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L’économie ivoirienne : une tombe pour la Bceao

L'Afrique en mouvement - Afrik53 - News le Mercredi 23 Février 2011 à 18:04 | Lu 715 fois

La réquisition et la fermeture de la direction nationale de la Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest en Côte d’Ivoire plonge les activités interbancaires dans une zone d’ombre pour l’Union économique et monétaire ouest-africaine dont elle est la tête de proue. En réaction, plusieurs établissements bancaires ont suspendu leurs activités.



L’économie ivoirienne : une tombe pour la Bceao
Les banques ivoiriennes cessent leurs activités en cascade et l’étau financier se resserre autour du président sortant ivoirien Laurent Gbagbo depuis que son camp n’est plus aux commandes de la Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Bceao). Car une partie des quelques 800 000 particuliers Ivoiriens, qui disposent d’un compte bancaire, se trouve aujourd’hui à court de liquidités. Notamment depuis la fermeture de deux des plus grandes banques ivoiriennes, la SGBCI et la Bicici, les filiales respectives du groupe français Société Générale et BNP Paribas, respectivement première et quatrième banque ivoirienne en 2009. Après avoir annoncé leur nationalisation ce vendredi, Laurent Gbagbo avait promis leur réouverture ce lundi.

Les problèmes que connaît aujourd’hui le système bancaire ivoirien conduisent à l’isolation d’une économie qui est la plus importante de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (Uemoa). Résultat : la masse monétaire disponible en Côte d’Ivoire, qui représente 40% de la zone en termes de poids économique et financier, échappe ainsi pour une bonne part au contrôle de la Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Bceao), commune aux 8 pays de l’Uemoa et garant de son système monétaire.

Pour les établissements bancaires, interrompre leurs activités est un moyen de se préserver d’un risque systémique. Ainsi, outre les raisons de sécurité déjà évoquées par la Bicici, la SGBCI a expliqué jeudi la suspension provisoire de ses activités par « l’impossibilité de faire fonctionner quasi normalement les échanges de compensation entre banques et d’autre part, à l’impossibilité à cours terme d’assurer l’approvisionnement de (ses) caisses en monnaies fiduciaires ».

Toutes ces opérations se font sous la supervision de la Bceao. Mais depuis le 26 janvier, l’institution a ordonné la fermeture de sa direction et de ses agences nationales en Côte d’Ivoire. La veille, le président sortant ivoirien Laurent Gbagbo, annonçait par décret leur réquisition afin d’assurer « les services ordinaires, y compris les opérations avec la Direction générale du Trésor et de la comptabilité publique (DGTCP), dans les conditions prévues par les lois et règlements en vigueur. » Une mission illusoire.

L’économie ivoirienne illisible pour la Bceao

La Banque centrale de l’Uemoa gère deux systèmes de paiements : Star-Uemoa, le Système de transfert automatisé et de règlement, et Sica-Uemoa, le Système interbancaire de compensation automatisé. Star-Uemoa est un système de règlement en temps réel qui permet le dénouement des transactions de gros montants entre acteurs financiers habilités de l’Union. Sica-Uemoa, quant à lui, traite la compensation des chèques.

Ces systèmes, qui se rejoignent dans Star-Uemoa, sont pilotés dans chaque Etat de l’Union par les directions nationales. Les transactions entre opérateurs économiques, les prêts interbancaires, les opérations de refinancement d’emprunts obligataires, entre autres, auprès de la banque centrale se font ainsi au travers de Star-Uemoa auquel prennent part les trésors de chaque pays membre. La réquisition, puis la fermeture de la direction nationale de la Bceao a exclu de fait un acteur majeur de ce système : le trésor ivoirien.

L’institution qui perçoit les taxes fiscales et parafiscales en Côte d’Ivoire aussi bien à l’importation qu’à l’exportation ne participe plus au système de paiement et d’information qui est au cœur de l’union monétaire. Certains établissements financiers ivoiriens procèdent cependant à des compensations manuelles créant ainsi de la monnaie pour satisfaire leurs besoins mutuels en dehors des canaux prévus par la Bceao. « Toute banque qui participerait à des séances de compensation (…) dont les règles et les pratiques sont contraires à la convention Sica-Uemoa, (…) s’expose à une exclusion des (systèmes Star-Uemoa et Sica-Uemoa) », a mis en garde un communiqué de la Bceao publié le 10 février dernier.

La fermeture de la direction nationale de la Bceao en Côte d’Ivoire isole « les opérateurs économiques ivoiriens de la possibilité de mener à bien leurs transactions financières », note Blaise Ahouantchédé, le directeur général du Groupement interbancaire monétique de l’Uemoa (Gim-Uemoa) qui promeut la monétique au sein de la zone. La nationalisation annoncée de la SGBCI et de la Bicici ne modifiera pas la situation. Si ce n’est que les particuliers, dans la mesure du possible, pourront accéder physiquement à leurs comptes. Notamment les salariés du secteur public qui attendent leur paie de février. Ahoua Don Mello, le porte-parole du gouvernement de Laurent Gbagbo, avait indiqué dans un premier temps que les salaires des fonctionnaires de l’Etat domiciliés par exemple à la Bicici devraient être versés dans une autre banque. Une mesure difficile à mettre en œuvre.

Le spectre de la nouvelle monnaie ivoirienne

Depuis ces dernières semaines, l’économie ivoirienne est par conséquent devenue opaque pour l’Uemoa. Blanchiment et risque de circulation de fausse monnaie planent sur le système financier ivoirien qui fait de plus en plus de victimes. Pour ne par être pris de court comme les clients de la Bicici, les Ivoiriens se sont précipités aux guichets de leurs banques pour récupérer leurs avoirs. Le faible taux de bancarisation, autour de 7%, et la préférence de l’espèce élevée en Côte d’Ivoire, à l’instar de toute la zone Uemoa, associée à l’incertitude constituent un cocktail détonnant pour le régime de Laurent Gbagbo.

Néanmoins, le président sortant peut encore s’appuyer sur des établissements financiers comme la Caisse d’Epargne, la banque postale ivoirienne, opérationnelle depuis 2009. Publique et dotée d’un capital initial de 25 milliards de F CFA, elle est devenue la 19e banque ivoirienne et figure aujourd’hui sur la liste des personnes morales, proches de Laurent Gbagbo, sanctionnées par l’Union européenne. Tout comme la Banque de l’habitat de Côte d’Ivoire (BHCI), la BNI, la Banque pour le financement agricole (BFA) et la Versus Bank. Ces deux dernières sont respectivement dirigées par le gendre et l’ex-directeur de campagne du président sortant.

« Il n’est pas question qu’on quitte l’Uemoa maintenant », affirmait le 11 février dernier Justin Katinan Koné, le ministre délégué auprès du ministre de l’Economie et des Finances. Principal argument avancé : « La Côte d’Ivoire a réquisitionné sa Bceao et elle fonctionne normalement ». La situation financière de la Côte d’Ivoire, néfaste à la paix sociale, pourrait pourtant conforter le président sortant dans son souhait de créer une monnaie.

Pour les observateurs, la menace n’est pas à négliger. « Il est plus facile de créer une monnaie que de la détruire », précise l’un d’eux. Il suffirait que la nouvelle devise ivoirienne s’appuie sur une monnaie reconnue au plan international comme le rand sud-africain – l’Afrique du Sud apporte un soutien sans faille à Laurent Gbagbo – ou le yuan chinois, en passe d’acquérir un véritable statut international. La France, qui assure la présidence du G20, plaide pour que la monnaie chinoise intègre le panier des Droits de tirages spéciaux (DTS) [1] qui contient pour l’heure, l’or, le dollar, le yen, l’euro et la livre sterling.


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Mercredi 23 Février 2011
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