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Côte d'Ivoire : Mangou, Kassaraté et Guiai Bi Poin réclamés à la barre

L'Afrique en mouvement - Afrik53.com : Infos 7J/7 le Mardi 21 Avril 2015 à 11:33 | Lu 1267 fois



Pour plusieurs activistes des droits humains, il est impérieux que des hauts gradés de l'armée dont Mangou, Kassaraté et Guiai Bi Poin passent à la barre. (Photo d'archives)
La révélation est de taille, surtout quand elle émane du milieu diplomatique.

Dans sa communication sur le thème : ''Protection des droits de l’Homme et lutte contre l’impunité en période post-conflit: comment concilier les nécessités de poursuites judiciaires avec la réconciliation et la paix'', à l'occasion de la rentrée solennelle du Mouvement ivoirien des droits humains (Midh), le jeudi 16 avril, le chef de la Division des droits de l'Homme de l'Onuci (Opération des Nations unies en Côte d'Ivoire), M. Eugène Nindorera, l'a lâchée: «J'ai été à la Maca (Maison d'arrêt et de correction d'Abidjan, Ndlr), et il y a des prisonniers qui m'ont dit: ''Pourquoi, moi, on va me poursuivre alors que je n'ai fait qu'exécuter des ordres ?

Ce que j'ai fait, c'est sur ordre. Et celui qui m'a donné cet ordre, est ambassadeur quelque part. Oui, moi, si on veut me juger, il faut que l'ambassadeur soit là, à mes côtés aussi ''. C'est la réalité. Cela veut dire que, si on veut vraiment que la justice avance, il faut que des actes forts soient posés». On devrait en déduire, sans être un dévin, que de hauts gradés de l'armée ivoirienne, à la tête de la chaîne de commandement pendant la crise post-électorale, doivent être entendus dans le cadre des procès portant sur cette crise.

Certes, ici, l'ex-ministre burundais a voulu prendre un exemple, entre plusieurs autres, pour mieux faire comprendre et partager sa vision d'une justice nationale qui pose des actes forts, mais, il prend le soin de ne citer personne nommément, comme tout bon diplomate. Ce ne sera pas le cas de Me Hervé Gouaméné, cet avocat au barreau d'Abidjan, membre du staff de défense de l'ex-président ivoirien, Laurent Gbagbo et ses proches, dont son épouse Simone et plusieurs autres prisonniers politiques détenus à la Maca.

Ce juriste a carrément mis les pieds dans le plat : «Parlant de chefs militaires hiérarchiques, qui ont été promus ambassadeurs, il s'agit bien de Mangou et de Kassaraté qui étaient respectivement Chef d’État-major et commandant supérieur de la gendarmerie». Parmi les ex-hauts gradés de l'armée ivoirienne pendant la période couvrant la crise post-électorale, le premier est l'actuel ambassadeur de la Côte d'Ivoire au Gabon et le second est le chef de la représentation diplomatique ivoirienne au Sénégal.

Les militaires pro-Gbagbo incriminés de faits allégués de crimes pendant la crise post-électorale se réfugient derrière des ordres qu'ils auraient reçus de la chaîne de commandement en place au moment des faits. Ces prisonniers, qui auraient été envoyés et qui n'auront manifestement pas ''su se faire envoyer'', voudraient dégager leur responsabilité sur les chefs. D'où tout l'intérêt de leurs comparutions. Non pas forcément en tant que prévenus, mais en tant que sachants. Et ce, pour aider à faire éclater la vérité.

Une garantie de bon procès

C'est du moins la position de Me Doumbia Yacouba, président du Midh. «Leurs déclarations peuvent nous amener à un bon procès. En vérité, si Mangou et Kassaraté viennent parler, on saura beaucoup de choses. Par exemple, si Mangou vient dire : ''voilà, j'étais chef d’État-major et en réalité, je n'avais pas les pleins pouvoirs et qu'il en donne les preuves, on va remonter à ceux qui avaient la réalité du commandement. Sinon là, nous sommes dans les suppositions. Si Mangou ne vient pas parler à la barre, on ne saura pas qui avait la réalité du commandement. Ce sera seulement de la conjecture. Si le juge l'interroge et qu'il dit contradictoirement comment les choses étaient organisées, et ''c'est même cela qui m'a amené à fuir pour aller me réfugier dans une ambassade'', il va dégager sa responsabilité et finalement, on saura qui, effectivement, a fait quoi.

C'est ce que nous recherchons dans les procès», a-t-il expliqué. Puis d'ajouter: «Je sais qu'il y a des auditions en cours. Mais, c'est cela qui a manqué au procès en assises. Voyez-vous, les militaires relâchés devant le tribunal militaire l'ont été parce qu'ils ont pris cela comme ligne de défense. Eux, tous ont dit qu'ils agissaient sous ordres de tel ou tel autre chef. Mais, quand le tribunal a demandé que les chefs cités soient convoqués, il a été avancé que c'était impossible. Alors, la procédure s'arrête là. Dans notre appareil judiciaire, l'ordre du supérieur hiérarchique est un fait justificatif. Si on ne remonte pas la chaîne de commandement, on aura toujours des procès bâclés. Si on n'entend pas tous les vrais chefs militaires, on va faire toujours de faux procès, avec des éléments à charges faibles».

Me Gouamené est de cet avis. Il relève même que «c'est en réalité un cas d'incohérence et d'incongruité des poursuites» engagées contre des militaires dits pro-Gbagbo dans le cadre de la crise post-électorale. «On poursuit des militaires, mais nous savons tous que dans l'armée, on obéit à des ordres de la hiérarchie. On ne peut pas poursuivre un militaire du rang, un commandant de corps, sans que le Chef d’État-major ne soit inculpé. Encore moins comme témoin. Nous l'avons relevé dans le cadre des procès qui ont eu lieu», indique-t-il.

Le président par intérim de la Fidhop estime que cette démarche se comprend et s'explique. «C'est pourquoi, beaucoup parlent de justice des vainqueurs, même si le chef de l’État semble dire qu'il n'y a pas de justice des vainqueurs et s'interroge s'il peut exister une justice des vaincus. En le disant, il reconnaît que c'est parce que certains ont perdu la guerre qu'ils sont aujourd'hui détenus et jugés. On ne peut pas faire de procès sincères et crédibles en poursuivant des commandants de corps, des soldats du rang sans que les chefs de ces corps militaires ne soient véritablement inquiétés.

Ils sont plutôt récompensés par des postes d'ambassadeurs. En réalité, c'est parce que Mangou et Kassaraté ont démissionné à un moment de leurs postes sans le faire savoir officiellement et ont collaboré avec le régime en place. Alors qu'ils faisaient croire à Laurent Gbagbo qu'ils étaient avec lui, ils collaboraient avec Ouattara. Le fait qu'ils ne soient ni inculpés ni appelés à la barre, ne serait-ce qu'en qualité de témoin, confirme qu'ils sont récompensés de leur collaboration», apprécie-t-il.

Au titre de leur statut de diplomates, les activistes contactés sont formels: «Pour les crimes de sang, les crimes internationaux, aucune immunité ne vaut. Les entendre à la barre, est même la voie la meilleure pour faire éclater la vérité sur les crimes commis». Ainsi donc, le fait qu'ils soient ambassadeurs ne devrait pas empêcher la justice de les entendre. «Il n'y a pas d'immunité diplomatique pour les cas de crimes graves.

M. Nindorera a évoqué des sentiments de prisonniers juste pour donner un exemple des actes forts que l’État doit poser dans le cadre d'une justice pour toutes les victimes», confie de son côté Anthony Rabbeq, représentant de la Fidh (Fédération internationale des ligues de droits de l'Homme) en Côte d'Ivoire. Pour sa part, Me Traoré Drissa, vice-président de la Fidh, s'est prononcé en ces termes: «Nous sommes dans la procédure et il y a des commentaires que nous ne pouvons pas faire. Ce sont les ambassadeurs accrédités en Côte d'Ivoire qui bénéficient de l'immunité pendant leur période de représentation. Un ambassadeur ivoirien à l'extérieur peut être entendu par la justice nationale quand il est question d'obtenir des éclairages pour situer le tribunal ».

Guiai Bi Poin sur la liste…

Abondant dans le même sens, Me Doumbia a interpellé le gouvernement sur le danger de la promotion de citoyens visés comme étant «auteurs ou co-auteurs» de faits allégués survenus pendant la crise post-électorale. «Si tu veux promouvoir la justice pour tous et œuvrer à ce que que tous les citoyens aient le sentiment que la justice est faite pour toutes les victimes, à partir du moment où il y a des indices de commission de crimes contre des personnes, tu ne les promeus pas», souligne-t-il. Puis de révéler: «Le numéro 2 du Cecos, le commissaire Robet a été relaxé parce que la Cour n'a pas pu entendre le numéro 1 qui est le Gl Guiai Bi Poin. Il a confié qu'il n'était pas dans l'opérationnel, mais plutôt dans la programmation. Il a été relaxé.

C'est conforme au droit. C'est normal. Il eût fallu un interrogatoire contradictoire du Gl Guiai Bi Poin et on aurait su si le n°2 du Cecos a dit la vérité ou pas. Lui aussi doit être entendu. Il faut remonter toute la chaîne de commandement pour situer les responsabilités. Si on ne remonte pas la chaîne, le subalterne va prendre une ligne de défense très simple, qui est qu'il a agi sous ordre. C'est cela qui complique les procédures. Interroger quelqu'un ne veut pas dire pas qu'il est coupable. Quand tout le monde sera interrogé, on n'entendra plus de justice des vainqueurs ou des vaincus».

Et son pair de l'Observatoire ivoirien des droits de l'homme (Oidh) Eric Sémien de conclure : «Nous pensons qu'au delà de l'aspect des condamnations, la justice post-crise a une première mission qui est celle de rechercher la vérité et d'établir les faits. Avant les sanctions et les condamnations, la vérité est essentielle pour savoir qui a fait quoi. Et il est essentiel que tous ceux qui, dans une chaîne de commandement ont eu à intervenir pendant cette crise, puissent être interrogés pour qu'on sache la vérité. Beaucoup de choses sont reprochés à des citoyens. Mais, il est bon qu'on sache la vérité. ...

Afrik53.com : Infos 7J/7
Mardi 21 Avril 2015
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1.Posté par Hermann nda le 21/04/2015 14:36 | Alerter
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Comment peut-on OBJECTIVEMENT s'empresser à faire la promotion d'un adversaire impliqué dans une guerre qui a fait des milliers de morts AVANT même que des enquêtes ne soient diligentées pour situer la responsabilité de chacun des acteurs ?

À quoi répondait cet empressement à nommer les MANGOU et autre KASSARATE quelques jours seulement après la cessation des hostilités?

QUI a donc fait la guerre contre QUI? Quels étaient les BELLIGÉRANTS?

Qui étaient les responsables militaires sous GBAGBO, pendant la crise?

Quelle est la LOGIQUE qui a justifié la déportation de GBAGBO à la Haye pendant que KASSARATE et MANGOU étaient bombardés ambassadeurs?

RIRA BIEN QUI RIRA LE DERNIER !

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