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La cohabitation est difficile à l’ouest de la Côte d’Ivoire

le Vendredi 22 Juin 2012 à 08:37 | Lu 886 fois

Les habitants ont peur après les attaques qui ont causé la mort d’une vingtaine de civils et de sept casques bleus début juin dans l’ouest de la Côte d’Ivoire.



La cohabitation est difficile à l’ouest de la Côte d’Ivoire
Dans les villages, la tension est forte entre communautés autochtones et allogènes.

Le camion s’est embourbé dans la piste rendue impraticable par une nuit de fortes pluies. À l’arrière, ils sont une vingtaine de femmes et d’enfants. Tôt le matin, ils ont quitté la petite ville de Taï où ils se sont réfugiés il y a dix jours quand leur village, à la frontière du Liberia, a été attaqué par un groupe armé. Les hommes de ces familles d’agriculteurs sont restés en brousse pour surveiller les champs. « Ils nous disent que ça va mieux, alors on rentre… Mais on se demande si ça ne va pas recommencer », lance Irène Yao, âgée d’une trentaine d’années.

C’est la deuxième fois en deux mois qu’Irène fuit son village. Fin avril, la commune voisine de Sakré avait été aussi attaquée. « Je suis fatiguée, dit-elle. Il faut que ça s’arrête… » Le long des 40 km qui séparent Taï et Para – les deux villes où ont pris refuge les déplacés – on en croise d’autres, ici et là. Certains, comme Jeanne et sa grand-mère de 70 ans, font la route à pied. Malgré l’insécurité et la peur, ils veulent rentrer chez eux.

Depuis la mort début juin de sept casques bleus dans une embuscade – le plus lourd bilan de l’ONU dans le pays –, l’ouest de la Côte d’Ivoire vit un regain de tension. Entre le 8 et le 12 juin, au moins 17 civils ont été tués dans des raids. Le gouvernement accuse des mercenaires libériens et miliciens ivoiriens, qui avaient combattu l’an dernier pour Laurent Gbagbo avant de fuir vers le Liberia, d’en être à l’origine. Le 17 juin, des affrontements ont eu lieu entre l’armée ivoirienne et des hommes armés positionnés de l’autre côté du fleuve Cavally qui fait office de frontière entre les deux pays.

100 000 Ivoiriens réfugiés au Liberia

Au sein d’une région déjà instable, minée par des années de conflits fonciers et les violences à répétition – 6 attaques en un an –, les derniers événements ont rompu le dialogue entre les autochtones et les populations allogènes venues d’autres coins de la Côte d’Ivoire et du Burkina Faso pour cultiver la terre fertile de cette grande région de culture du cacao. « Ce sont les Libériens et leurs frères Ubis (ethnie autochtone présente dans les deux pays, NDLR) qui nous attaquent car ils veulent reprendre les terres qu’ils nous ont vendues », estime Salam Zongo, un Burkinabé qui habite Saho, ville où deux de ses amis ont été tués début juin. Le village est quasi vide, les habitants n’osant pas rentrer.

Au moins 100 000 Ivoiriens sont encore réfugiés au Liberia. À Sieblo Oula, leurs quartiers sont déserts, leurs maisons cassées, pillées. « Ils sont accusés des attaques. Alors, ils sont partis par peur des représailles », lance un habitant.

À quelques kilomètres de là, à Tiele Oula, ils ne sont plus que neuf sur les 300 habitants du village. Jean Gnonsoa, le chef du village, est l’un d’eux. La cohabitation lui semble de plus en plus difficile. Outre le problème foncier, la politique divise : les ethnies allogènes soutiennent le président Alassane Ouattara alors que les autochtones sont pro-Gbagbo. Jean a 74 ans. Les autochtones qui sont restés avec lui ne sont pas beaucoup plus jeunes. « On dit à nos enfants et nos frères de rentrer du Liberia mais ils ont peur », dit-il. Surtout les jeunes. « Si les jeunes hommes rentrent, ils seront accusés d’être des miliciens. »

Peur et colère sont présentes des deux côtés. En septembre dernier, une attaque suivie de représailles dans le village de Ziriglo avait tué des autochtones et des allogènes. Le P. Laurentin, qui gère la mission catholique de Taï, cherche à rester optimiste. « La méfiance entre les communautés est bien réelle, mais les divisions ne sont pas si profondes que ça », veut-il croire. Pour lui, les violences ne sont que le fait de quelques-uns, qui « se sentent rejetés et cherchent à se faire voir. Mais, au final, tout le monde souffre. »


Olivier Monnier, à TAï (Côte d’Ivoire)

Vendredi 22 Juin 2012
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