Média Citoyen Libre
Afrik53.com
Afrik53 - Actualité Africaine , abidjan, cote d'ivoire :  infos du jour 7j sur 7,  nouvelle afrique , infos du jour,  infos afrique  , actualité ivoirienne  ,  infos cote d'ivoire ,  actu Afrique , actu cote d'ivoire , news afrique, abidjan.net
Média Africain Libre & Infos Utiles
Accueil
Envoyer à un ami
Version imprimable
Augmenter la taille du texte
Diminuer la taille du texte
Partager
Notez

Doudou Diène, expert indépendant de l’Onu, après une mission en Côte d’Ivoire : «Que Simone Gbagbo bénéficie d’une liberté provisoire»

le Vendredi 25 Octobre 2013 à 09:45 | Lu 972 fois



Doudou Diène, expert indépendant de l’Onu, après une mission en Côte d’Ivoire : «Que Simone Gbagbo bénéficie d’une liberté provisoire»
Doudou Diène est un célèbre avocat sénégalais connu pour son franc-parler. Expert indépendant des Nations unies sur les Droits de l’Homme, il vient d’effectuer une mission d’évaluation de dix jours en Côte d’Ivoire. Ce séjour, comme les autres qu’il a eu à effectuer ici, l’a conduit dans le nord-ouest du pays, plus précisément à Odienné où vit en résidence surveillée, depuis plus de deux ans, l’ex-Première Dame de Côte d’Ivoire, Simone Gbagbo. De tout cela, Doudou Diène en parle avec Christophe Boisbouvier de Rfi.

Rfi : Au regard des Droits de l’Homme, qu’est-ce qui va et ne va pas en Côte d’Ivoire ?

Doudou Diène : Ce qui va, c’est qu’en Côte d’Ivoire, après dix ans d’une crise violente, une Commission des Droits de l’Homme a été créée, les principaux organes de l’Etat ont été reconstitués sur l’ensemble du territoire. Deuxièmement, il y a un effort considérable pour la formation aux Droits de l’Homme à la fois de l’appareil sécuritaire d’Etat, mais également d’un certain nombre d’institutions de l’Etat. Maintenant, ce qui ne va pas, ou ce qui doit aller mieux, c’est que la reconstitution démocratique est institutionnelle, mais il est extrêmement important qu’elle soit confortée par un pluralisme inclusif.

C’est-à-dire faire en sorte que l’autre principal parti d’opposition, le Fpi, rentre dans le dialogue politique et participe aux élections. Un effort doit être fait des deux côtés. Un geste a été fait, qui a son importance : la liberté provisoire accordée aux anciens dirigeants détenus.

Rfi : Quatorze personnalités pro-Gbagbo ont été en effet libérées le 5 août 2013.

D.D. : J’appelle à une reprise vigoureuse et urgente du dialogue politique, parce que le calendrier électoral risque de tout brouiller. Il y a trois dossiers de nature à renforcer ce dialogue politique concrètement : la définition consensuelle d’un statut de l’opposition, la réforme de la Commission électorale indépendante qui n’est plus conforme à la situation actuelle, enfin la réforme des listes électorales.

Rfi : Entre décembre 2010 et avril 2011, les violences postélectorales ont fait quelque 3000 morts. Est-ce qu’un jour, les coupables seront jugés ?

D.D. : La question qui est peut-être la clé du déblocage du climat politique et du rétablissement de la confiance et de la réconciliation, c’est la question de l’impunité et de l’iniquité de la justice. Les groupes qui recourent à la violence l’ont fait parce qu’une culture d’impunité s’est installée. Donc il faut absolument que tous ceux qui ont commis des actes graves se rendent compte que la justice va suivre son cours. Et l’équité, c’est de faire en sorte que tous ceux qui ont commis des violations des Droits de l’Homme- quelles que soient leurs origines ethniques, leurs camps politiques- fassent l’objet de poursuites. Une autre dimension de la justice, c’est l’articulation de la justice interne et de la justice internationale.

L’ancien président Gbagbo est inculpé actuellement. Et à la Cour pénale internationale (Cpi), Mme Gbagbo a été inculpée et l’Etat ivoirien vient de décider légalement d’assumer sa priorité judiciaire. C’est-à-dire que l’Etat va assumer le jugement de Mme Gbagbo que j’ai rencontrée samedi dernier à Odienné. Mais ce jugement suppose que la justice ivoirienne dispose de toutes les capacités nécessaires pour le faire.

Rfi : Comment va Mme Gbagbo ?

D.D. : Elle a toujours la même vigueur intellectuelle, elle a même une force de caractère qu’on connaît chez elle. Deux ans de détention n’ont pu que l’affaiblir un peu physiquement. Je plaide pour qu’une attention importante soit accordée à ce que ses droits en tant que détenue soient pleinement respectés : droit à la santé, droit à la visite d’avocats… Je pense qu’il serait très important qu’elle bénéficie, dans un premier temps, de la liberté provisoire dont les autres ont bénéficié, et que le jugement puisse se faire dans les meilleures conditions. Il faut aussi qu’elle soit dans un environnement médical qui soit sécurisé.

Rfi : Ce qui n’est pas le cas à Odienné?

D.D. : A Odienné, c’est difficile. Elle est dans un environnement, une villa que j’ai visitée plusieurs fois. Ce n’est pas une cellule. Elle mange, elle a une cuisinière. Elle souhaite qu’un membre de sa famille puisse venir un peu lui tenir compagnie dans sa solitude. Donc, comme c’est un dossier lourd, je plaide, là aussi, pour que son cas fasse l’objet d’un acte symbolique. Je le souligne, parce que nous entrons- la Côte d’Ivoire entre- dans une ère dangereuse, la période préélectorale. Les élections de 2015, c’est demain.

Rfi : Sur les quelque 150 personnes inculpées pour les violences post-électorales, une seule appartient au camp d’Alassane Ouattara. Toutes les autres appartiennent au camp de Laurent Gbagbo. Est-ce que ça vous préoccupe ?

D.D. : Ça me préoccupe. Je crois que des efforts sont en train d’être faits, la justice est en train de se reconstituer. Mais il est certain que le fait que ceux qui sont actuellement poursuivis relèvent d’un seul camp perturbe l’ensemble du climat politique et judiciaire.

Rfi : Vous parleriez, comme Human Rights Watch, d’une justice à sens unique ?

D.D. : Je ne dirais pas ce mot, qui est peut-être un peu excessif. Et je n’utiliserais pas aussi le langage de «justice des vainqueurs». Il faut se rappeler que la Côte d’Ivoire sort de dix ans de non-droit. Donc la reconstitution de la justice ivoirienne prendra du temps. Mais il est important que l’indépendance de cette justice soit confortée.

Rfi : La justice ivoirienne est en train de se reconstituer, c’est vrai, mais la Cellule spéciale d’enquête sur les crimes de 2010-2011 est en train d’être démantelée. N’est-ce pas contradictoire?

D.D. : Ma position, dans mes rapports, dans mes déclarations, est que, dans un contexte où la Côte d’Ivoire est sortie de dix ans de violence, la pérennisation de la Cellule spéciale d’enquête est une nécessité pour la Côte d’Ivoire elle-même, mais aussi pour les partenaires extérieurs de la Côte d’Ivoire qui y attachent une importance symbolique. Elle sera un facteur de crédibilité pour montrer que l’Etat ivoirien- et je n’ai aucun doute là-dessus- est décidé à aller au fond de la vérité.

Rfi : Après la libération des 14 personnalités pro-Gbagbo en août dernier, beaucoup se demandent si le procès des crimes de 2011 ne va pas tourner court et si on ne va pas vers une amnistie générale pour tout le monde, les pro-Gbagbo comme les pro-Ouattara.

D.D. : L’amnistie générale est contraire au droit international. Tous les pays, où cette amnistie générale a été appliquée, ont vu les crises renaître quelques années après, parce qu’on n’a pas touché au fond de la culture de violence. Mais la justice ivoirienne devra faire la part des choses. C’est-à-dire que les crimes ont été d’une telle ampleur qu’il va falloir décider qui doit faire l’objet de poursuites et qui doit faire l’objet d’autres types de mesures. Mais je plaide pour que la notion de justice soit l’étape qui mène à la réconciliation.

Source : Rfi

Vendredi 25 Octobre 2013
Vu (s) 972 fois



1.Posté par ADEDE le 25/10/2013 16:22 | Alerter
Utilisez le formulaire ci-dessous pour envoyer une alerte au responsable du site concernant ce commentaire :
Annuler
Maître DOUDOU Diène ne vous fatiguez pas. Ils n'entendront jamais raison. Ils ont une haine viscérale de tout ce qui est Ivoirien. C'est comme ça qu'ils ont été conçus depuis l'intérieur de leurs géniteurs accueillis par leurs hôtes d'une Côte d'Ivoire hospitalière. Mais, vous qui êtes avocat et qui venez pour votre ènième mission soyez notre témoin à l'heure ultime.
Merci pour votre plaidoyer.
Que Dieu vous garde.

2.Posté par TCHEDJOUGOU OUATTARA le 25/10/2013 23:18 | Alerter
Utilisez le formulaire ci-dessous pour envoyer une alerte au responsable du site concernant ce commentaire :
Annuler
Frère ADEDE, au-delà de la libération de la première dame, tout le monde observe la "confusion" dont plusieurs révélations des vrais hommes de Dieu faisaient état à l'endroit de la communauté dite internationale.

De quoi s'agit-il ?

Depuis toujours, le peuple de Côte d'Ivoire, dans son écrasante majorité, et quelques rares personnalités d'envergure internationale visitées par l'esprit de Dieu, ont toujours soutenu que le P.R. GBAGBO, son épouse, son fils, ses collaborateurs, les pro-Gbagbo n'ont commis aucun crime, et qu'il n'était pas bon de les abandonner aux griffes d'un homme sans cœur, j'ai nommé le burkinabè Alassane Dramane OUATTARA.

Malheureusement, le son internationalement admis est que GBAGBO et sa suite sont des criminels...

Et depuis ! La CPI, de son côté à de sérieux problèmes pour, ne serait-ce que dire si on peut juger le "criminel" GBAGBO ou non.

La confusion dont je parlais au début se manifeste actuellement dans le cas de la première dame Simone au travers de la sortie de l'expert indépendant de l'ONU DOUDOU Diène.

Alors que la CPI à la solde de la même ONU réclame la tête de la première dame chez elle là-bas, l'envoyé sur place de la même ONU, propriétaire de la CPI, lui, réclame, la libération de la première dame dans le cadre de la procédure nationale...

Ca veut dire quoi ?

1°- Que la CPI n'est plus recevable à exiger le transfert de la première dame même si le petit mochi de service à Abidjan n'entendait pas se faire tirer les oreilles avant de la faire partir prestement comme son époux.

2°- Que GBAGBO et ses amis ne sont coupables de rien.

3°- Comme on le voit, un véritable cafouillage que ne peut orchestrer l'Eternel des armées dont certains se targuaient pourtant avoir célébré les funérailles.


Ce qui se passe dans cette affaire n'est pas un conte. C'est une réalité.

C'est pourquoi, ouvrons les yeux. Que chacun prenne sa place dans les gradins pour bien suivre. Le spectacle étant gratuit, je suis à la première marche dans les gradins depuis 2 heures du matin, pour un spectacle dont le début dépend de celui qui est en train de tout mélanger comme ça.

Ce qui est sûr, est que le top départ et final n'est que pour quelques instants...

Regardons seulement...

Nouveau commentaire :
Facebook Twitter

Afrik53.com : Chers intervenants, injure = exclusion définitive de notre site

Depuis quelques temps, les débats sont devenus houleux dans les réactions sur votre site Internet Afrik53.com . Si votre site se veut un lieu de débats, cet espace n’est pas, et ne sera jamais, la tribune des injures à caractères tribales,racistes, antisémites et même des injures personnelles entre certains lecteurs qui se connaissent aussi bien de façon épistolaire que physique.

Nous traquerons désormais des réactions comportant des injures et, à chaque réaction malveillante, nous n'hésiterons pas à bannir définitivement et sans recours les auteurs tout en les excluant sans réserve de notre base de données.

Injure = Exclusion définitive

Histoire Côte d'Ivoire | C.I - Revue Politique | C.I - Revue Société | C.I - Revue Economie | Revue Infos Plus | Gbagbo & Blé Goudé | C.I - Simone Gbagbo | C.I - FPI | Les Réactions | C.I - Affaire à suivre | C.I - Sport | Alerte Prévention | C.I - Education | C.I - Faits Divers | Débat Ivoirien | Révolution Permanente | Interviews | Droit de réponse | Afrik53.com | Interpellation | C.I-Présidentielle 2015 | Culture / Evènements









Les Articles les plus lus

Bien Vivre en Bonne Santé


Incroyable !