Les Verts et le Front de gauche espèrent pouvoir constituer des groupes.
Le Front national et le MoDem luttent pied à pied pour exister malgré la forte bipolarisation de la vie politique française.
PS, UMP, LA BATAILLE DE LA MAJORITÉ
L’éventualité d’une cohabitation entre le président de la République et la droite à l’Assemblée nationale s’est évanouie avec les résultats du premier tour des élections législatives, où la gauche a totalisé 46,77 % des voix, contre 34,07 % pour la droite. La perspective d’une victoire de la gauche semble la plus probable au soir du second tour et tout l’enjeu réside dans son ampleur.
François Hollande est assuré de disposer d’une majorité absolue au Palais-Bourbon pour mettre en œuvre ses promesses de campagne, selon différentes projections en sièges réalisées par les instituts de sondages. Mais la question est surtout de savoir si le PS, arrivé en tête le 10 juin avec ses alliés radicaux de gauche et chevènementistes avec 34,4 % des voix, détiendra à lui seul les 289 sièges nécessaires à la majorité absolue ou s’il aura besoin de l’appoint des voix écologistes ou du Front de gauche.
L’Ifop penche pour la première hypothèse. Dans une analyse publiée jeudi 14 juin, l’institut estime qu’« avec un nombre de sièges obtenus compris entre 297 et 332 (sur 577), le Parti socialiste et apparentés, le Parti radical de gauche et le Mouvement républicain et citoyen n’auraient pas à compter nécessairement sur l’appui des autres forces de gauche (…) pour faire passer certains textes de lois ». Pour la gauche, l’autre enjeu arithmétique serait d’obtenir la majorité des trois cinquièmes au Congrès, réunissant l’Assemblée nationale et le Sénat, pour modifier la Constitution par exemple. D’ores et déjà, cet objectif semble inaccessible, car, si la gauche détient déjà 177 sièges au Sénat, il lui en faudrait 378 à l’Assemblée nationale.
Derrière le nouveau rapport de force au Parlement se joue aussi un remaniement attendu du gouvernement Ayrault, afin de tenir compte de l’influence des partenaires du PS et remplacer des ministres qui pourraient être battus. Or, à l’exception de Marie-Arlette Carlotti, chargée des personnes handicapées, qui est en situation difficile à Marseille, les 19 membres du gouvernement encore en lice sont tous en ballottage favorable.
Mais le cas de Ségolène Royal à La Rochelle devrait focaliser l’attention, après le « tweet » d’encouragement adressé à son opposant dissident socialiste par Valérie Trierweiler, la compagne du chef de l’État. Quel sera l’impact de cette affaire sur le scrutin ? Une défaite de l’ancienne candidate à l’Élysée, qui ambitionne de devenir présidente de l’Assemblée nationale, serait un coup dur pour l’exécutif et la direction du PS qui lui ont manifesté tout leur soutien.
De son côté, l’UMP, qui compte plus de 300 députés dans l’Assemblée sortante, espère limiter ses pertes. Notamment en sauvant ses anciens ministres en difficulté, comme Nadine Morano ou Nathalie Kosciusko-Morizet. Plusieurs instituts de sondages donnent à l’UMP et ses alliés du Nouveau Centre et du Parti radical, entre 220 et 274 sièges sur 577.
Entre 210 et 247, selon l’Ifop. En fait, le principal enjeu est ailleurs : dans la campagne interne pour la présidence de l’UMP, que convoite le secrétaire général Jean-François Copé, l’ancien premier ministre François Fillon et sans doute d’autres comme Alain Juppé. Après la défaite de Nicolas Sarkozy, c’est la stratégie pour l’élection présidentielle de 2017 qui est en jeu. D’ici là, l’UMP devra tirer les leçons de ses échecs, analyser les effets d’une « droitisation » de son discours et passer le test des élections cantonales, régionales, municipales, européennes et sénatoriales en 2014.


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