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Création d’entreprises et d’emplois: Pourquoi tout s’écroule en Côte d’Ivoire

L'Afrique en mouvement - Afrik53.com : Infos 7J/7 le Mardi 20 Mai 2014 à 11:55 | Lu 913 fois



Il est demandé au secteur privé d’être le moteur de la croissance économique. Un vœu dont la réalisation est cependant freinée par de gros problèmes structurels que l’Etat ivoirien devrait prendre rapidement à bras le corps. Plutôt que de faire de la propagande mensongère. Notre dossier.

A l’occasion d’une conférence-bilan qu’il a animée, en décembre 2013, au siège de son institution, le directeur général du Centre de promotion des investissements en Côte d’Ivoire (Cepici), Emmanuel Essis Esmel, a révélé que 2535 entreprises ont été créées, en 2013, via le Guichet unique de l’investissement. Mais, a-t-il précisé, il s’agit d’entreprises dont la création n’est matérialisée que par l’obtention du registre de commerce. En 2014, il espère voir ce chiffre s’améliorer. C’est pour cela que le Cepici a placé, cette année, ses activités sous le thème du développement de l’entrepreneuriat national.

A cet effet, cette structure a initié, récemment, une caravane dénommée «Entreprendre en Côte d’Ivoire». Les villes de San Pedro, Bouaké et Yamoussoukro ont été sélectionnées en vue d’encourager les investisseurs locaux à créer leurs entreprises. Comme arguments avancés pour sillonner ces trois localités, le directeur général du Cepici a laissé entendre que San Pedro est un pôle économique important qui abrite le second port du pays, après celui d’Abidjan. Tandis que Bouaké et Yamoussoukro sont, respectivement, la deuxième grande ville et la capitale politique et administrative. Il a annoncé faire le tour de toutes les grandes régions pour réveiller la flamme de l’entrepreneuriat qui sommeille encore chez les Ivoiriens.

Au terme de la caravane, 1679 personnes ont été enregistrées. Soit 409 à San Pedro, 798 à Bouaké et 472 à Yamoussoukro. Certaines ont fait le déplacement dans l’objectif d’avoir des informations précises quant à la recherche de partenariats. D’autres par contre ont voulu en savoir davantage sur l’environnement des affaires, le code des investissements et la procédure de création d’entreprises. Au bilan professionnel, seulement 7 entreprises ont été créées. Soit 4 à San Pedro et 3 à Bouaké. Toujours sur le même principe de disposer du registre de commerce.

Comme on peut le constater, la moisson est bien maigre, malgré une participation massive des populations visitées.

La principale raison de cette déconvenue demeure le problème de financement des projets. Au cours de la caravane, les opérateurs économiques ont fait savoir qu’ils ont beaucoup de projets qui souffrent d’un manque de financement. Un problème dont le Cepici semble ne pas avoir de solution.

La mouche et le vinaigre

Dans des déclarations faites à la presse, Emmanuel Essis Esmel n’a pu apporter la réponse idoine à cette préoccupation : «Le Cepici n’est pas un organe de financement de projets. Nous l’avons clairement signifié aux populations. Car, il ne faut pas promettre des choses qu’on ne pourra pas réaliser. Dans le cadre de cette caravane, nous sommes venus apporter l’information. D’autant plus que la première étape pour être entrepreneur, c’est d’avoir l’information». La réaction du premier responsable du Cepici est tout de même surprenante.

Puisque que la question de financement des projets est posée régulièrement et elle semble si importante pour les créateurs d’entreprise. Ainsi, si le Cepici veut que les investissements locaux prennent de l’essor, il lui faut alors mener des actions en vue de trouver des solutions à ce problème. Ne dit-on pas que l’argent est le nerf de la guerre ? C’est d’abord du financement qu’il faut aux opérateurs économiques pour créer leurs entreprises. C’est un sujet capital sur lequel le Cepici doit interpeler le gouvernement pour qu’il l’intègre dans ses actions prioritaires. Par exemple, le gouvernement peut susciter la création d’établissements de crédit pour appuyer les entrepreneurs locaux, ou ouvrir des agences étatiques de financement de l’entrepreunariat national.

A côté de ce problème, il y a la question de la pression fiscale qui est effectivement forte en Côte d’Ivoire. Invité dernièrement au Press-Club de l’Unjci, le président du patronat ivoirien, Jean Kacou Diagou, s’est prononcé sur ce sujet préoccupant : «Mais la pression fiscale sur les entreprises qui cotisent, qui paient les impôts, est très forte, beaucoup plus forte en Côte d’Ivoire qu’au Ghana et dans la plupart des pays de la sous-région.

Et cela freine l’investisseur extérieur qui calcule avant d’entrer. Entre deux pays où ils peuvent investir, les investisseurs étrangers voient quel est le niveau de pression fiscale réelle sur l’entreprise qu’ils vont créer. Et s’ils doivent comparer la Côte d’Ivoire au Ghana, beaucoup choisissent le Ghana». M. Diagou est même allé plus loin pour donner l’exemple du binôme café-cacao pour lequel les investisseurs préfèrent ouvrir leur usine au Ghana et venir acheter le cacao en Côte d’Ivoire pour le mélanger avec celui du Ghana. Alors que la Côte d’Ivoire est le premier pays producteur de cacao.

Volonté politique
au rabais

Faisant chorus avec le patronat, les banquiers s’inquiètent eux aussi de la forte pression fiscale. Le président de l’Association professionnelle des banques et établissement financiers de Côte d’Ivoire (Apbef-ci), Souleymane Diarrassouba, a déclaré, récemment à l’occasion de la rentrée officielle de cette structure, que les banquiers sont «aussi préoccupés que tout le monde, notamment au niveau du secteur privé, par cette fiscalité de plus en plus importante au niveau des entreprises». La corporation est d’autant plus inquiète que la pression fiscale peut avoir un impact sur ses rapports avec ses clients, en induisant une baisse d’activités.

«On parle aujourd’hui des difficultés dans le secteur de l’hévéa. Si les principaux acteurs de l’hévéa ne fonctionnent pas, cela peut créer par derrière un manque à gagner ou des difficultés pour ces structures qui ont des crédits au niveau des banques en termes de remboursement», a-t-il expliqué. Aujourd’hui, la filière hévéa traverse une zone de turbulence liée surtout à une taxe de 5% (ramenée à 2,5%) sur le chiffre d’affaires des usiniers. C’est un fait que la pression fiscale est un repoussoir pour les investisseurs.
S’adressant aux citoyens qui redoutent d’éventuelles difficultés liées à la création d’entreprises, le directeur général du Cepici s’est voulu rassurant : «N’ayez pas peur de rendre votre entreprise formelle. Sortez de l’informel.

Cela vous rendra plus crédible et vous permettra de bénéficier des nombreux avantages liés à la création d’entreprise», a-t-il exhorté. Feignant d’oublier que chacun va à son rythme. Même si ce n’est pas de l’avis de l’administration fiscale : «On n’acceptera plus que des personnes soient à l’impôt synthétique, depuis dix ans. Ce n’est pas possible. On ne crée pas une entreprise pour ne pas évoluer. Si c’est le cas, alors il vaut mieux fermer. Nous avons les moyens de reconstituer le chiffre d’affaires d’une entreprise», faisait observer Pascal Abinan Kouakou, directeur général des Impôts. Une telle déclaration peut-elle inciter les opérateurs économiques modestes à investir ? On n’ose pas le croire.

A la tribune «Les rendez-vous du gouvernement», Jean Louis Billon, ministre du Commerce, de l’Artisanat et de la Promotion du secteur privé, a, lui aussi, reconnu la nécessité d’une réforme au niveau fiscal afin d’avoir sur le marché des produits à des prix raisonnables. Pour preuve, la Tva en Côte d’Ivoire est de 18%, contre 12% au Ghana et 5% pour le Nigeria.

Pour une forte baisse de la fiscalité

Le gouvernement devrait donc dès maintenant, mettre sur pied une politique d’incitation à la création d’entreprises par une forte baisse de la fiscalité qui touche les opérateurs économiques, par des facilités administratives et par des programmes de soutien financier simples et abordables. Et le Cepici peut se mettre en relation avec l’administration fiscale pour étudier ensemble des politiques fiscales incitatives.
Au niveau de l’environnement des affaires, beaucoup reste à faire. Malgré l’adoption d’un nouveau code des investisseurs, on note des tracasseries juridiques.

A ce sujet, on peut citer les remarques d’un homme d’affaires ivoirien pendant un diner-débat à Abidjan : «Les opérateurs économiques ont aujourd’hui tous peur de se trouver devant les tribunaux pour quelque motif que ce soit. Et c’est très grave. Car enlever la note de confiance dans la justice signifie créer une justice parallèle que tout opérateur économique responsable ne peut favoriser. Car la justice est l’un des piliers essentiels de l’environnement économique». On peut ajouter à cette remarque de l’opérateur économique, la pratique du racket qui freine l’élan des investisseurs.

Comme on le voit, sans une volonté politique affichée, le Cepici ne pourra pas développer le goût de l’entrepreneuriat national. Il va beau organiser caravane sur caravane, séminaire sur séminaire, colloque sur colloque, l’objectif d’incitation à l’investissement ne sera pas atteint. A quoi sert tout ce verbiage si les solutions adéquates ne sont pas données aux préoccupations des potentiels investisseurs ?

Comme d’ailleurs l’a signifié le président du patronat ivoirien, «pour attirer les mouches, on ne prend pas du vinaigre. Plus on aura d’entreprises, plus on aura de la richesse. Plus on aura des emplois, plus on aura des impôts pour le gouvernement». Le développement économique d’un pays se fait, a-t-il révélé, à moyen et long terme et non à court terme, dans la recherche effrénée des impôts. Cette politique de maximisation des impôts immédiats n’est pas bonne, à ses dires, pour le développement d’un pays. Parce que les gens qui risquent leur argent, le risquent toujours à long terme.

Malheureusement, le président du patronat ivoirien a affirmé qu’il a beau parler, tempêter, en privé comme en public, il n’est pas écouté. Dans ce cas, comment le Cepici peut-il souhaiter et obtenir le plus d’entrepreneurs ivoiriens possibles ?

Peut-être qu’un jour, l’Etat se décidera à l’écouter pour enfin faire des réformes visant à améliorer le processus de création d’entreprises.

Dossier réalisé par Camille Konan
Notrevoie

Afrik53.com : Infos 7J/7
Mardi 20 Mai 2014
Vu (s) 913 fois



1.Posté par Sily Camara le 21/05/2014 17:22 | Alerter
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