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En Côte d’Ivoire, les filles de ménage se rebiffent

L'Afrique en mouvement - Afrik53.com : Infos 7J/7 le Jeudi 10 Décembre 2015 à 09:07 | Lu 1242 fois

« Cela fait trois mois que Madame et moi faisons le tour des agences de placement. Malheureusement, nous n’obtenons personne », déplore Emile, visiblement désemparé. Après trois ans de chômage, l’informaticien de 34 ans a quitté en juin son Sicobois de Port-Bouët pour s’installer à la lisière du quartier chic de Cocody-Angré, dans l’est d’Abidjan. Sa maison lui coûte 100 000 francs CFA, près d’un tiers de son salaire mensuel.



L’ingénieur pensait avoir suffisamment de réserves pour se payer les services d’une fille de ménage qui ferait la lessive, accompagnerait ses deux enfants à l’école, mais il a déchanté.

« Il y a cinq ans encore, rappelle-t-il, avec 15 000 francs CFA [23 euros], on se trouvait rapidement une servante. Parfois même on avait l’embarras du choix. Aujourd’hui, ces filles-là réclament entre 30 000 francs CFA [46 euros] et 60 000 francs CFA (92 euros). C’est incroyable ! » L’ingénieur indigné, qui compte épargner pour s’offrir une voiture, refuse de débourser une telle somme. Surtout que certaines filles refusent de passer la nuit chez l’employeur ou encore de s’occuper d’enfants trop turbulents, dit-il. « Le comble, c’est qu’il y a même des bonnes qui fixent l’heure du travail, de 7 heures à 18 heures, afin de pouvoir rentrer chez elles. Alors que nous, les parents, rentrons tardivement en raison des embouteillages dans la ville ! »

Son voisin, Rodolphe, lui, a jeté l’éponge dès sa première tentative. « Il nous fallait juste une fille pour la lessive et la cuisine afin de soulager mon épouse, qui est nourrice. Elle nous a fixé un salaire mensuel de 40 000 francs CFA [61 euros]. Soit la somme que je dépense chaque mois en carburant pour la voiture. C’est trop ! », tranche-t-il. Dans les médias, la crise à un nom : « la révolte des filles de ménages ».

« Certains employeurs nous exploitent »
C’est pourtant bien le Parlement qui, en 2014, a adopté un projet de loi fixant les conditions de ces bonnes. Une loi votée à la suite d’une enquête qui révélait que ces travailleurs représentaient un corps de métier important et particulièrement malmené en Côte d’Ivoire. Un million des quelque cinq millions d’Abidjanais sont employés dans ce secteur.

Des domestiques qui évoluent encore dans un univers mafieux, à la limite du trafic d’êtres humains où des jeunes femmes souvent mineures sont exploitées et brimés. C’est pour lutter contre ces pratiques que le gouvernement a notamment décidé de relever le salaire minimal interprofessionnel garanti (passé de 36 000 à 60 000 francs CFA).

Les filles de ménage « font de ce montant leur salaire de base. Nous ne savons pas pourquoi des personnes s’en plaignent », regrette Julien Amédée, gérant d’une agence de placement. « Certains employeurs nous exploitent. Ils nous soumettent à des travaux intenses pour une rémunération dérisoire. D’autres abusent sexuellement de nous et nous vilipendent ensuite », dénonce Henriette Daléba, domestique depuis dix-sept ans.

Pour pallier le manque d’organisation des acteurs du secteur, incapables pour le moment de défendre leurs intérêts, le ministère ivoirien de la solidarité, de la famille, de la femme et de l’enfant a lancé des formations. « Il était temps que l’injustice cesse. S’il n’y a plus que les “boss” [personnes aisées] pour nous embaucher, tant mieux. Les autres devront se débrouiller parce qu’on ne travaillera plus pour moins que 60 000 francs CFA par mois », tranche Henriette Daléba.

La classe moyenne se serre la ceinture
Au sein de la classe moyenne, en plein essor en Côte d’Ivoire, qui gagne entre 2 dollars (1 200 francs CFA – 1,80 euro) et 20 dollars (11 993 francs CFA – 18,30 euros) par jour, selon la Banque mondiale, la pilule a du mal à passer. Les couples, obligés de s’adapter, se serrent la ceinture. « Mon épouse, assistante sociale, a un petit revenu. Alors, on essaiera de couvrir cette charge en piochant chez elle », confie Arsène, agent de transit. Il gagne mensuellement 210 000 francs CFA (320 euros).

« Même si le besoin est fort, je fais moi-même le ménage. D’ailleurs, cela me permet de faire beaucoup d’économies », glisse pour sa part Adrienne, secrétaire de direction. Et tant pis si ces activités domestiques la mettent en retard au travail.

Afrik53.com : Infos 7J/7
Jeudi 10 Décembre 2015
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