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Le faux évolutionnisme du Président Macron

News en temps réel - Isaac Pierre BANGORET le Mercredi 12 Juillet 2017 à 16:19 | Lu 465 fois



Le continent africain serait-il confronté à un problème civilisationnel et démographique, comme le prétend le président français? Avant de répondre à cette interrogation, il est bienséant de "rendre à Emmanuel Macron ce qui est à Emmanuel Macron et à la science ce qui est à la science". La macronisation de la vie politique française souhaitable en Afrique, particulièrement en Côte d’Ivoire, a été possible grâce au refus de la pensée unique prônée par les partis politiques au nom de la discipline.

Lorsque certains hommes politiques français s’obstinent à s’attacher à cette discipline, malgré l’immobilisme du président Hollande et l’agitation de Sarkozy, c’est le peuple français qui se trouve au bord du gouffre. Le mouvement d’Emmanuel Macron a donc été déterminant pour remettre en marche la France dans cette tempête économique qui n’épargne aucune nation du monde. Cependant, il faut que le président Macron se rende compte que l’Afrique n’est pas le continent européen; ce qui est possible sur le plan politique ne l’est pas sur le plan socio-économique. Aborder donc les questions propres au développement de notre continent, à partir de la pensée unique européenne voire occidentale, tient, avant tout, du faux évolutionnisme.

Lorsque le président Emmanuel Macron affirme: «Quand les pays, aujourd’hui, ont encore 7 à 8 enfants par femme, vous pouvez décider d’y dépenser plusieurs milliards d’euros, vous ne stabiliserez rien», il commet l’erreur de ses prédécesseurs quant à leur vision de l’Afrique. Ce discours étant celui d’un homme politique inspiré légitimement par les intérêts de son pays, il appartient aux Africains d’être assez lucides, afin de savoir adapter à nos réalités ce qui peut nous procurer le bonheur recherché par tous, en donnant plutôt poids aux discours scientifiques plus objectifs. Daniel de Coppet, anthropologue français (1933-2002), disciple de Lévi-Strauss, écrit, au sujet de la variété des peuples et des cultures: «A partir de la diversité de fait que chacun peut constater à l’œil nu entre les groupes humains, il existe deux attitudes fondamentales aisément repérables qui conduisent tout deux, quoique par des chemins opposés, à légitimer la violence d’un groupe sur l’autre.

En réalité ces deux attitudes ont en commun une même négation de la différence. Elle suppose la discrimination et, par là même, l’affirmation exclusive de soi». Il faut que les gouvernants européens qui se veulent donc honnêtes, objectifs s’abstiennent désormais de porter des jugements hâtifs sur l’Afrique, à partir de critères de développement propres aux sociétés occidentales. Une étude approfondie du fonctionnement de notre tissu social leur permettra de comprendre que la croissance des pays africains a pour fondement leur démographie. Si le nombre élevé d’enfants constitue pour la société européenne un obstacle à leur croissance, il représente pour les Africains une ressource indispensable à la leur.

Penchons-nous sur le quotidien des Africains et des Français, afin d’éviter tout verbiage. Que représentent 8 enfants pour une société européenne ou africaine? Dans le programme de Macron, la crèche est présentée comme un instrument majeur de lutte contre les inégalités, parce qu’il faut accueillir la petite enfance, dans le but de permettre évidemment aux parents de s’adonner à leurs activités quotidiennes. Il faut ensuite les scolariser; ce qui revient à construire des écoles et à former un grand nombre d’enseignants pour suivre des classes d’un effectif de 24 élèves chacune, surtout dans les milieux défavorisés. Il faut ensuite faire face aux défis du marché du travail et des retraites que finance la population active.

De la crèche, nous arrivons au financement des maisons de retraite médicalisées et à l’accompagnement des personnes socialement fragilisées, au terme de leur activité. Appliquer automatiquement un tel programme en Afrique, c’est provoquer la ruine de nos familles respectives qui reposent, dans leur grande majorité, sur l’informel. Une vendeuse d’attiéké qui vit, au quotidien, du produit de son petit commerce informel en Côte d’Ivoire ne peut s’arroger le luxe d’inscrire ses enfants dans une crèche ou de bénéficier d’une maison de retraite. Ayant droit, elle- aussi, au bonheur d’être mère, malgré sa situation précaire, elle s’appuiera sur ces frères et sœurs pour prendre soin du fruit de ses entrailles, pendant qu’elle se dédiera à ses activités.

Cette dernière peut, dans certains cas, constituer une garderie pour ses mêmes frères et sœurs devenus fonctionnaires, enseignants, médecins etc… Il est courant de voir dans nos pays une vendeuse devant un étal, avec à ses côtés, des enfants en bas âge qui ne sont pas forcément les siens. Quand cette dernière sera socialement fragilisée, ces enfants reconnaissants assumeront le rôle des maisons de retraite médicalisées. Les 8 enfants incarnent donc le concept de la solidarité africaine; pierre angulaire de l’architecture sociale de ce continent, et représentent en Afrique, d’un point de vue économique, tous ces milliards mobilisés par le président Emmanuel Macron pour financer en France les crèches, les maisons de retraite médicalisées, l’accompagnement des personnes socialement fragilisées etc...

L’Afrique ne souffre pas fondamentalement de problème civilisationnel et de transition démocratique qui ne sont que des effets collatéraux de la véritable cause de notre sous-développement; il s’agit des qualités intrinsèques des leaders politiques africains que soutient, malheureusement, la France, contre vents et marées. La vraie genèse du troisième pont d’Abidjan narrée par le Docteur Ahoua Don Mello, ex- Directeur général du BNETD, est un exemple patent. Le président Laurent Gbagbo déporté par Sarkozy à la Haye s’attelait à reloger les familles démunies des quartiers précaires détruits, dans le cadre de la construction de ce pont, alors que Dramane Ouattara, le candidat de la France et non du peuple ivoirien, se contente de les jeter dans les rues, au nom de réformes structurelles dictées par l’Occident.

Elles sont mises automatiquement en œuvre dans une Côte d’Ivoire dite émergente qui ne tient pas compte des coûts sociaux ou environnementaux (l’orpaillage qui menace par exemple les eaux souterraines), suscitant ainsi l’insécurité, l’immigration, et une propagation de produits cancérigènes. Les milliards envoyés par la France à Dramane Ouattara sont utilisés pour lutter, paradoxalement, contre l’insécurité et le terrorisme qu’il a lui-même provoqués, avec l’aval implicite de la métropole, au lieu d’aider ces familles pauvres dont le coût social correspond substantiellement en France aux budgets alloués aux crèches et aux maisons de retraite.

Que nous soyons en France ou en Afrique, toute œuvre humaine voire toute société est fondée, avant tout, sur les qualités intrinsèques de chaque homme, sur la volonté politique de leurs dirigeants. Nous n’avons donc pas le droit, au nom d’un planning familial virtuel qui transparaît dans le discours du président Emmanuel Macron, d’étouffer dans les entrailles de leur mère ces 7 ou 8 enfants africains. Notre devoir est d’accompagner ces femmes selon la vision originelle de Simone Veil, qui a lutté essentiellement pour la dignité de la femme. Ne fourvoyons donc pas l’esprit à l’origine de son combat, qui était loin d’être une incitation à l’extermination de la vie humaine.

Sans l’homme politique qu’incarne aujourd’hui Emmanuel Macron, le peuple français, dans sa majorité, n’aurait pas espéré, de nouveau, en des lendemains meilleurs. Les personnes humaines ne peuvent donc être évaluées ni quantitativement, ni qualitativement. Alors, loin de nous tout programme voilé, lié à la stérilisation subtile des femmes africaines, au moyen de vaccins ou de produits divers. Les milliards soutirés à l’Afrique et renvoyés en Afrique peuvent, par conséquent, contrairement aux dires du président français, contribuer à stabiliser bon nombre de choses, pourvu qu’ils soient utilisés à bon escient par des leaders africains au fait de nos réalités, et non par des Africains reconnus, comme tels, seulement à leur apparence; "la peau noire aux masques blancs", partisans eux-aussi de la pensée unique qui ne savent de l’Afrique que ce qu’ils ont appris de leurs griots.

Isaac Pierre BANGORET (Écrivain)

Isaac Pierre BANGORET
Mercredi 12 Juillet 2017
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