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Environnement des affaires: Les investisseurs de Ouattara invisibles

le Vendredi 13 Septembre 2013 à 06:35 | Lu 472 fois



Environnement des affaires: Les investisseurs de Ouattara invisibles
Une communication outrancière se fait autour de l’amélioration de l’environnement des affaires. Combien d’investisseurs ont-ils été convaincus ? Très peu, à l’évidence.

« Les investisseurs frappent aux portes de la Côte d’Ivoire ». Une antienne débitée à chaque visite d’hommes d’affaires dans le pays. Personne ne doute des énormes potentialités dont regorge la Côte d’Ivoire. Seulement, on ne perçoit pas cet attrait dans les décisions d’investissements. A part l’usine de ciment de la Cimaf du groupe marocain Addoha, l’hôtel Onomo, trois complexes hôteliers en chantier de Telyeum et de Azalai, quelques contrats d’exploration (Talaveras et Randgolg Ressources), et la réhabilitation de l’usine de transformation de l’anacarde de Bouaké par le groupe Olam, rien n‘indique la présence significative d’investisseurs en Côte d’Ivoire. On ne fait qu’organiser des rencontres entre hommes d’affaires, des forums ivoiro-tel pays sans suite visible. D’où les questions que se pose l’Ivoirien lambda : Combien d’investisseurs sont-ils présents aux portes de la Côte d’Ivoire ? Combien sont-ils entrés ? Combien sont-ils restés ? Combien ont effectivement investi, et quelle est leur contribution à l’économie nationale ? Voilà des questions qui réclament réponse hors des autocélébrations psychédéliques.


Un seul point positif : le gouvernement a pris des mesures pour améliorer le climat des affaires. Notamment, la mise en place du Guichet unique de l’investisseur, l’adoption de la loi relative à la concurrence, l’adoption de la loi relative à la prévention et à la lutte contre la corruption et les infractions assimilées, l’adoption de la loi fixant les attributions, la composition, l’organisation et le fonctionnement d’une Autorité chargée de la transparence de la vie publique et de la lutte contre la corruption et les infractions assimilées.

Ce sont ces mesures que le chef de l’Etat, Alassane Dramane Ouattara, présente aux hommes d’affaires qu’il rencontre lors de ses nombreux et inutiles voyages. Ce sont ces mesures que le Cepici brandit comme arguments attractifs pour la Côte d’Ivoire. Dans les faits, ces mesures sont-elles respectées ? La réalité est toute autre.

Beaucoup d’appelés,
peu se décident

Quand ils se renseignent sur la cartographie socio-économique du pays, ils se rendent compte qu’il y a de nombreuses insuffisances. Car l’homme d’affaires rigoureux a un référentiel qu’il utilise avant de se décider. Et l’un des critères est la taille du marché ou de l’économie mesurée à partir du taux de croissance. Or, les milieux d’affaires - qui ne se laissent pas manipuler par les taux de croissance « cosmétiques » des institutions internationales - savent bien que l’économie ivoirienne s’est considérablement dégradée et que la paupérisation de la population limite de fait la taille du marché.

Donc un retour rapide sur investissement qui n’est pas certain.
Les opérateurs économiques ou entreprises qui cherchent des fusions-absorptions ou acquisitions et qui se lancent tout de même ne sont pas bien lotis non plus. Au cours des rencontres B2B, ils se désolent de n’avoir pas en face d’eux des interlocuteurs valables. Car, en matière de capacités industrielles ou de services, les opérateurs économiques nationaux n’ont pas grand’chose à offrir. Pour tenter de les retenir, Alassane Ouattara leur offre sur un plateau d’or des entreprises à privatiser. On sort complètement du processus normal de prise de décision à partir d’intérêts attractifs.

Un autre fait est que la venue massive d’investisseurs dans un pays est tributaire de la situation sécuritaire. Même si la situation semble s’être améliorée, les clignotants de sécurité ne sont pas tous au vert. Barrages illégaux et grand banditisme, et justice partisane se partagent l’actualité. En plus, le « risque politique » court encore tant que le processus de réconciliation n’est pas achevé. C’est pourquoi, les gros investisseurs demandent des garanties à l’Etat avant de s’engager. Et c’est la Banque mondiale, un des soutiens du régime, qui sert de garantie à travers le Miga.
Où sont ces investisseurs qui ont fait entrer 300 milliards FCFA dans les caisses de l’Etat au premier trimestre ?


J-S Lia liasylve@yahoo.fr

Vendredi 13 Septembre 2013
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