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Gouverneur Philippe Dacoury Tabley : « La Coalition va sauver la Côte d’Ivoire »

L'Afrique en mouvement - Afrik53.com : Infos 7J/7 le Mardi 26 Mai 2015 à 05:20 | Lu 924 fois

Dans cette interview, le Gouverneur Philippe Dacoury Tabley, qui fut le Porte-parole du Groupe de Médiation dans la crise au sein du Fpi, croque l’actualité à travers son regard sur le 3e congrès extraordinaire du parti, l’élection de Laurent Gbagbo, l’arrestation des cadres du Fpi, la mise en place de la Coalition, le pèlerinage à La Haye et sa propre audition récente par la justice.


Vous qui avez été Médiateur pour le règlement de la crise interne du Fpi, comment vous sentez-vous après l’organisation du 3e congrès extraordinaire ?



Oui, j’ai été le Porte Parole du Groupe de Médiation qui s’est mis en place lors de la première crise interne du Fpi, en juillet 2014. J’ai été accepté comme tel par toutes les parties du fait que je ne suis pas un militant actif du Fpi et encore moins un membre de sa Direction. En somme, ma position me permettait d’apprécier la situation avec un certain détachement. C’est dans ce même esprit que je vais répondre sans détours à votre question. Pour avoir été un des animateurs actifs de l’ancienne Médiation, je ne peux qu’être satisfait de l’organisation effective du Congrès extraordinaire du Fpi, le 30 avril dernier.


En effet, l’organisation d’un congrès avait été retenue par la Médiation comme étant la voie pour résoudre de façon définitive, la querelle interne au sein du Fpi. Puisque nous avions diagnostiqué un problème de ligne, d’orientation idéologique et de positionnement par rapport à la situation créée par la détention du Président Gbagbo à la Cpi. Pour la Médiation, les divergences sur ces points ne pouvaient être tranchées que par un congrès. Celui-ci permettra d’élire un Président et de désigner de nouveaux responsables qui conduiraient alors le parti selon l’orientation approuvée par les congressistes.


Cette recommandation, relative à l’organisation du congrès a été non seulement acceptée par les parties en conflit, c’est-à-dire le président d’alors, Affi N’Guessan et ses contradicteurs, mais elle a été surtout totalement endossée et approuvée comme résolution par le Comité central du Fpi. C’est par rapport à cela que les dispositions ont commencé à être prises par la Direction du Fpi pour l’organisation du congrès qui a été reporté par la justice, à la demande de l’ex-président du parti. Cette évolution inattendue de la situation rendait encore plus indispensable l’organisation d’un congrès.


Il a eu lieu finalement, mais c’est plutôt un 3e congrès extraordinaire qu’il a été donné à l’opinion de constater. Comment en êtes-vous passé du 4e congrès ordinaire au 3e congrès extraordinaire ?



Comme vous le savez, en politique, mais aussi dans tous les autres domaines de la vie, c’est le terrain qui dicte sa loi. Sur la question, la Direction du Fpi vous situera plus clairement. Pour ma part, je dirai que le 4ème Congrès ordinaire ayant été confisqué par le pouvoir, les textes du Fpi ne l’empêchaient pas d’organiser un Congrès extraordinaire, ce qui a été fait proprement.


Avez-vous suivi les travaux si oui, comment les avez-vu vécus à Mama ?


J’étais effectivement à ce Congrès à Mama. Comme certaines personnalités ivoiriennes et étrangères, j’ai reçu une lettre d’invitation. C’était pour moi un honneur, et c’est avec un grand intérêt et beaucoup de plaisir que je me suis rendu à Mama. Et les odeurs des gaz lacrymogène que nous avons abondamment respirées ne m’ont pas fait regretter ce déplacement, bien au contraire.


Qu’est-ce qui vous a marqué particulièrement au cours de ce moment ?


Ce qui m’a marqué, c’est la détermination des militants à tenir ce congrès et leur volonté de faire en sorte qu’il n’y ait pas de débordement. Les congressistes ont bravé toutes les difficultés pour que ce Congrès se tienne. Ils ont bravé la faim, la soif, le manque de sommeil, certains ont parcouru de longues distances à pieds. Avec beaucoup de calme et de sérénité, ils ne se sont pas laissés intimider par les forces de l’ordre. En définitive, les militants ont fait preuve de détermination et de discipline, ce qui a conduit au succès de ces assises.


Le président Laurent Gbagbo a été élu au poste de président du Fpi et investi à Mama. Quel sentiment cela vous donne de le voir reprendre la direction de son parti ?


C’est d’abord la concrétisation de la volonté des militants du Fpi que j’ai pu observer. Leur volonté de faire du Président Gbagbo leur Président. Et beaucoup d’entre eux évoquaient les raisons qui les ont déterminés.


Un exemple?


Ce que j’ai retenu fondamentalement, c’est que pour eux, le retour de la présidence du parti au Président Gbagbo est une démarche unitaire. C’est un moyen pour rassembler les militants du Fpi qui étaient, à un moment donné, divisés. A entendre parler ces militants, je pense que ce n’est pas dénué de tout fondement. Tout le monde au sein du Fpi se réclame de Gbagbo. Alors, si on remet la présidence du parti au Président Gbagbo, cela devrait, en quelque sorte, faire l’unanimité.


Ainsi, autour du Président, se retrouveraient toutes les tendances, tous les cadres, cette fois unis par le leadership du Président Gbagbo, en vue de mener les batailles qui s’annoncent. Donc pour eux, c’était vraiment une démarche unitaire. Et je pense que ce point de vue est totalement défendable et raisonnable. Parce que Gbagbo étant le fondateur du parti, la référence au sein du parti, qui peut dire, dans ces conditions, qu’il est contre la personne de Gbagbo et son leadership ? Personne. Du moins, on le croyait.


Monsieur le Gouverneur, on vous sent très soucieux de la stabilité du Front populaire ivoirien ; mais peut-on espérer que vous preniez un jour votre carte de militant ?


Ecoutez, ce n’est pas tellement à l’ordre du jour cette façon de voir les choses. Le Fpi lui-même, vient d’intégrer un grand rassemblement qui redonne de l’espoir aux ivoiriens. La Coalition nationale pour le changement (cnc), dans l’immédiat, c’est là que tous les ivoiriens épris de paix, de justice et soucieux de la vraie réconciliation, sommes attendus. C’est à cette invitation que tous nous devons répondre.


Après le 3e congrès extraordinaire, on a assisté à l’arrestation des cadres du parti, en l’occurrence les ministres Dano Djédjé, président dudit congrès, Hubert Oulaye, président du Comité de contrôle et Koua Justin, responsable de la jeunesse, des syndicats et mouvements de masse. Selon vous, qu’est-ce qui justifie ces arrestations ?


Justement, c’est là le problème. Rien ne justifie ces arrestations. Et quand on voit aujourd’hui le principal chef d’inculpation qu’on a relevé contre le Pr Oulaye, si ce n’était pas la vie de quelqu’un qui est en jeu, on en rirait. Parce que pour qui connaît le Pr Oulaye, ce chef d’inculpation de complicité d’assassinat des soldats de l’Onuci, est totalement ridicule. Ces accusations sont totalement farfelues. Et le temps montrera qu’il n’y avait pas lieu de porter de telles accusations contre le Pr Oulaye. En ce qui concerne Koua Justin, il paye pour son engagement et sa détermination à l’égard de la cause de son parti.


Le pouvoir l’enferme à cause de son charisme et de la force de son raisonnement. C’est un jeune leader très écouté par les jeunes et admiré par les moins jeunes pour son courage. C’est grâce à lui et à sa maitrise que les débordements et le bain de sang programmés par le pouvoir à Mama ont pu être évités. Pour le ministre Dano Djédjé, nous ne comprenons pas que cet homme qui est un homme de réconciliation, de compromis, celui qu’on envoie toujours quand la situation se détériore, celui qui arrange… Comment se fait-il que cet homme-là, au moment où on cherche à réconcilier les Ivoiriens, est abusivement arrêté et déporté loin des siens ?


Cela veut dire qu’on ne veut plus de réconciliation, parce qu’on embastille les réconciliateurs. C’est cela, le drame. On fait fuir la réconciliation de la Côte d’Ivoire. C’est un problème grave que nous devons méditer et auquel chaque Ivoirien doit pouvoir réfléchir et se déterminer. Je crois que tous reconnaissons que la réconciliation est le moyen par lequel la Côte d’Ivoire peut sortir de cette crise. La réconciliation devrait donc être la priorité des priorités. Mais hélas, force est de constater que la réconciliation des Ivoiriens n’a jamais été un objectif du pouvoir, car elle ne l’arrange pas. Après presque cinq années de pouvoir Ouattara, les mots et expressions les plus entendus sont: arrestations, prisons, procès, enlèvements etc.., on parle très peu de développement.


Il vient de se mettre sur pied, comme vous venez de le dire, un rassemblement des forces de l’opposition appelée la Coalition nationale du changement (Cnc). Quel sentiment vous inspire l’avènement de cette structure ?


Moi, en tant qu’Ivoirien soucieux du bien être de son pays, soucieux du devenir de la Côte d’Ivoire, je me range du même côté que tous ceux qui développent le même souci, tous ceux qui veulent se battre par les moyens démocratiques pour que la Côte d’Ivoire se retrouve et se réconcilie. Et qu’elle redevienne un pays normal. J’ai suivi la mise en place de la Cnc et je pense que les objectifs que se donne la Coalition sont des objectifs de nature à sauver la Côte d’Ivoire.


Je suis convaincu que les objectifs visés sont aujourd’hui réalisables, parce que les Ivoiriens ont touché le fond de l’abîme. Ils peuvent taire leurs divergences en mettant au-dessus de tout, l’intérêt supérieur de la Côte d’Ivoire. C’est ainsi que j’analyse la mise en place de la Coalition. Ce sont des individus, des partis qui ont décidé de ne pas œuvrer dans l’immédiat pour leurs chapelles personnelles. Mais de se mettre ensemble pour un objectif primordial à atteindre avec une solidarité qui sera impulsée au niveau de tous les Ivoiriens.


Et je félicite les initiateurs de cette entreprise, je félicite tous ceux qui vont contribuer à la mise en place de cette Coalition. Et pour ma part, je souhaite que toutes les forces démocratiques en Côte d’Ivoire, tous ceux qui ont à cœur un changement pour ce pays, se mettent ensemble, intègrent cette Coalition pour qu’un changement effectif puisse s’opérer et que les Ivoiriens aient réellement la possibilité de se retrouver dans leur pays.


Avec la création de la Cnc, on constate qu’il y a désormais deux blocs politiques en Côte d’Ivoire : les opposants regroupés à l’intérieur de la Coalition pour le changement et le Rhdp qui rassemble les partis au pouvoir. Y aurait-il de la place pour des non-alignés ?


Après la mise en place de la Cnc, le champ politique ivoirien se caractérise par le face-à-face entre deux blocs, la Cnc et le Rhdp, autrement dit, les partis au pouvoir et les partis dans l’opposition regroupés au sein de la Cnc. On ne peut être neutre au regard de ces deux grands groupes. Passé le temps de réflexion, ceux qui ne sont pas dans la Coalition seront au Rhdp, du moins par leurs actes et agissements


N’y a-t-il donc pas de moyen terme ?


Non, il n’y a pas de moyen terme.


Quelle lecture faites-vous de ce que des hommes politiques qui ne sont pas de l’écurie Laurent Gbagbo, tels que Kouadio Konan Bertin dit Kkb, Charles Konan Banny et récemment Essy Amara, aillent le voir à La Haye, quelqu’un dont on disait qu’il était criminel et qu’on a mis en prison, pour lui apporter leur soutien et peut-être, solliciter ses conseils ?


Il faut reconnaître que ceux qui font ces démarches sont en train de battre en brèche les accusations portées contre le Président Laurent Gbagbo. Parce que, s’il était effectivement un criminel, ces personnes respectables que je vois-là, ne prendraient pas leur bâton de pèlerin pour aller jusqu’à La Haye. Donc je pense là que, c’est véritablement la preuve que le prisonnier de La Haye n’est pas le criminel, le sanguinaire, le tueur dont on a parlé. E


t justement, le prisonnier Gbagbo a toujours dit que le temps finit par faire son œuvre. Et je pense que le temps qui est passé, a montré et démontré à tous qu’il n’est pas le criminel qu’on croit. Et c’est pourquoi, aujourd’hui, ces personnes vont le voir pour, à mon sens, manifester leur sympathie au prisonnier, leur encouragement, mais aussi pour parler de la Côte d’Ivoire, puisque le Président Gbagbo demeure un acteur incontournable de la scène politique ivoirienne.


On a beau faire, mais personne ne pourra l’écarter de la scène politique ivoirienne. Certains ont tenté et ils se sont mordu les doigts. Parce qu’il a posé des actes et il s’est posé aussi comme un homme de paix et de cœur. C’est tout cela qui fait que les accusations portées contre lui, ne tiennent pas la route. Et sa stature d’homme de paix, réconciliateur, fait de lui, un élément incontournable de la vie politique ivoirienne.


Nous venons d’apprendre que vous avez été entendu ce jour même (lundi 18 mai 2015) par le Doyen des Juges d’instruction sur votre deuxième chef d’inculpation, à savoir le crime économique. Qu’en a-t-il été ?


Effectivement, j’ai été entendu aujourd’hui (lundi 18 mai 2015) en présence de mon avocat Me Bobré. Mais comme l’affaire est encore en instruction, je dirais simplement que le Doyen des Juges d’instruction souhaitait savoir si les transferts initiés par le Trésor à l’époque, ont pu être exécutés par la Bceao sans documents justificatifs. J’ai expliqué au Doyen des Juges d’instruction comment se déroule un transfert, comment il est initié, comment il est exécuté. Et pour ce cas spécifique, j’ai suggéré qu’il pourrait effectivement s’adresser à la Bceao qui lui donnera toutes les explications nécessaires. Parce que le Gouverneur en tant que tel, n’est pas dans les détails des opérations de la Banque. Pour le moment, nous nous sommes arrêtés à ce niveau.


Interview réalisée par


Germain Séhoué


gs05895444@yahoo.fr

Afrik53.com : Infos 7J/7
Mardi 26 Mai 2015
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