A l'entendre, ces actes constituent un recul par rapport aux préambules de la constitution ivoirienne, à la « gouvernance Gbagbo qui a permis que les quotidiens pro-Bédié et pro-Ouattara mènent leur combat en toute liberté ». Aussi, tirant sept leçons de la situation de crise qui prévaut en Côte d'Ivoire, le secrétaire général par intérim du FPI, qu'accompagnait Marie-Odette Lorougnon, a donné des statistiques sur l'état de santé de la Côte d'Ivoire depuis la prise du pouvoir par Alassane Ouattara.
A en croire Dr Kodjo, sur le plan de la compétitivité économique, la Côte d'Ivoire occupe désormais le 131ème rang sur 144 dans le classement du forum économique mondial, loin derrière le Benin, le Mali, le Burkina, le Sénégal, etc. Il a aussi annoncé qu'en ce qui concerne la liberté d'expression et d'opinion, le pays occupe la 159ème place selon le classement de Reporters sans frontières. « Sous l’angle de l’insécurité et de l’usage des stupéfiants, notre pays occupe le troisième rang dans le monde. Il en est ainsi parce que nous traversons une période d’anomie exceptionnelle », a indiqué le remplaçant de Laurent Akoun, actuellement écroué à la MACA.
Pour le conférencier, le régime Ouattara rejette « les conditions sociales et politiques de l’émergence économique », décriant le fait que les autorités ivoiriennes considèrent le FPI comme un obstacle à un envol économique. « Ainsi s’explique le harcèlement orchestré contre notre parti et les pro-Gbagbo dont les JV11 (journaux proches de Laurent Gbagbo). Peut-on casser le thermomètre pour espérer juguler la fièvre ? L’Etat-RDR veut en fait la stabilité pour gagner le paradis de l’émergence économique. La Côte d’Ivoire de 2012 n’est pas celle de 1960 ; le Mur de Berlin s’est écroulé il y a plus de 20 ans. Tout pouvoir qui ignore cela ou qui refuse de voir cette dure réalité en face, devient simplement dangereux », a asséné Dr Kodjo.
Avant d'inviter le gouvernement et le RDR (parti au pouvoir) à consentir des efforts pour engager sincèrement le dialogue politique, amorcer le processus de réconciliation, libérer les prisonniers politiques, favoriser le retour apaisé des exilés. « Le FPI ne demande aucun régime de faveur. Nous exigeons le fruit de l’investissement que nous avons réalisé lorsque nous étions au pouvoir. Là-dessus, nous prenons la communauté internationale à témoin. Lorsque nous étions aux affaires, nous avons résisté à la tentation de liquider l’Opposition, de harceler les journalistes qui nous critiquaient. C’est pourquoi nous demandons au régime Ouattara de s’armer du même courage pour laisser prospérer la même critique », a déclaré le secrétaire général par intérim du FPI. Non sans affirmer que sous Laurent Gbagbo, aucun journaliste n'a été contraint à l'exil.
Hervé KPODION
L'Inter








