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Exactions et racket en Côte d’Ivoire/ Human Rights Watch accuse : « Sous Ouattara, tout s’est aggravé !»

le Jeudi 4 Juillet 2013 à 07:33 | Lu 846 fois



Exactions et racket en Côte d’Ivoire/ Human Rights Watch accuse : « Sous Ouattara, tout s’est aggravé !»
Dans son récent rapport publié le lundi 1er juillet 2013, l’ONG américaine Human Rights Watch a dénoncé les extorsions de fonds et le racket des FRCI sur les populations ivoiriennes. Des révélations accablantes pour le régime Ouattara. Voici en intégralité la première partie du rapport.

«Les forces de sécurité extorquent régulièrement et ouvertement de l’argent aux barrages routiers dans l’ouest de la Côte d’Ivoire, a déclaré Human Rights Watch aujourd’hui. Ces barrages routiers, mis en place en principe pour lutter contre l’insécurité résultant des incursions transfrontalières et des actes de banditisme, sont devenus une entreprise lucrative et criminelle pour les militaires et les gendarmes, dont les exactions menacent les moyens de subsistance et le prix des denrées alimentaires dans une région déjà dévastée par la crise postélectorale de 2010-2011.

Human Rights Watch a interrogé 82 victimes et témoins d’actes d’extorsion dans l’ouest de la Côte d’Ivoire. Ceux-ci ont déclaré que les principales cibles de cette forme de harcèlement sont les femmes qui vont au marché ou qui en reviennent, les immigrants originaires de pays voisins, les motocyclistes et les conducteurs de véhicules de transports en commun. Même des personnes qui doivent se déplacer pour obtenir des soins médicaux sont visées. Dans un cas, le retard aurait pu contribuer au décès d’un enfant de 3 ans. Il arrive que les membres des forces de sécurité menacent, détiennent illégalement et même passent à tabac les personnes qui ne peuvent ou ne veulent pas les payer.

« Des membres des forces de sécurité s’enrichissent sans vergogne sur le dos des gens dans l’ouest de la Côte d’Ivoire », a affirmé Matt Wells, chercheur sur la Côte d’Ivoire à Human Rights Watch. « Alors que le gouvernement Ouattara avait au départ promis de prendre des mesures énergiques contre l’extorsion aux postes de contrôle, cette pratique se poursuit à grande échelle dans cette région du pays ». La plupart des conducteurs de véhicules et d’autres résidents de l’ouest de la Côte d’Ivoire ont affirmé constater, depuis l’arrivée au pouvoir d’Alassane Ouattara, une amélioration de la situation sur les principaux axes reliant les villes.

Ils ont ainsi souligné une baisse du nombre de postes de contrôle sur ces routes par rapport à l’époque où Laurent Gbagbo était au pouvoir, ainsi qu’une diminution du nombre de détentions arbitraires et de passages à tabac – des pratiques, auparavant fréquentes, qui visaient les Ivoiriens du Nord et les immigrants d’Afrique de l’Ouest. Cependant, nombre de ces mêmes personnes ont expliqué que la pratique de l’extorsion aux barrages situés sur des routes secondaires était sans doute pire qu’avant.

Le gouvernement ivoirien devrait enquêter sur les membres des forces de sécurité impliqués dans des actes d’extorsion et les poursuivre en justice, a commenté Human Rights Watch. Le gouvernement devrait placer des unités de sa brigade anti-racket dans les grandes villes à travers le pays, et étendre la portée de son « numéro vert » anti-racket à tout le pays pour permettre à la population de signaler les exactions rapidement et anonymement par téléphone.

Les efforts menés à Abidjan pour lutter contre l’extorsion ont du mal à parvenir jusqu’à l’ouest du pays. L’ouest de la Côte d’Ivoire a été à plusieurs reprises le théâtre d’attaques transfrontalières lancées à partir du Libéria, les plus récentes remontant au 13 et 23 mars dans les villages de Zilebly et Petit Guiglo, respectivement. Si cela peut justifier une présence accrue des forces de sécurité dans la région, notamment la mise en place de postes de contrôle, cela ne doit pas servir de prétexte à la pratique de l’extorsion, a commenté Human Rights Watch.

En février et juin 2013, Human Rights Watch s’est rendu dans une cinquantaine de villages situés entre Duékoué et Toulepleu et entre Danané et Zouan-Hounien. Des dizaines de personnes ont été interrogées : des conducteurs, des commerçantes sur les marchés, des propriétaires de petits magasins et de maquis (restaurants), ainsi que des immigrants. Tous ont décrit la pratique fréquente et ouverte de l’extorsion aux barrages routiers et le comportement criminel connexe des forces de sécurité qui y officient. Human Rights Watch a interrogé des motocyclistes, des chauffeurs de taxi et de minibus et même des cyclistes qui ont tous expliqué qu’ils étaient régulièrement contraints de verser de l’argent aux barrages routiers pour pouvoir poursuivre leur chemin.

Les cyclistes paient en général 200 francs CFA (0,40 $US) à chaque barrage, tandis que les conducteurs de véhicules sont souvent tenus de régler entre 1 000 et 2 000 francs CFA (2-4 $). Le conducteur d’un gbaka (minibus) de 20 places basé à Guiglo a raconté à Human Rights Watch que les chauffeurs doivent verser le même montant à chaque poste de contrôle sur chacun des grands axes au départ de Guiglo, même lorsque tous leurs papiers sont en règle.

Les actes d’extorsion sont commis au vu et au su de tous. Human Rights Watch a pu constater à plusieurs reprises que des véhicules étaient retenus à des barrages. En février, près du village de Kahen, un chercheur de Human Rights Watch a été témoin d’une scène où un militaire se plaignait de devoir trouver de la monnaie pour un conducteur qui n’avait pas la somme exacte. Les barrages sur les routes secondaires sont souvent le théâtre d’actes d’extorsion particulièrement abusifs.

Sur les grands axes reliant les villes, toutes les forces de sécurité – dont l’armée, la gendarmerie, les douanes et l’unité des eaux et forêts – se trouvent fréquemment aux postes de contrôle et s’adonnent à des actes d’extorsion. Les conducteurs nous ont souvent déclaré : « Ils sont tous pareils. » Sur les routes secondaires non goudronnées, ce sont principalement les soldats de l’armée nationale, les Forces républicaines (ou FRCI), qui assurent la permanence des barrages et sont les principaux auteurs de tels actes, ont affirmé des victimes et des témoins. Les motocyclistes et les chauffeurs routiers ont qualifié les actes d’extorsion d’« organisés », suggérant ainsi une pratique systématique.

Ils ont précisé qu’en général, ils ne donnent de l’argent qu’une fois par jour à chaque poste de contrôle, les membres des forces de sécurité notant leur nom ou le numéro de leur véhicule lors de leur premier passage. Un chauffeur à Guiglo a affirmé : « On entend un [soldat] crier à son ami, ‘Est-ce que la voiture numéro 322 est déjà passée aujourd’hui ? Non ? Bien, vous devez payer 1 000 francs [CFA].’ Ils ne cachent pas le racket.

C’est comme si c’était leur droit, comme s’ils en avaient l’autorisation ». Human Rights Watch a documenté trois cas lors desquels des membres des forces de sécurité ont battu ceux qui refusaient de payer, notamment un jeune homme qui s’est fait fracturer le bras et a dû passer trois jours à l’hôpital. Dans plusieurs autres cas, les forces de sécurité ont contraint les personnes à rester au barrage routier durant plusieurs heures, voire jusqu’au lendemain matin, en attendant que le chauffeur trouve quelqu’un pour lui apporter l’argent à payer.

Human Rights Watch a rendu compte de quatre cas lors desquels des soldats officiant à des barrages routiers ont empêché des personnes d’obtenir des soins d’urgence pour un membre de la famille souffrant. Ainsi, un père de famille qui avait essayé d’amener son enfant de 3 ans gravement malade à l’hôpital a expliqué que les soldats lui avaient réclamé 3 000 francs CFA (6 $). L’homme n’avait pas l’argent et il a supplié les soldats de le laisser passer, mais ceux-ci ont refusé – obligeant l’homme à se rendre à pied au village le plus proche pour y emprunter de l’argent. Plus d’une heure après son arrivée au poste de contrôle, le père versait la somme demandée et pouvait repartir avec son fils.

L’enfant est mort avant d’atteindre l’hôpital régional où il aurait pu recevoir les soins dont il avait besoin. « Certains soldats aux barrages routiers sont si impitoyables dans leur manière de demander de l’argent à tous les passants qu’ils sont même prêts à faire obstacle à ceux qui ont de toute urgence besoin de soins médicaux », a déclaré Matt Wells. « Cette attitude est répugnante, et elle ne fait qu’exacerber le sentiment de méfiance envers les forces de sécurité d’une grande partie de la population dans l’ouest de la Côte d’Ivoire. »
Dans certaines régions de l’ouest du pays, le nombre de barrages routiers et les montants réclamés augmentent les jours de marché afin de profiter de l’affluence des gens qui viennent vendre et acheter des marchandises.

Human Rights Watch a rendu compte de la manière dont des membres des forces de sécurité à certains barrages extorquent de l’argent aux femmes qui achètent et vendent des marchandises au marché. Plusieurs marchandes ont ainsi expliqué qu’il leur fallait augmenter leurs prix de vente des denrées alimentaires pour pouvoir couvrir les paiements des sommes extorquées. L’extorsion est si extrême autour du village de Kaade que plusieurs résidents ont déclaré qu’ils craignaient que le marché du dimanche n’y survive pas.

Human Rights Watch a également constaté que des immigrants du Burkina Faso sont la cible d’exactions spécifiques dans la région située aux alentours de Bloléquin. Même lorsqu’ils sont passagers d’un véhicule, les forces de sécurité leur confisquent souvent leurs papiers d’identité aux barrages routiers et leur demandent 1 000 francs CFA avant de leur rendre les papiers, affirmant que ceux-ci sont illégaux car délivrés dans une autre région de la Côte d’Ivoire. Or un représentant du gouvernement a déclaré à Human Rights Watch que ces papiers d’identité sont en réalité valides dans tout le pays.

Human Rights Watch a présenté ses conclusions à des représentants de la Présidence ivoirienne, du bureau du Premier ministre et de l’état-major de l’armée. Ces représentants ont promis d’enquêter rapidement, précisant qu’ils n’auraient « aucune pitié » pour les forces de sécurité impliquées dans des actes d’extorsion. Un représentant a fourni des documents qui renseignent sur la stratégie déployée par l’armée pour améliorer ses résultats dans le domaine des droits humains, y compris aux postes de contrôle. Cette stratégie repose sur une formation aux droits humains, dont une session sur le comportement à adopter aux postes de contrôle, ainsi que sur l’imposition de sanctions aux auteurs d’atteintes aux droits humains. Ce représentant a précisé que le procureur militaire avait engagé des poursuites à l’encontre de plusieurs soldats impliqués dans des actes d’extorsion et de racket.

L’extorsion est un acte illégal en vertu du droit ivoirien. Elle porte également atteinte au droit des personnes à jouir de la liberté de mouvement prévu par le Pacte international relatif aux droits civils et politiques et au droit à la propriété des personnes garanti par la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples. Dans certains cas où l’extorsion à un barrage routier a gêné l’accès à des soins de santé ou nui à la sécurité alimentaire, le gouvernement a également enfreint les droits à la santé et à l’alimentation prévu par le Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels.

« Le gouvernement Ouattara a placé l’amélioration de l’économie du pays au cœur de son programme politique, mais l’extorsion à laquelle se livrent sans relâche les forces de sécurité dans l’ouest de la Côte d’Ivoire a des répercussions dévastatrices sur les moyens de subsistance de la population », a conclu Matt Wells. « Il est primordial que les autorités ivoiriennes mettent rapidement fin aux abus perpétrés par les forces de sécurité à l’encontre des personnes qu’elles sont censées protéger »...


Paris, le 1er juillet 2013 HRW

Jeudi 4 Juillet 2013
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1.Posté par charlie bronx le 04/07/2013 10:06 | Alerter
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Human Rights Watch partage la responsabilité de ces exactions. En effet, ce sont eux, et d'autres, qui se sont soigneusement employés à démonter brique par brique un Etat qui fonctionnait plus ou moins bien, et qui avait donc des chances sérieuses de régler ce problème définitivement si on ne lui avait pas cyniquement mis des bâtons dans les roues.

Le fait de dénoncer le résultat de leur propre oeuvre ne les exonère en rien du tout. Nous ne sommes pas dupes.

2.Posté par souscek le 04/07/2013 15:44 | Alerter
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Exact charlie, où étaient ils entre 2002 et 2010, que on devenus leurs rapports préfabriqués cousus de fil blanc et menongers sur cette pauvre Côte d'Ivoire, ces chiens errants, charognards de dépouilles morteles, travaillent pour ceux qui les financent, et qui leur dictent le contenu de leurs "torchons" qu'ils appellent "rapports"! Après le chapitre 1 de leur réthorique (lècher l'entre fesse du monstre wat à rat), ils sont au chaptre 2, (lâcher le monstre qu'on fabriqué), pour se redonner du crédit e se dédouanner es massacres qu'on a instguer, financé, cauionné ! puis viendra le chapitre3, (lincher le monstre) pour boucler le cycle macabre de l'éternel colon ! Une seule chose nous mettra définitivement à l'abri de cette odieuse attitude, notre véritable indépndance ! Celle que nous obtiendrons sans négocier ! A très bientôt !

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