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Débat Hollande - Sarkozy : voici pourquoi la Côte d’Ivoire a été un sujet tabou !

le Vendredi 4 Mai 2012 à 00:00 | Lu 2979 fois



Le soir du 2 mai 2012, tous les Africains et le reste du monde ont suivi la maltraitance infligée à Nicolas Sarkozy par un François Hollande cohérent et percutant. Pour un débat qu’il appelait de toutes ses forces, on peut dire que Nicolas Sarkozy a dû recevoir en dose adulte, un lessivage complet avec service après vente. Une douche froide au terme de laquelle Nicolas Sarkozy n’aura pas d’autre choix que de faire ses valises pour la prison, que dis-je, pour rejoindre Djibouti, le Luxembourg, les Iles Caïman ou le Bahamas.

Mais la grande attraction de cette rencontre du 2 mai 2012, pour la Révolution Permanente, devait être le dossier ivoirien. Malheureusement, sur ce point, le silence et la langue de bois ont été les deux choses les mieux partagées par Hollande et Sarkozy.

Alors, de deux choses, l’une : soit le dossier ivoirien est devenu un sujet tabou, au quel cas, il conviendrait de reconnaître que la lecture de la situation a totalement évolué dans l’opinion française ce qui ne laisse plus de place au mensonge ; soit François Hollande comme Nicolas Sarkozy sont rongés par le remord, l’un pour avoir traité le Président GBAGBO de « personnalité infréquentable » et soutenu la tentative d’assassinat qui visait sa personne, l’autre d’avoir tenté de le tuer sans y être parvenu.

Dans l’un comme dans l’autre cas, ni Hollande ni Sarkozy, n’osent évoquer le dossier ivoirien en public.

Alors question : à qui profite cette pudeur soudaine, cette gêne à évoquer une question de politique internationale sur laquelle l’unanimité s’était faite autour des intérêts français en avril 2011 pour soutenir la violation de la souveraineté de la Côte d’Ivoire, le piétinement des lois et institutions de ce pays et le massacre à la bombe de milliers d’étudiants et élèves ivoiriens aux mains nues, amassés en bouclier humain autour de la Résidence d’Etat du Président ivoirien, et dont les corps ont fait le plein de deux conteneurs de 20 à 40 pieds transportés par la Licorne vers une destination inconnue ?

Naturellement, cette pudeur et cette gêne cachent mal un gros malaise aussi bien dans la conscience de François Hollande que dans l’esprit confus de Nicolas Sarkozy, cet homme violent et affairiste de la mort qui semble désormais "trier ses dents pour les brosser".

En effet, au moment où la question sur la politique internationale, notamment la question sur l’engagement militaire français à l’International a été abordée, nos deux débateurs ont préféré parler de l’Afghanistan.

Et comme Nicolas Sarkozy était convaincu à juste titre d’avoir perdu dans la confrontation des opinions sur l’Afghanistan, il nous a servi une rhétorique maladroite sur les élections sénégalaises et la partition du Mali, une partition qu’il semble juger d’aucun intérêt à côté de la nécessité qu’il considère d’organiser des élections présidentielles dans un Mali qui serait, selon lui, trop grand pour être géré seul par les Maliens qui n’ont ni moyens militaires aériens ni la capacité administrative de surveiller le Nord de ce pays qui fait deux fois la France, dans un environnement de menace terroriste. Sur ce point, tirez vous-mêmes les conclusions qui s’imposent.

Seulement, à ce moment précis, j’ai pensé que Nicolas Sarkozy allait revendiquer ses exploits en Côte d’Ivoire. J’ai aussi espéré entendre François Hollande s’interroger sur le bilan des initiatives meurtrières de Sarkozy en Côte d’Ivoire et peut-être en Libye.

Mais que non ! Ces deux hommes ont curieusement oublié de parler de la Côte d’Ivoire, ce pays dans lequel, il y a quelques mois, François Fillion, le Premier Ministre de Nicolas Sarkozy annonçait sans état d’âme « un vent nouveau de démocratie » à un moment où la France ne se gênait pas de déclarer qu’elle payait les salaires des fonctionnaires ivoiriens pour soutenir le régime qu’elle a installé au mépris de toutes les valeurs républicaines.

Donc, convenez avec moi que les nouveaux développements autour de l’agression française contre le peuple souverain de Côte d’Ivoire n’honorent plus ni les Français ni la classe politique française et que personne en France ne veut traîner à la face du monde, les nombreuses casseroles de l’aventure meurtrière française d’avril 2011 en terre ivoirienne.

Alors, il reste les Ivoiriens et la classe politique ivoirienne. Et il convient de s’interroger de nouveau : à qui profite la gêne et la pudeur de la classe politique française sur le dossier ivoirien ?

Pour ce qui est des ivoiriens, il y a d’un côté, les victimes citoyennes de l’agression française contre un Président en exercice soutenu par son peuple et de l’autre côté, les bénéficiaires de cette agression autrefois saluée, mais aujourd’hui devenue un sujet gênant, un sujet tabou pour la France et ses alliés occidentaux.

Bien évidemment, du côté des victimes que sont les Ivoiriens humiliés, massacrés, volés, truandés, privés de ressources, déportés ou contraints à l’exil, personne n’espère tirer un quelconque dividende de la dépréciation politique, diplomatique et morale qui s’attache désormais au bombardement de la Côte d’Ivoire, de son Armée, de sa jeunesse estudiantine et scolaire ainsi que de son Président qui est aujourd’hui déporté à la Haye sur insistance de Nicolas Sarkozy agissant au nom de la France et dans l’intérêt bienveillant des ses réseaux occultes.

De l’autre côté, les bénéficiaires du mépris français d’hier doivent très certainement être plongés dans une confusion totale et un sentiment d’abandon car la gêne de la classe politique française d’aborder le dossier ivoirien s’accompagne inévitablement d’une volonté de renier ce passif récent mais très lourd dans les rapports entre la France et la Côte d’Ivoire de demain.

Cela dit, qu’il plaise à la Résistance Patriotique et Révolutionnaire de retenir qu’en lieu et place du vent nouveau de triomphalisme français qui soufflait à une date récente au bord de la Lagune Ebrié, il y a désormais un vent sec, chargé de poussière et d’odeur de souffre, qui laisse tous les acteurs et bénéficiaires de la razzia de la Côte d’Ivoire, sans voix.

Pour le reste, restez mobilisés, soyez attentifs, n’oubliez aucune des chroniques de la Révolution Permanente vous donnant des consignes, faites confiance aux dignes fils de la Côte d’Ivoire ; ils s’occupent des détails techniques de ce sujet tabou en France.


A Très bientôt.

Hassane Magued

Vendredi 4 Mai 2012
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