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Gbagbo raconte lui-même son 11 avril

le Jeudi 24 Novembre 2011 à 06:46 | Lu 1922 fois



Gbagbo raconte lui-même son 11 avril
Le livre est intitulé «Côte d'Ivoire : le coup d'Etat». Il est écrit par le journaliste d'investigation Charles Onana et préfacé par l'ancien président sud-africain Thabo Mbeki. Et il apparaît d'ores et déjà comme un livre-événement, tant les révélations et les rappels utiles y sont foisonnants. Le livre contient également des documents et des courriers inédits que Charles Onana a réussi à se procurer, provenant notamment de ministres français.

Déjà en vente en France, «Côte d'ivoire : le coup d'Etat» sera-t-il autorisé à la vente en Côte d'Ivoire ? Il faudrait pour cela que des libraires ou des distributeurs aient le courage de le commander... Le Nouveau Courrier publie ici des «bonnes feuilles» de ce livre. Il s'agit du témoignage du président Laurent Gbagbo, qu'il a pu faire parvenir à Charles Onana depuis sa réclusion, et qui va, à coup sûr, déranger des milieux internationaux très haut placés.

Ses accusations contre l'armée française, qui a selon lui tiré sur de jeunes manifestants Ivoiriens pour les disperser ou les empêcher de rallier sa résidence, et qui a visiblement profité d'une conversation téléphonique pour le localiser dans la résidence et bombarder sa chambre, sont très claires. Elles montrent une petite partie de ce qu'il a à dire, et constituent une alerte pour tous les hommes de bonne volonté. En effet, le pouvoir Ouattara et la Sarkozie doivent absolument comprendre qu'une éventuelle élimination physique du témoin gênant de Korhogo serait lourde de conséquences pour la Côte d'Ivoire. A court, moyen et long terme.


Gbagbo raconte comment une bombe a atterri dans sa chambre et détruit sa bibliothèque

«Ce sont les soldats français qui ont tout fait. Ils ont bombardé du 31 mars au 11 avril 2011. Il y a eu des bombardements sporadiques avec largage des bombes. Le ministre français de la Défense, Alain Juppé, avait manifesté le désir de parler avec moi. Mon conseiller Désiré Tagro était venu me dire que cette demande venait de monsieur Charles Millon, l'ancien ministre de la Défense du gouvernement Juppé en 1995. En fait, monsieur Millon avait été à l'université de Lyon avec moi.

Tagro m'avait fait part de cette demande le 10 avril 2011 à mon réveil matinal. J'étais sur le point d'aller prendre ma douche lorsque Tagro m'a informé du souhait de monsieur Juppé. Quand j'ai fini de prendre ma douche, j'ai retrouvé Tagro qui m'attendait le téléphone à l'oreille. Il était encore en communication avec monsieur Millon. Soudain, une bombe explose sur le toit de ma chambre. Million demande alors à Tagro ce qui se passe. Tagro lui répond qu'on est en train de vouloir tuer le président. Ceux qui ont largué cette bombe ont tout détruit dans la pièce. J'avais une collection de livres d'auteurs romains et grecs traduits en français que je conservais jalousement depuis quarante ans, tous ont brûlé. Ma bibliothèque constituée depuis l'époque où j'étais étudiant est partie en fumée en quelques minutes seulement.»


Gbagbo explique pourquoi il a demandé à l'armée ivoirienne de ne plus se battre

« Le 10 avril 2011, notre informateur au ministère de la Défense à Paris nous a dit que ce jour-là, c'était 6+3. C'est-à-dire 6 hélicoptères plus 3 autres. Il faut savoir qu'auparavant, c'était uniquement trois hélicoptères qui nous bombardaient. Les snipers étaient également postés sur le toit de l'ambassadeur de France en Côte d'Ivoire. Qui est mitoyen à ma résidence. Leur rôle essentiel était de tirer sur les jeunes Ivoiriens qui manifestaient ou s'aventuraient à sortir à proximité de ma résidence. Ainsi, lorsqu'on m'apprend que les chars français sont à Cocody, le commandant des Forces spéciales, l'officier de frégate Boniface Konan, me fait parvenir un message disant qu'il ne peut plus combattre, car les soldats sont dispersés.

Le message souligne que les chars et les hélicoptères français ne cessent de tirer sur les soldats ivoiriens.Le 10 avril, j'ai dit à Konan qu'il devait cesser les combats pour ne pas faire tuer les soldats. Je ne pouvais accepter de voir mourir inutilement les dignes fils de mon pays face à des gens qui voulaient uniquement ma tête. J'ai demandé qu'on me laisse attendre sereinement le dénouement à la Résidence. Les soldats voulaient me mettre à l'abri. Mais je leur ai dit que je n'étais pas militaire mais chef de l'Etat. Ce qui m'importait le plus, c'était leur sécurité et non pas la mienne devant le feu français. A ce moment, Konan me dit la gorge serrée : «Monsieur le président, les Français ont tout détruit».


Gbagbo : «Ce sont les soldats français qui filmaient ma capture»

«En fait, les Français ont encerclé la résidence et au lieu d'achever leur mission, c'est-à-dire de venir me prendre eux mêmes, ils ont plutôt envoyé les rebelles me prendre. Je tiens tout de même à préciser qu'ils ont envoyé les rebelles m'arrêter devant les caméras. Toutes les images que vous avez reçues sont les images des soldats français. Ce sont les soldats français qui filmaient ma capture. Ils tournaient avec des caméras à la résidence et à l'hôtel du Golf. Plus tard, ils ont fait venir des journalistes français pour d'autres images de moi. Il n'y avait pas de journalistes africains tournant les images au moment de mon arrestation.»

Les tentatives de «corruption» de l'administration Obama

« Un sous-secrétaire d'Etat américain m'a téléphoné et m'a parlé pendant au moins une heure. Il me disait que si je partais du pouvoir, je ne serais pas poursuivi, je pourrais m'exiler avec soixante-quatre personnes de mon entourage et que tous seraient pris en charge. Quant à moi, je serais logé, nourri et blanchi, j'aurais un travail et des revenus équivalant à 2 millions de dollars, etc. Cette conversation ou plutôt ce monologue était surréaliste. Il y avait un tel décalage entre ce que disait ce monsieur et la réalité que je vivais avec le peuple ivoirien que son discours était indigeste.

J'ai finalement raccroché, fatigué de l'entendre pérorer sur les propositions qui m'attendaient si j'acceptais de quitter le pouvoir. Je me suis dit qu'il y avait quelque chose d'étrange dans ce discours. Quel était le sujet? A mon avis, c'était le résultat des élections présidentielles. Ils ont tous prétendu que j'avais perdu les élections présidentielles mais le Conseil constitutionnel de mon pays a dit le contraire. J'ai demandé de recompter les voix, ils ont refusé.

J'ai même proposé une commission d'enquête indépendante internationale pour examiner les faits. On a refusé. Pourtant, les données sont simples. S'il est prouvé que j'ai perdu les élections, je m'incline sans autre forme de discussion. Si j'ai gagné, je suis disposé à faire des concessions politiques pour créer un climat d'apaisement et de paix dans tout le pays. Mais pourquoi s'obstine-t-on à me faire des propositions absurdes ? Pourquoi cherche-t-on à me corrompre et à me menacer si on est convaincu que j'ai perdu les élections ?

Peu après ce coup de téléphone étrange, mes conseillers me disent qu'Hillary Clinton cherche à me joindre au téléphone. Je refuse de prendre la communication car je suis convaincu que je vais encore passer un moment à entendre à nouveau les mêmes propositions. Elle m'a finalement adressé un message pour me proposer je ne sais quoi. Je n'ai même pas ouvert l'enveloppe. Après Hillary Clinton, le président Obama m'a directement appelé à son tour. Une fois de plus, j'ai refusé de prendre la communication. Je ne voulais plus écouter ni entendre les discours ennuyeux et les propositions ubuesques qu'ils infligeaient à mes oreilles.»


Source : le nouveau courrier


Jeudi 24 Novembre 2011
Vu (s) 1922 fois



1.Posté par Oly le 24/11/2011 10:44 (depuis mobile) | Alerter
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Le President GL est un GARCON,c‘est des Hommes de ce type qu‘il faut pour l‘AFRIQUE...

2.Posté par MADOU Israël le 24/11/2011 11:35 | Alerter
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Merci frère. Merci Président. Il y en a qui ne croient que dans le matériel. Ils oublient royalement que l'Homme ne vit pas seulement de pain. Il a le devoir d'être acteur de son histoire. J'en vois qui aurais couru pour se jeter sur ses stranpontins au détriment du peuple ivoirien. J'en vois qui, aujourd'hui, ne veulent pas voir leurs caves désemplir, de sorte qu'ils pactisent avec l'ennemi OUATTRA croyant faire du mal au seul "bété GBAGBO" et aux seuls bété. Mais ce qu'ils oublient, c'est qu'au-delà des richesses qu'ils amassent et qu'ils abandonneront forcéront sur cette terre dans la teigne, le peuple ivoirien se souviendra d'eux comme des hommes dont les intérêts personnels demeurent le centre de leur préoccupation. Les ivoiriens ? Ils peuvent se débrouiller. Tous seuls.

3.Posté par NACE le 24/11/2011 12:56 | Alerter
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i[Quelle Dignité, Monsieur le Président ! vous êtes le leader dont l'Afrique a besoin pour sa libération ! Honneur à vous Monsieur le Président et que Dieu vous fortifie et vous protège

4.Posté par FLANTINTIN le 24/11/2011 15:43 | Alerter
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Même enchaîné dans la bagne de korhogo, l'homme n'a pas changé d'un seul iota.Constance, abnégation et dignité dans la foi sont des qualités qu'il est le seul à détenir.

Quand est-ce qu'allons-nous comprendre qu'on peut tuer le corps mais on ne pourra jamais faire mourir l'âme des valeureux combattants africains morts qui s'est incarnée dans ses dignes fils...comme GBAGBO.

Malheureusement, cette vérité va encore accentuer la cécité de ceux qui refusent de voir.EEH,PISSANCI A MAGNI DÊH!

5.Posté par je taime le 24/11/2011 17:44 | Alerter
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que le tout puissant se souvienne de vous mon president;et que la vérité éclate un jour et que justice soit faite

6.Posté par Alino Lopez le 25/11/2011 19:18 | Alerter
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AFRIQUE ! qu'as-tu fait aux européens et au reste du monde?L'histoire ne meurt jamais et les enfants de nos enfants témoigneront combien des fois la grande france a massacré les dignes fils de Côte d'Ivoire au prix de nos matières premières.Ce mossi dramane que vous avez placé à la tête de notre Etat ne nous effraie pas.Vous avez tué les dignes de notre pays et cela ne nous effraie pas non plus.Continuez de tuer les dignes fils de notre pays la Côte d'Ivoire mais un si beau jour,vous payerez de vos Karma et vous serez aussi tués.C'est en ce moment que vous comprendrez la douleur de ceux qui sont lâchement tués.Et tout le peuple africain sera ainsi libéré à jamais!!! Vive la Côte d'Ivoire avec Laurent Koudou Gbagbo et vive l'Afrique toute entière!!!

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