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Côte d’Ivoire – l’ONU met à nu les réseaux criminels des anciens chefs rebelles dans l’armée

le Samedi 27 Avril 2013 à 08:28 | Lu 2229 fois



Côte d’Ivoire – l’ONU met à nu les réseaux criminels des anciens chefs rebelles dans l’armée
Un rapport de l’Onu met en cause des chefs de l’armée ivoirienne

ABIDJAN (Reuters) – D’anciens chefs rebelles ivoiriens intégrés dans l’armée nationale après l’arrivée au pouvoir du président Alassane Ouattara profitent aujourd’hui de leurs fonctions pour contrôler des trafics illicites en tout genre portant sur des millions de dollars, affirment des experts des Nations unies.

Dans un rapport que Reuters a pu consulter vendredi, ces experts mettent en cause certains chefs militaires, issus de l’ex-mouvement rebelle des Forces nouvelles et qui ont rejoint l’armée après la victoire d’Alassane Ouattara sur son rival Laurent Gbagbo en avril 2011, à l’issue d’une courte guerre civile.

Ces hommes occupent aujourd’hui des postes-clés au sein des Forces républicaines de Côte d’Ivoire (FRCI), l’armée nationale.

« L’administration ivoirienne a progressivement intégré d’anciens commandants rebelles dans les forces armées nationales sans que ceux-ci aient abandonné leurs activités économiques et leurs méthodes de prédateurs et de chefs de guerre », disent les experts de l’Onu.

Ils ont étendu leur « réseau militaro-économique » sur tout le pays pour se livrer à de fructueux trafics, ajoute le rapport qui cite les noms d’Ouattara Issiaka, alias « Wattao », Hervé Touré, alias « Vetcho », Koné Zakaria, Chérif Ousmane et Martin Kouakou Fofié.

Kouakou Fofié fait l’objet de sanctions de l’Onu depuis 2006 (gel des avoirs à l’étranger et interdiction de voyager).

Aucun responsable ivoirien n’a pu être joint vendredi pour commenter ce rapport.

Le document affirme que les anciens combattants rebelles maintiennent leur contrôle sur les mines de diamants et l’industrie artisanale de l’or. D’ex-membres des Forces nouvelles travaillent dans des exploitations forestières illégales dans la région de Bouaké, leur ancien bastion, et font la contrebande du précieux bois de teck.

Des camions de l’armée ont été utilisés pour exporter clandestinement vers les pays voisins, surtout le Ghana, du cacao, dont la Côte d’Ivoire est le premier pays producteur au monde.

« Les autorités ivoiriennes estiment que pour la saison 2011-2012, la contrebande de cacao a atteint 152.000 tonnes, ce qui représente pour les finances du pays une perte de 76 millions de dollars », précise le rapport.

Dans la vie quotidienne, les civils sont parfois contraints de payer pour franchir les postes de contrôle de l’armée ou de la police, et peuvent même être soumis à un système d’impôt forcé, ajoutent les experts.

Joe Bavier, Guy Kerivel pour le service français

Top News
Ivory Coast ex-rebels use army posts for criminal network – U.N.
Fri, Apr 26

By Joe Bavier

Samedi 27 Avril 2013
Vu (s) 2229 fois



1.Posté par Abou le 27/04/2013 10:15 (depuis mobile) | Alerter
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Les rapports contre vos protegés de rebelles on en connait beaucoup mais vous continuez de les proteger.si vous etes sincères passez aux sanctions.

2.Posté par Fatim le 27/04/2013 12:17 (depuis mobile) | Alerter
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Franchement vous nous pompez l air...

Vous savez tres bien ce qu il y a a faire...
Salut Abou

3.Posté par Hermann N''da le 27/04/2013 15:16 | Alerter
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Rendez-vous à COCODY et vous verrez les deux immeubles déposés par WATTAO dans cette commune.

Idem à YOPOUGON.

Des criminels et bandits de grands chemins sont les hommes de mains de celui que les prédateurs occidentaux ont imposé aux Ivoiriens comme chef d' État.

Le monde marche sur la tête, du moins, pour l'instant. Bientôt, il fera jour....

4.Posté par doriane le 27/04/2013 17:27 | Alerter
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Vous me gonflez avec votre rapport à la con. Ne sont-ce pas vos protégés? C'est pas l'onu, cette grande prostituée qui leur a donné du zèle pour se livrer à ses actes, sous la rampe des media français? et puis dans votre rapport, vous avez oublié le nom du premier bandit de grand chemin: mossi Dramane zoungrana zampaligré yamto'go ouatraogo!
Alors, Enculés de l'onu allez foutre vos rapports dans vos culs! TCHRRRRRRRRRRRR
Signé: doriane, la vraie

5.Posté par yobo le 27/04/2013 21:06 (depuis mobile) | Alerter
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merci les braves ...on doit leur demander pourquoi ce divorce si tôt ? qui était l'acheteur ,le vendeur et le receleur ....dîtes vous que ce déluge la ne va vous louper ...soyez en sur .vous finissez toujours par livrer vos rebelles ,ça on le sait mais c'est lui qui ne le sait pas ...
voyons -nous pas qu' on tend vers notre libération ? oui rendons gloire au plus haut des cieux ....
signé. LA MAIN DE DIEU .

6.Posté par Tchedjougou OUUATTARA le 27/04/2013 21:28 | Alerter
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La douce mais coriace Doriane, mol-molo... Le CEMA Hermann employé un gros mot français : il a écrit : " POUR L'INSTANT..". Oui, combattante Doriane, le Général Hermann nous apprend par exemple que l'inculte WATTAO a déposé 2 immeubles à COCODY, d'autres à POY, ainsi de suite.

Cela veut dire quoi ? Cela veut dire qu'à part leurs véhicules de luxe dans lesquels ils farottent, les maisons sont obtenues avec l'argent sont en C.I

Tu vois ce que je veux direvquoi. Doriane, Doriane, suis mon regard. Tu as vu ?

Pour les maisons situées aussi au burkina, ne t'en fais pas. Cette année, le criminel COMPAORE va vouloir faire comme le Grogui . Mais quant au criminel, il périra là-dedans au contraire de Grogui.

Pour le reste, pardon, DORI suis mon regard. DORI, laisse. Ce n'est plus loin. Paedon, DORI, suis mon regard. As-tu vu mon regard ? Très bien.

Où passeront-ils le reste de leur vie, loin de ces richesses criminelles ? Pardon DORI, suis mon regard. Ah bon ! Tu as vue maintenant qu'ils n'en jouiront jamais paisiblement, ni eux-mêmes, ni leur descendance. DORI, suis mon regard....

Général Hermann, je sais que toi tu suis déjà mon regard.

Et Fati ? Suis-tu mon regard ? Très bien. Calme la redoutable combattante Dori. Tourne sa tête vers moi. Très bien, tout le monde suis mon regard.


CE N'EST PLUS LOIN...Qu'ils soient avec eux ou non, tous ces rapports nous serviront d'éléments de preuves probantes et tous ceux qui suivent actuellement mon regard verront sous peu.

Ils mourront tous en taule. Les biens frauduleux ? Au propriétaire, le peuple de C.I

DORI, est-ce que ce qui est court est long ?

7.Posté par Tchedjougou OUUATTARA le 27/04/2013 21:28 | Alerter
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La douce mais coriace Doriane, mol-molo... Le CEMA Hermann employé un gros mot français : il a écrit : " POUR L'INSTANT..". Oui, combattante Doriane, le Général Hermann nous apprend par exemple que l'inculte WATTAO a déposé 2 immeubles à COCODY, d'autres à POY, ainsi de suite.

Cela veut dire quoi ? Cela veut dire qu'à part leurs véhicules de luxe dans lesquels ils farottent, les maisons sont obtenues avec l'argent sont en C.I

Tu vois ce que je veux direvquoi. Doriane, Doriane, suis mon regard. Tu as vu ?

Pour les maisons situées aussi au burkina, ne t'en fais pas. Cette année, le criminel COMPAORE va vouloir faire comme le Grogui . Mais quant au criminel, il périra là-dedans au contraire de Grogui.

Pour le reste, pardon, DORI suis mon regard. DORI, laisse. Ce n'est plus loin. Paedon, DORI, suis mon regard. As-tu vu mon regard ? Très bien.

Où passeront-ils le reste de leur vie, loin de ces richesses criminelles ? Pardon DORI, suis mon regard. Ah bon ! Tu as vue maintenant qu'ils n'en jouiront jamais paisiblement, ni eux-mêmes, ni leur descendance. DORI, suis mon regard....

Général Hermann, je sais que toi tu suis déjà mon regard.

Et Fati ? Suis-tu mon regard ? Très bien. Calme la redoutable combattante Dori. Tourne sa tête vers moi. Très bien, tout le monde suis mon regard.


CE N'EST PLUS LOIN...Qu'ils soient avec eux ou non, tous ces rapports nous serviront d'éléments de preuves probantes et tous ceux qui suivent actuellement mon regard verront sous peu.

Ils mourront tous en taule. Les biens frauduleux ? Au propriétaire, le peuple de C.I

DORI, est-ce que ce qui est court est long ?

8.Posté par doriane le 27/04/2013 22:03 | Alerter
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Non colonel Tchèdjougou Ouattara, ce qui est court n'est pas long. Comme le dirait l'autre, on longué pas ce qui est court. Alors j'ai bien suivi ton regard. Chic- chic alors, pour le digne peuple de côte. Ah! Ah! Dieu a-t-il vraiment dit aux Israélites hum hum hum... aux égyptiens?
L'Eternel restaure et donne le double de ce qui nous a été volé. Et les voleurs, HUMMMM....
On s'est compris Colonel! Alors je me calme!
Bonsoir Colonel Tchèdjougou, bonsoir Général Hermnn N'da, merci pour toutes ces infos; bonne nuit Fatim, Fati, yobo, Staicy, Gaou, Ignacio....
Signé: doriane, la vraie

9.Posté par FRANCAIS le 28/04/2013 01:33 | Alerter
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MAIS L'ONU !! DE QUOI VOUS VOUS PLAIGNEZ?? N'EST CE PAS CE QUE VOUS VOULIEZ?

10.Posté par RODNEY le 28/04/2013 05:44 | Alerter
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Bandes de bandits que vous êtes tous! Vous êtes tous les mêmes. Pilleurs, voleurs de biens d' autruis. Tout mal se paie sur terre. Le jour viendra ou vous payerai pour la désolation que vous causez en C.I.

11.Posté par neji le 28/04/2013 18:01 (depuis mobile) | Alerter
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tout cela ce folklore pour nous apprendre quoi de nouveau. depuis 2002 l'onu est au courant de tout.peut etre que l'onu même est impliqué. dans tout ceci sinon...suivez mon regard.

12.Posté par neji le 28/04/2013 18:01 (depuis mobile) | Alerter
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tout ce folklore pour nous apprendre quoi de nouveau. depuis 2002 l'onu est au courant de tout.peut etre que l'onu même est impliqué. dans tout ceci sinon...suivez mon regard.

13.Posté par GBETIAYI GOUZOU le 29/04/2013 01:39 | Alerter
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Attention mon colonel TCHEDJOUGOU OUATTARA (T.O.). Ce rapports me semblent écrits par des experts qui cherchent à se protéger: ils jettent un voile pudique sur certains faits pour mettre d'autres en évidence.
Le paragraphe 3 parle d'anciens chefs militaires de l'ex rébellion qui se sont joint progressivement (paragraphe 5) à l'armée nationale après la victoire de OUATTARA... L'objectif et l'esprit du rapport sont ici révélés: faire oublier que c'est bien eux qui ont assuré la logistique et le transport de ces rebelles et ce, depuis leur arrivée officielle après 2002. En 2010, tous ont pu les voire agir. Avant les élection, ils ont toujours dit maintenir la paix entre un pouvoir légitime, élu, agressé par des bandes armées sans aucune légitimité, et donc ces derniers. Nous assurant que les élections se passeraient sans heurt et qu'ils garantissaient le désarment de ces rebelles ou bandes armées... De la tribune qu'ils se sont offerte suite à cette pseudo élection, abandonnant, leur mission de maintient de la paix, ils prennent ouvertement parti pour les rebelles qu'ils avaient déjà déplacer et prépositionner sur tout le territoire, les nourrissant, les armant et les renforçant même... Suite au constat de l'incapacité d'avancer des rebelles l'ONUCI va carrément les remplacer dans le combat contre les FDS. Là , y'a plus de paix à maintenir... GBAGBO doit partir... Recompter les voix, c'est une grave injustice. Nous attendons jusqu'à présent qu'ils nous explique ce français là. Non! OUATTARA n'est pas arrivé suite à un victoire électorale. Ces rebelles ne sont pas venus progressivement suite à une victoire. C'est eux qui ont toujours été chargés de venir prendre le pouvoir depuis 1999 Alors arrêtez de nous prendre, messieurs les sois disant experts de l'ONU, pour ce que vous savez que nous ne sommes pas. C'est d’ailleurs parce que vous savez qui nous sommes que vous êtes obligez d'utiliser toutes ces méthodes contre nous. Vous ne pouvez nous surclasser ni nous battre dans quoi que ce soit sans tricher; Mais là la, soyez surs que vous avez un peu trop cherché, votre maître et vous, vous allez être obliger de trouver. Car le créateur de ce monde, c'est le DIEU SOUVERAIN. C'est pas vous. Cher colonel T.O. tu n'as pas tort, car ici, tout ce qu'ils vont entreprendre, même leur silence va se retourner contre eux. Salut à tous

14.Posté par la grace le 29/04/2013 02:28 | Alerter
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LU POUR VOUS


COMMENT ALASSANE DRAMANE OUATTARA A ORGANISE LES CRIMES DE DUEKOUE
Dimanche, 28 Avril 2013 12:46

L'enquête que vous allez découvrir plus bas a été menée par un journaliste de l'hebdomadaire français Le Nouvel Observateur. Il y a deux raisons pour lesquelles je vous invite à prendre le temps de la lire. Depuis le début de la crise postélectorale ivoirienne, et même avant, l'ex-président Laurent Gbagbo a fait l'objet des pires portraits et assertions caricaturesques dans les medias occidentaux, totalement acquis à l'entreprise de diabolisation qui le visait.

Gbagbo dictateur, Gbagbo mauvais perdant de l'élection présidentielle, on était habitué.
Cette enquête faite par un organe de presse européen peu réputé pour sa propension à l'exagération, et qui se greffe aux rapports accablants d'organisations humanitaires que l'on ne peut soupçonner de collusion avec l'ancien pouvoir ivoirien, comme Human Rights Watch, Amnesty International, La Croix Rouge, Caritas etc., ruine définitivement ce qu'il restait de la réputation de technocrate bien propre sur lui d'Alassane Ouattara, construite à coup d'articles laudateurs, d'omissions opportunes et de contrevérités savamment distillées. Jean-Paul Mari dépeint ici une fresque hideusement magistrale des exactions organisées par Alassane Ouattara, un homme banal cruellement mortel, dont l'Histoire retiendra qu'il a été capable d'enjamber des dizaines de milliers de cadavres pour s'asseoir dans le fauteuil présidentiel ivoirien.

La lecture de ce document va certainement vous soulever le cœur. Il faut vous forcer à aller jusqu'au bout, même s'il est plus agréable d'ignorer certaines choses. La narration claire et ciselée ne laisse aucune marge au flou. C'est inexorable, insoutenable, sans ellipse, sans pardon. L'opinion publique française et occidentale ne pourra pas échapper au malaise, même si elle est habituée à couvrir du voile de l'ignorance tout ce qui peut lui donner mauvaise conscience: L'horreur de la guerre est arrivée à son comble avec Alassane Dramane Ouattara, soutenu et épaulé par Nicolas Sarkozy, président de la république française.

Mahalia Nteby


Pour voir des photos du massacre de Duékoué, cliquez ici: lien

___________________

1.ooo, 2.ooo morts ? On ne sait pas. Mais la grande tuerie de Duékoué a duré toute une semaine, dans la ville, les villages, la brousse. Accusées : les Forces du Nord du président Ouattara qui ont lancé leurs supplétifs à l'assaut. Jean-Paul Mari a reconstitué sur place la mécanique d'une bataille qui a tourné à l'épuration ethnique.

Duékoué est une ville infecte. L'endroit pue la crasse, la sueur, la peur, la haine, la mort. Ce matin, il fait déjà bien trop chaud et l'humidité trempe le corps. Dans l'église incendiée du quartier Carrefour, il faut marcher entre les cadavres encore frais d'hommes abattus à bout portant, découpés à la machette ou la gorge tranchée, à même le sol, mains liées dans le dos, comme des animaux de ferme.

Dans l'air, il reste cette odeur pois­seuse, reconnaissable entre toutes, mélange de mort, de métal, de sang caillé et de brasier mal éteint, et ces cendres noires aussi collantes que les mouches sur l'ordure. Il y avait un quartier, une population de 10 000 personnes, il ne subsiste plus grand-chose d'humain. Sinon l'église Jésus-Sauveur, carbonisée, les mai­sons noircies, les allées défoncées en terre ocre, le sol noir couvert de gra­vats et de vêtements sales, dispersés. Un cyclone de violence a tout emporté, les abris de bambou, les toits en tôle, les murs de ciment, les fils électriques qui pendent des pylônes et les portes arrachées à mains nues. Restent les pancartes du restaurant Nid d'Abeilles, du salon Hip-Hop Coif­fure, de la pharmacie Médicaments chinois et un poster déchiré d'un foot­balleur africain. Même les arbres ont brûlé, leurs branches basses encore lourdes de mangues. Un gosse traîne dans la ville fantôme, trouve un fruit pourri, le suce. Un homme, un balai de paille à la main, contemple les ruines de sa maison. Un vélo passe, chargé d'une chaise en plastique épar­gnée.

Tuer, tuer, tuer, la solution est tou­jours la même. La solution à quoi ? D'abord à un conflit politique. Entre les Forces du Nord, ex-rebelles devenus l'armée du nouveau président Ouattara, et les Forces du Sud, l'armée de l'ancien président déchu Laurent Gbagbo. Une solution aussi au conflit ethnique qui oppose les Malinkés ou Dioulas du Nord et les Guérés du Sud. Une solution, enfin et surtout, au conflit foncier, la guerre pour la terre, la guerre dans la guerre, pour un village, une ferme, un champ de cacao. Tuer l'autre, le grand propriétaire, le fermier, c'est laisser la terre vide, comme un cimetière fertile, à prendre là, maintenant. Un conflit politico-militaire et la revanche des métayers, cela suffit pour justifier le massacre des innocents. Cela s'appelle une épuration ethnique.

Tout près d'ici, il y a trois grandes fosses communes, de la terre fraîche retournée sur des monceaux de cadavres. Dans l'une d'elles, près de la rivière Guémon, les pieds des morts baignent dans le marécage. Les survivants hésitent à revenir, un œil sur leur passé, l'autre sur la brousse toute proche et la masse sombre des taillis d'où les massacreurs ont surgi. Et s'ils revenaient ?

Duékoué est une ville abandonnée de Dieu et du gouvernement, à sept heures de route et vingt-deux check-points d'Abidjan. Un gros bourg laid, sans âme et sans monument, doté d'une poignée de missionnaires héroïques mais sans conseil général. Personne ne s'y intéresse, sauf quand surviennent les massacres, et l'on vole à son secours quand tout est accompli. Pour son malheur, Duékoué est un carrefour stratégique. Qui tient Duékoué contrôle la circulation régionale, le chemin du cacao jusqu'au premier port du pays, San Pedro, et tout le flux humain et commercial entre le Grand Ouest et ses frontières.

Autre malédiction, la région est riche, la terre fertile, bien arrosée et les prix du café et du cacao ont flambé. Comme par hasard, les grands massacres dits politiques se produisent l'hiver, précisément à l'heure de la récolte.
En 2002, quand le Nord et le Sud se séparent, les premiers massacres renvoient opportunément chez eux une foule de métayers malinkés, leurs fils, leurs voisins, des paysans sans terre mais pleins de rage. On trace sur la carte une belle ligne de démarcation qui passe... juste au-dessus de Duékoué. L'ONU compte les coups, la Force Licorne patrouille, les ONG désertent le coin. Trop compliqué ! Entre les « coupeurs de route», bandits de grand chemin, le groupe d'Amandé, un seigneur de guerre venu du Burkina, fort de 300 hommes, qui s'est adjugé tout le parc naturel du mont Péko, la flopée de milices d'autodéfense, hommes de main des politiques ou simples voyous, dotés de «généraux» et de noms flamboyants de mouvements de libération, les commandos de quartier, les mercenaires du Libéria... la région devient une poudrière. Tous sont armés jusqu'aux dents, menacent, rackettent, volent, saignent, violent et tuent à l'occasion.

Dans le quartier Carrefour, il ne fait pas bon être Guéré et pas une semaine ne passe sans que l'on retrouve un corps ou deux dans les fossés. Face aux Guérés, au nord, existe une variante locale de miliciens, les Dozos, des chasseurs traditionnels malinkés, armés de fusil calibre 12 et de chiens de brousse. Les mystiques guerriers, initiés au grand secret de la forêt, portent des coiffes décorés de dents d'animal et ont le corps bardé de gris-gris supposés les rendre invulnérables aux balles invisibles face à un fauve ou capable d'occire un éléphant d'un seul coup de lance. Avec le temps, la farouche confrérie du Nord s'est dévoyée, agrégeant les jeunes enragés malinkés, faisant une milice de plus. Dix ans plus tard, à l'hiver 2011, quand les Forces du Nord, rebaptisées FRCI, lancent la grande offensive en direction d'Abidjan, la capitale tenue par Laurent Gbagbo, tout est prêt pour la grande épuraion. « Vers quatre heures du matin, j'ai été réveillée par des lueurs et des explosions terribles. J'ai hurlé, croyant à un cauchemar. J'avais raison», dit Clémentine Don. A 53 ans, violée deux fois, sa maison pillée, son village dévasté, son mari humilié, encore terrorisée et obsédée par la tache de sang qui profane l'herbe au pied de l'arbre sacré du village, Clémentine est une femme brisée : «Nous sommes souffrants, vous comprenez...» Elle a pourtant tout fait pour échapper à l'horreur.

Née à Carrefour, elle a quitté son quartier dès les premiers incidents en 2001 pour s'abriter dans ce paisible village de Dahoua, à 5 kilomètres au sud de Duékoué. Clémentine, devenue présidente de l'Union des Femmes, a créé une coopérative Contre la Famine ! Tout s'effondre avec les premiers tirs, ce lundi 28 mars. Tremblante, elle suit les combats qui mettent Duékoué à feu et à sang. L'armée régulière du Nord a franchi la ligne rouge de démarcation. Pour en finir au plus vite, les rebelles du Nord ont lancé tous leurs supplétifs dans la bataille, les Dozos, leurs miliciens et même la bande de tueurs du chef de guerre Amande. Ils descendent des montagnes, s'infiltrent par la brousse, dévalent de tous les côtés à la fois, balaient les Forces de Sécurité présidentielles et taillent les milices Guéré en pièces. Ils prennent Duékoué en quelques heures puis... s'arrêtent, font la fête et pillent. Au petit matin du mardi 29 mars, des dizaines de cadavres couvrent les trottoirs de Duékoué, les vaillants miliciens Guérés ont déguerpi en laissant leur population sans défense, face à des combattants ivres de bataille.

Carrefour est le premier quartier sur leur chemin. Ils encerclent les maisons. Les hommes sont triés, leur carte d'identité examinée. Un nom malinké : la vie sauve. Une carte d'identité ivoirienne, un nom guère : une balle dans la tête. Dehors, les femmes sont à genoux. « Ils nous forçaient à chanter leur gloire, à répéter : « Guerriers ! Guerriers !», dit Julie, une habitante. Les assaillants se divisent en trois groupes : «Les tueurs, les pilleurs et les gâteurs... Les gâteurs, c'est ceux qui arrosaient nos maisons d'essence avant de mettre le feu.» Un curé et ses enfants de chœur sont surpris devant l'église : «Quel est ton parti ? - Le parti de Jésus-Christ. - Jésus-Christ ? C'est pas un parti !» Ils sont abattus. Au milieu des cris et des explosions, les assaillants insultent leurs victimes : «Vous avez voté Gbagbo ! Traîtres !» Et les anciens métayers exultent : «Vous nous avez pris pour des domestiques. Nous sommes revenus en maîtres. Nous prendrons vos femmes, vos terres, vos champs. Et vous mangerez de la boue !» Et ils tuent. En fin de matinée, Carrefour est en feu. Et les supplétifs commencent à envahir les villages alentour.

A Bahé-B, à quelques kilomètres de Duékoué, Denis bêche son champ de manioc. Il entend du bruit, se dirige vers sa ferme, voit huit hommes en treillis, foulard rouge sur le front et sandales en plastique aux pieds. « Qui est là ?» Trois coups de feu lui répondent. La première décharge de chevrotine le manque, la deuxième lui loge un plomb dans le cou, la troisième lui crible l'épaule. Il tombe, laissé pour mort. Au troisième jour des massacres, les tueurs ne trient plus leurs victimes. «Ma femme, Hélène, mes jumeaux de 4 ans et demi, mon fils de 2 ans... Ils ont tué neuf personnes de ma famille», dit Denis. Couché dans les herbes hautes, paralysé, en sang, Denis entend l'appel au secours de sa nièce, sa fille adoptive, âgée de 13 ans : «Papa ! Au secours ! Ils sont en train de me violer !» Denis aperçoit plusieurs hommes autour de l'enfant, les cris durent une éternité. Puis ils cessent. Et Denis découvrira le corps de sa nièce, abattue d'une décharge dans la poitrine. Toute la nuit, Denis entend les aboiements des chiens des Dozos qui entrent dans la brousse, chassent les rescapés, les paysans dans leurs campements.

Une nuit de chasseurs, d'aboiements, de coups de fusil. Au petit matin, Denis se traîne vers la route et croise une colonne de l'Onuci. Après une longue inertie, les casques bleus commencent à patrouiller, enterrent les morts et cherchent des survivants.

Dans son village, Clémentine a compris que la brousse ne la protégerait pas de la folie de Duékoué. Au moment de fuir, elle est arrêtée par des Dozos et des hommes en armes. Parmi eux, une femme militaire en treillis. Ils parlent dioula, la langue du Nord, et poussent vers l'arbre sacré du village trois hommes, entre 18 et 20 ans, les mains attachées dans le dos. « J'ai entendu des cris bizarres, des couinements, comme si on égorgeait un porc», dit Clémentine. Quand les hommes s'en vont, les paysans se précipitent et trouvent les trois hommes au sol, la gorge tranchée au couteau de chasseur. «Ces cris... je les entends encore, chaque nuit !» Elle appelle l'Onuci, trois fois, au secours, en vain : «Venez ! Ils sont train de tuer dans les campements !» Le lendemain, le groupe d'assassins revient, avec des chiens «pour chercher les fusils cachés», disent-ils. Ils mitraillent un homme sur le palier de Clémentine. Nouvel appel de détresse. Cette fois, un camion blanc arrive. 300 personnes veulent fuir. C'est trop pour le véhicule. On forme une longue colonne de civils à pied qui suivent au pas le camion des casques bleus, sous les cris de rage des Dozos : «Pourquoi les laissez-vous partir ? Laissez-nous faire ! On va en finir avec ces agoutis [rongeurs] !» Clémentine, elle, reste, «pour continuer à informer les autorités». Samedi 2 avril, en fin de matinée, trois autres hommes en treillis, la trentaine, arrivent à mobylette, fusil de chasse à la main, ils cherchent de l'argent, arrachent ses vêtements. Clémentine les supplie : «Je suis vieille. Je suis votre maman.» Ils la violent à tour de rôle. Pillent la maison. S'en vont. Reviennent. Clémentine est surprise de nouveau à 300 mètres de là, dans la maison de sa sœur, 56 ans. Elles sont violées toutes les deux : «On va tuer Laurent Gbagbo, prendre vos femmes ! Vous deviendrez nos domestiques !»

Depuis, Clémentine parcourt Duékoué et la campagne environnante, le souvenir des cris des suppliciés et des violeurs dans la tête, avec un carnet à la main où elle note tout, les morts, les viols, les campements dévastés. Parfois, elle vient à pied jusqu'au camp de réfugiés de la mission catholique du père Cyprien. Ils sont 30 000, venus de Carrefour ou des villages environnants, serrés jusqu'à étouffer dans une enceinte faite pour une paroisse de campagne. 30 000 personnes, dans l'odeur des feux de bois vert, des excréments et du désinfectant, de la misère, de la promiscuité, de la maladie. «La semaine dernière, nous avons perdu 14 enfants à cause des diarrhées, dit le père Cyprien, et 15 de plus ces trois derniers jours.»

Dans la nuit africaine, quand l'orage finit par éclater, c'est toute l'eau d'un ciel peu miséricordieux qui s'abat d'un coup, comme un rideau de plomb glacé, sur des femmes et des enfants debout, tendant une bâche de plastique à bout de bras. Le camp est protégé par une unité de Marocains de l'Onuci, mais il manque de place, vivres, de médicaments, d'eau potable, de tout. 30 000 réfugiés dans un jardin ! Parfois, même le père Cyprien sent le courage lui manquer. Surtout dans la nuit noire, quand il entend les rôdeurs assassins continuer à hurler des menaces sous le nez des survivants : «On vous tuera tous, jusqu'au dernier !» Oui, le père Cyprien tremble lui aussi. Le grand massacre, qui a duré plus d'une semaine, a sans doute fait bien plus de mille morts. Il sait que Duékoué la maudite est un point rouge sur la carte du pays, une ligne de front des ethnies, un laboratoire du Mal, un lieu emblématique de ce que la Côte d'Ivoire pourrait devenir si elle ne trouvait pas, vite, très vite, le chemin de la réconciliation.


Jean-Paul Mari in Le Nouvel Observateur, le 12 mai 2011


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Afrik53.com : Chers intervenants, injure = exclusion définitive de notre site

Depuis quelques temps, les débats sont devenus houleux dans les réactions sur votre site Internet Afrik53.com . Si votre site se veut un lieu de débats, cet espace n’est pas, et ne sera jamais, la tribune des injures à caractères tribales,racistes, antisémites et même des injures personnelles entre certains lecteurs qui se connaissent aussi bien de façon épistolaire que physique.

Nous traquerons désormais des réactions comportant des injures et, à chaque réaction malveillante, nous n'hésiterons pas à bannir définitivement et sans recours les auteurs tout en les excluant sans réserve de notre base de données.

Injure = Exclusion définitive

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