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Côte d`Ivoire : dix ans de crise, dix énigmes

le Samedi 29 Septembre 2012 à 02:08 | Lu 1027 fois



Côte d`Ivoire : dix ans de crise, dix énigmes
Meurtres inexpliqués, francs CFA volatilisés, opérations militaires clandestines... En Côte d'Ivoire, la décennie qui a suivi le coup d'État de 2002 contre Laurent Gbagbo aura été riche en rebondissements et lourde de secrets.



Chacun marque les anniversaires à sa façon. Dix ans après le 19 septembre tragique et fondateur qui le propulsa sur le devant de la scène ivoirienne, Guillaume Soro a choisi de la jouer ludique. Sur son mur Facebook, le président de l'Assemblée nationale a posté un jeu-concours. Question : « En 2002, pendant le déclenchement de la rébellion, quel était mon pseudo ? » Les premiers à répondre « Dr Kumba » gagnent un exemplaire dédicacé de son autobiographie...

D'autres, beaucoup d'autres, revivent les drames de cette décennie perdue, avec son cortège de crimes sans châtiments et de morts sans sépultures. L'avenir de la Côte d'Ivoire se joue certes sur le terrain du dialogue politique, pour l'instant introuvable, entre Alassane Ouattara et les orphelins de Gbagbo. Mais la réconciliation véritable, elle, dépend des réponses qui seront apportées à quelques-unes des énigmes énumérées ici. François Soudan



Qui a tué Robert Gueï et Émile Boga Doudou ?

Le 19 septembre 2002, à 3 heures du matin, une insurrection armée éclate à Abidjan. Les rebelles veulent renverser le président Gbagbo, qui est en voyage à Rome. Une heure plus tard, le domicile d'Émile Boga Doudou, le ministre de l'Intérieur, est attaqué. Le ministre escalade un mur, mais il est abattu dans la cour de son voisin de trois balles tirées d'un fusil d'assaut. Un règlement de comptes interne au camp Gbagbo ? Alain Dogou, son ex-directeur de cabinet, n'y croit pas. De bonne source, le domicile de Boga Doudou était l'une des cibles identifiées par les assaillants de cette nuit-là.

À partir de 10 heures, le camp Gbagbo - qui s'est ressaisi - accuse Alassane Ouattara et Robert Gueï d'être complices du soulèvement. Le premier trouve refuge chez l'ambassadeur d'Allemagne, le second dans la cathédrale d'Abidjan. Il y est capturé. Quelques heures plus tard, son corps est retrouvé. Son épouse est aussi assassinée. Aujourd'hui, la justice militaire ivoirienne considère comme « principal suspect » le commandant Anselme Séka Yapo, dit Séka Séka. L'ex-chef de la sécurité de Simone Gbagbo est détenu à Abidjan. Beaucoup comptent sur ses aveux pour savoir qui a donné l'ordre de tuer Robert et Rose Doudou Gueï, ainsi que dix-sept de leurs proches.



Bombardement de Bouaké : pourquoi la France a-t-elle laissé partir les pilotes ?

Le 6 novembre 2004, au troisième jour d'une offensive gouvernementale contre les rebelles, deux avions Soukhoï ivoiriens bombardent le camp militaire français de Bouaké. Neuf soldats français et un civil américain sont tués. Quelques jours plus tard, les pilotes biélorusses sont exfiltrés au Togo au milieu d'un groupe de mercenaires. Lomé avertit les Français, qui répondent qu'ils ne sont pas intéressés. Et les deux pilotes disparaissent dans la nature...

Du coup, les familles des neuf soldats se demandent si la France n'a pas quelque chose à cacher. Aurait-elle appuyé secrètement l'offensive du camp Gbagbo ? Dans cette hypothèse, les familles lancent deux pistes. 1 - La bavure : Chirac soutient Gbagbo. Les avions visent un camp rebelle et se trompent de cible. 2 - La machination : Chirac laisse Gbagbo frapper le camp français pour le piéger et favoriser un coup d'État à Abidjan. Difficile de croire que Chirac ait sacrifié la vie de ses soldats... Reste une troisième hypothèse : la négligence ou la volonté d'éviter un bras de fer avec la Biélorussie et son allié russe. « Les pilotes, ce n'était pas notre priorité, dit aujourd'hui un ancien proche de Jacques Chirac. À l'époque, il fallait avant tout évacuer plusieurs milliers d'expatriés. »




Chirac a-t-il voulu renverser Gbagbo ?

Dans la nuit du 7 au 8 novembre 2004, un escadron de blindés français se dirige vers l'hôtel Ivoire d'Abidjan, lieu de rassemblement de tous les expatriés à évacuer. Par un curieux détour, il se retrouve un moment devant la résidence de Laurent Gbagbo, dans le quartier Cocody. Depuis, beaucoup se demandent si, au moment où les manifestations anti-Français se multipliaient, Chirac n'a pas voulu l'intimider. Certains prétendent même que le président français aurait glissé dans la colonne un officier supérieur ivoirien - le général Doué ? - pour tenter de le faire déposer.

Reste une troisième explication - la plus vraisemblable : la colonne se serait trompée de route ou aurait tenté de contourner une foule de manifestants. C'est la thèse avancée depuis huit ans par plusieurs militaires français, dont l'un des officiers de l'escadron.



Attentat contre Soro : quels coupables ?

Aucune commission d'enquête n'a livré ses conclusions. Soro a toujours prétendu savoir qui était derrière l'attentat du 29 juin 2007 contre son avion sur l'aéroport de Bouaké. Au soir de l'attaque, les regards se sont tournés vers Chérif Ousmane et Zacharia Koné, deux comzones alors en déplacement à Ouagadougou. Avant que le Premier ministre ne réfute cette thèse.

Seconde hypothèse : une vengeance d'Ibrahim Coulibaly, évincé de la rébellion. Mais il était en exil au Bénin. Autre piste très sérieuse, celle d'un complot ourdi par le camp Gbagbo. Si le président n'avait pas forcément intérêt à se débarrasser du chef du gouvernement après lui avoir tendu la main lors de l'accord politique de Ouaga, les plus radicaux de son camp aspiraient à son élimination. « Mes gars mijotent quelque chose contre Soro, aurait confié Gbagbo à un émissaire burkinabè une semaine avant l'attentat. Dites-lui de faire attention ! » Certains y ont vu la main de Kadet Bertin, puissant conseiller militaire du président, qui aurait pu se servir de rebelles mécontents.



Cacao-pétrole : où est passé l'argent ?

La Côte d'Ivoire n'a jamais connu autant de scandales financiers que durant les années Gbagbo. Les audits café-cacao ont révélé la disparition, entre 2002 et 2008, de 370 milliards de F CFA des caisses des différents organes de gestion de la filière. Pour le pétrole, l'opacité a été totale lors des premières années de mandat de l'ex-chef de l'État avant que le FMI n'exige plus de transparence.

En plein conflit, le régime Gbagbo avait besoin d'argent pour acheter des armes et faire de la politique (retournement d'adversaires, lobbying). De nombreux intermédiaires et hommes d'affaires en ont profité pour se remplir les poches. L'opposition n'a pas été en reste. Ses responsables, qui ont participé aux différents gouvernements de réconciliation, avaient leur mot à dire lors de la signature des contrats (cacao, élections...). Gbagbo avait tendance à laisser faire. « Ils deviennent fous autour de moi, a-t-il un jour confié à l'un de ses proches. Si je suis réélu, les têtes vont tomber ! »



Quel était le véritable pouvoir de Simone Gbagbo ?

Elle faisait de la politique du matin au soir. Montrant la voie aux femmes patriotes, ferraillant à l'Assemblée, débauchant les cadres de l'opposition, la vice-présidente du Front populaire ivoirien (FPI) incarnait la ligne des durs opposés aux accords de Marcoussis. Ses détracteurs assurent qu'elle était aussi l'instigatrice des « escadrons de la mort », dont elle avait confié la direction à Anselme Séka Yapo, son garde du corps.

Elle jouissait d'une grande influence auprès de son époux, qui lui reconnaissait une légitimité acquise au cours des dures années d'opposition. Pour beaucoup, elle disait tout haut ce que Gbagbo pensait tout bas dans un scénario élaboré en duo. Si elle fut en première ligne en début de mandat, après septembre 2002 et lors des événements de 2004, Gbagbo ne l'écoutait pas toujours à l'heure de négocier, ce qui la plongeait dans une grande amertume. Elle vivait aussi très mal la cohabitation avec Nadiana Bamba, la seconde épouse du chef de l'État, qui dirigeait un groupe de presse et battait campagne dans le Nord.

Animée d'une mission prophétique, cherchant à s'assurer le soutien des leaders religieux, des chefs traditionnels, des représentants des jeunes et des femmes, Simone n'a pourtant jamais désarmé. Au lendemain du premier tour de la présidentielle, elle avait retrouvé l'oreille de son époux. Durant la crise postélectorale, elle a dirigé une sorte de « conseil de guerre » dont le but était la survie du régime.



Qui a arrêté Laurent Gbagbo ?

Le 10 avril 2011 au soir, les forces pro-Ouattara ne parviennent toujours pas à pénétrer dans l'enceinte de la résidence présidentielle. Un ultime coup de pouce est alors demandé à l'Élysée. Le 11 avril dans la matinée, les hélicoptères de la force Licorne détruisent les dernières poches de résistance de Gbagbo autour de la résidence, et des chars de l'armée française sécurisent le périmètre. Les commandants Hervé Touré (dit Vetcho) et Zacharia Koné, ex-comzones, n'ont plus qu'à aller cueillir Gbagbo et ses proches.

Pendant toute l'opération, Alassane Ouattara, Guillaume Soro, le général Palasset, chef de la force Licorne, et l'ambassadeur Jean-Marc Simon, resteront au téléphone. « Il nous le faut vivant ! » intiment-ils aux deux commandants. À 11 heures, le couple Gbagbo et ses partisans sont extirpés de leur bunker. Certains ont prétendu que les forces spéciales françaises avaient participé à l'opération, en passant par un tunnel situé sous la résidence voisine de l'ambassadeur de France. Rien n'est moins sûr.



Pourquoi IB a-t-il été exécuté ?

Ibrahim Coulibaly (IB) refusait de se rendre à un rendez-vous de conciliation. Réapparu en janvier 2011 à Abidjan à la faveur de la crise post­électorale, l'ex-sergent-chef était un des leaders du « commando invisible », premier groupe armé à combattre les forces fidèles à Gbagbo, à Abidjan. Revendiquant sa part dans la chute du président sortant, IB demandait à rencontrer Alassane Ouattara. En vain. Le 27 avril au matin, Morou Ouattara, Hervé Touré « Vetcho » et Chérif Ousmane, commandants des Forces nouvelles (pro-Soro), prennent le contrôle d'Abobo et encerclent IB dans une résidence en lisière de la commune d'Anyama. S'est-il rendu, comme affirment ses proches, avant d'être torturé ? A-t-il résisté ? Finalement exécuté, IB ne jurait que de se venger de Soro qui l'avait écarté depuis longtemps. Ayant participé à de nombreux putschs et complots de 1999 à 2011, il a emporté avec lui une partie des secrets de la rébellion. « Je présente mes condoléances à sa femme, à ses enfants, a déclaré le président Alassane Ouattara. C'est un jeune homme qui a été garde du corps chez moi. Bien entendu, des choses se sont passées... Cela est regrettable. »

Samedi 29 Septembre 2012
Vu (s) 1027 fois



1.Posté par Kader le 29/09/2012 08:04 (depuis mobile) | Alerter
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T'es veritablement con toi...

2.Posté par Dodosaintpaul le 29/09/2012 09:56 | Alerter
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ce résumé de désinformation sarko-soroïenne "soft"prêterait à sourire s'il ne nous rappelait pas amèrement ce à quoi nous avons été soumis pendant dix ans en France et qui malheureusement peut encore fonctionner auprès d'esprits distraits: un ton raisonnable et neutre, la présentation de plusieurs hypothèses dont une ou deux farfelues et en balance l'hypothèse représentant le point de vue de l'auteur, présentée sans trop affirmer, en faisant allusion à desponcifs rendus crédibles à force d'être répétées dans la presse, de sorte que le lecteur naïf a l'impression que c'est lui-même qui tire la conclusion, etc... merci à afrik53.com, excellent site d'habitude pour échapper à l'information manipulée, d'essayer de nous dire d'où vient ce genre de papier anonyme pénible, à défaut de signature.

3.Posté par STAICY le 29/09/2012 14:00 | Alerter
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quel grossier mensonge. heureusement cet énergumen na pas eu le courage de signer sans doute un burkinabé.

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