L'avantage de cette ligne, c'est qu'elle sédentarise le ministre au bureau dès 7h30mn au cas où il n'a rien à faire hors de ses services. Comme si cela ne suffisait pas, le président Ouattara a renoué avec les visites inopinées dans les ministères en vue de se rendre compte de la présence effective des ministres et de son personnel. Une anecdote nous a même été contée à cet effet.
Allant à ses bureaux, le chef de l’État a marqué un arrêt dans un ministère. Heureusement pour le ministre qu'il y était. Après s'être rendu compte que tout fonctionnait, le président a décidé de quitter les lieux. Non sans exprimer sa volonté de poursuivre son inspection. Le second ministre qu'il devait visiter, absent et ayant appris que le président arrive dans ses services, a dû faire accélérer son cortège. Au point où son véhicule a eu un pépin. Il a fallu l'intervention de l'un de ses collègues, qui a dépêché un véhicule pour l'aider pour que l'infortuné ministre arrive à l'heure à son bureau.
Toujours selon notre interlocuteur, les ministres qui effectuent des missions pour le compte de la Côte d'Ivoire doivent faire des rapports écrits, précis et concis une fois de retour. Il aurait même fait reprendre un rapport à un ministre parce que celui-ci n'était pas suffisamment clair à ses yeux. « Reprends moi ça et dans des termes explicites », aurait-il lancé au cours d'un conseil des ministres. Une fois de retour de mission, les ministres font un rapport de leur séjour qui est consulté par Ouattara. « Il ne fait pas que consulter, il vérifie si réellement le contenu du rapport est justifié », a indiqué une autre source. De plus, le numéro un ivoirien a instauré un système de contrôle discret qui trouble aujourd'hui la quiétude des patrons de l'administration. Tout le monde s'épie et on ne sait plus à qui se fier.
De sorte qu'aujourd'hui, selon un informateur, entrer dans un bureau aujourd'hui et tenter de glisser sous la table des billets de banque est un pari risqué. « On a le sentiment qu'il a les yeux partout. On marche sur des œufs », nous a confié récemment un administrateur des services financiers. Qui a indiqué que là où circule beaucoup d'argent, comme la Douane, le Port, le ministère de l’Économie et des Finances, le président a instauré plusieurs niveaux de contrôle. Dès qu'une magouille s'opère, il est informé.
Un directeur général d'un secteur stratégique pour l’Économie ivoirienne serait dans son collimateur. Le président aurait surpris des bizarreries dans son secteur et l'en aurait informé. « Beaucoup de choses sont en train de changer. Mais le président doit ouvrir davantage les yeux. Surtout dans le domaine du secteur du commerce. Il aura beau diminuer l'absentéisme au travail, si la vie continue d'être aussi chère, c'est comme s'il ne fait rien », a suggéré notre interlocuteur.
Y.DOUMBIA
L'Inter


Nutrition





