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Grand Ouest / Femmes enceintes et nouveau-née : Voici pourquoi ils meurent plus qu’ailleurs

le Vendredi 12 Juillet 2013 à 00:00 | Lu 491 fois



Grand Ouest / Femmes enceintes et nouveau-née : Voici pourquoi ils meurent plus qu’ailleurs
Le Grand Ouest ivoirien vit un drame sanitaire



Le Grand Ouest ivoirien vit un drame sanitaire dont on ne mesure pas l’ampleur quand on vit à Abidjan à quelques 500 km de distance. Les parturientes et les nouveau-nés de Man, Guiglo, Touleupleu, Bangolo, etc. ont plus de chance de mourir lors de l’accouchement ou avant l’âge de 5 ans pour les nouveau-nés que n’importe où ailleurs en Côte d’Ivoire. Nous avons enquêté sur place pour connaître les raisons de cette situation alarmante depuis l’irruption de la crise sociopolitique.
C’est à l’issu d’un voyage organisé par l’Unicef Côte d’Ivoire à Man pour se rendre compte du déroulement du projet ECHO/Unicef, qui est un programme d’apport à la politique de gratuité ciblée (femmes enceintes et enfants de moins de 5 ans) que nous avons pu nous rendre compte du drame que vit le Grand Ouest ivoirien.

Situation sanitaire et accès aux soins de santé pour les femmes enceintes et enfants de moins de cinq ans
Selon l’Enquête démographique et de santé, Côte d’Ivoire, 2011-2012 (EDSCI3), notre source en ce qui concerne les statistiques, le Grand Ouest se trouve à la traîne. Voyons ce qui concerne la situation de mortalité, d’assistance prénatale des femmes enceintes. Le taux de mortalité maternelle est estimé à 614 décès pour 100.000 naissances vivantes au plan national. 91% (93,2% dans l’Ouest) des femmes reçoivent des soins prénatals par du personnel formé. 57% (47,5% dans l’Ouest) des femmes accouchent dans un établissement de santé ; 42% (50,2% dans l’Ouest) accouchent à la maison. 59% (48,9% dans l’Ouest) des naissances vivantes ont été assistées par du personnel formé. 23% (34,8% dans l’Ouest) des femmes n’effectuent aucunepostnatale. 67% (72,6% dans l’Ouest) des femmes mentionnent un manque de moyens financiers comme principal obstacle à l’accès aux soins de santé.

Voici décrite la situation des enfants de moins de cinq (5) ans. Il faut savoir que dans l’ensemble du territoire, sur 1000 enfants à la naissance, 108 décèdent avant d’atteindre l’âge de cinq (5) ans alors que dans l’Ouest le taux grimpe à 145 décès pour 1000 naissances. A l’Ouest comme dans l’ensemble de la Côte d’Ivoire, seuls environ trois (3) enfants sur dix (10) reçoivent des soins postnatals dans les deux (2) premiers jours de leur naissance. 58% (55,4% dans l’Ouest) des naissances ne reçoivent pas de soins postnatals. 14,9% (16,2% dans l’Ouest) des enfants souffrent d’insuffisance pondérale. 29,8% (34,2% dans l’Ouest) des enfants de moins de cinq ans souffrent d’une malnutrition chronique (un retard de croissance). A l’Ouest comme dans l’ensemble de la Côte d’Ivoire, 3 enfants de moins de 5 ans sur 4 (environ 75%) souffrent d’anémie. Quelques experts sur place ont expliqué ces chiffres qui détonnent.

A Gbangbegouiné, à une vingtaine de kilomètres sur l’axe de Biankouma, M. Kouassi Désiré, infirmier-chef du dispensaire rural du village assure que « la pauvreté des populations est à la base de ces statistiques morbides ». Il a salué le programme de gratuité ciblée qui permet aux femmes enceintes et aux enfants de moins de 5 ans de se faire traiter gratuitement, ce qui a permis de sauver des vies. Un programme complété par le projet ECHO/Unicef (nous y reviendrons) qui touche aussi les mêmes cibles. L’infirmier se désole que l’information concernant cette gratuité ciblée ne soit pas largement dispatchée dans les différents villages, là où se trouve la grande majorité des cas à risque.

« Des femmes enceintes ne mettent pas les pieds dans l’un des centres de santé, jusqu’à ce que la situation soit désespérée. C’est pareil pour les enfants de moins de 5 ans que les parents nous amènent presque morts », s’est-il désolé. Autre problème assez sérieux que décrit M. Kouassi Désiré, c’est la rupture des stocks de vaccins. « Nos doses de BCG, Rougeole, Polio, Tétanos pour femmes enceintes, DT Coq sont en rupture. Ces vaccins livrés par le district sanitaire ne nous sont pas encore parvenus depuis quelques semaines », s’inquiète l’infirmier de Gbangbegouiné. Cette situation est problématique car des enfants non vaccinés sont potentiellement fragiles devant aux maladies mortelles suscitées. Au Centre hospitalier régional (CHR) de Man, nous avons visité certains services afin de nous rendre compte de l’ampleur du problème. Au service de Gynécologie-Obstétrical, c’est le docteur Blaid Eric qui nous reçoit et nous fait visiter les lieux. Ledit service a 16 lits et la plupart sont occupés par des parturientes qui ont eu des graves complications à l’accouchement.

Tenez, il y a cette dame qui a fait des jumeaux nourris par sa co-épouse, puisqu’elle-même se trouve dans l’incapacité de les allaiter. Elle a fait une éclampsie selon Dr. Blaid Eric, c’est-à-dire une hypertension lors de la délivrance qui a failli mettre la vie de la mère et des bébés en danger. D’ailleurs, la mère n’est toujours pas hors de danger. Elle est en observation pour voir si les reins n’ont pas été touchés. « Elle a accouché dans un campement lointain et n’a jamais fait de visites prénatales. C’est un miracle si les bébés vivent et si on a pu la récupérer », affirme le médecin. Une chance que n’a pas eue cette autre parturiente que nous avons trouvée dans le coma. « Elle a accouché dans un village lointain et le bébé a rompu la protection utérine et est sorti directement dans le ventre. Ce qui l’a tué. Nous avons dû intervenir en enlevant complètement l’utérus de la femme afin de la sauver », raconte le gynécologue.

Et d’affirmer que la malade à l’instar de centaines d’autres femmes n’a jamais fait de visite prénatale et le diagnostic montre qu’elle a ingurgité des décoctions qui ont entraîné une pression sur la cavité utérine. « Unechez les sages-femmes aurait surement décelé le problème », pense-t-il. Direction ensuite au service Nutrition. 70 enfants de moins de 5 ans sont internés dans les lieux souffrant de malnutrition sévère. Kwashiorkor, une affection due au manque de protéines et de vitamines les a rendus malingres comme certains enfants vus dans des pays sahéliens.

« Il s’agit là d’un pic car, c’est la période de soudure dans les villages et les parents sont obligés de manger ce qu’ils doivent semer », indique Dr. Horace Acapko. Pour lui, ces enfants ont eu de la chance car si leurs parents avaient attendu plus longtemps beaucoup d’entre eux ne seraient plus de ce monde. Déjà pour cette année 2013, on enregistre plus de 50 morts d’enfants de moins de 5 ans, indique Dr Yapo N’Guia chirurgien et médecin-chef du CHR de Man. Pour Dr. Acapko, une alimentation exclusive par le lait maternelle jusqu’à 6 mois est conseillée. « Malheureusement ces mères ne viennent pas à l’hôpital afin de recueillir les conseils pratiques », avance-t-il

La réponse du projet ECHO

L’Unicef, grâce à l’appui de la Direction générale de l’aide humanitaire de la Commission Européenne (ECHO), soutient le gouvernement ivoirien dans sa mise en œuvre de la politique nationale de gratuité ciblée des soins de santé à travers un projet d’approvisionnement en médicaments essentiels pour un montant de 6,5 millions d’Euros (4, 257 milliards de FCFA). Ce projet, selon les membres de l’Unicef, cible environ un million de femmes enceintes et enfants de moins de 5 ans vivant dans les zones les plus affectées par la crise postélectorale. Il est mis en œuvre dans 17 districts sanitaires d’Abidjan, de l’Ouest et du Sud-ouest de la Côte d’Ivoire.

Ce projet va fournir 1200 tonnes de médicaments afin de traiter jusqu’à 85% des maladies les plus mortelles pour les enfants de moins de 5 ans. Il s’agit ainsi de favoriser l’accès des femmes enceintes aux soins sanitaires. Bref, ce projet vise à contribuer à l’atteinte des Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD) 4 et 5, notamment la réduction de 2/3 de la mortalité infanto-juvénile et de ¾ de la mortalité maternelle.

Vendredi 12 Juillet 2013
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