A l'intérieur, on apprendra que les deux vieillards sont des Senoufo. Entre ce groupe ethnique et celui d'IB, les Koyaka, il y a une alliance inter-ethnique. Et c'est au nom de cette tradition que les deux vieillards ont bloqué le cercueil du défunt. Pour le libérer, ils exigent la somme d'un million FCFA. Choqués par l'attitude de ces vieux, des proches d'IB réagissent. Ils font fi de l'alliance inter-ethnique et bousculent les vieux qui ont bloqué le cercueil.
Ces proches d'IB estiment que leur frère a été tué par les Senoufo. Le disant, ils se réfèrent au président de l'Assemblée nationale, Guillaume Soro, qui est issu de cette ethnie du nord de la Côte d’Ivoire, et qui entretenait des relations exécrables avec IB depuis le début de la rébellion armée de 2002. « Vous le tuez et maintenant vous voulez bloquer le corps », lâche, en colère un « frère » du défunt. Cette réaction n'a pas été appréciée par d'autres parents d'IB. Ceux-ci ont invité les coléreux à ne pas transposer un problème politique sur le terrain culturel. La tension baisse. Mais le corps est toujours bloqué par les vieillards, qui ne veulent plus rien entendre. Ils exigent, cette fois-ci, 500 mille FCFA.
Car pour eux, à la levée du corps de Kassoum Coulibaly, ex-propriétaire de plusieurs compagnies de transport (qui était Senoufo), les Koyaka ont reçu plus d'un million FCFA après avoir bloqué le corps. Ces vieux exigent donc beaucoup d'argent avant de libérer la dépouille mortelle d'IB. Les négociations reprennent et les vieux réclament finalement 50 mille FCFA. Les parents, eux, proposent 25 mille FCFA. Finalement, les vieillards acceptent la somme, avec la promesse de bloquer le corbillard. Les corps d'IB et son frère sont portés à l'extérieur pour la prière mortuaire.
Et pendant que les imams donnaient les bénédictions finales, d'autres parents d'IB continuaient de demander pardon aux vieux. Ceux-ci acceptent de laisser partir les corps au cimetière, mais assurent qu'une fois là-bas, l'inhumation n'aura lieu que si les parents mettent encore la main à la poche. A 10h, les corbillards transportant les corps des défunts quittent IVOSEP, sous les pleurs des parents et amis. Parmi eux, certains ont dénoncé l'absence d'un représentant du gouvernement à la levée des corps. Pour eux, même si les autorités ivoiriennes refusent de rendre hommage à IB, elles auraient pu le faire pour son petit frère qui, lui, est un élément de la Garde républicaine.
Mais selon une source bien introduite au sein de la famille d'IB, le gouvernement a fait un don de cinq (5) millions FCFA pour l'organisation des obsèques. Ibrahim Coulibaly, qui s'était attribué le grade de Général de Division, a été tué le mercredi 27 avril 2011 par les Forces républicaines de Côte d'Ivoire (FRCI). Selon le ministère de la Défense, il est mort suite aux échanges de tirs entre ses éléments et les FRCI. Plus d'un an après sa mort, il a été porté en terre, avec son frère cadet. Mais les résultats des enquêtes exigées par le chef de l’État sur les circonstances de sa mort sont toujours attendus.
Par
Yacouba Doumbia
L'Inter


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