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Côte d'Ivoire, cent ans de recul ?

le Mercredi 7 Septembre 2011 à 07:16 | Lu 484 fois





Le nouveau courrier

Crise postélectorale ? Ainsi s’est-on précipité de baptiser et de faire accepter, de manière rusée et subtile, cette espèce de complot cauchemardesque, dans lequel, contre toute attente, la Côte d’Ivoire a basculé, depuis une certaine proclamation anticonstitutionnelle, des résultats provisoires, contestables, du second tour des élections présidentielles, le jeudi 02 décembre 2010. Crise postélectorale ?

Non ! L’expression est impropre. Pour l’admettre, il aurait fallu qu’il y ait eu élection, au sens étymologique, démocratique et élégant du terme. Or ce ne fut pas le cas. Les dispositions règlementaires, conformément à la Constitution, ont été violées et travesties, depuis l’élaboration de la liste électorale jusqu’à la proclamation finale : liste électorale truffée d’intrus.

Le pot aux roses découvert, cela a coûté son poste au premier président de la Commission électorale indépendante (Cei). On croyait mieux faire en le remplaçant. Eh bien ! On n’a fait que remplacer le lion par le tigre. La seconde fraude intervenue au niveau du résultat final va entraîner la Côte d’Ivoire à la catastrophe. Le représentant de l’ONU, censé certifier le processus électoral dans sa globalité, s’est plutôt, précipité pour certifier des résultats provisoires frauduleux.

C’est la seule élection au monde ou le résultat provisoire a tenu lieu de résultat définitif. La Communauté Internationale, cette nébuleuse fourre tout, qui dénie à l’Afrique tout droit à la démocratie, peut être, au bien-être aussi, n’a trouvé mieux que de proposer la guerre comme voie de règlement de notre contentieux électoral, au détriment du comptage démocratique des voix, comme vécu sous d’autres cieux.

Résultat : deux élus ; l’un, selon les dispositions règlementaires et constitutionnelles, l’autre, selon la loi de la force et de la terreur militaires, entretenues par trois armées : celle de la rébellion de 2002 appelée «Force Nouvelles», l’armée française baptisée à dessein «Licorne» depuis 2002, à cause de la Côte d’Ivoire et l’armée
de l’Onu aux ordres de la nébuleuse internationale. Alors, jugeons en nousmêmes ! Une élection organisée de cette manière en est-elle une ? Cette élection avait été autorisée pour servir de prétexte et fournir un alibi en or à la France et à ses amis qui ne voulaient pas d’un bon chef d’Etat de la trempe de Gbagbo, à la tête de la Côte d’Ivoire. Alors, qu’on cesse donc de qualifier notre crise de crise postélectorale.

Il serait plus convenable de parler de crise post-fraude électorale. Imposer une telle élection à la Côte d’Ivoire, et forcer son peuple à en reconnaître les résultats, c’est le premier signal fort qui montre que dans l’esprit de la France, malgré notre cinquantenaire d’indépendance, nous sommes toujours considérés comme des indigènes. A partir de cet instant, considérons que c’est cet apostolat de base qui va guider toutes ses actions dans notre pays. Nous revoilà cinquante ans avant notre indépendance, ce qui fait, au total, un recul de cent ans. Et pourtant, la Côte d’Ivoire n’est pas un pays novice en matière d’élection. Elle compte trente ans d’expérience électorale démocratique avérée, débutée sous Feu Houphouët-Boigny.

En 1980, autorisation a été donnée à plusieurs candidats de briguer un même poste électif au sein du parti unique. Cette transition opérée par la sagesse du Vieux a permis aux Ivoiriens, 10 ans après, d’aborder avec beaucoup de facilité les élections de la période multipartisane, induite par le «vent de la démocratie» qui a soufflé sur toute l’Afrique en 1990. Ce qui ne fut pas le cas dans plusieurs pays africains. C’est dire qu’en 2010, c’est un peuple mûr, expérimenté, habitué aux joutes électorales et capable de mener une campagne électorale civilisée, qui s’est manifesté. Avec, cerise sur le gâteau, le face-à-face, réussi avec brio pour la première fois, la Côte d’Ivoire a fait son entrée dans la cour des grandes nations démocratiques du monde. Elle méritait mieux que ce rapt électoral, orchestré par la France et les Etats-Unis d’Amérique.

Les Ivoiriens qui tournaient en rond depuis 2002, avaient fondé beaucoup d’espoir dans cette élection jugée libératrice. Hélas ! Le train électoral qui devait emmener la Côte d’Ivoire vers des horizons prometteurs, a déraillé. La vie a fait place à la mort. La joie de vivre a fait place aux douleurs causées par les blessures et mutilations physiques et psychologiques à vie. La sécurité a fait place à la terreur et à l’insécurité, entretenues par des hommes en armes sans formation militaire aucune.

Le bien-être matériel fraîchement amorcé par la politique du Président Gbagbo, a fait place au pillage des maigres acquis. Les ambitieux projets économiques, susceptibles de nous installer dans le développement durable et la prospérité, ont fait place à un secourisme financier français sur la base de contrats de dupe. La prise en charge certaine de nos réalités socioéconomiques par les cerveaux scientifiques nationaux, a fait place à des visions politiques approximatives et floues de dirigeants en mal de snobisme dont la carte de visite se limite au diplôme du VTS (Violence, Terreur, Sang).

L’unité nationale a pris du plomb dans l’aile et est en train de céder la place à l’apartheid ethnique. Des Ivoiriens travaillant en dehors de leur région sociologique, sont systématiquement menacés, pourchassés et assassinés. On se croirait aux temps des guerres tribales de nos ancêtres. Une simple compétition électorale devient la guerre. La Côte d’Ivoire a vraiment reculé de cent ans.

Au total, le peuple a été désabusé. Tous les sacrifices et tracasseries qu’il s’est imposé pour subir l’enrôlement et participer, massivement, au vote, ne lui a valu, en définitive, que guerre, tueries, viols, mutilation, pillage, destruction de biens et de lieux de travail, fuite de domicile et du pays, justice partisane, pauvreté. Cependant, depuis que la Côte d’Ivoire est Côte d’Ivoire, nous n’avons jamais été aussi près de la vraie liberté.

Nous avons commencé à nous familiariser avec des notions comme : battre monnaie, transformer nos matières premières. Avec le Président Gbagbo et son gouvernement, piloté par l’émérite Premier Ministre Aké Ngbo, la volonté politique et les compétences étaient là, tangibles. Hélas ! On veut, aujourd’hui nous servir une politique de tombeau blanchi, faite d’actes d’éclat qui n’engagent pas notre âme.

Des Ivoiriens travaillant en dehors de leur région sociologique, sont systématiquement menacés, pourchassés et assassinés. On se croirait aux temps des guerres tribales de nos ancêtres. Une simple compétition électorale devient la guerre. La Côte d’Ivoire a vraiment reculé de cent ans.

Non ! L’Ivoirien est trop «Yêrê» (avisé et conscient) pour se laisser distraire par cette politique d’artifices ou artificielle de propreté de la ville, de coups de peinture par-ci, par-là, de réduction de barrages routiers, de lutte contre le racket, d’endettement, etc. En somme, des choses dignes de séduire des indigènes d’il y a cent ans. Non ! L’ivoirien sait très bien que là ne se trouvent ni son indépendance ni son développement, ni sa souveraineté.

D’Houphouët, qui a mis l’accent sur la formation des cerveaux en vue du vrai développement, à Gbagbo qui était sur le point de laisser ces cerveaux s’exprimer totalement au bénéfice de ce développement, il y avait une continuité harmonieuse et dynamique. Aujourd’hui, nous observons une cassure. Pis, un retour en arrière. Tout est mis en oeuvre pour bloquer le développement de la Côte d’Ivoire. Des cerveaux scientifiques sont en prison, malmenés par des soldats analphabètes, tandis que le pays est dirigé par des gens dont certains ont le statut de leurs étudiants. La France a repris sa position de pays colonisateur.

La Côte d’Ivoire des Houphouëtistes est en train de donner tort à Houphouët d’avoir envoyé, très tôt, des étudiants en formation en France et d’avoir construit universités et grandes écoles dont les bons fruits se révèlent, avec beaucoup de fierté, à chaque CAMES.

La prise en charge certaine de nos réalités socioéconomiques par les cerveaux scientifiques nationaux, a fait place à des visions politiques approximatives et floues des dirigeants.

Nous revoilà cent ans en arrière ! En tout cas, notre douleur est d’autant plus grande que certaines voix fortes de revendication de notre liberté et de notre indépendance ont, aujourd’hui, carrément empoché leurs discours au profit des revendications du ventre et de l’envie de paraître. Y aurait-il de quoi désespérer de la Côte d’Ivoire ? Que non !

Celui-là même qui a posé les fondements de la Côte d’Ivoire indépendante, Feu Félix Houphouët Boigny, a dit ceci : «On peut perturber ou retarder le développement d’un pays, mais on ne peut jamais l’empêcher ». S’il est vrai qu’au commencement il y avait la parole et que toutes choses ont été créées par elle, nous osons croire donc que cette parole, sortie de la bouche du premier Président de la Côte d’Ivoire, au commencement de son indépendance, s’accomplira pour elle. Les cent ans de recul qu’on veut nous imposer se convertiront, à coup sûr, en cent ans de progrès fulgurant!

Pierre Moulokossony (*)


Mercredi 7 Septembre 2011
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