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Cote d'Ivoire : 'Il n’y a pas d’hôtel 5 étoiles dans le pays'

L'Afrique en mouvement - Afrik53.com : Infos 7J/7 le Jeudi 3 Septembre 2015 à 08:08 | Lu 734 fois



Avec des idées, des hommes et une sacrée passion pour son métier et un profond amour pour son pays, il fait bouger les choses pour vendre la destination Côte d’Ivoire.Dans cette interview, des sujets comme les réceptifs hôteliers, le lac aux caïmans de Yamoussoukro, le Femua, le Zoo d’Abidjan sont passés comme il faut en revue.

Quand vous vous êtes installé à ce poste, quelles ont été vos premières difficultés ?

– Je ne parlerai pas de difficultés. Je dirai simplement que je suis arrivé à une période où le climat était favorable. Mais il fallait donner les moyens de travailler aux 97 personnes qui étaient dans l’office et qui ne savaient pas à quoi elles servaient exactement. Il était donc important de donner une vision. Donc j’ai pris un cabinet et nous avons fait un plan d’action.

Après la restructuration, la formation du personnel me tenait à coeur et ça, c’était beaucoup plus compliqué. Il faut de la patience pour manager des hommes qui ont traversé aussi des difficultés avec les dix ans de crise qu’on a tous connus.

Il fallait parer à cela en leur disant que leur seule motivation dans cette maison, c’était l’amour du pays. Chacun pouvait expliquer ce qu’il trouve merveilleux dans ce pays et donner des idées. Mes collaborateurs ont compris le message et chacun d’eux aujourd’hui a quelque chose à donner.

Mais au nombre des difficultés, il y a la destruction de nombreux sites et vestiges touristiques.

– Oui, là on parle de la matière. Mais vestiges détruits, non, je dirai plutôt pas mis en valeur. Vous savez, le tourisme se nourrit de culture et d’artisanat, c’est notre matière première. Nous avons demandé aux présidents des conseils régionaux de nous fournir des éléments, d’accompagner simplement l’outil touristique. Mais la difficulté, c’est qu’ils n’ont pas compris cette possibilité de mettre en avant le potentiel de leur région. Beaucoup n’ont pas inscrit dans leur budget tous les aspects de développement touristique. Ils ne voyaient pas l’intérêt.

Et c’est dû à quoi ?

– Le tourisme était très péjoratif en Côte d’Ivoire. Beaucoup de nos concitoyens ont une notion très vague de ce que c’est. Mais, depuis deux ans, ça bouge, les acteurs se sentent impliqués. C’est de la pédagogie d’expliquer que c’est une industrie. A chaque étape, vous apportez une valeur ajoutée. Nous sommes partis de 0,76% dans le PIB de la Côte d’Ivoire. Et en deux ans, nous sommes passés à 4.8 dans le PIB, pas loin du cacao.

Les pays touristiques en Europe sont en premier la France et en deuxième l’Espagne. C’est une véritable industrie et notre philosophie était de faire comprendre aux Ivoiriens ce que c’est que le tourisme. Dès l’instant où un Ivoirien sort de son lieu d’habitation pour 24h, 48h c’est un touriste.


– Vous avez une voiture, vous mettez de l’essence et vous allez pour la «Paquinou». Sur le chemin du retour, vous achetez des fruits, des légumes, des objets d’art.

Durant votre séjour, vous avez dormi dans un hôtel ou chez un habitant, vous avez apporté une valeur ajoutée de la sorte, c’est une ponction, sans souffrance puisque cela vous fait plaisir de vivre tous ces moments. C’est une participation à l’économie de la Côte d’Ivoire.

C’est une industrie qui est transversale, par rapport à tout ce qui est fait dans le pays. Si vous n’avez pas de route, d’hôtel, de marché, de dispensaire et tout le reste, on ne peut pas faire de véritable tourisme. Nous sommes liés à tous ces axes de développement de l’industrie touristique.

La Côte d’Ivoire est-elle une destination d’affaires, une destination touristique ou les deux ?

– Vous savez, le charme de ce pays c’est que quand vous arrivez, vous pouvez tout faire à la fois. Les niches que nous avons, nous les avons créées à travers des forums, des rencontres et nous parlons effectivement de tourisme d’affaire. Mais, tourisme d’affaire ne veut pas dire que nous nous arrêtons à cela. Quelqu’un qui vient pour des affaires chez nous, on lui permet de partir également à la découverte de la Côte d’Ivoire. Découvrir notre histoire, notre musique, les danses et traditions de chez nous, la gastronomie, la culture… Le tourisme d’affaire peut se conjuguer avec le tourisme de découverte sur l’ensemble des niches que nous avons, que ce soit le balnéaire, le culturel, la tradition, le tourisme de mémoire…

Vous avez évoqué tout à l’heure les réceptifs hôteliers. C’est un peu la cacophonie en ce qui concerne le nombre d’étoiles équivalent aux services réels qui sont proposés aux clients… Que faites-vous pour assainir ce milieu ?

– Pendant dix ou quinze ans, il n’y a pas eu de normalisation, de création d’entité pour régir tout ça…

J’aime à dire qu’il n’y a que des étoiles filantes sur les réceptifs hôteliers. Certains se sont octroyé des étoiles tout seuls. Nous avons demandé à une mission de l’ONT de venir vérifier tout cela et la conclusion est que nous n’avons que de bons «trois et quatre étoiles» sur les standings aujourd’hui. Je tiens à vous dire qu’il n’y a aucun hôtel

5 étoiles en Côte d’ Ivoire. Maintenant, c’est vrai que les gens ont eu la facilité d’avoir des hôtels, mais pour la classification, ils n’ont pas demandé l’avis du ministère du tourisme. Ce n’est pas nous qui avons donné les étoiles. Tout est à faire. Mais quand vous prenez un groupe comme Accor, il y a une classification qui est faite sur les normes internationales. Vous prenez Ibis à Abidjan, vous avez le même Ibis en France, à Tokyo, à Londres. C’est en cela qu’on dit que c’est une chaîne qui adapte effectivement ses services en fonction des étoiles, de la norme établie.

Alors, on fait quoi pour mettre de l’ordre ?

– Il y a beaucoup de résidences qui se font appelées Hôtels. Mais ce qu’il faut comprendre, c’est qu’on n’avait jamais eu d’école de tourisme au sens plein du terme en 54 ans d’indépendance. Mais depuis un an, nous en avons une grâce aux efforts du ministre Roger Kacou qui a permis que ça puisse se faire. Nous allons maintenant mettre en place, par décret toutes les applications nécessaires pour endiguer le fléau et permettre la professionnalisation de l’axe d’hébergement en Côte d’Ivoire.

Côte d’Ivoire tourisme semble affilié au FEMUA. Pourquoi ce choix ?

– Nous ne sommes pas affiliés (rires), nous sommes en accompagnement. Nous avons signé un partenariat pour une collaboration. Le FEMUA, c’est important, c’est d’abord cette dimension internationale de Magic System qui a permis qu’on parle de la Côte d’Ivoire dans le monde entier. Il serait stupide de ma part de ne pas m’attacher effectivement à cette vision : Faire parler de la Côte d’Ivoire, vendre la destination ivoire. Quand vous prenez des gens qui sont des exemples sur le plan international et qui viennent en plus de chez vous, le message passe mieux. Cela permet de dire que la Côte d’Ivoire is back. Vous savez, on a souffert de cette crise hein… Il y avait tellement de journalistes ici pour parler des tensions en Côte d’Ivoire. C’était fou ! Mais lorsque la crise s’est arrêtée à l’avènement du Président Ouattara, personne n’est venu dire que ça allait mieux.



– Ils sont tous repartis avec leur caméra, leur stylo, leur dictaphone et on ne parlait plus de la Côte d’Ivoire comme destination retrouvée. C’est le rôle de l’Office d’aller dire «il fait bon vivre en Côte d’Ivoire aujourd’hui». C’est un rôle difficile, mais c’est le nôtre. Et pour ce travail, les artistes sont souvent bien placés pour nous faciliter la tâche. Stratégiquement, nous prenons un certain nombre d’éléments en Côte d’Ivoire, ne serait-ce que le Femua à travers Magic System, pour nous aider. Ce travail ne peut se faire tout seul, c’est la solidarité qui permet de gagner. Une page à TF1 revient à 250 000 euros, les trente secondes. Alors, si je peux utiliser des Ivoiriens qui ont pignon sur rue dans le monde à moindre coût, je suis prêt à le faire car je ne saurai pas faire venir des journalistes qui ont à un moment donné montré le côté négatif de mon pays. En plus, le Femua draine beaucoup de touristes ici, raison de plus pour accompagner Magic System.

Le lac aux caïmans de Yamoussoukro drainait aussi du monde, mais la disparition brutale du gardien semble avoir porté un coup à cette attraction touristique.Que comptez-vous en faire ?

– Je vous parlais des responsabilités des régions. Nous sommes en contact avec le Gouverneur du District de Yamoussoukro, notre frère Thiam pour qu’on puisse exploiter le site. Il ne s’agit pas seulement du lac aux caïmans, mais aussi de la résidence du Président Félix Houphouët Boigny qui est un monument, un lieu historique. Quand je parle du tourisme de mémoire, c’est un exemple. Il faut y penser. L’ouverture des portes de la résidence du premier Président de la République de Côte d’Ivoire au public est une chose essentielle.

Le Père de la Nation ivoirienne doit être une icône importante. Vous savez, vous allez au Maroc, Hassan II, le mausolée, on visite. Vous allez en Chine, Mao Tsé Toung, en France, le Château de Versailles, on le visite.Dans tous les pays du monde, cela se fait. Au-delà de la dimension économique, il y a la dimension culturelle et historique. Il y a des pièces uniques dans cette résidence, des choses surprenantes à découvrir…au-delà des crocodiles, il y a cet aspect. Mais ce serait bien que l’entrée de cette résidence soit payante pour permettre l’entretien, le paiement de tous ceux qui y travaillent afin que l’Etat se désengage.



– Mais, je vous rassure tout de suite. Les crocodiles existent toujours, ils sont entretenus et vont bien. Mais pour une question de sécurité, de prudence, il est important qu’il y ait une nouvelle façon de voir les choses.Que les gens ne descendent plus à l’intérieur, parce que ce sont des animaux. A un moment donné, l’instinct animal renaît et on assiste à des accidents. Ce serait important de centraliser tout cela et qu’on participe à une discussion avec la famille Houphouët, avec le gouverneur et tous les acteurs sans oublier l’appui du Président Alassane pour permettre que Versailles se découvre à Yamoussoukro.

Le zoo d’Abidjan…

– (Pause et silence)… Le zoo d’Abidjan… Il est en pleine réhabilitation. Il fait partie de la matière première quand on veut faire du tourisme. Mais, il n’est pas sous la direction du ministère du tourisme.

Et c’est ce que je ne comprends pas…

– Il y a beaucoup de choses que moi, je n’arrive pas à comprendre aussi (rires). Mais il y a une synergie d’actions qui permet de dire que petit à petit on reprendra un peu les choses. Nous sommes obligés de travailler ensemble. Il faut que les Ivoiriens comprennent que tout mène au tourisme. Si vous réhabilitez le zoo, qui va en faire la promotion ? Si vous réhabilitez un lieu donné à visites importantes, à qui on confie la promotion ? L’office national du tourisme. Il faut que les gens nous intègrent dans leur comité d’organisation. Ils font leur travail, mais notre expertise peut permettre de mettre en exergue les taches accomplies. Pour vendre ce zoo, il faut aussi se référer à l’office.

Votre bilan après ces deux années ?

– Je ne ferai pas ce bilan parce que je sors de l’adolescence en tourisme pour entrer dans la maturité. Mais les Ivoiriens commencent à comprendre ce que c’est que le tourisme et c’est une satisfaction. Mais, beaucoup reste à faire.

Le Maroc fait dix millions de touristes par an et nous 478 000 fin 2014. Nous étions à 250 000, il y a deux ans. Des efforts ont été faits. Notre objectif était d’atteindre 500 000 touristes fin 2015 ; les gens nous ont dit que nous n’étions pas ambitieux. Mais si on va au-delà, comment allons-nous loger tous ces touristes ? Les infrastructures, les hôtels, les routes, les espaces de loisirs, tout ça doit suivre.Mais ce sont des investissements lourds qui prennent du temps.

Y a t-il un lieu exceptionnel en Côte d’Ivoire qui vous a fasciné ?

– La forêt de Taï. J’y ai passé trois nuits à deux reprises. C’est un lieu exceptionnel que les européens connaissent et que les Ivoiriens ne connaissent pas. On y trouve les singes, les chimpanzés les plus intelligents au monde, les tortues géantes qui pondent effectivement, les hypoppotames nains, les éléphants de forêts… Et une petite montagne. Lorsque vous arrivez au sommet, vous avez l’impression de toucher les nuages. C’est une biosphère unique et les curieux seront surpris de voir des grenouilles qui allaitent. J’ai vraiment aimé.

Par Stéphie Joyce

Afrik53.com : Infos 7J/7
Jeudi 3 Septembre 2015
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