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Le danger des crèmes vendues pour se blanchir la peau

L'Afrique en mouvement - Afrik53.com : Infos 7J/7 le Mardi 1 Mars 2016 à 00:00 | Lu 603 fois

Dites non à ces pratiques barbares et Oui pour une Beauté Noire Ô Naturel !!!
Soyez fière de ce que vous êtes, vous n’en serez que plus belle !!!



Une femme montre à l’hopital de Dakar au Sénégal des lésions dûs à des produits éclaircissants.
Brûlures, tâches, boutons…

Les conséquences sont parfois très graves. Et si la peau peu parfois changer de couleur, ce n’est pas pour parvenir à la carnation prévue. C’est ainsi que les usagers de crèmes blanchissantes se retrouvent parfois avec une peau grisâtre ou violacée, très éloignée du teint caramel recherché. Les dangers de ces cosmétiques sont connus, mais trop souvent minimisés. C’est pourquoi les crèmes blanchissantes ou éclaircissantes continuent d’attirer de nombreux acheteurs, principalement des femmes afro-antillaises.

Parti des Etats-Unis dans les années 60, le phénomène du blanchiment de la peau a gagné toute la planète. Selon les psychologues, il puise ses racines dans le passé esclavagiste et colonial. Un traumatisme qui découle du préjugé coriace de la prétendue supériorité du Blanc, inculquée par les colonisateurs et autres esclavagistes.
Dans les sociétés africaine ou asiatique, un teint clair est encore largement synonyme de beauté et de réussite sociale. Cette idée traditionnelle est relayée par la société de consommation et de spectacle, avec ses mannequins à la peau claire et ses stars au teint à peine marbré, comme Rihana ou Beyoncé, coqueluches des ados.

Séduire oui, se détruire non

En l’absence de données chiffrées précises, la mairie de Paris estime qu’environ 20% des femmes d’origine africaine habitant la capitale utiliseraient des produits éclaircissants à base d’hydroquinone et de dermocorticoïdes aux effets délétères : outre ceux déjà cités, se rajoutent les risques d’hirsutisme (excès de pilosité), de vergetures ou de diabète.

D’où cette campagne sur des supports inédits : des affiches sur les panneaux Decaux des quartiers parisiens principalement touchés par ce phénomène (XVIIIème, Xème et XIXème arrondissements), proclamant « Séduire oui, se détruire non ».
Cette campagne s’appuie aussi sur une bande dessinée « Beauté d’ébène » soulignant que l’usage répété des produits éclaircissants entraîne des dégâts, et un fascicule pédagogique distribué dans les mairies d’arrondissement, les centres de santé et PMI

« Déghettoïser » les circuits de distribution

Lors d’une conférence de presse, début novembre dans le quartier de la Goutte d’Or (XVIIIème) particulièrement concerné par ce problème, le député-maire PS de l’arrondissement Daniel Vaillant a indiqué qu’il s’agissait de « tirer un signal d’alarme ». De son côté, Isabelle Mananga, présidente de l’association Label Beauté Noire, a dit vouloir « déghettoïser » les circuits de distribution des cosmétiques ethniques et aider les consommateurs à sortir de l’engrenage des produits éclaircissants de mauvaise qualité. Ian Brossat, président du groupe communiste au Conseil de Paris, qui avait initialement appelé à cette campagne il y a un an, a fait valoir le côté « précurseur » de la démarche de la municipalité parisienne, qui « rompt un tabou ».

Aucune garantie

Toutes les lotions, crèmes ou savons qui contiennent de l’hydroquinone ou des corticoïdes à forte concentration sont interdits. Mais si la loi française encadre strictement la composition de ces cosmétiques, beaucoup de fournisseurs n’hésitent pas à la contourner. Il n’est pas rare qu’ils modifient les informations inscrites sur l’emballage des produits, de façon à tromper les consommateurs les plus consciencieux.

Les vendeurs dans les magasins, peuvent aussi garder présenter des rayons irréprochables, tout en conservant un stock de produits beaucoup plus agressifs dans l’arrière boutique. Produits qui seront vendus « sous le manteau » aux habitués. Internet constitue également un véritable vivier pour ses cosmétiques néfastes.

Une crème qui éclaircit la peau efficacement est forcément néfaste. « Il n’y a pas de produit miraculeux qui éclaircit sans risque », a averti le Dr Antoine Petit, dermatologue à l’hôpital Saint-Louis . Face à l’impossibilité d’obtenir une garantie quant à la composition des ces produits appliqués à même la peau, la meilleure prévention reste de ne pas les utiliser. Et rompre avec les idées reçues et les critères de beauté infondés qui voudraient qu’une jolie peau soit une peau claire ».

… »En France, le temple du blanchiment de la peau est le triangle du “Black beauty business”, à Paris, autour du métro Château d’eau et Château rouge. Les coiffeurs “afro” y côtoient les magasins de produits de beauté. Mais certains des cocktails vendus là n’ont rien à envier à l’eau de javel. Beaucoup de ces produits, aux prix plus modiques que ceux des pharmacies (un rapport de 1 à 6), contiennent des corticoïdes. D’autres comportent plus de 2% d’hydroquinone, un produit utilisé dans le développement de photographies. Son usage médical est interdit dans l’Union européenne, à cause de ses effets potentiellement cancérigènes.

Les clients de ces produits bricolés se mettent en danger en croyant améliorer leurs vies. Dans leurs cabinets, les médecins voient défiler des corps couverts de tâches brunes, effet ultime de ces produits. Autres conséquences possibles : des cancers de la peau, du diabète, de l’hypertension, des problèmes osseux, rénaux ou hormonaux.
Dans les cabinets médicaux, les victimes du blanchiment de la peau croisent les Occidentaux trop exposés au Soleil pour bronzer leurs peaux claires. Des aspirations contraires qui ont les mêmes conséquences : le risque d’un cancer ».

Focus sur la campagne lancée par la mairie de Paris

.. »La mairie s’est donc saisie de la question et lance cette semaine une grande campagne de prévention. Pour sensibiliser le public, près de 6.000 affiches , portant la mention « séduire oui, se détruire non », seront placardées sur les panneaux Decaux des 18e, 19e et 10e arrondissements. Des quartiers qui concentrent l’essentiel de la population d’origine africaine de Paris et où des produits interdits ont été saisis à plusieurs reprises cette année. La campagne, qui vise spécialement les plus jeunes, s’appuie sur une bande dessinée intitulée » Beauté d’ébène » . Un fascicule pédagogique , soulignant les dégâts provoqués par l’usage répété des produits éclaircissants, doit également être distribué dans les mairies d’arrondissement, les centres de santé et PMI (Protection maternelle et infantile). Une fête est même prévue samedi à la mairie du 18e .

L’initiateur de cette campagne de prévention, Ian Brossat, président du groupe communiste au conseil de Paris et élu du 18e arrondissement, s’est battu toute une année pour qu’elle voie le jour et soit dotée d’un budget conséquent, en l’occurrence 30.000 euros. « J’ai découvert le problème à l’occasion d’une saisie exceptionnelle de produits blanchissants illicites à l’automne dernier. Il m’a alors semblé que, si l’aspect répression semblait se renforcer, rien n’était fait pour traiter la demande », explique-t-il. « Tant que des personnes chercheront à se procurer ces produits, elles trouveront sur Internet ou ailleurs », estime-t-il. Or, les séquelles du blanchiment peuvent être dramatiques. Outre une peau brûlée par des produits plus ou moins agressifs, certaines crèmes, à base d’hydroquinone – interdites en France, mais couramment vendues sous le manteau -, ou encore de dérivés de cortisone, peuvent conduire à des pathologies graves comme l’hypertension ou l’insuffisance rénale.

Isabelle Mananga, présidente de l’association Label beauté noire à Évreux et pionnière de la lutte contre le blanchiment de la peau, regrette pourtant que seuls les quartiers « noirs » de la capitale aient été ciblés. « Cela stigmatise une fois de plus cette population alors que les femmes noires des quartiers chics utilisent elles aussi ces crèmes, de même que les femmes asiatiques », tient-elle à préciser. Depuis 2003, Isabelle Mananga milite pour que les autorités de Santé s’emparent de cette question. « C’est une affaire de santé publique au même titre que les méfaits des UV liés à la pratique du bronzage », avance-t-elle. « Nous recevons à Évreux des femmes venues de toute la France. Elles viennent de Marseille ou de Nice pour trouver de l’aide. Nous sommes débordés », raconte-t-elle. « La prise en charge est insuffisante. Seuls cinq médecins en France se sont spécialisés sur ce problème, et, en général, les dermatologues nous disent qu’ils ne sont pas formés dans ce domaine », avance Isabelle Mananga.

Entre souci d’esthétique et malaise social

Quant aux raisons qui poussent les femmes à se blanchir la peau, elles sont diverses. « Environ 20 % des femmes que je rencontre recourent à ces crèmes pour obtenir une peau plus blanche. Les autres recherchent simplement une solution esthétique parce que, sous notre climat tempéré, leur peau noire stresse et présente des tâches de pigmentation », relève-t-elle. C’est pourquoi la présidente de Label beauté noire prépare le lancement d’un label destiné à distinguer de vrais produits cosmétiques de qualité pour les peaux noires, qui répondent à la demande des femmes de couleur, en toute sécurité. Mais blanchir sa peau répond également à un malaise social. Ainsi, l’historien Pap Ndiaye, auteur de La Condition noire, voit dans cette pratique – qui dépasse de très loin les frontières de l’Hexagone – la correction d’un handicap social.

« Quand nous intervenons dans des établissements scolaires, les jeunes nous disent : on veut être à la mode, avoir une belle peau claire comme nos idoles, Rihanna ou Beyoncé », explique Isabelle Mananga, pour qui le manque de modèle présentant une peau foncée pèse très lourd. « Heureusement qu’il y a Rama Yade, jeune, belle, noire et ministre. Je ne l’ai jamais rencontrée, mais je peux vous dire qu’elle nous aide beaucoup dans notre travail. » Le phénomène, lui, demeure difficilement quantifiable. Aucune enquête sérieuse n’a encore été menée sur le sujet en France. Isabelle Mananga réclame une grande étude épidémiologique pour évaluer le phénomène. Ian Brossat, lui, espère que l’initiative parisienne fera boule de neige. « Il faut que d’autres collectivités locales nous emboîtent le pas, de même que le ministère de la Santé. »

Afrik53.com : Infos 7J/7
Mardi 1 Mars 2016
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