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France Scandale : Biens "mal acquis" ? La chasse aux Africains est ouverte !

L'Afrique en mouvement - afrik.com le Jeudi 1 Octobre 2015 à 06:53 | Lu 536 fois

Les médias francophones ont largement relayé l’affaire de la "saisie" d’une maison du Vésinet, près de Paris, appartenant à une société liée au neveu du Président congolais Denis Sassou N’Guesso, à l’initiative d’une association baptisée "Transparency International France". Peu nombreux en revanche sont ceux qui ont relaté la saisie de l’hôtel particulier acquis par l’Etat gabonais en 2010, au 51 rue de l’Université à Paris. Et certains se sont fait l’écho de la clôture de l’instruction diligentée contre Teodorin Obiang pour l’hôtel particulier qu’il avait acquis au 42 de l’Avenue Foch.



Au centre de ce tintamarre médiatique, un homme, Me William Bourdon, avocat de ladite association Transparency International France. C’est lui qui a informé la presse des saisies opérées sur des biens appartenant à des parents du Président congolais Denis Sassou N’Guesso, tout comme c’est lui qui avait porté la plainte à l’origine de cette affaire.

Le luxe à la portée de toutes les bourses...

Et les commentaires de se succéder sur la "luxueuse villa" du Vésinet, sans qu’aucun journaliste ne se donne apparemment la peine d’aller voir de quoi il est question. Rien de plus facile pourtant que de se promener au Vésinet pour constater, en parcourant l’avenue concernée, qu’il s’agit, ô surprise, d’un modeste pavillon entouré d’un jardin, la "Villa Suzette", d’aspect infiniment plus modeste que la plupart des résidences qui l’entourent. On comprend mieux le chiffre avancé sur le montant réduit de la transaction : 450 000 € lors de son achat en 1983, par le frère du Président, Valentin Ambendet. Ah ? C’est donc là que seraient venus se perdre les "détournements de l’argent du pétrole" ? Dans une maison qui était à la portée de la bourse de n’importe quel cadre moyen ? C’est pour cela que l’on fait tout ce foin ?

Ne pas confondre Bongo et Gabon

On reste incrédule face à cette révélation. On la compare à la valeur estimée de l’Hôtel particulier acquis par l’Etat gabonais au 51 rue de l’Université : 100 Millions d’euros. Là on peut parler d’une petite fortune, qui n’est pas à la portée de toutes les bourses... Feu Omar Bongo aurait-il détourné à son profit une somme aussi colossale ? Sauf que sa saisie à la mi-septembre dans le cadre d’une procédure engagée par le groupe de BTP Sericom, détenteur d’une créance de 200 millions d’euros sur le Gabon, vient de prouver que l’Hôtel particulier n’était pas la propriété de la famille Bongo, mais bien... de l’Etat gabonais. Accuse-t-on François Hollande ou Nicolas Sarkozy de s’approprier à titre personnel tous les biens acquis hors de France par l’Etat français sous leur présidence, que ce soit pour y loger ses diplomates ou pour y abriter telle ou telle activité ?

L’argent du pétrole ?

Certes, certes, rétorque-t-on, mais ces biens gabonais sont financés "par l’argent du pétrole" ! Vraiment ? Et où est le problème ? A-t-on évoqué "l’argent du pétrole" lorsque l’Emir du Qatar a acheté, comme au Monopoly, l’ensemble de la Place Vendôme, à l’exception de l’Hôtel particulier qui abrite le ministère de la Justice et de celui où est installé l’Hotel Ritz, propriété du milliardaire anglais Al Sayed ? La brave et courageuse association dont Me Bourdon est l’avocat a-t-elle engagé des poursuites contre cet émir dont la famille, avant d’exploiter les hydrocarbures dont le sable et la côte du Qatar regorgent, n’aurait pas eu les moyens d’acheter ne serait-ce qu’un appartement, sur cette même Place Vendôme qui est désormais comme une élégante cour intérieure au cœur de son patrimoine parisien ?

Des indignations sélectives...

Non seulement Transparency International France ne s’en est jamais émue, mais elle n’a rien eu à redire non plus lorsque... le Parlement français adopta une loi qui exonère les biens acquis par cette noble famille qatarie des impôts dus en France sur les mutations et les plus-values immobilières. Or, il ne s’agit pas ici d’un pavillon de banlieue d’une valeur de 450 000 € mais d’un ensemble de bâtiments historiques formant l’une des plus belles places de Paris... et d’une valeur totale qui se chiffre en centaines et centaines de millions. Mais ce pétrole-là n’a pas d’odeur ?

La deuxième réaction qui naît face à ce "deux poids, deux mesures", et qui fait suite à l’incrédulité, c’est l’incompréhension. Pourquoi ces torrents d’encre déversés sur le Congo, pour des acquisitions modestes, ou sur le Gabon, pour des acquisitions d’Etat, et cet impressionnant silence dans d’autres cas ? Ne faut-il pas chercher d’abord la cause de cette disparité ? Et ne serait-il pas opportun de rechercher qui sont les clients de Me Bourdon et d’où viennent les fonds qui alimentent Transparency International France ?

Transparent comme l’Or noir...

Il apparaîtrait clairement alors que les procédures engagées contre les proches de tel ou tel chef d’Etat africain ont des objectifs très différents de ceux qu’elles affichent : dans le Monopoly de l’Or noir mondial, la chasse aux Africains est ouverte. L’Or noir ne saurait être de l’Or... pour les Noirs ! Et des intérêts très puissants sont prêts à soutenir une offensive qui vise à déstabiliser les relations anciennes tissées entre le groupe français Total et les pays africains producteurs de pétrole.

Il faut pour cela fragiliser leurs dirigeants, pour pousser à la tête de ces pays de nouveaux leaders prêts à nouer d’autres alliances. Et à cette fin, instrumentaliser la Justice française, naïve auxiliaire de ces invisibles desseins ! Chers confrères, c’est cette enquête-là qu’il faudrait mener... Le jeu de Transparency en deviendrait lui-même transparent... Congo, Gabon, Guinée équatoriale : ce n’est pas dans l’encre mais bien dans l’Or noir que se trempent les plumes zélées de délateurs... prédateurs.

afrik.com
Jeudi 1 Octobre 2015
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