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En Côte d’Ivoire, une réconciliation en « panne sèche »

le Vendredi 19 Juillet 2013 à 00:00 | Lu 414 fois



En Côte d’Ivoire, une réconciliation en « panne sèche »
ABIDJAN (Région des Lagunes)- Plus de deux ans après une crise politico-militaire sanglante, la réconciliation est toujours en panne en Côte d’Ivoire, alors que la commission chargée de conduire ce processus crucial est censée boucler bientôt ses travaux. Réconciliation: le mot est sur toutes les lèvres. Du côté du président Alassane Ouattara comme du Front populaire ivoirien (FPI), parti de l’ex-chef de l’Etat Laurent Gbagbo, chacun en fait une profession de foi, pour tourner la page de la crise postélectorale de décembre 2010-avril 2011, qui a fait environ 3.000 morts.

Mais les récents échanges entre les ennemis d’hier montrent que le fossé
demeure. En tournée début juillet dans le Nord, son fief électoral, M. Ouattara a appelé le FPI à « demander pardon aux victimes » de la crise, déclenchée par le refus de M. Gbagbo de reconnaître sa défaite à la présidentielle de novembre 2010. Le FPI, qui considère toujours que son champion – détenu à La Haye par la Cour pénale internationale (CPI), qui le soupçonne de crimes contre l’humanité – avait remporté le scrutin, a sèchement rejeté cette semaine cet appel au « repentir ». Et il a renvoyé au camp Ouattara la responsabilité de la violence. Installée par le chef de l’Etat en septembre 2011, la Commission dialogue, vérité et réconciliation (CDVR) s’est invitée dans le débat.

« Dans ce qui est arrivé à la Côte d’Ivoire, les torts sont partagés », a affirmé son président, l’ex-Premier ministre Charles Konan Banny. « Il importe que tous ceux qui ont commis des violations des droits humains le reconnaissent et fassent acte de repentance », a-t-il souligné, en clôturant en fin de semaine dernière un colloque sur les « causes profondes » de la longue décennie de tourmente ivoirienne. Le chantier de la réconciliation reste donc immense. Or, la CDVR est censée achever dans moins de trois mois son mandat de deux ans. M. Banny demandera-t-il de prolonger le bail de la commission ? La « limitation dans le temps » n’est « pas la meilleure » des solutions, explique-t-il à l’AFP, suggérant que deux ans ne suffiront pas. Compte-t-il lui-même rempiler à son poste? L’intéressé maintient le flou sur ses intentions.

« catharsis nationale »

Mais, dans la classe politique, beaucoup se demandent si M. Banny ne va pas s’engager dans une autre bataille: celle de la présidentielle de 2015. Dans ce but, il pourrait tenter de prendre le contrôle de sa formation, le Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI), principal allié de M. Ouattara, qui doit renouveler ses instances en octobre.
Au moment où la Commission réconciliation s’approche de la fin de son mandat, la question de son bilan se pose plus que jamais. Sur ce point, politiques, diplomates, ONG et observateurs se montrent le plus souvent d’une grande sévérité.
« La CDVR est en panne sèche », lance René Legré Hokou, président de la Ligue ivoirienne des droits de l’Homme (Lidho), lui reprochant son manque de visibilité et d’actions concrètes. Promises depuis des mois par la commission, les audiences publiques censées confronter « bourreaux » et « victimes » à travers le pays n’ont toujours pas commencé. Cette « grande catharsis nationale », selon l’expression de M. Banny, est pourtant très attendue. Sous le feu des critiques, certains à la commission invoquent des ressources financières insuffisantes, mais aussi le climat politico-judiciaire qui compliquerait leur tâche.
Dernier épisode en date: 84 personnalités ou proches du régime Gbagbo, dont l’ex-Première dame Simone Gbagbo, viennent d’être renvoyés devant une cour d’assises pour leur implication présumée dans la crise de 2010-2011. La date du procès n’est pas encore fixée. Si, pour le président Ouattara, il ne peut y avoir de réconciliation sans
justice, les partisans de M. Gbagbo y ont vu une nouvelle illustration d’une « justice des vainqueurs ». La justice ivoirienne n’a encore engagé aucune poursuite concernant les graves crimes imputés aux forces pro-Ouattara durant la dernière crise.
Pas de quoi aider à relancer les discussions entre gouvernement et FPI, bloquées depuis plusieurs mois. Or, il s’agit de préparer le terrain pour la présidentielle de 2015, à laquelle M. Ouattara est d’ores et déjà candidat. Membre de la CDVR, Mgr Siméon Ahouana, l’évêque de Bouaké (centre), confie avoir « des préoccupations » concernant l’élection. Le président de la Lidho est plus direct: pour lui, si la réconciliation n’avance pas d’ici là, « il faut craindre qu’on ne retombe dans des violences encore plus graves ».

Vendredi 19 Juillet 2013
Vu (s) 414 fois



1.Posté par De mama KOUDOU le 19/07/2013 10:45 | Alerter
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on ne se réconcilie pas avec le fpi on se réconcilie entre ivoiriens

2.Posté par Hermann N'da le 19/07/2013 21:00 | Alerter
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Comment peut-on parler de "panne sèche" alors que la réconciliation n'a, en réalité, jamais connu un début de commencement en CI?

La vérité est que ce concept est un simple slogan politique voire démagogique en direction des partenaires extérieurs.

Voilà, c'est tout !

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