Média Citoyen Libre
Afrik53.com
Afrik53 - Actualité Africaine , abidjan, cote d'ivoire :  infos du jour 7j sur 7,  nouvelle afrique , infos du jour,  infos afrique  , actualité ivoirienne  ,  infos cote d'ivoire ,  actu Afrique , actu cote d'ivoire , news afrique, abidjan.net
Média Africain Libre & Infos Utiles
Accueil
Envoyer à un ami
Version imprimable
Augmenter la taille du texte
Diminuer la taille du texte
Partager
Notez

Justice et droits de l'Homme : Des diplomates pas contents de Ouattara

le Vendredi 25 Octobre 2013 à 08:10 | Lu 1381 fois

En refusant de transférer Simone Gbagbo à La Haye fin septembre, le gouvernement ivoirien s’est engagé auprès de la Cour pénale internationale à lui offrir un procès juste et équitable. Sans quoi, il sera obligé d’exécuter le mandat d’arrêt émis par la justice internationale.



Justice et droits de l'Homme : Des diplomates pas contents de Ouattara
L’ancienne Première dame est recherchée pour crimes de sang et crimes contre l’humanité. Si les Ivoiriens veulent la garder, ils devront la juger pour des faits en rapport avec ces accusations. Comment faire, alors que les deux tiers du personnel judiciaire et administratif de la cellule spéciale d’enquête chargée d’instruire les crimes de la crise post-électorale ont été remerciés depuis avril ?

Les trois juges d’instruction chargés de toutes les enquêtes sur ces violences de 2010-2011, qui ont fait plus de 3 000 morts, ont été mutés. Leurs successeurs vont devoir s’imprégner d’actes de procédure rédigés pendant plus de deux ans en supplément des dossiers de leurs cabinets. « Le travail de la cellule est déjà au point mort depuis le printemps, se lamente un rescapé de cette structure. Officiellement, on nous demande d’aller vite, mais dans les faits on nous enlève nos moyens. »

Pour le ministre ivoirien de la justice, démanteler cette cellule d’enquête ne pose aucun problème. Gnénéma Coulibaly considère que les tribunaux ordinaires sont désormais opérationnels. Le dispositif judiciaire exceptionnel a pourtant été créé en juillet 2011 par la volonté du président Alassane Ouattara, vivement encouragé par les diplomates en poste en Côte d’Ivoire, soucieux de voir reculer l’impunité qui s’était installée dans le pays depuis trop d’années. Son objectif, dans un pays à peine sorti de la guerre, était de rassembler les procédures liées à la crise postélectorale et d’accélérer les enquêtes .

Deux ans et demi plus tard, les résultats sont maigres. Sur les trois grands dossiers ouverts – crimes de sang, crimes économiques et atteinte à la sûreté de l’Etat –, seul ce dernier volet a été bouclé. En juillet, la cour d’appel d’Abidjan confirmait l’organisation prochaine d’un procès pour quatre-vingt-quatre (84) accusés. Tous des proches de l’ancien président Laurent Gbagbo, au pouvoir de 2000 à 2010.

Il existe pourtant des preuves accablantes contre les anciens rebelles des Forces nouvelles qui ont combattu pour installer Alassane Ouattara, alors que sa victoire électorale était contestée par le camp Gbagbo. L’un de ces miliciens, Martin Kouakou Fofié, est sous le coup de sanctions de l’ONU depuis 2006, notamment pour le recrutement d’enfants-soldats et des exécutions extrajudiciaires. Certaines exactions de ces ''com’zones'' (commandant de zone) figurent dans le rapport de la commission nationale d’enquête mise en place par le président ivoirien en 2011. Ce document était censé prouver l’impartialité du pouvoir, mais depuis sa publication, les anciens seigneurs de guerre ont été promus à des postes de commandement dans l’armée.

JUSTICE « SÉLECTIVE »

La justice ivoirienne refuserait-elle d’enquêter sur eux ? C’est ce que laissent penser les récents changements au sein de la cellule spéciale. « L’un des juges avait avancé sur plusieurs dossiers impliquant des militaires qui ont soutenu Alassane Ouattara pendant la crise », explique Patrick Baudouin, avocat de la Fédération internationale des ligues des droits de l’homme (FIDH), qui représente 75 victimes de la crise postélectorale.

Mardi 22 octobre à Abidjan, Me Baudoin dénonçait d’ailleurs une justice « sélective », lors de la présentation d’un rapport de la FIDH sur la Côte d’Ivoire. Alassane Ouattara, lui, appelle à la patience, répétant avec un agacement croissant, qu’il est nécessaire de « laisser la justice suivre son cours ».

Cet argument résiste mal aux faits. Plus de 150 proches de l’ancien président Gbagbo sont inculpés. Mais, un seul chef de milice pro-Ouattara a été écroué. Amadé Ouérémi est soupçonné d’avoir participé au massacre de plusieurs centaines de civils en mars 2011 à Duékoué, dans l’ouest du pays, aux côtés des Forces républicaines de Côte d’Ivoire, fidèles à l’actuel président. Mais, il n’est qu’un second couteau. « Les enquêtes évitent de s’intéresser aux anciens ''com’zones'', regrette un diplomate. « Le gouvernement ne fait rien pour lutter contre l’impunité », ajoute-t-il.

Si les Nations unies, l’Union européenne et les chancelleries insistent pour conserver et accompagner la cellule, c’est pour mettre fin à cette impunité qui a souvent fait plonger la Côte d’Ivoire dans la violence. Ce cycle a continué après la prise de fonction d’Alassane Ouattara. Ainsi, en juillet 2012, à Duékoué, une foule attaquait un camp regroupant plus de 4 000 personnes déplacées, considérées comme sympathisantes de Laurent Gbagbo. Des soldats ivoiriens se sont joints à l’attaque du site censé être protégé par l’ONU. Plusieurs dizaines de jeunes ont disparu ce jour-là, après avoir été emmenés par des militaires.

CÉLÉRITÉ DANS LES ENQUÊTES

Trois mois plus tard, six cadavres étaient découverts dans une fosse commune à la périphérie de la ville, tués par balles. Une enquête a été ouverte sur l’insistance des défenseurs des droits de l’homme, mais seul une poignée de témoins a été entendue par un juge. Quant au lieutenant qui assurait la « sécurité » de la ville à cette période, principal suspect dans l’affaire, les magistrats chargés de l’enquête assurent qu’il est introuvable. Il y a quelques semaines, il appartenait encore à une force spéciale rattachée au ministère de l’Intérieur.

Certains diplomates s’exaspèrent de cette mauvaise volonté du gouvernement, qui entrave le fragile processus de réconciliation. Bert Koenders, alors représentant spécial du secrétaire général de l’ONU en Côte d’Ivoire, avait adressé une lettre au Garde des sceaux ivoirien dans laquelle il déplorait le manque de célérité dans les enquêtes . Les observateurs étrangers voient arriver l’élection présidentielle de 2015 avec inquiétude. Ils craignent de nouvelles violences et doutent qu’Alassane Ouattara permettra de punir ceux qui lui ont permis d’accéder au pouvoir et qui restent ses meilleurs protecteurs.

Source Le Monde


Vendredi 25 Octobre 2013
Vu (s) 1381 fois



1.Posté par ADEDE le 25/10/2013 15:21 | Alerter
Utilisez le formulaire ci-dessous pour envoyer une alerte au responsable du site concernant ce commentaire :
Annuler
Messieurs les ambassadeurs et journalistes de la presse occidentale vous nous avez appris une méthode sûre et normale pour lutter contre l'impunité, instaurer la démocratie et faire respecter les droits de l'Homme : c'est les bombardements. Qu'attendez vous pour l'appliquer si vous êtes exaspérés? Voilà de petits intellectuels qui pensent posséder le monde. Où sont ils passés vos chars et bombardiers? Ne seraient ils plus opérationnels ou choisiraient ils leurs cibles à la tête du client.
Vous êtes vraiment de la merde. Gardez vos émotions pour vous et collez la paix à mon peuple d'Eburnie. Ma patrie est en train de venir petit à petit. Bande de criminels et de tricheurs.
C'est l'Eternel seul qui sait comment vous rétribuer.

Nouveau commentaire :
Facebook Twitter

Afrik53.com : Chers intervenants, injure = exclusion définitive de notre site

Depuis quelques temps, les débats sont devenus houleux dans les réactions sur votre site Internet Afrik53.com . Si votre site se veut un lieu de débats, cet espace n’est pas, et ne sera jamais, la tribune des injures à caractères tribales,racistes, antisémites et même des injures personnelles entre certains lecteurs qui se connaissent aussi bien de façon épistolaire que physique.

Nous traquerons désormais des réactions comportant des injures et, à chaque réaction malveillante, nous n'hésiterons pas à bannir définitivement et sans recours les auteurs tout en les excluant sans réserve de notre base de données.

Injure = Exclusion définitive

Histoire Côte d'Ivoire | C.I - Revue Politique | C.I - Revue Société | C.I - Revue Economie | Revue Infos Plus | Gbagbo & Blé Goudé | C.I - Simone Gbagbo | C.I - FPI | Les Réactions | C.I - Affaire à suivre | C.I - Sport | Alerte Prévention | C.I - Education | C.I - Faits Divers | Débat Ivoirien | Révolution Permanente | Interviews | Droit de réponse | Afrik53.com | Interpellation | C.I-Présidentielle 2015 | Culture / Evènements









Les Articles les plus lus

Bien Vivre en Bonne Santé


Incroyable !