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Côte d'Ivoire : « Rue Princesse » de Yopougon: Le symbole détruit, vive la galère !

le Mercredi 6 Mars 2013 à 00:44 | Lu 987 fois



Côte d'Ivoire : « Rue Princesse » de Yopougon: Le symbole détruit, vive la galère !
La Rue Princesse a été objet d’un acharnement du régime Ouattara. Les bulldozers de la ministre Anne Ouloto l’ont agressée le 5 août 2011. Tous les grands bars et maquis ont été démolis. Cette vitrine du tourisme et des loisirs a été éventrée. Avec elle, un pan de l’économie informelle et de la culture ivoirienne s’est effondré pour faire place à la galère et à la désillusion.

La rue Princesse ne grouille plus de monde. Elle ne connaît plus les encombrements et les bruits de klaxon de véhicules auxquels les visiteurs et riverains se sont accommodés. Idem pour les décibels émanant de la sonorisation des maquis et bars. Aujourd’hui, c’est le calme plat à la rue Princesse. La devanture des bars de renom jadis attractives est déserte. Il n’y a plus d’affluence à l’intérieur de ces bars. Les petits revendeurs de cigarettes ont déménagé ailleurs faute de clients. Les gérants de cabines téléphoniques et les femmes qui faisaient fortune dans le poisson braisé et tous ceux qui tenaient de petites affaires à la rue Princesse ont tous mis la clé sous le paillasson. Les « djosseurs de nama », activité qui consistait à aider les véhicules à stationner ça et là ont abandonné les lieux. Pourquoi rester à cet endroit quand les véhicules deviennent rares ? Et pourtant, l’activité nourrissait son homme à la rue Princesse parce que les voitures ne désemplissaient pas.

La voie qui relie la pharmacie Keneya à la pharmacie Bel air et qui est baptisée rue Princesse a véritablement perdu son engouement. La circulation des piétons et des automobilistes n’est plus intense. Elle est fluide et on peut compter prendre tout le temps de compter les véhicules qui passent par là la nuit. La rue Princesse n’est plus une vitrine d’Abidjan. En la déguerpissant, on a tué l’âme de commune de Yopougon. L’économie informelle, le tourisme, les loisirs et la promotion de la musique ont tous pris un coup. Car la rue faisait de Yopougon une destination prisée des visiteurs de la capitale économique. Elle attirait des célébrités de tout genre du monde. « Le footballeur Eto’o Fils est passé ici », confie, sur un ton d’amertume, un employé du Cyclone bar. Il ne cesse de maudire les mains qui ont dévasté la rue Princesse. Insistant que le pouvoir a été mal inspiré en procédant au déguerpissement de toute cette industrie variée.

Le costaud et renommé bar Jackpot, littéralement rasé, a fait place à un petit kiosque de café express.
Les célèbres bars tournent désormais à vide et les gérants se tournent les pouces. Les vigiles postés à l’entrée des bars s’ennuient. « On est là. On perd et on paye des taxes qu’on ne payait pas avant. On entend le bruit de l’argent, mais on est dans l’illusion. Si ça continue dans deux mois on va fermer. Avant on s’en sortait mieux. On est obligé de réduire le personnel parce que nos charges sont intenables », explique le patron du Chawarma-glacier chez Fawal. Il est 23h30, ce vendredi 11 janvier 2013, quand il nous reçoit.

A l’en croire, il exerce à la rue Princesse depuis 2000. Vite il dénonce les charges auxquelles on les soumet maintenant. Il sort les courriers qui lui font obligation de payer de nouvelles taxes. Désormais il doit payer la taxe de nuit instituée par la mairie et une autre taxe dite d’identification. « On nous demande de payer une taxe de tourisme pour les restaurants. C’est nouveau et cette taxe fait 100.000F (cent mille francs) ». Poursuit-il. Avant de présenter la redevance d’exploitation du ministère du Tourisme. Dans le courrier, il est fait mention que cette redevance d’exploitation doit être payée à la régie située au 19ème étage de l’immeuble Postel 2001 et précise que cette taxe est en vigueur le 30 juin 2012.
A ces nouvelles charges, s’ajoute le contrat de bail commercial. « Pour un bâtiment qu’on loue à 50.000F, l’exploitant doit payer 18.000F aux impôts. Cet impôt n’a rien à voir avec ce qu’on paye habituellement. Il est institué depuis le 4 juillet 2012 », précise le propriétaire de Chawarma-glacier chez Fawal. Il n’est pas content de la forte pression exercée sur les commerçants au moment où les affaires ne prospèrent pas. « On nous demande beaucoup de taxes alors qu’on n’a pas l’argent », grogne-t-il.

Ce sentiment est partagé au bar Must Abidjan. « ça se porte mal. Les gens ont peur de sortir les nuits. Nos clients craignent l’insécurité. Nous profitons de votre support pour leur demander de ne pas avoir peur », tente de rassurer le gérant du Must Abidjan.
« Nous sommes heureux de recevoir les journalistes ici. Nous voulons un micro trottoir pour dire combien le déguerpissement de la rue Princesse a fait des malheureux », indique un employé du bar Cyclone. Qui enchaîne : « La rue est tombée. Même les jours ouvrables, les maquis grouillaient. Ce n’est plus le cas », soutient un autre employé. Et son collègue de renchérir : « La rue a accueilli des personnalités. Des stars comme Akon sont venus. Le président Gbagbo s’est déplacé pour venir à la rue Princesse avec ses hôtes. Cette ambiance n’existe plus ». Pendant que nous échangions, ce personnel du bar Cyclone sifflait les voitures pour attirer les clients. Ce n’était pas dans leur habitude d’appeler la clientèle quand les affaires marchaient.

Une âme assassinée

« Le Cyclone a formé beaucoup d’artistes. D.J. Arafat a été technicien de surface ici. Debordo, Djo le magicien, Jageun Aboué, ces têtes du show biz ont disparu depuis le déguerpissement », relève un des employés. Reconnaissant que cette rue était un véritable espace de promotion des Dj et des artistes. La rue, souligne cet employé, a formé de grands manager, arrangeurs et artistes. « Bebi philippe et Serge Benaud ont été formés ici. On devait laisser cette rue qui est le miroir de la culture ivoirienne. Les touristes défilaient ici. Aujourd’hui, le show biz ne tourne plus », affirme-t-il. Avant de déplorer la destruction de la rue Princesse tout en évoquant l’aspect économique : « L’argent généré par les bars, maquis et toute la chaîne de petits commerces renflouaient les caisses de l’Etat. Le Cyclone bar payait des factures d ‘électricité de 400 à 500 mille francs », révèle-t-on. Il en est de même pour la vente de la boisson qui rapportait à la Solibra des centaines de millions. Tous sont unanimes que la rue Princesse était un centre d’affaires rentable pour les entreprises de télécommunication et bien d’autres qui offraient leur sponsor. Toute cette économie s’est effondrée pour le grand malheur de nombreux investisseurs.

A 23h 50, on est au maquis Shangaï. Le gérant est tout seul avec des chaises vides. Il n’y aucun client dans ce cadre très attractif et qui désemplissait jamais à la belle époque. Ce grand maquis paye cash pour le déguerpissement de la rue princesse. « Shangaï est à l’image de ce qui se passe dans le pays », fait remarquer le gérant. Il dit les sacrifices consentis pour tenter de tenir le coup. « On a baissé les prix. Malgré cette baisse, il n’y a toujours pas de clients. Nous avons réduit le personnel en tenant compte de la rentabilité ».
Le décor est presque identique à Industrie bar Vip. Seulement 4 clients occupent les lieux. « Nous vivons une situation compliquée compte tenu des hommes en armes. 50% de nos clients sont véhiculés et venaient des autres communes. Mais à cause des nombreux barrages dressés à Yopougon, nos clients ont freiné les sorties sur Yopougon.”

Même son de cloche au maquis Espace Open. Ce maquis restaurant qui existe depuis 2010 n’a que 3 clients à notre passage. Les chaises sont vides dans ce grand espace où les vendeuses du poisson braisé n’ont aucune commande. « Il n’y a plus d’affluence. La rue ne draine plus de monde. Maintenant au plus tard à 24h, nous fermons. Il n’y a plus de clients et nos recettes ont chuté de plus de 50% », confie le gérant. Qui souligne par ailleurs que le seul bénéfice du déguerpissement est qu’il n’y a plus d’inondation quand il pleut.



Un reportage de Benjamin Koré

Mercredi 6 Mars 2013
Vu (s) 987 fois



1.Posté par gasparo hina le 06/03/2013 13:17 (depuis mobile) | Alerter
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c'était pour faire plaisir aux militants rdr de wassakara,ces sois disants musulmans qui ne supportaient pas ces lieus de joie

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