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En Côte-d’Ivoire un traumatisme de plus

L'Afrique en mouvement - Afrik53.com : Infos 7J/7 le Samedi 19 Mars 2016 à 18:36 | Lu 322 fois



Par Dr. Serge-Nicolas NZI

I – Introduction

En ces temps de désarrois ou la barbarie avance à grand pas pour prendre en otage le destin d’un peuple, il n’y a pas de place pour les polémiques inutiles et les affrontements partisans qui nous ont conduit dans cette impasse sanglante du temps présent. L’heure est à la compassion, au respect des morts, à l’unité et à la cohésion nationale. Ceux qui sont morts étaient nos frères et sœurs ainsi que des amis.

Cela étant dit, il faut revenir aux fondamentaux de la sécurité nationale et rassurer tous les ivoiriens. En septembre 2002, il y a eu la même barbarie, la même lâcheté et des morts innocentes, sans compter la destruction des biens matériels. Les gendarmes égorgés à Bouaké et jetés dans des fosses communes, les femmes éventrées. Bref, les catalogues de tous ces crimes impunis sont encore devant nous avec leurs auteurs qui circulent librement et promus à des postes de responsabilités dans l’appareil d’état.

L’unité nationale qui devait être l’anticorps de notre pays en de telles circonstances est difficilement joignable si on se rend compte que l’impunité et le rattrapage ethnique comme doctrines de gouvernement ont divisé la Côte-d’Ivoire et fragilisé durablement le socle intérieur de la nation comme espace de solidarité et de fécondation de la cohésion du peuple ivoirien.

Pendant des années le gouvernement ivoirien à concentrer ses forces de sécurité sur les proches de Laurent Gbagbo, on a poussé l’absurde jusqu’à désarmer la gendarmerie et la police nationale, on a rempli les prisons, bloqué les comptes bancaires, poussé des milliers d’ivoiriens à l’exil, on a rasé des villages entier dans l’Ouest du pays et favorisé l’installation par convoie entier de burkinabés même dans les forêts classées de la république.

Tous les appels de bon sens invitant à la modération, à un dialogue national utile et à une recomposition de la Côte-d’Ivoire sur les bases de la tolérance, de la paix et du pardon mutuel dans une justice non partisane n’ont pas eu d’écho auprès d’un pouvoir qui a fait de la ségrégation ethnique sa vision et sa finalité politique. Et voilà qu’aujourd’hui par une de ces ironies dont seule la grande hache de l’histoire à le secret. Le président qui a favorisé son clan, ses amis et son ethnie, a brusquement besoin de nous tous ensemble, pour faire front et pour faire face aux barbus hystériques qui prétendent défendre un autre islam que celui de paix et de tolérance dont se réclame du chef de l’état.

II – Que faire pour sortir de ce traumatisme ?

Dans la vie, il y a des décisions qui si ont les prend tardivement, elles n’ont plus d’effets et deviennent des mauvaises décisions car dépassées parce que prise trop tard. Le couvre feu après l’attentat est dans ce sens une décision tardive et inutile. Les ivoiriens médusés, hagards et hébétés constatent l’immense désastre du terrorisme sous leurs yeux. Les dommages de ces années de violences sur nos populations au plan physique, psychique et psychologique sont énormes. Ils sont nombreux les ivoiriens qui ont perdu confiance en eux même, il y a ceux qui se disent qu’ils n’ont plus d’avenir dans leur propre pays car ils sont du mauvais groupe ethnique. Il y a ceux qui ont perdu leur emploi, leurs maisons ou leurs plantations pour avoir soutenu Laurent Gbagbo. Il y a ceux qui sont en exil et ne savent pas quand ils pourront rentrer chez eux.

L’exposition à long terme à l’humiliation, aux agressions, aux braquages, à la pauvreté et aux harcèlements de toutes sortes, les rendent tous vulnérables psychologiquement et font d’eux des citoyens de seconde zone.
Voilà ce qui n’est pas acceptable et qui dans le long terme peut être préjudiciable à la cohésion nationale nécessaire pour féconder l’unité de tous les ivoiriens. De nombreux ivoiriens souffrent de troubles post-traumatiques de toutes ces violences et des moyens de mort qui ont été utilisé contre eux pour le triomphe des petits intérêts sordides et mesquins d’un groupe ethnique, d’un clan et d’une tribu. Il faut sortir de cet engrenage malheureux. Un pays ne peut pas renier une partie de sa propre composante sans se renier lui-même.

III – Quelle sont les mesures à prendre dans une telle situation

Compter sur le renforcement du contingent de l’armée française sur place pour se défendre est un leurre. La France par deux fois n’a pas réussi à protéger ses propres ressortissants contre la barbarie djihadiste. Elle ne va pas venir faire en Afrique ce qu’elle n’a pu faire sur son propre nez, il ne faut pas rêver. Compter sur nous même en créant les conditions de notre survie commune. Telle est la voie que nous indique le sens profond des luttes de nos pères.
Le moment est donc venu pour que le président de la République, s’affirme et s’affiche comme le président de tous les ivoiriens. Il doit gagner la confiance de tous les ivoiriens en retrouvant sa légitimité dans les yeux de chacun de nous.

En quoi faisant ?

– En faisant de l’armée mono ethnique FRCI, une armée nationale digne de ce nom et non une milice privée au service d’un régime contre le reste de la nation. En désarmant les dozos, les gogos et autres zozos, qui ne font que terroriser les ivoiriens.

– En libérant tous ceux qui sont emprisonnés pour des motifs politiques liés à leur attachement à Laurent Gbagbo, il faut en finir avec ces harcèlements judiciaires dignes des époques staliniennes.

– Instaurer un vrai dialogue national utile pour en finir une fois pour toute avec tous les contentieux liés à la crise postélectorale qui continuent d’empoisonner les rapports interpersonnels des ivoiriens.

– Revenir aux fondamentaux de la république pour que les concours administratifs et les nominations ne soient plus sur des bases ethno tribales, mais sur le mérite et la compétence. Que les milliers de cadres ivoiriens qui ont perdu leurs emplois et sont à la maison, retrouvent le travail pour lequel ils sont payés par l’état ivoiriens.

– Que la sécurité intérieure et la lutte contre la criminalité organisée soient au cœur d’une vraie politique de sécurité nationale. – Des mesures appropriées doivent être prises aujourd’hui et maintenant et mises en exécution pour neutraliser, les microbes, les coupeurs de routes et les braqueurs qui ont fait de la Côte-d’Ivoire le paradis de leur réussite au nez et à la barbe des forces de l’ordre totalement démunies face à ce type de criminels surarmés.

– Ceux qui ont pris la décision de désarmer la gendarmerie et la police au nom de leurs petits intérêts sordides et mesquins ont rendu un mauvais service à la nation car la Côte d’ivoire est aujourd’hui le pays le plus facile à attaquer les preuves sont sous nos yeux.

– Dans cette période ou le drapeau djihadiste flotte de Kidal à Grand-Bassam et de la Mauritanie à la Somalie, il faut aujourd’hui et maintenant instaurer l’exigence de visas aux frontières de la Côte-d’Ivoire pour les ressortissants de la CEDEAO , ne pas le faire aux noms des accords dont nous voyons nous même les effets néfastes sur notre sécurité intérieure, nous conduira inéluctablement vers une plus grande tragédie. Car les djihadistes ont déjà dit que pour l’instant il ne s’agit que d’un avertissement.

– Il faut tout de suite et maintenant doter notre pays d’un vrai service de renseignement capable d’infiltration, d’anticipation, de prévention et de neutralisation. Il faut sortir de cette vision ou on utilise les services de l’état contre les citoyens comme la Stasi dans l’ancienne Allemagne de l’est. En se concentrant sur les pro-Gbagbo on a laissé les terroristes franchir la frontière Nord avec armes et bagages au nez des forces de l’ordre pour traverser le pays et aller à Grand-Bassam, identifié un site et planifier un attentat terroriste ainsi que son exécution.

– Il faut doter la police et la gendarmerie de moyens adéquats les petits pistolets de 1950 qui sortent des rebuts de la coopération française ne sont absolument rien face à l’AK47 des terroristes et des grenades à fragmentation dont-ils disposent. Il faut acheter les armes chez ceux qui ont gagné leur guerre et dont l’efficacité militaire est connu de nous tous.

– Les russes, pour les Kalachnikov AK74 et AN-94. Les Norinco CQ 311 chez les chinois, les M14 et M16 chez les américains, les SAR-87 chez les britanniques, les PM UZI et les AMI NEGEV chez les Israéliens. Voilà où il faut aller acheter les armes pour nous équiper et faire face à la barbarie

– Qui a fait son service militaire connait l’efficacité des armes que nous venons de citer et d’identifier, ceux qui pensent défendre leur pays avec des petits pistolets ou des fusils dont l’efficacité reste dérisoire et qui n’ont pas fait le poids pendant l’occupation de la France par les nazis se trompent d’époque, car les terroristes s’équipent en armes de grande efficacité avant de passer à l’attaque et l’exécution de leurs victimes.

– Dans le domaine de la santé la Côte d’ivoire doit créer aujourd’hui et maintenant un corps de médecins urgentistes capables d’être transporté sur les lieux de la tragédie pour constituer avec du matériel adéquat un poste médical avancé près du théâtre des attentas pour que les blessés qui se vident de leur sang soient vite pris en charge et orienté vers les services compétents.

– Demander à l’institut national de transfusion sanguine de constituer un stock stratégique de sang capable de permettre à la médecine d’urgence de perdre moins de temps dans un cas de figure d’attentat terroriste. Courir pour chercher du sang à gauche et à droite dans ces moments tragiques est une forme d’imprévoyance totalement inacceptable dans un pays qui a des responsabilités de de santé publique.

– Il faut enfin restaurer les corridors de contrôle de gendarmerie aux entrées et aux sorties de la ville d’Abidjan ainsi que sur les grands axes routiers du pays.

– Et enfin, arrêter, emprisonner ou expulser de la Côte-d’Ivoire tous les prédicateurs salafistes et ceux qui sont liés de près ou de loin aux djihad dans la sous-région. C’est bien eux qui animent et entretiennent les cellules dormantes du djihadisme.

IV – Postulat de conclusion

Nous auront pu garder le silence que nous observons depuis plusieurs mois sur la Côte-d’Ivoire, ses contradictions et les incohérences de sa classe politique, mais Les djihadistes nous disent que le carnage de Grand-Bassam n’est qu’un avertissement. Que deviendra notre pays à la seconde étape où ils se feront exploser dans nos marchés ou dans des explosions dans les bus de transport en commun ? Que deviendra la Côte-d’Ivoire si les sites pétroliers en bordure de mer ou des villes sensibles comme Aboisso, Jacqueville ou San Pedro seront attaqués et coupés du reste du pays ?

Nous parlons ici de choses visibles dans des pays frères de la sous-région Ouest Africaine. Pendant des années l’intellectuel critique de sa propre société fut considéré comme un ennemi du régime au lieu d’y voir une posture nécessaire à une recomposition du pays au profit de tous les ivoiriens.

On a fiché ceux qui de l’étranger élèvent des voix en sens contraire, on a écarté des officiers spécialistes du renseignement pour y nommer des gens dont l’ethnie justifiait ce qu’ils sont. L’état devenu partisan, partial, partiel et parcellaire, à perdu sa sève nourricière, il n’est plus fécondé par la raison et ne comprend pas encore que l’ennemi est le drapeau du djihad qui flotte sur son nez plus nocif que jamais.

C’est ici qu’il faut dire à Alassane Dramane Ouattara, que le rattrapage ethnique à fait son temps et la preuve aussi de son inefficacité en temps de crise. Il doit sortir du mépris, de la suffisance pour retrouver les voies du dialogue fraternel, les voies qui conduisent à l’humilité, au partage, à la justice et à la dignité pour tous. En ces heures sombres le président de la république doit être un rassembleur et non un diviseur vautré sur ses certitudes et les intérêts de son seul clan.
Le rappeur et écrivain français d’origine algérienne, Médine Zaouiche, résume mieux notre propos quant- il dit:

« Avant d’être un loup pour l’homme, l’homme est un loup pour lui-même, le loup mauvais et le bon loup sont les rouages de son système l’un est colère, envie, chagrin avidité l’autre est bon, paix, espoir et empli d’humidité ils combattent pour le passage à l’action maitrisent le résultat mais jamais nos intentions. Ce même combat à lieu en chacun de nous celui que l’on nourrit sera le vainqueur des deux loups »

Voilà pourquoi nous parlons d’humilité, d’unité, de dialogue et de cohésion nationale en ces heures de tristesse et de barbarie.

Le nombre incroyable de jeunes gens sans travail et sans avenir prêt à répondre à l’appel du diable est suffisamment éloquent pour que nos petites querelles de préséance, de personnes et d’amour propre n’obscurcissent plus l’avenir commun d’une nation qui par essence se veut solidaire. Tel est notre propos de ce jour.
Merci de votre aimable attention.

Dr Serge-Nicolas NZI

Chercheur en communication
LUGANO (suisse)
Tel. 0041792465353
Mail : nicolasnzi@bluewin.ch

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Samedi 19 Mars 2016
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