tandis que Wattao (un membre influent des Forces Nouvelles) est suspecté d’avoir financé des membres de groupes terroristes proches d’Al Qaïda, avec la vente du diamant ivoirien.

Les trois mille soldats français présents en Côte d’Ivoire, ont, par conséquent, dans leur collimateur, des « terroristes potentiels ivoiriens» à combattre dont les dossiers sont sur la table de l’ONU, dans l’attente de leur exploitation par l’Élysée, en fonction de la tournure que prendront les présidentielles ivoiriennes de 2015. L’usage de la force est le seul langage utilisé par l’Élysée en Afrique. Pour éviter ce piège politico-juridique tendu par l’Élysée et Ouattara pour se débarrasser légalement de leurs adversaires politiques, tous les Ivoiriens, tous les partis politiques, se doivent de se mobiliser, de lutter afin qu’aucun ivoirien ne soit envoyé ou maintenu à la Haye.

Les Africains ne seront des personnes adultes que s’ils apprennent à résoudre leurs différends politiques au moyen du dialogue, du pardon réciproque, pour jeter les bases d’une véritable démocratie après les événements de 2002 et le contentieux électoral entretenu, volontairement, par l’Élysée pour gouverner, par le biais d’Alassane Ouattara, notre pays. Nous devons conjuguer nos efforts afin que soient libérés le président Gbagbo, le ministre Blé Goudé et tous les prisonniers politiques. Notre pays a certes connu des milliers de morts durant les différentes crises qui l’ont secoué, mais nous devons surmonter nos émotions, nos divisions internes, et être assez réalistes pour sauver des millions d’ivoiriens et d’étrangers qui ne demandent qu’à vivre en paix, loin des intrigues des hommes politiques français.

Nous ne voulons pas de cette démocratie à la française qui détruit volontairement les armées africaines républicaines, souveraines, dans le but de voir l’armée française assurer notre sécurité, et installer des présidents qui ne feront que signer des accords dont le but principal est de préserver les intérêts de la France, la grande bénéficiaire de notre croissance économique. L’argent ne circule pas parce qu’elle travaille au sein des grandes entreprises françaises.

Ces Africains, ces Ivoiriens, qui avaient choisi de soutenir le candidat Hollande auraient-ils donc été des naïfs, sur le plan politique ? Non ! Ces Ivoiriens ne sont pas, contrairement aux hommes politiques français des personnes guidées par leurs préjugés, des extrémistes qui ignorent volontairement tout accord négocié, respectueux de nos intérêts respectifs. Ils ont choisi de se mettre à l’école des penseurs de la race d’Emmanuel Kant ou de Johannes Althusius qui, contrairement à Nicolas Machiavel, ont une vision politique conforme à nos traditions africaines, respectueuses de la vie humaine, de nombreuses vertus, ignorées volontairement par la France.

Le défi politique de l’Afrique ne consiste pas, en effet, à inventer une démocratie africaine mais à prendre plutôt conscience du fait que nos pouvoirs exécutifs se doivent d’administrer nos populations dans la vérité, dans la transparence, et non dans le mensonge parce que nous comptons de nombreux illettrés qui ignorent la mauvaise foi de certains représentants politiques. Le mensonge distillé par la France et par les partisans d’Alassane Ouattara en Côte d’Ivoire, à travers les média, et leurs hommes politiques ont suscité, par exemple, dans le coeur de braves populations du Nord une haine viscérale vis-à-vis des populations du Sud.

Cette haine est aujourd’hui un obstacle à la construction d’une nation démocratique, une démocratie corporative, selon la vision politique d’Althusius. Pour ce penseur, la politique est l’art de fonder, de maintenir la « consociatio » (la communion) entre les membres de la Cité ou encore de faire vivre les hommes en communauté. C’est au sein de ces différentes « communautés symbiotiques » que l’homme peut mener une vie ordonnée et vertueuse. L’État ne voit se confier que des compétences limitées, explicitement déléguées, la souveraineté demeure la propriété du peuple qui fait corps avec l’État. Les gouvernants élus par le peuple au suffrage universel sont invités à veiller au bon
fonctionnement des communautés qui composent l’État, à leurs libertés respectives.

Il se doit de les inciter à l’action juste et ordonnée. Kant et Althusius nous proposent un monde politique différent qui n’est pas fondé essentiellement sur le mensonge, sur l’art de la tromperie dont sont passés maîtres les hommes politiques français, élèves de Nicolas Machiavel, dont l’école ne forme que des artistes de la tromperie, au service de leurs intérêts respectifs. Les hommes politiques africains se doivent de se mettre à l’école de ces penseurs politiques, amis des vertus, ennemis de la propagande politique, du mensonge légitime à l’origine des guerres que connaît le continent africain.

Nous connaissons désormais la France et sa politique africaine révoltante qui fait de leurs grandes entreprises des sangsues qui se nourrissent du sang de nos populations, en faisant main basse sur nos ressources. Si les soldats français qui ont commis des crimes contre l’humanité en Côte d’Ivoire échappent à la justice nationale ou internationale, la volonté affichée par le président Hollande « soucieux » de combattre toute impunité en Côte d’Ivoire n’est qu’un leurre, un piège politico-juridique.

Lorsque nous verrons des hommes politiques ou des officiers français condamnés et enfermés pour les crimes qu’ils ont commis dans nos pays africains, alors nous croirons à la bonne foi de l’Élysée. Pour l’instant ne nous prêtons pas à ce jeu politique répugnant qui fait de nous des bourreaux de nos propres frères. Empruntons le chemin du pardon, de la réconciliation, et non celle de la justice sur mesure dont le but est de se débarrasser légalement des adversaires politiques jugés embarrassants.

Isaac Pierre BANGORET (Écrivain)

Isaac Pierre BANGORET (Écrivain)
Dimanche 20 Juillet 2014
Vu (s) 1009 fois



1.Posté par Joseph le 20/07/2014 21:23 (depuis mobile) | Alerter
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@Isaac vs(fpi)lhistoire Outtara est 1 os calle dns vos gorge juska a la fin du monde il est indebouloable kan vs etiez o pouvoir kel juste il yavais ici ou ls Ble raignait en general de la rue depui vs ete parti on respire bien ici allez a la CPI .

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