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Laurent Gbagbo, l'homme qui fâche ?

le Mercredi 5 Juin 2013 à 07:17 | Lu 1748 fois



Laurent Gbagbo, l'homme qui fâche ?
Décidément, qu’on l’aime ou qu’on ne l’aime pas, Laurent Gbagbo continue de déchainer les passions en Côte d’Ivoire, en Afrique et bien au-delà des frontières du continent noir.

Tout récemment encore, comme il fallait s’y attendre, la nouvelle s’est répandue comme une trainée de poudre et, il était – une fois de plus – à la une de la presse nationale et internationale. Tous les quotidiens nationaux – notamment - de quelque bord qu’ils soient, tous sans exception, se sont rués sur le sujet de « l’ajournement par la CPI (cour pénale internationale) d’un éventuel procès contre Laurent Gbagbo ». Ce qui souligne très clairement l’intérêt particulier accordé au sort du prisonnier le plus célèbre de Scheveningen par l’opinion publique, surtout par l’ensemble des ivoiriens.

L’on se souviendra, que Laurent Gbagbo a été déporté, par les soins d’Alassane Ouattara à la CPI, depuis bientôt près de deux ans. Depuis lors, la Côte d’Ivoire, défigurée par une crise sans précédent peine à trouver le chemin de la réconciliation nationale. Pire, la fracture sociale s’accentue, la méfiance est généralisée et nombreux sont les ivoiriens pro-Gbagbo et pro-Ouattara qui se regardent de plus en plus en chien de faïence.

Dans un tel contexte, alors que des proches de Ouattara, auteurs de crimes graves sont en liberté et continuent de bénéficier d’une espèce de « droit à l’impunité », l’on se demande si la détention de Laurent Gbagbo à la Haye – n’est pas – justement – un prétexte qui exacerbe la division en Côte d’Ivoire ? En d’autres termes - le sort de Laurent Gbagbo n’est-il pas le sujet qui fâche en Côte d’Ivoire, donc un facteur incontournable pour la réconciliation si indispensable pour l’avancée ce beau pays?

Peut-être, est-ce pour en avoir pris conscience que les juges de la CPI ont renvoyés la procureure Fatou Bensouda à revoir sa copie ? « Cours nous ramener des preuves supplémentaires et tâche de mener une enquête plus approfondie, avant que nous ne nous prononcions sur la confirmation ou non des charges présentées contre Laurent Gbagbo ». Voici en substance comment l’on pourrait résumer la recommandation des juges de la CPI à la procureure vis-à-vis du dossier Laurent Gbagbo.

Peut-être, la récente accusation contre la CPI de pratiquer « une sorte de chasse raciale », vertement lancée par le président en exercice de L’UA (Union Africaine), a-t-elle douchée l’ardeur de cette Cour dont le zèle n’est plus à prouver lorsqu’il s’agit des dossiers concernant des africains?

La décision de la CPI doit interpeller

Pratiquement deux ans pour en arriver à la conclusion qu’il faille à l’accusation « fournir des preuves supplémentaires » ou « mener une enquête plus approfondie ». En des termes plus clairs, disons: tout ce temps que fanfaronnait sur tous les toits dame Fatou ; tout ce temps perdu pour en arriver au triste constat que les preuves recueillies par l’accusation contre Laurent Gbagbo ne sont pas suffisantes et que l’enquête non plus a été – c’est le cas de le dire - bâclée.

Mais au-delà du manque d’éléments substantiels au dossier de l’accusation de la procureure de la CPI, n’est-ce pas le régime d’Abidjan dont Alassane Ouattara est le maitre absolu qui est ici interpellé ? Et pour cause…
L’on a encore en mémoire que dès leur arrivée au pouvoir, Alassane Ouattara et ses hommes de main, emportés par l’euphorie et la vengeance, se sont aussitôt lancés dans une sorte de chasse aux sorcières aveugle et tous azimuts contre les partisans présumés de Laurent Gbagbo. Plusieurs ONG des Droits de l’Homme sont alors montées au créneau pour dénoncer : « des arrestations arbitraires, des détentions illégales, des actes d’extorsion, des traitements inhumains et, dans certains cas, des actes de torture perpétrés par les Forces républicaines (FRCI) à l’encontre de partisans de l’ancien président Laurent Gbagbo ». Dans la même foulée, ces ONG ont aussi dénoncé ce qu’elles ont décrit comme: « L’impunité qui caractérise le camp pro-Ouattara qui ne tient pas ses promesses d’appliquer la même justice pour tous ». Aujourd’hui encore, les chiffres collectés sont alarmants. Ils font état de près de 703 prisonniers dans les geôles de la ouattarandie et plus de 80.000 refugiés hors de la Côte d’Ivoire...

Devant un tel constat, la question est - à l’image de ce qui se passe à la CPI – la suivante: a-t-on pensé un seul instant, avant d’engager cette croisade à relent meurtrière et à caractère épuratoire ? A-t-on eu suffisamment de preuves ou, a-t-on mené des enquêtes crédibles et approfondies pour en arriver à animaliser une partie de la population ivoirienne parce que celle-ci était supposée soutenir Laurent Gbagbo ?

Comme on peut le voir, l’empressement à neutraliser son adversaire le plus farouche et ses partisans, afin de diriger tranquillement, l’a emporté chez Alassane Ouattara. Conséquence: il se retrouve aujourd’hui dans la plus mauvaise des postures pour prétendre réconcilier les ivoiriens.

Et pour preuve, la réconciliation en Côte d’Ivoire n’a jamais décollé d’un seul iota sous Ouattara. Même si ce dernier s’en défend en prétextant – depuis sa visite à Tokyo - qu’: «il ne faut pas confondre la réconciliation entre les Ivoiriens et les relations entre partis politiques », tout en se dissimulant derrière le facteur temps : « Quand il y a eu des crises aussi fortes, comme en France et en Europe après la Seconde Guerre mondiale, ou aux Etats-Unis après la guerre de Sécession, combien d'années a-t-il fallu pour une vraie réconciliation? ». Faudrait avoir une parfaite ignorance du terrain ou de l’état d’esprit des ivoiriens pour affirmer de telles choses. De même, le temps n’est rien en lui-même s’il n’est pas mis à profit pour poser des actes concrets et salvateurs. Ce qui ne semble pas être actuellement le cas en Côte d’Ivoire depuis avril 2011.

La détention de Laurent Gbagbo: un facteur d’exacerbation de la fracture sociale

« Une justice impartiale doit être la base de la réconciliation », disait – visiblement désabusé – l’ex-patron de l’Onuci (organisation des nations unies en Côte d’Ivoire), certainement à l’endroit des dirigeants ivoiriens, avant ses adieux à la Côte d’Ivoire. Et, il n’a pas tort.

Faut-il encore se le cacher ? En Côte d’Ivoire, les conflits meurtriers qui ont précédés le changement de régime et les représailles qui l’ont succédés ont consacré – certes - une scission de fait entre ivoiriens pro-Gbagbo et pro-Ouattara. Mais le plus triste est que depuis son arrivée, Alassane Ouattara n’a fait qu’ « institutionnaliser » ce que de nombreux rapports d’ONG de Droits de l’Homme ont dépeint comme: « la loi des vainqueurs », tout en soulignant que : « Laurent Gbagbo est, pour l'heure, le seul acteur de la crise post-électorale ivoirienne à faire face à la justice internationale » et en déplorant qu’ « Aucun responsable militaire du camp Ouattara, connu pour avoir commis des crimes contre l’humanité ou des atrocités, n’a été poursuivi, arrêté ou ne fait l’objet d’enquête ».

Ces ONG ne manquent surtout pas de rappeler qu’Alassane Ouattara avait pourtant affirmé au cours d'une conférence de presse donnée au siège de l’ONU, à New York en juillet 2011 : « Il n'y aura pas d'exception. Les Ivoiriens seront traités de façon égale, spécialement dans la partie ouest du pays où beaucoup de gens ont été tués. Ceux qui ont commis des crimes feront face aux juges. Pas d'exception, nous sommes très clairs là-dessus ».

Ainsi, le sort de Laurent Gbagbo, est-il perçu comme l’exemple frappant de la justice sélective orchestrée par Alassane Ouattara. Laurent Gbagbo est – pour ainsi dire – le porte-étendard de ses partisans, victimes de la politique ouattariste ; l’homme dont ils ont épousé le combat, celui à cause duquel ils sont massacrés, emprisonnés, torturés, marginalisés, contraints à l’exil…, bref, celui dont le sort est quasiment lié au leur.
En Côte d’Ivoire, « la question Laurent Gbagbo » fâche très souvent. On n’évoque pas ce nom sans – quelques fois - déchainer les passions diverses, sans les exacerber dans un camp comme dans l’autre. Preuve que Laurent Gbagbo est et demeure au cœur du processus de réconciliation nationale.

En tout état de cause, quelle conclusion peut-on tirer de ce fâcheux constat qui risque fort de conduire la Côte d’Ivoire – si l’on n’y prend garde - vers le scénario rwandais?

Sinon reconnaitre en toute objectivité que la fracture sociale, les divisions religieuses et ethniques, les haines, la méfiance, les rancœurs, les velléités de vengeance entre ivoiriens…, iront en s’aggravant d’avantage, tant que le régime en place continue de faire l’apologie d’une justice des vainqueurs, pilotée en sous-main par des puissances occultes, dont l’objectif inavoué est de mettre « hors d’état de nuire » tous ceux oseraient commettre le crime de lèse-majesté de contester leur hégémonie, c'est-à-dire l’ordre mondiale pré-établie par elles.

Dans cette dernière perspective, Laurent Gbagbo, ce digne fils africain, déporté à la CPI, n’apparait-il pas alors comme une victime de la machine meurtrière lancée contre toute velléité panafricaniste ? Sauf que cette fois et contrairement à ses prédécesseurs, au lieu d’une mort atroce dans une cuve d’acide, ou d’une balle plantée à bout touchant dans le crane, ces esclavagistes d’une nouvelle ère, ont préféré le jeter pour le restant de ses jours dans leurs geôles infectes afin qu’il se perde à jamais dans les méandres de l’oubli de l’humanité.

Marc Micael
marcmicael@yahoo.fr

Mercredi 5 Juin 2013
Vu (s) 1748 fois



1.Posté par Serge Anderson Grouzile le 05/06/2013 11:57 | Alerter
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La justice internationale est une arme de destruction massive. Elle peut, soit proteger les criminels qui exterminent des personnes sans défence ou appliquer la politique de la mise à mot de la poule. Nos parents nous disent que lorsqu´on ne veut pas avoir de poussins, il est plus conseilé de tuer la poule que de détruire les oeufs. Cette justice internationale capture les personnalités qui ont une idéologie qui éclaire les nouvelles generations. On pense en le faisant maintenir en état l´ordre ancien en musèlant les leaders tels Gbagbo et autres. Les puissants de ce monde crèent les mobiles bidons et cette Cpi rentre en jeu. C´est sur le perron du palais de l´Elysée que Comparé avait annoncé que Gbagbo allait finir à Cpi. Ocampo avait déjà condamné Gbagbo des crimes qui n´avaient encore eu lieu. Même si l´anticipation est une vertu, elle peut conduire à une voie sans issue. N´est pa Basouda Fatou?

2.Posté par Serge Anderson Grouzile le 05/06/2013 12:28 | Alerter
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Basouda aura maintenant le temps de demander à Soro, Koné Zakaria les comptes par rapport au mpci, Soro et Amadé par rapport aux mjp et mpigo et à Mamadou Koulibaly pour l´opération digité. Madame, n´oubliez pas Bédié, Alassane Ouattara, Doué, Mangou, Kassaraté, Beugré Mambé, Youssouf Bakayoko, Choi et l´empéreur Zarkozy.
Je crois que vous avez l´occasion de montrer au monde entier la réalité de la crise ivoirienne dépuis décembre 1999 jusqu´au jour du dépôt de votre nouveau document de confirmations des charges. Cela permettra à la Cpi de prononcer sa mort clinique ou sa réhabilitation. La Côte d´Ivoire, la Gambie, l´Afrique et le monde entier vous régardent. Prouve à tout ce monde que la planète des singes n´a jamais existé comme Tarzan d´ailleurs et que tu es d´une Afrique qui a toujours en Place sa tête pensante malgé l´esclavage et la traite négrière.

3.Posté par lerespo le 05/06/2013 18:36 | Alerter
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merci serge intellectuel né

4.Posté par nea le 05/06/2013 22:44 (depuis mobile) | Alerter
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N''est ce pas cher frère Anderson ? Nous regardons tous quelles preuves cette procureure peut encore sortir de sa gibecière qui manquent ? Après deux ans .... ? Oui Gbagbo dérange les occidentaux , surtout la france ...alors attendons voir car comme

5.Posté par nea le 05/06/2013 22:51 (depuis mobile) | Alerter
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disaient nos parents , on ne brûle pas la case du menteur mais on la casse en enlevant un à un les matériaux .... Alors attendons voir car le temps c''est le second de Dieu... Merci l'' intello .... La suite

6.Posté par didier le 06/06/2013 01:48 | Alerter
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DIEU n'est t'il pas vivant?
Qui vivra verra la puissance du créateur de monde .
L'éternel des armée est son nom.

7.Posté par Yuotam le 06/06/2013 19:51 | Alerter
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Merci Serge de ton excellent commentaire dans ton 2éme post tu as oublié le 1er dingue en liberté qui à fait des victimes devant l'hôtel Ivoire et handicapé à vie plus de 2000 IVOIRIENS, et par la suite à détruit notre aviation, je veux parler de « CHIRAC », ce vieux GAGA à force de faire le mal aux IVOIRIENS aujourd'hui il fait dans son froc malgré les 36 000 couches de gros bébé qu'on lui met, sa traverse et sa schelingue, pour ne pas dire que sa pue.

C'est pour vous dire comment il va finir SARKO-NAZISTE, le nain de jardin ce petit JUIF FRANCO HONGROIS, est un génocidaire en puissance d’Africains, ce dernier rien qu’en une soirée du Lundi 4 Avril 2011 il à donner l’ordre à son d’occupation NAZIE franSSaise, de faire passer de vie à trépas un peu plus de 5000 étudiants qui montaient juste la garde devant le palais et la résidence du président élue démocratiquement son excellence KOUDOU LAURENT GBAGBO KAFISSA, tous ces criminelles iront rendre des compte à « SATAN », après la justice des hommes.

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