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Leçon de démocratie de Gbagbo à la haye : l'arme du panafricanisme

le Dimanche 3 Mars 2013 à 10:38 | Lu 1072 fois



Leçon de démocratie de Gbagbo à la haye : l'arme du panafricanisme
Pendant l’époque hellénistique, la démocratie a été pensée et, depuis lors, elle a suivi son évolution au point que l’Europe judéochrétienne, en l’érigeant en loi de gestion des contingences sociales, savait avec pertinence qu’elle resterait un idéal. Et cet idéal, même l’Europe est loin, jusqu’ici, d’être parvenue à l’atteindre. Les nombreux exemples de cette marche (inaccomplie) vers la démocratie sont : les milliers de cadavres laissés par les dirigeants européens en Yougoslavie, en Bosnie, en Roumanie, en Tchétchénie, etc. c’est aussi ces millions d’innocents assassinés lors des « tsunamis humains » de 14-18 et 39-45. On se demande bien où est passée la démocratie pendant ces moments où l’Occident s’est contrariée en donnant au reste du monde l’image d’une Europe meurtrière et barbare.

De nos jours, ce tableau outrecuidant d’une Europe en dérive n’a pas cessé d’étonner. Les donneurs de leçons sur la démocratie ont encore brillé par la superbe de leur déraison. C’est par le biais d’une entreprise néo-impériale que l’on les retrouve sur le terrain du nouvel ordre mondial de la violence. Sous le couvert de la lutte contre le terrorisme ou la tyrannie, habillée en fait par une vaste campagne inavouée de contrôle des ressources pétrolières, l’Occident mercantiliste n’hésite pas à liquider tout obstacle humain contraire à cette politique “gansterigène”. L’épisode sur Saddam Hussein suffit pour comprendre ces enjeux.

S’agissant du terrain tout à fait (illusoire) de l’application de la démocratie, le même Occident, donneur de leçons qu’il est et censeur attitré des performances dont il est seul juge et partie sur les conditions de “ conformité démocratique”, a trouvé opportun de débouter en Afrique Kadaffi et le très actuel cas de l’ex Président Gbagbo.

Sans vouloir rentrer dans les complexités du “qui a tort”, “qui a raison” dans cette affaire relative à la situation postélectorale en Côte-d’Ivoire, il importe d’éclairer l’opinion publique africaine sur le sens profond de la fin du discours du très tristement célèbre prisonnier politique Laurent Gbagbo. Son discours devant le tribunal de la CPI à la Haye date du 28 février 2013 ; et c’est lui qui nous intéresse dans cet article.

Gbagbo s’adresse donc au peuple africain et non forcément à la cour. Comme Jésus qui savait déjà le sort qui lui était voué, Gbagbo a choisi la bonne formule qui consiste à garder la cohérence de ce qui a été, toute sa vie durant, le point focal de son combat : lutter pour que le peuple soit libéré des tenailles des pouvoirs intérieur et extérieur. Ainsi, sa vie ne compte pas. C’est celle des autres frères africains qui importe.

Si l’Europe ne jure aujourd’hui que sur les principes de la démocratie, même si c’est une “démocratie qui tue”, c’est donc justement sur ces principes que Gbagbo va jouer son tempo pour non seulement polémiquer avec ses adversaires de l’ombre, mais aussi démontrer que précisément sur le terrain de la démocratie que s’opèrera l’indépendance réelle de l’Afrique.

Voici donc ce que Gbagbo dit en fin de son propos qui tranche, comme un couperet, avec toute forme de resignation : “La démocratie, c’est le respect des textes ; à commencer par la plus grande des normes en Droit qui est la constitution. Qui ne respecte pas la constitution, n’est pas démocrate. Madame, c’est parce que j’ai respecté la constitution qu’on m’a amené ici. […] Je souhaite que tous les Africains qui me soutiennent […] comprennent que le Salut pour les États africains, c’est le respect des constitutions que nous nous donnons et des lois qui en découlent.”

Toute une philosophie sur l’indépendance découle de ces paroles. Non seulement Gbagbo se confirme comme étant un panafricaniste, parce qu’il ne s’est pas réduit au champ trop étroit de son pays la Côte-d’Ivoire, mais aussi il taquine ses adversaires, déclarés ou voiles, sur le fait que la démocratie dont ils se réclameraient ne saurait reposer sur rien d’autre que les textes constitutionnnels dont l’application, par le pouvoir extrême, est un indice de bonne conduite et d’émancipation. Comment concevoir, dès lors, que sur ce terrain bien précis, l’on puisse condamner Gbagbo pour avoir honorer la constitution de son pays quand il est vrai qu’ailleurs en Europe, les dirigeants se plient aux exigeances de leurs chartes constitutionnnelles ?

En tout cas, Gbagbo réaffirme le devoir plus que jamais nécessaire pour les Africains, de sortir d’une tendance ancienne, et jusqu’ici actuelle, d’avoir des hommes politiques à la solde des anciennes métropoles et qui, dans ce contexte, ne peuvent que servir les intérêts de celles-ci. Gbagbo plaide pour l’avènement des leaders légitimes en Afrique, désirés par leurs bases électorales uniquement, et enclins, de facto, à servir cette masse de citoyens au quotidien. Le pouvoir des chefs d’États africains doit désormais être endogène. Il doit venir et être garanti de l’intérieur et non de l’extérieur parce qu’en aucune manière, on ne verrait un citoyen ou un chef d’État africain influencer le résultat d’une élection en France, en Angleterre ou aux États-Unis. Pourtant, c’est tout le contraire qui est bien possible en Afrique.

C’est justement pour se positionner contre cette situation que Gbagbo recommande aux Africains d’être conscients de ce que leurs leaders qui incarnent leurs institutions ne sont pas des guignols manœuvrés par des mains invisibles mais plutôt des responsables devant faire l’objet d’une souveraineté inébranlable. Cela passe inéluctablement par la rupture du cordon ombilical de la françafrique mais aussi par la désincarnation des instincts de dépendance dont fait montre jusqu’ici, malheureusement, l’élite africaine.

La lâcheté et l’extraversion exacerbante qui caractérsisent encore nos leaders politiques africains tient de ce qu’ils n’ont pas saisi leurs constitutions comme l’âme foncière sur laquelle repose leur autonomie véritable. De mémoire de l’histoire des sociétiés humaines, il n’existe pas un peuple qui, dans sa constitution, se reconnaît faible, domptable ou peu épris de sa dignité/liberté. Toutes les constitutions travaillent, au contraire, à placer l’intérêt majeur de la nation entre les mains de ceux chargés de le garantir. Il se comprend, vue de cette manière, que les chefs d’États qui ont la charge de conduire le destin de la nation africaine ne peuvent s’envisager que sur le terrain de la citoyenneté, du patriotisme et du nationalisme parce que leurs pays comptent à leurs yeux. L’Etat fédéral africain sera donc fort de ce principe de base et Gbagbo qui s’en défend implicitement en appelle à la création par le message qu’il adresse à ses futurs citoyens. Ces derniers se doivent de mener la lute sur le respect sans condition de leur dignité et de leur autonomie.

Man Bene

Dimanche 3 Mars 2013
Vu (s) 1072 fois



1.Posté par Hermann N'da le 03/03/2013 14:17 | Alerter
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En tous cas, une constance et une grandeur d'esprit remarquables. L'homme Laurent GBAGBO s'est effacé pour faire place à l'intérêt général, celui de toute l'Afrique.

Il n'a pas voulu suivre FOUTOU, pardon, FATOU BRNSOUDA dans son débat de chiffonnier portant sur des accusations farfelues et sans fondement et faussement illustrées par des IMAGES TRONQUÉES venues directement du KENYA pour les besoins de la fausse cause.

Laurent GBAGBO incarne la lutte pour l'émancipation, la liberté et l'indépendance de l'Afrique.

N'en déplaise aux esclaves qui refusent de s'affranchir...

2.Posté par paul le 03/03/2013 20:22 (depuis mobile) | Alerter
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Seul un changement radical sur le terrain fera liberer woody.

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