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«La crise postélectorale est née du refus de Ouattara de respecter la décision du Conseil constitutionnel »

L'Afrique en mouvement - Afrik53.com : Infos 7J/7 le Jeudi 26 Février 2015 à 11:59 | Lu 1250 fois



Arbitrairement détenue depuis quatre ans, l’ex-Première dame de Côte d’Ivoire,
Simone Ehivet Gbagbo, a eu hier l’occasion de dire sa part de vérité devant la cour d’assises par rapport aux faits dont on l’accuse.

Le procès en assises de l’ex-Première dame de Côte d’Ivoire, Simone Ehivet Gbagbo, a commencé hier par une exception posée par les avocats de sa défense. Celle-ci porte sur deux faits. Le premier concerne sa qualité de parlementaire. Le second fait est qu’elle a été arrêtée sans que son immunité parlementaire ait été levée. Un débat houleux s’en suit entre la défense, le parquet général et les avocats de l’Etat.

Après une suspension qui a duré 50 min, la cour s’est déclarée incompétente par rapport aux conclusions déposées par la défense a ordonné la poursuite du procès sur le fond. Simone Gbagbo est rappelée à la barre pour se prononcer sur les accusations portées contre elle. Elle fait alors une remarque : «Monsieur le président, les accusations portées contre moi devant votre cour ne correspondent pas avec celles portées contre moi par la chambre d’accusation».

En fait, en plus des accusations traditionnelles sur « atteinte à la défense nationale, atteinte à la sureté de l’Etat, attentat ou complot contre l’Etat, constitution de bandes armées », la cour accuse Mme Gbagbo de tribalisme. Elle le fait remarquer. Prestement, le président de la cour, Dembélé Tahirou, indique qu’il s’agit d’une erreur de la cour. Simone Gbagbo n’est nullement concernée, à l’en croire, par les accusations portant sur le tribalisme.

Quand l’ex-Première dame de Côte d’ivoire reprend la parole, elle ne manque pas d’avoir une pensée pour toutes les victimes de la crise ivoiriennes. « Monsieur le président, depuis 4 ans que je suis détenue, c’est la première fois que je prends la parole publiquement pour dire ma part de vérité. Je voudrais donc profiter de l’occasion pour saluer la mémoire de toutes les victimes qui ont perdu la vie dans la crise ivoirienne. Avoir une compassion pour tous les mutilés, pour tous ceux dont les biens ont été pillés et pour tous les exilés du fait de cette crise ».

Dès lors, elle peut revenir sur les tristes évènements de 2010-2011. Rappelant à la cour qu’après le 1er tour du scrutin présidentiel, les candidats encore en lice, Laurent Gbagbo et Alassane Ouattara, ont fait le serment, dans un document écrit et signé par les deux hommes, le 27 novembre 2010, de respecter les résultats des urnes tels que proclamés par le Conseil constitutionnel. C’est dans cette espérance, indique-t-elle que se tient le second tour de la présidentielle le 28 novembre 2010. La Commission électorale indépendante (Cei), fait remarquer l’ex-député d’Abobo, avait 3 jours francs conformément à la Constitution pour proclamer les résultats provisoires.

«Monsieur le président, passé ce délai, le président de la Cei n’a pas pu proclamer de résultats. Et Youssouf Bakayoko face aux journalistes a confirmé les faits en déclarant : « nous n’avons pas fini de collecter tous les résultats. Nous poursuivons donc notre travail. Cela signifie que nous n’avons donné aucun résultat à qui que ça soit. Nous n’avons pas achevé notre travail ». Et interpelé sur le fait que dans quelques minutes, la Cei serait forclose, le même Youssouf avait déclaré : « il n’est pas encore minuit ». Il était alors 23h45mn ce 1er décembre 2011 », rappelle l’accusée. Qui fait encore remarquer que « Ouattara a écrit à Youssouf Bakayoko pour lui dire ceci : « Nous nous permettons de rappeler que le délai de 3 jours impartis à la Cei pour proclamer les résultats provisoire expire aujourd’hui à minuit.

Passé ce délai, elle sera forclose et ça sera alors votre échec ». Simone Gbagbo poursuit son récit en indiquant que le président français d’alors, Nicolas Sarkozy, a également écrit au président de la Cei en ces termes : « Les textes de la Cei vous offre un temps limité. Je vous exhorte à proclamer les résultats. Je vous rassure le soutien de la France et de toute la communauté internationale pour assurer la sécurité des civils ». Et madame Gbagbo de s’étonner: « Monsieur le président, à ce stade de l’élection, M. Sarkozy savait qu’il y aurait de nouveaux dirigeants et qu’il va protéger les civils... Monsieur le président, nous sommes dans le cadre des élections de notre pays la Côte d’Ivoire.

De quoi se mêle donc Sarkozy ? », s’étonne l’ex-Première dame. Qui explique à la Cour que Youssouf Bakayoko, qui n’est pas à proclamer pas parvenu proclamer les résultats provisoires, le 1er novembre 2010, a transmis tout le dossier au Conseil constitutionnel. «Contrairement à ce qu’on a voulu faire croire, le Conseil constitutionnel ne s’est pas autosaisi», affirme-t-elle. Puis rappelle que le candidat Laurent Gbagbo a formulé sa requête en annulation des résultats dans certaines localités du Nord pour irrégularités criardes et fraudes massives, le 1er décembre.

«C’est donc avec surprise que le même Youssouf Bakayoko, qui avait transmis le dossier des élections au Conseil constitutionnel après l’incapacité de la Cei de proclamer les résultats provisoires, s’est retrouvé le même 1er décembre, dans la soirée au QG de campagne de Ouattara et en compagnie des ambassadeurs de la France et des Etats unis pour proclamer des prétendus résultats devant des télévisions étrangères. Notamment françaises », révèle-t-elle. Pour Mme Simone Gbagbo, dès lors que la Cei est forclose et que Youssouf Bakayoko a proclamé ces résultats au QG de campagne de M. Ouattara, en l’absence des autres commissaires de la Cei, et sans aucun procès verbal de délibération, ses résultats, même s’ils étaient conformes aux règles ivoiriennes, ne peuvent être que provisoires. Donc, à ses yeux, nuls et de nul effet.

C’est donc dans ces circonstances, à l’en croire, que le président du Conseil constitutionnel, le professeur Yao N’Drin, a proclamé les résultats définitifs, le 3 décembre 2010, désignant Laurent Gbagbo élu selon la constitution. « Les décisions du Conseil constitutionnel ne sont susceptibles d’aucun recours. Elles s’imposent à tout citoyen de la Côte d’Ivoire quelque soit son rang social», fait-elle également. Par conséquent pour l’ex-député d’Abobo, le débat sur l’élection est clos avec la décision du Conseil constitutionnel proclamant l’élection du président Gbagbo.

La prise du pouvoir par Alassane Ouattara

« Laurent Gbagbo proclamé ainsi élu président de la République, prête serment le 4 décembre 2010 conformément à l’article 39 de la constitution. A partir de ce moment, le seul gouvernement légitime en Côte d’Ivoire, c’était celui du président Gbagbo », rappelle l’épouse de l’ancien chef d’Etat ivoirien. C’est donc tout naturellement que pour l’ex-Première dame, « la crise postélectorale est née du refus de Ouattara de respecter le choix du peuple et de son refus de la décision du conseil constitutionnel ».
Simone Gbagbo attaque aussitôt la certification du processus par le représentant spécial du secrétaire général de l’Onu en Côte d’Ivoire.

D’abord en se référant au rapport de Ban Ki-moon qui indique que le rôle de certification ne saurait se substituer aux règles institutions nationales. Elle vient en appoint. « Choi avait une mission d’évaluation du processus électoral. Il n’avait pas compétence à collecter les résultats et à les proclamer ». Puis dénonce le rôle joué par les autorités françaises dans la crise ivoirienne. Elle estime qu’elles se sont ingérées maladroitement dans les affaires intérieures de la Côte d’Ivoire. Allusion aux bombardements des aéronefs de l’armée ivoirienne en 2004 par l’armée française et à la lettre de Sarkozy au président de la Cei. Mais aussi aux bombardements pendant 10 jours de la résidence du chef de l’Etat.

Simone Gbagbo fait par la suite un retour sur la prestation de serment par écrit par Alassane Ouattara, le 3 décembre 2011. « Aucun texte ivoirien ne le prévoit, Monsieur le président ». Pour Mme Gbagbo, c’est donc tout légitimement que le Conseil constitutionnel a répondu à Ouattara que la Cei n’avait pas proclamé de résultats provisoires et décide que la prestation de serment de M. Ouattara est nulle et de nul effet. «C’est alors que les rebelles de Ouattara avec le soutient des armées française et onusienne décident de descendre sur Abidjan en massacrant tout et en pillant tout sur leur passage. Un embargo économique est même mis sur la Côte d’ivoire», précise-t-elle.

Simone Ehivet Gbagbo, évoquant la prise du pouvoir de M. Ouattara, rappelle que le Conseil constitutionnel qui a déclaré Laurent Gbagbo élu, s’est autosaisi à l’effet de prendre une décision faisant de son adversaire président de la République. « Dans son nouvel arrêt faisant de Ouattara président, le Conseil constitutionnel ne s’est pas dédit par rapport à la première décision indiquant l’élection de Gbagbo président. Mais il dit qu’il prend acte d’une situation qui proclame Ouattara président et non élu », fait-elle remarquer. Il s’agit donc pour Simone Gbagbo d’une décision politique qui légitime un candidat soutenu par la communauté internationale. « Comment puis-je être poursuivie sur la base d’une décision politique alors que j’ai respecté la décision du Conseil constitutionnel ? », s’interroge alors l’ex-Première dame de Côte d’ivoire.

Et elle ne s’arrête pas là. «Si Ouattara avait lui-même donné une quelconque valeur à sa prestation de serment par écrit, pourquoi a-t-il à nouveau prêté serment devant le même conseil constitutionnel ? Comment le même Conseil constitutionnel dont on a rejeté la décision est-il devenu subitement crédible au point de prêter serment devant lui ? », ironise-telle. Avant d’évoquer brièvement les conditions de son arrestation. Expliquant qu’elle a été arrêtée le 11 avril au domicile du chef de l’Etat et battue avec une violence inouïe et conduite au Golf hôtel.

«Monsieur le président, je résume parce que je pense qu’il faut aller de l’avant et ne pas s’attarder sur certaines choses qui peuvent remuer le couteau dans la plaie. Le 11 avril 2011, à 2h du matin, j’ai été conduite manu militari dans un véhicule à Odienné où j’ai été enfermée arbitrairement jusqu’en 2014. Je fais remarquer que je n’ai jamais été assignée à résidence surveillée. Par ailleurs, mon immunité parlementaire n’a pas été levée. C’est un fait grave. C’est un débat qui va au delà ma personne. C’est un débat qui concerne la Côte d’Ivoire».

S’agissant des faits qui lui sont reprochés, Simone Gbagbo s’est voulue claire et précise : « Je ne me reconnais pas dans ces faits. Je tiens à faire remarquer qu’il n’y a pas un seul fait concret constitutif des faits qui me sont reprochés. Et en 2 ans d’instruction, je n’ai été confrontée à aucun témoin à charge. Enfin en 2 ans, je n’ai été auditionnée qu’une seule fois par le juge d’instruction pour me voir poser une seule question : « après le 28 décembre, vous avez reçu des communautés et tenu plusieurs réunions pour demander aux Ivoiriens de résister. Que recherchiez-vous ? »

Et Simone de dire : « Oui j’ai reçu plusieurs communautés de femmes de tout bord au cours de réunions publiques pour leur demander de résister contre l’embargo et organiser la solidarité. Je l’avais déjà fait en 2002 quand la Côte d’Ivoire a été attaquée. Notamment avec les femmes du vivrier pour ne pas qu’on projette par avion des vivre en Côte d’ivoire. Alors, je me demande encore comment une telle question a pu me conduire devant votre cour pour des crimes aussi graves».

Boga Sivori bogasivo@yahoo.fr
notrevoie


Afrik53.com : Infos 7J/7
Jeudi 26 Février 2015
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1.Posté par Odile le 26/02/2015 13:46 (depuis mobile) | Alerter
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Merci la bas c''est ça qui est la vérité

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