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Débat sur la nationalité en Côte d’Ivoire : Faux débat et opération de politique politicienne

le Vendredi 19 Juillet 2013 à 05:05 | Lu 3075 fois



Débat sur la nationalité en Côte d’Ivoire : Faux débat et opération de politique politicienne
Le débat sur la nationalité ivoirienne ouvert par le ministre RDR, Cissé Bacongo, fait rage. Un juriste et analiste politique démonte ici les arguments de Bacongo et du régime Ouattara.

Dans un article paru au cours de la semaine allant du lundi 25 juin 2013 au dimanche 30 juin 2013 dans plusieurs journaux de la place, le Ministre Cissé Bacongo a relancé le débat sur la nationalité en Côte d’Ivoire. Cissé Bacongo, retrouvant ses accents d’universitaire et d’intellectuel (engagé) a présenté son article comme une contribution à un débat qu’il ouvre apparemment au nom du Gouvernement. Il plaide vigoureusement pour que ce débat soit dépassionné et contribue efficacement à la consolidation de la paix et de la cohésion sociale en Côte d’Ivoire.

En s’appuyant sur des considérations juridiques et historiques, il a plaidé pour l’adoption d’un nouveau code de la nationalité. Il ressort en filigrane de son argumentation que ce nouveau code devrait consacrer le passage du droit du sang (« jus sanguinis ») actuellement en vigueur en Côte d’Ivoire au droit du sol (« jus soli ») comme principe d’acquisition de la nationalité en Côte d’Ivoire.
La proposition du Ministre Cissé Bacongo appelle de notre part les observations et réactions ci-après développées. Elles rejoignent pour l’essentiel la brillante réaction de Martial Ahipeaud (félicitations !) mais l’option délibérément choisie c’est de retourner contre lui-même, tous les arguments de Cissé Bacongo.

D’emblée, il est bon de préciser que ce débat répond à des calculs politiciens. Il permet au camp Ouattara de surfer sur les ressentiments et frustrations des populations. De la sorte, le régime espère éviter que le vrai débat ne s’engage sur son bilan politique économique et social. C’est pourquoi il faut le clore vite. Mais nous ne saurions passer aux sujets qui intéressent l’avenir de la Côte d’Ivoire sans apporter les réponses qu’il faut à celui qui passe pour l’un des grands intellectuels du Rdr. Nos réactions porteront sur le forme et sur le fond de la question telle que soulevée par Cissé Bacongo.

Sur la forme :
De la nécessité d’approfondir et de s’entendre sur les concepts

Dans le souci par lui exprimé d’imprimer au débat « la raison froide » afin de parvenir à « une sérénité partagée », il paraît fondamental que les échanges permettent de dégager une définition claire, nette, et largement admise des concepts. Ces concepts dans leur acceptation qui résultera du débat pourront éventuellement être consacrés dans le nouveau code la nationalité appelé de ses vœux. L’universitaire qu’est M. Cissé Bacongo a certes rappelé la définition pratique donnée par Alphonse Boni dans la note de présentation de la loi sur la nationalité en Côte d’Ivoire adoptée en 1961.

Le Garde des Sceaux d’alors définissait la nationalité comme « l’allégeance d’un individu à un Etat ». Cette définition que Cissé Bacongo semble reprendre à son compte mérite d’être approfondie d’autant plus que la notion de nationalité est une notion multiforme qui fait débat. Elle renvoie elle-même et est étroitement liée à la notion de nation qui ne semble pas être formellement définie juridiquement. En outre, il n’est pas inutile de donner un contenu pratique à la notion « d’allégeance à un Etat ».

Concept de nationalité : Rien qu’en faisant des recherches sommaires, il est possible de glaner des informations pour se faire une opinion même si l’on n’est pas spécialiste de la question. Il ressort, s’agissant du concept de nationalité que plusieurs définitions et approches (co) existent :

la nationalité renvoie à l’appartenance d’une communauté ou d’un groupe de personnes à une nation culturelle ou politique déterminée ou possédant la volonté d’exister. La nationalité politique se définit comme une preuve légale de l’appartenance à un État. La nationalité culturelle ou sociologique définit des communautés qui ne forment pas forcément des États indépendants. Elles sont plutôt des regroupements de populations sur un territoire plus ou moins défini qui partagent soit une combinaison particulière de caractéristiques objectives (langue, religion, culture, histoire) et/ou la caractéristique subjective d’autodéfinition souvent exprimée par le nationalisme
la nationalité peut se définir comme une identité collective que les membres d’une même nation sociologique se donnent. Bien qu’il s’agisse d’un phénomène relatif à une communauté d’individus, l’appartenance à une nation est relative à l’identité personnelle de chacun de ses membres.

Une communauté partageant la même nationalité partage également des croyances et des symboles, une histoire, un caractère national, un territoire et une culture qui lui est particulière. Ces facteurs sont sujet à fluctuer avec le temps. Il est également impossible de fixer un standard précis pour chacune de ces caractéristiques.

Certains pays ont tenté de surmonter la dichotomie décriée par Cissé Bacongo entre ethnie et nationalité. Pour ces pays, la distinction entre la nation au sens ethnique et au sens civique n’est pas nécessaire : Ainsi pour la France, l’Allemagne ou le Japon, la question de l’identité ethnique ne se pose pas. Ces pays se définissent comme étant un État-nation, étant entendu que «toute nation est par définition multiculturelle, le problème politique étant de savoir si la diversité culturelle, en termes de religion, de différences sociales, d’appartenance nationale, est susceptible d’être transcendée par un projet commun»
Même au plan conceptuel, la question des critères d’admissibilité reste problématique lorsqu’il s’agit de cerner une nationalité en particulier ou de tracer la limite avec la notion d’ethnie. Cependant, l’une des approches, celle du théoricien politique David Miller propose cinq (5) critères pour définir une communauté d’individus comme une nationalité :

Posséder des croyances communes et un engagement mutuel ;
Occuper une période définie dans l’Histoire ;
Démontrer un caractère national ;
Occuper un territoire défini ;
Posséder une culture populaire distincte.

Concept de nation : Toujours au titre des contributions, il faut définir la notion de nation ivoirienne. De ce point de vue plusieurs courants existent :
Le sens moderne de nation est assez proche de celui de peuple, mais ajoute souvent l’idée d’État (souhaité, autonome ou indépendant). Ce terme n’est pas défini juridiquement, toutefois l’usage en politique internationale en fait un équivalent d’État souverain. Par exemple, la charte de l’ONU « fixe les droits et les obligations des États Membres » et « le Préambule de la Charte des Nations Unies exprime les idéaux et les buts communs de tous les peuples dont les gouvernements se sont réunis pour former l’Organisation des Nations Unies ».

le Nouveau dictionnaire universel des synonymes de la langue française de François Guizot (1822) définit ainsi la nation: « un peuple est une multitude d’hommes, vivant dans le même pays et sous les mêmes lois. Une nation est une multitude d’hommes, ayant la même origine, vivant dans le même État et sous les mêmes lois. ». Deux notions différencient ainsi pour l’auteur la nation du peuple : l’État et l’origine. On peut s’inspirer de l’expression « sous les mêmes loi » pour donner un contenu pratique au terme « d’allégeance »
Pour le Petit Robert, une nation est « un groupe humain constituant une communauté politique, établie sur un territoire défini (…) et personnifiée par une autorité souveraine ».

Dans le Dictionnaire de la langue française, la nation est un « ensemble de personnes vivant sur un territoire commun, conscient de son unité (historique, culturelle, etc.) et constituant une entité politique» ;
Pour le Dictionnaire Hachette, la nation est une communauté humaine caractérisée par la conscience de son identité historique ou culturelle, et souvent par l’unité linguistique ou religieuse. C’est aussi une communauté, définie comme entité politique, réunie sur un territoire et organisée institutionnellement en État.

Au sens moderne du terme, la « nation » a une signification à dominante politique. Le terme peut désigner un État (comme dans l’expression «Organisation des Nations unies ») ou un peuple ayant l’objectif politique de maintenir ou d’instituer un État, ou du moins de se constituer en structure politique autonome. Dans cette seconde signification, une nation est en pratique un peuple dont une partie au moins des membres a des prétentions nationalistes. Les nationalistes bretons, juifs, corses, basques, flamands, écossais, algériens, catalans ou québécois ont ainsi revendiqué un État pour leur population de référence, certains finissant par l’obtenir.

Dans le but d’obtenir un État ou des droits spécifiques, les groupes se présentant comme une « nation » ont souvent tenté de définir la dite « nation », et donc de la légitimer, par des critères historiques.

Au niveau des sciences humaines, il existe deux définitions principales, conçues à partir des expériences nationales françaises et allemandes. La première est issue de la philosophie allemande du début du XIXe siècle, défendue par exemple par Johann Gottlieb Fichte , selon laquelle les membres d’une nation ont en commun des caractéristiques telles que la langue, la religion, la culture, l’histoire, voire les origines ethniques, tout cela les différenciant des membres des autres nations. La seconde, liée à la Révolution française, provient de la philosophie française du XVIIIe siècle et des Lumières et insiste par contre sur la volonté du « vivre ensemble », la nation étant alors le résultat d’un acte d’autodéfinition. C’est ainsi la vision d’Ernest Renan .

La première définition est parfois nommée « objective », et la deuxième « subjective ». Dès lors, certains préféreront faire la distinction entre nation civique et nation ethnique. Les analyses actuelles des historiens français sont plutôt basées sur des études socio-historiques de la constitution du sentiment d’identité nationale, en essayant d’en cerner les différents mécanismes individuels et collectifs, conscients et inconscients, volontairement construits et involontaires. Il semble, à l’issue de certaines de ces études, que l’État y joue souvent un rôle moteur, que les communications, en particulier économiques, soient déterminantes.

Au plan juridique, le terme « nation » n’est pas formellement défini. La théorie classique du droit international ne reconnait comme sujet que l’État souverain. Si le terme est parfois utilisé, en Europe, en préambule d’actes de fonction constitutionnelle, telle la Constitution française du 4 octobre 1958, il ne joue aucun rôle juridique.

Dans tous les cas, il ressort de ces différentes définitions qui restent à approfondir ce qui suit :
La nationalité est consubstantielle et présuppose l’existence d’un Etat et/ou d’une nation. En conséquence, elle témoigne d’une volonté de vivre ensemble en harmonie, d’une adhésion aux principes, valeurs et cultures d’un Etat. Elle constitue le ciment et le ferment d’une nation;
La nationalité au besoin de différencier les hommes d’un Etat à l’autre. Cette différenciation justifie les critères d’obtention. Sa délivrance engage la responsabilité d’un Etat et donc elle doit être entourée de toutes les précautions ;
La nationalité renvoie à la soumission aux lois d’un Etat qui repose lui-même sur un socle (territoire géographiquement délimité, culture, etc.) qui doit être protégé et également différencié des autres ;

La nationalité renvoie à une identité culturelle, historique, l’appartenance à une communauté.
En définitive, nation, nationalité, identité partagée, communautés (de peuples et donc d’ethnies, religieuse, origine commune) sont des notions indissociables. Elles se nourrissent l’une de l’autre, se forgent et se consolident l’une grâce à l’autre. L’appartenance ethnique participe aussi (mais pas exclusivement) de la nationalité. Cissé Bacongo se fourvoie donc en les opposant.

Devoir de
reconnaissance à
l’endroit du Gouvernement mais obligation de vigilance

Félicitations au Gouvernement pour le retour au débat démocratique : Attester comme l’a fait Martial Ahipeaud d’un devoir de reconnaissance à l’endroit du Gouvernement pour avoir lancé un tel débat est en principe un non sens dans une démocratie qui fonctionne normalement. Mais il faut reconnaître que notre démocratie va très très mal. On note un recul important, voire une remise en cause de toutes les avancées obtenues en matière de démocratie : « mise en cage » de tous les dirigeants de l’opposition significative, organisation d’élections où toutes les sensibilités ne sont pas représentées, etc. Le plus caricatural de tous les actes anti- démocratiques, c’est l’adoption d’une loi d’habilitation aux contours extraordinairement étendus qui dépossède le Parlement de tous ses attributs pour une période d’un an. En soi, c’est une remise en cause de la séparation des pouvoirs et un attentat à la démocratie car le Parlement censé être la représentation et donc la voix du peuple se retrouve aliéné par le pouvoir exécutif.

Cependant, il faut se féliciter de l’initiative de ce débat que le Gouvernement veut public car il s’adresse directement au peuple pour susciter ses réactions. Ce faisant, le peuple se retrouve ainsi restauré et rempli de sa souveraineté. C’est pourquoi, après avoir félicité le Gouvernement, nous voudrions également lui suggérer de s’inspirer de l’option prise par le régime Bédié pour élaborer et adopter en 1998, la loi sur le foncier rural. En effet, le pouvoir Pdci a eu l’élégance d’organiser de très larges consultations directes en envoyant des délégations de parlementaires dans les différentes régions (10 au total dont deux conduites par des députés de l’opposition de l’époque : Emile Boga Doudou et N’Golo

Coulibaly) afin de s’enquérir :

De la perception qu’on les populations de la question ;
De la manière dont elles vivent avec les non Ivoiriens qu’elles ont accueillis sur leur sol ;
De leurs préoccupations et propositions ;
Mais aussi et surtout du degré d’allégeance des populations non ivoiriennes (susceptibles dons de bénéficier du nouveau code de la nationalité) à l’Etat. Degré d’allégeance qu’on peut mesurer au regard du respect des textes, des lois, des institutions, des usages et coutumes, des autorités coutumières, du niveau d’intégration socioculturel (maîtrise des langues et cultures nationales, nombre de mariages mixtes, participation effective à la vie des localités d’accueil,..) etc.
Au regard de l’actualité brûlante du moment, des enjeux mais aussi en observant ce qui se pratique ailleurs dans le monde, une telle démarche présente plusieurs avantages :

Le respect (au moment de la conception et l’adoption) mais surtout l’implication (ultérieure des populations dans la mise en œuvre de la nouvelle loi) : en effet, traiter de la question de la nationalité, c’est demander aux populations d’intégrer dans la maison commune et donc d’accorder une place nouvelle voire faire de la place aux non ivoiriens désireux d’acquérir la nationalité ivoirienne. Cet effort, d’acceptation avec toute la hauteur d’esprit et toute l’hospitalité souhaitées, ce sont les populations qui auront à l’assumer au quotidien ;
L’humilité ;
La pédagogie ;
La communication ;
L’appréhension des difficultés objectives ;

Le contournement des états-majors politiques souvent préoccupés par des considérations politiciennes, voire électoralistes. Ou encore, et ce qui revient au même, les amener à intervenir dans le débat avec toute la hauteur d’esprit et de vue qu’exigent le sujet et le moment.
Devoir de vigilance : Il faut enfin espérer que le débat joue son rôle ; sonder la population sur sa capacité à accepter et à suivre le rythme des changements, sonder l’applicabilité des changements qu’on veut introduire, tenir compte des contre-propositions pertinentes, etc.

Le Gouvernement, le cas échéant, sur un tel sujet qui nécessite un large consensus, doit avoir l’humilité le cas échéant de reculer si le contexte l’exige. François Mitterand malgré qu’il s’était engagé dans ses 110 propositions sur la question en 1981, malgré qu’il disposait à l’Assemblée d’une large majorité a quand reculé sur la question de l’école libre après la manifestation de juin 1984 qui a regroupé environ 1 million de manifestants dans les rues de Paris. Mieux, comme rappelé par Martial Ahipeaud, le grand Houphouët a reculé en 1961 sur cette question précise quand il s’est aperçu que le peuple ne suivait pas.

Simple opération de politique politicienne

Cissé Bacongo utilisant ainsi habilement « la technique dite du miroir » dans laquelle excelle le Rdr qui consiste à accuser à l’avance l’autre de ce qu’on fait ou de ce qu’on est en réalité, commence son « diagnostic » par des invectives, des jugements de valeur avec un langage qu’il appartient à chacun d’apprécier en disant « ( …) Le monstre de la nationalité refait surface, rôde et menace de troubler à nouveau une vie sociale (…) toutes sortes de débat, plus souvent de bas étage…, marécageux (…) en définitive ».

Question : qui parle de nationalité actuellement si ce n’est Alassane Dramane Ouattara et lui ? En effet, ni le FPI, ni aucun autre parti n’a ouvert ce débat. C’est lui-même qui en prend l’initiative. S’il est convaincu que ce sujet peut troubler la paix sociale, pourquoi (s’) agite-t-il (autour de) ce terme ? En outre, pourquoi, ce débat n’est-il pas lancé par le Garde Sceaux mais par un autre ministre ? Le leadership de Bacongo sur la question qui n’est pas de ce son ressort ministériel est une autre preuve de la volonté du Gouvernement de faire un coup politique.

En réalité le bilan de Dramane (on peut s’étonner que le prénom fétiche du « brave tchê » ait subitement disparu de son état civil) Ouattara est loin d’être à la hauteur de ce que tous ceux qui ont cru en lui espéraient :

La démocratie est remise en cause : de même que les téléphones portables bi-bande sont inutilisables en dehors de la Côte d’Ivoire, force est d’admettre que la « bande démocratie » est totalement absente du microprocesseur politique de Dramane et du Rdr ;
« L’argent travaille mais ne circule pas » : il faut s’interroger pour savoir (i) quel type d’économie on enseigne et que vaut le Ph.D délivré aux Etats-Unis et (ii) surtout comment on définit la politique monétaire à la Bceao ;

La justice est à vitesses variables et toutes les institutions foulées du pied. Les massacres dans l’Ouest sont impunis alors qu’on reprochait justement l’impunité au régime Gbagbo. Alassane Dramane Ouattara se moque même de la communauté internationale en lui demandant des preuves avant de livrer ses propres criminels de guerre. Dès qu’on enquête sur ces derniers, on dégomme les juges ;
Toutes les filières sont sinistrées :

Dans la filière café-cacao, l’affairisme débordant du clan Ouattara-Nouvian conduit à l’éviction des autres exportateurs. Le cacao ne se vend plus et pour cacher cette situation, on prétexte de la qualité des grains pour rejeter le fruit du dur labeur des paysans ;
Le prix d’achat de toutes les spéculations (anacarde, hévéa, palmier à huile, etc.) a reculé, les paiements effectifs se font monnaie de singe ;
Tous les grands travaux sont surfacturés, du simple au quadruple : Cissé Bacongo a dépensé 120 milliards de fcfa pour que les étudiants se retrouvent à faire cours sur la pelouse. Il faut dire, s’agissant des centres universitaires que tous les bâtiments étaient déjà construits ;
Dramane est incapable de répondre aux revendications sociales autrement que par le renforcement du climat de terreur ;

L’image extérieure de la Côte d’Ivoire reste brouillée par l’incapacité du régime à conduire le processus de réconciliation ;
L’effet Ouattara escompté auprès des bailleurs produit des résultats poussifs comme l’atteste les propos du brave tchê : « on dit que je suis Magellan mais je voyage pour chercher l’argent ». Comme, l’Etat avoue lui-même des tensions de trésorerie, et qu’il voyage de manière frénétique, on peut conclure qu’il n’arrive pas mobiliser des espèces effectivement sonnantes et trébuchantes ;

La gouvernance économique n’est pas au rendez-vous comme l’atteste le débat qui fait rage entre lui et son ministre Billon au sujet du renforcement du monopole de Bolloré sur le transport maritime ;
Les populations continuent de se regarder en chiens de faïence et la partition du pays reste ancrée dans les esprits ;
« vivre ensemble » est devenu un cauchemar pour les gens l’ouest ;

L’administration est « capturationnée-sens kandia- » par un seul groupe ethnique alors qu’on dénonçait le clientélisme ;
Il n’y a plus de concours (on jette le bébé avec l’eau du bain) mais on recrute des gens sans aucun niveau (on fait donc pire que ce qu’on dénonçait) dans la fonction publique ;
« l’arrestation-au sens de Kandia- » des dirigeants de l’opposition et « leur mise en cage » ne conduisent pas comme espéré au rétablissement de la paix sociale ;
les médias publics sont réservés à un seul camp : pire que ce qu’on dénonçait ;
sur le plan diplomatique, Alassane Dramane Ouattara pompe l’air à tous ses pairs, il est devenu encombrant par la fréquence (en moyenne une par semaine) de ses visites dont le coût estimatif est compris entre 1 et 3 milliards (ainsi en deux de règne, en moyenne - 104 semaines x 2 milliards = - 208 milliards qui ont été dilapidés, de quoi construire une autoroute). Ce n’est plus Alassane Dramane Ouattara mais c’est Alassane Taman-Taman (= vadrouiller en dioula) Ouattara ;

Dramane Ouattara a fini par diviser le Rhdp et son propre camp le Rdr. Son SG et plusieurs candidats officiellement investis par le Rdr ont fait les frais de la guerre de positionnement de ses successeurs putatifs (Hamed Bakayoko et Guillaume Soro Kigbafori)
Bref à l’instar des autres hauts fonctionnaires internationaux ayant fait irruption sur les différentes scènes politiques nationales (Milongo, Soglo, Edem-Kodjo, etc.) Alassane Dramane Ouattara est un vrai désastre pour ses partisans et pour la communauté internationale qui l’a imposé au mépris de tout.

Le miracle attendu a vite viré au mirage : « Gbagbo ka fissa » ont clamé ses partisans dès juillet 2011 ! Cela est tellement vrai que les succès dont se vante le régime sont ceux dont la réalisation ou dont les financements ont été mobilisés sous le Woody ou même avant : 3ème pont, échangeur de la Riviéra II, bitumage des voies dans Abidjan et à l’intérieur du pays, réhabilitation des centres universitaires, prolongement de l’autoroute du nord, le pont de Jacqueville, réhabilitation des lycées et centres professionnels, barrage de Soubré, etc.
En espérant ne pas frustrer le Gouvernement, nous pensons qu’effectivement il y a matière à débat sur des sujets autres que ceux qui paraissent aux yeux de Cissé Bacongo « marécageux, de bas étage, de nature à troubler l’ordre public, monstrueux, qui font des ravages, etc. ».


Sur le fond :
L’inopportunité
du débat


La question du changement du mode d’acquisition de la nationalité ivoirienne arrive au pire moment dans l’agenda du Gouvernement et dans l’histoire récente de la Côte d’Ivoire, et cela pour plusieurs raisons :
Blocage, voire échec du processus de réconciliation : Le processus de réconciliation est en panne. Il est même un échec total comme l’attestent les déclarations successives du Président de la Cdvr. Ce dernier s’est souvent plaint de la faible implication du Président Alassane Dramane Ouattara, du peu de soutien du Gouvernement, et récemment du manque de moyens.

Dans sa conception, le Gouvernement a insisté pour adjoindre une dimension Justice au processus de réconciliation, s’éloignant ainsi du l’exemple sud africain qui fait pourtant référence. La raison avancée pour justifier le volet Justice c’est que les différentes lois d’amnistie adoptées depuis Houphouët-Boigny ont consacré une forme d’impunité et donc encouragé la récidive. Cependant la Justice ivoirienne est encore plus décriée que par le passé car elle consacre une Justice à deux vitesses.

Le Gouvernement semble même entretenir les conditions de l’échec du processus. De façon cynique, l’échec éloigne l’opposition significative des urnes et donc facilite les conquêtes politiques. On dira que tous les coups sont permis en politique. Mais dans la mesure où le Gouvernement veut engager un débat débarrassé de toutes les scories politiciennes, il doit s’assurer que les populations entre elles mêmes ont aplani les conflits latents. On dit à ce sujet communément dans nos régions que « quand on n’a pas la paix à la maison, on ne peut pas l’avoir dehors ».

Cet adage est corroboré par la persistance de la communauté internationale à réclamer un processus de réconciliation véritable. Cette communauté internationale, qui a salué l’avènement et accompagné le régime Ouattara, montre même des signes d’impatience sur les blocages du processus de réconciliation.

Elle s’inquiète et dénonce la Justice à double vitesse. On n’a l’impression que, le Gouvernement persiste dans une logique que l’observateur ne peut percevoir que comme suicidaire : d’un côté, il croit pouvoir maîtriser une situation potentiellement explosive, créer la persistance des tensions que le non aboutissement, voire le désintérêt du Gouvernement face au processus de réconciliation, continue d’exacerber. De l’autre, dans un contexte sociopolitique vicié, il veut ouvrir un débat qu’il sait d’avance potentiellement passionnel et passionné. En revanche, la réussite du processus de réconciliation aurait créé les conditions idoines pour l’organisation d’un tel débat.



André Jules Assafoua Juriste et Analyste politique
Source : Notrevoie

Vendredi 19 Juillet 2013
Vu (s) 3075 fois



1.Posté par conan le 19/07/2013 13:44 | Alerter
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vous parlez des pays occidentaux sans meme prendre exemple des pays africains sur ce sujet de nationalite.
Dommage pour l afrique

2.Posté par WALACE le 19/07/2013 14:06 | Alerter
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HAAAAAAAAA les Bété ne changeront jamais
ils oublient que le monde évolue , car n'ayant aucune notion de la théorie de l'évolution qui consiste de vivre ensemble
tous leurs problèmes c'est nationalité , nationalité , nationalité
c'est vraiment grave
Bété yaaaako

3.Posté par kadjoua sanogo le 20/07/2013 01:25 (depuis mobile) | Alerter
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Vous nous s\\\' emmerdez avec vos histoires a la con.vous avez tous la nationalité française ici. La double nationalité n\\\'existe pas en Côte d\\\'ivoire. Vous faites quoi dans nos problèmes ivoirien

4.Posté par yao le 20/07/2013 04:25 | Alerter
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