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Cote d’Ivoire: Hôpitaux, cliniques/ Harcèlements sexuels, attouchements, viols…

L'Afrique en mouvement - Afrik53.com : Infos 7J/7 le Dimanche 19 Octobre 2014 à 09:58 | Lu 1075 fois

Ici, victimes réelles ou supposées, toutes sont formelles : au cœur des cabinets médicaux, la blouse blanche ne fait pas toujours le médecin correct.



Ainsi, de l’auscultation réelle à l’abus pur et simple, il n’y a souvent que le ‘’déplacement’’ d’un geste que certains médecins n’hésiteraient pas à opérer. Vrai ? Faux ? En face, des médecins prescrivent plutôt la prudence dans les accusations. Et pourtant. Enquête au cœur d’un ‘’secret médical’’ pas toujours facile à cerner…A plus forte raison, avouer.

Trouver les mots pour le dire ou se draper dans la résignation pour le cacher à jamais ?… Elue d’un homme qu’on dit attentionné et reine dans un foyer qu’on dit paisible, la jeune dame répondant aux initiales A.N.D, ployait pourtant sous le poids d’un lourd secret qu’elle portait depuis un certain15 mai 2014. Ce jour-là, partie à l’hôpital dans le cadre du ‘’suivi médical’’ de la fièvre typhoïde dont elle avait souffert quelque temps plus tôt, A.N.D était revenue à la maison… mortifiée. Et pour cause : A.L, son médecin traitant, profitant de ce qu’ils étaient seuls en salle de consultation, s’était offert le ticket ouvrant des portes de son jardin secret. Et la jouissance d’une longue ‘’promenade’’ de plaisir… à ses dépens ! Mais, après plusieurs semaines d’hésitation, A.N.D finit par faire un choix et trouve le courage des mots, pour raconter son viol à son époux, KND.

Depuis début juillet 2014, l’écho du scandale déclenché par le mari révolté, suivi de la dénonciation et l’arrestation du médecin violeur, résonne encore dans l’esprit des populations et particulièrement au CHR de Yamoussoukro qui fut le laboratoire de cette triste expérience (Voir Soir Info du 5 et 16 juillet 2014). Détails de taille : pour s’offrir cette ‘’consultation’’ intra-jambaire aux dépens de sa patiente, le médecin traitant avait pris soin de poser cette dernière dans les bras de Morphée.

Portée par une bonne injection de Valium, rapporte-on. Plus grave, après son coup, le médecin, comme enivré, avait gagné en sans-gêne. Narguant et harcelant jour et nuit A.N.D au téléphone. Il faut comprendre : la plupart des patientes qui subissent – à leurs corps défendant, inconscient ou même consentant – ce genre de ‘’consultations’’ au cœur des cabinets aseptisés des centres de santé, trouvent rarement le courage des mots pour le dire. A plus forte raison dénoncer le médecin en cause. Et pourtant…

Pour les besoins de notre enquête, il aura fallu de longues tractations et des assurances d’anonymat, entre autres, pour que des victimes, qui ont fait l’expérience consommée ou même manquée de ces ‘’consultations’’ particulières, acceptent de livrer leurs témoignages ou lecture de cette nébuleuse, somme toute complexe et tabou : celle des abus sexuels…in médico. En fait, ici, la démarcation entre une auscultation réelle et un attouchement à visée sexuelle, n’est pas toujours aisée à faire. Tout comme la ligne rouge entre une palpation médicale et un tripotage en règle, reste assez floue. Dans l’imaginaire des patientes tous azimuts interrogées sur le sujet, seule l’intention avouée ou l’acte plus ou moins ouvertement tenté ou consommé – avec ou sans le consentement de la victime –, reste la preuve en béton et le baromètre indiscutable de la ‘’l’abus’’. Et pourtant…

*Une affaire de beau sexe

«Interpelée par l’histoire du médecin violeur du Chr de Yamoussoukro », selon ses propres termes, K. Corine est la première à porter son seau de témoignage à notre moulin. A l’en croire, tout patient, qu’il ait affaire à un médecin spécialiste ou généraliste, reste une cible potentielle d’abus de tous genres. Mais, avec les femmes, les abus intimes ou à visée sexuelle, restent les plus sournois et difficiles à évoquer publiquement. «D’abord, parce qu’ils touchent à un sujet toujours tabou chez nous, le sexe. Ensuite, parce qu’ils impliquent généralement un homme et une femme obligée, pour des raisons sanitaires, de livrer sa nudité et soumettre ses parties ‘’honteuses’’ à cet homme qui n’est pas son conjoint. Et enfin, parce qu’on se dit toujours qu’après tout, le médecin ne fait que son travail», souligne K. Corine.

Ainsi, nombreuses seraient les femmes qui subissent au quotidien et dans le secret des cabinets et salles de consultations, des gestes ‘’déplacés’’ voire même plus, sans oser en parler, même à leur conjoint. A 38 ans, mariée et mère de deux enfants, K. Corine est une femme moderne pour qui «les examens et le suivi gynécologiques, quand on est une femme en quête d’enfant, ne sont pas un luxe, mais une nécessité».

Ou plutôt, ‘’était’’ une nécessité. Car, il y a quelques années, en novembre 2006, un médecin-gynécologue a porté un coup de canif à sa conviction. «A l’époque, à Daloa, le gynécologue que je voyais ne s’est pas gêné pour me ‘’violer’’ en quelque sorte. Après quelques consultations, l’homme s’est mis à me faire des compliments…sur mon sexe ! Carrément ! Il me laisse entendre que son métier lui fait voir beaucoup de sexes féminins et… selon lui, j’avais le plus beau sexe féminin qu’il ait jamais vu en douze ans de carrière ! Imaginez comment je me suis sentie ! […] Mais, il était lancé. Bien que sachant que j’étais en couple, il remettait ça chaque fois que j’allais en consultation ou m’envoyait souvent des Sms… pour demander si mon sexe était toujours aussi beau qu’il l’avait vu la dernière fois […]». Elle marque une pause, mi-gênée, mais visiblement toujours émue à l’évocation de cet épisode.

Puis de poursuivre : «En fait, on sait que les femmes sont sensibles aux compliments, c’était donc sa façon à lui de me draguer, en osant des compliments directs sur mon intimité à laquelle il a accès, sans être mon homme. C’était trop déplacé, mais bon…». Certes, K. Corine finira par tout raconter à son mari. Mais, le couple s’est gardé de dénoncer l’indélicat médecin : «On ne voulait pas de scandale. C’était trop gênant pour nous. Mon mari l’a menacé au téléphone et j’ai arrêté de le voir ». Depuis, K. Corine voit de plus en plus rarement un gynécologue. «Sauf pour des nécessités. Et même dans ce cas, j’évite de voir le même médecin plusieurs fois. Ce n’est pas évident, mais c’est ma façon d’éviter de tomber dans la familiarité et ouvrir la porte à d’autres dérapages », se justifie-t-elle.

De toute évidence, des compliments déplacés aux gestes osés d’un médecin traitant qui nourrit d’autres projets de ‘’traitement’’ pour sa patiente, il n’y a souvent qu’un doigt qui a vite changé de… zone. C’est du moins ce que l’on pourrait retenir de l’histoire de dame G. Sophie, la cinquantaine bien bouclée et mère de quatre grands enfants, aujourd’hui.

La ‘’violente’’ question

C’est l’air grave que dame G. Sophie plante le décor : «On a beau évoquer la déontologie, un médecin, c’est avant et après tout, un homme ! Devant la nudité ou le sexe d’une femme, il suffit que le côté homme prenne le dessus sur le médecin, et bonjour les abus», affirme-t-elle avant de poursuivre : «En 2001, j’ai eu affaire à un gynécologue dans une clinique ici même à Cocody. J’avais déjà trois enfants et donc, j’ai quand même une idée claire de l’examen gynécologique. Au début, le médecin a commencé à me féliciter pour ma ‘’fermeté’’ malgré mes trois enfants. Je voyais bien ce qu’il insinuait avec cette affaire de ‘’fermeté’’… mais je me contentais de sourire».

Puis, peu à peu, au fil des consultations, un sentiment naît et s’impose à dame G. Sophie : le médecin, en réalité, se livrait à un jeu pervers… à ses dépens. «A chaque consultation de 15 minutes, il m’auscultait réellement cinq minutes et consacrait les dix autres à me faire, en douce, des caresses intimes ! Au début, je me disais que mon corps me jouait peut-être des tours…mais non ! Je n’entre pas dans les détails, mais je sais quand même distinguer un examen gynécologique d’autre chose» explique-t-elle.

Le cœur du problème : en quoi consiste, au juste, un examen gynécologique ‘’normal’’ ? Question souvent posée, sujet parfois débattu. Mais peut-être pas assez vulgarisé pour dissiper les nuages d’équivoque que certains gestes du médecin traitant peuvent former dans l’esprit d’une patiente. Qu’à cela ne tienne ! Dame G. Sophie finit donc par interpeller le médecin. «J’en conviens, du fait de sa zone d’intervention, la posture d’un médecin- gynécologue est assez délicate. Mais, franchement… [Elle hausse le ton, visiblement énervée et explose] : Dites-moi, qu’est-ce qu’un gynécologue peut bien chercher à toucher le clitoris de sa patiente ?… Encore que je n’étais pas là pour un problème de frigidité, alors… C’est quoi le problème ? Je n’ai pas pu m’empêcher de lui jeter la question à la figure après une consultation !» révèle-t-elle.

Le médecin, tout confus, nous apprend-elle, aurait d’abord tenté de faire croire à sa patiente qu’elle se faisait des idées. Puis, feignant l’indignation, il lui rétorquera qu’elle n’avait pas à lui apprendre son boulot. Mais qu’importe ! Dame G. Sophie changera de clinique et de médecin. Sans juger nécessaire d’en parler à son mari. Et pourtant. «Pendant des mois, j’ai retourné cette histoire dans ma tête, tellement ça m’était inadmissible !» Au point de l’avoir rendue, depuis, «très regardante sur les médecins». Vous avez dit paranoïa ? En somme, le grand paradoxe des consultations et autres examens médicaux où la patiente, tout en se soumettant aux soins, n’a aucune idée de la ligne rouge que le médecin ne peut franchir, surtout pour ce qui relève de son intégrité intime. «Quel que soit le type de consultation, le drame pour une femme, c’est de tomber sur un médecin vicieux, pervers.

Qu’il soit gynécologue ou non, si le monsieur se met en tête de voir ton intimité ou te tripoter, il trouvera toujours des raisons pour le faire. Imaginez-vous ce qui se passe dans la tête d’une femme quand on se retrouve ainsi avec un médecin qui, à un certain moment, ne cache même plus son jeu ?… On se fait tout un cinéma dans la tête. Et c’est d’autant plus difficile qu’on sait qu’un médecin peut vous endormir à tout moment», précise dame G. Sophie. Plus tard, elle nous apprendra également que«le plus grave, c’est qu’il n’est pas facile de reconnaître de facto ou admettre un attouchement sexuel de la part d’un médecin… surtout quand c’est un gynécologue.»

Des consultations aux traitements particuliers

Pour F.K Delphine, Médecin-chef dans un Centre de santé communautaire d’Abidjan-Nord, il faut tout simplement retenir que «la question des abus sexuels en milieu hospitalier est vraiment délicate. Je dirais même que lorsqu’on est malade, face à un médecin, la question de l’intimité ne se pose plus. Ou disons, votre intimité ne vous appartient plus.

Donc, ce ne sont que des présomptions en fait», précise-t-elle tenu à préciser, refusant de s’étendre plus sur la question, faute d’avoir reçu l’autorisation préalable de son directeur. Qu’à cela ne tienne ! F.K Delphine, peut-être sans le vouloir, lève un lièvre : plus le médecin-traitant a des penchants pervers ou vicieux, plus la probalité d’abus est élevée. Vrai ? Faux ?A quelques détails près, T. Kady et G. Marcelle que nous avons ‘’entretenues’’ via Facebook, semblent s’être frottées et piquées à cette ‘’vérité’’. Avec toute la facilité et la légèreté langagières que permet cet outil de communication, Kady et Marcelle ont levé bien d’équivoques sur la question.

La première, T. Kady, Commerciale dans une maison de téléphonie mobile à Abidjan, célibataire, mère d’une fille de 4 ans, commence par annoncer qu’elle veut tout simplement expliquer comment elle se retrouve aujourd’hui à vivre « dans une situation carabinée avec [ses] seins ». Ravissante petit bout de femme, T. Kady, du haut de ses 25 ans, est aussi et surtout (au constat des photos postées sur sa page Facebook), une véritable Miss Lolos (femmes aux gros seins). «A 13 ans déjà, ma poitrine était un problème pour moi (…) Je souffrais aussi de maux de dos récurrents et on disait que c’étaient mes seins qui provoquaient cela. La douleur était telle que ma mère a dû me conduire voir un médecin».

A cette première consultation, le médecin lui prescrit des antidouleurs et lui donne rendez-vous une semaine plus tard. Mais dès le lendemain, l’homme en blouse blanche contacte l’adolescente Kady. Pour s’enquérir de ses nouvelles. Et cela se répétera les jours suivants. Jusqu’au jour du rendez-vous : «Ce jour-là, ma mère m’a laissée y aller, seule. Dès que j’ai fini d’expliquer que mes douleurs persistaient, il m’a dit qu’il va falloir que j’enlève mon haut… Pour un examen plus poussé. Je me suis exécutée et je me suis couchée sur la table de consultation dans le cabinet…», explique-t-elle.

Paradoxe !

Mais très vite, l’exercice de palpation du dos et de la cage thoracique de l’adolescente par le médecin traitant prend une autre tournure. «Tout à coup, il m’a dit de bouger un peu et il a retroussé mon soutien et…Mes seins sortis, il a commencé à me peloter. Au début, il posait des questions, si j’ai mal quand il appuie ici ou là… Et puis, après, il a commencé à respirer bizarrement…. J’étais très perturbée, j’ai commencé à avoir peur !… Mais je me disais que c’était ça la consultation», se rappelle-t-elle. Ce jeu durera un peu plus de deux mois.

Au rythme de deux à trois rendez-vous par semaine, le médecin profitera de la naïveté de l’adolecente, s’offrant d’intenses moments de plaisir à disposer de ses jeunes seins opulents, fermes et aux mamelons saillants qui se dressaient sous l’effet de la climatisation du bureau. Entre temps, l’homme commence également à draguer ouvertement l’adolescente. Se montrant d’une extrême générosité envers elle. Lui payant les ordonnances qu’il lui prescrivait ou lui livrant gratuitement des pommades et autres cachets anti-douleurs… L’adolescente semble alors prendre goût au jeu. L’homme, en véritable prédateur, croit alors que le moment est venu de lancer l’assaut intra-jambaire. Ce jour-là donc, en pleine ‘’consultation’’, il ‘’attaque’’ les seins de ‘’sa’’ patiente… sur un jeu de bouche. « Surprise, j’ai sursauté… Et ses dents m’ont fait mal ! (…) J’étais choquée, j’ai commencé à trembler aussi de peur. Je me détournais sans pouvoir crier » dit-elle. Depuis, elle est devenue ‘’allergique’’ : « Je ne supporte plus qu’on touche mes seins, même mon homme », se désole-t-elle.

Selon ses propres termes, G. Marcelle, elle, semble, curieusement avoir « tiré la bonne carte » du jeu des abus intimes en milieu médical. « Je crois que je vais vous surprendre », annonce-t-elle d’entrée. A 32 ans aujourd’hui, et Responsable achat dans une entreprise, G. Marcelle se rappelle : « J’avais un peu plus de 15 ans et ça faisait un peu plus d’un an que j’avais mes règles très douloureuses qui me clouaient parfois même au lit ! » Accompagnée donc à sa première consultation par sa grande cousine, l’adolescente se retrouvera, quelques semaines après, en train de se faire tripoter sexuellement par son gynécologue. Mais surprise ! D’abord timide au début, ensuite troublée, l’adolescente qui, entre-temps, avait été quelque peu soulagée de ses règles douloureuses, se prend finalement au jeu.

En fait, à suivre les descriptions de G. Marcelle, le médecin traitant, sous prétexte de consultations régulières qu’il lui avait conseillées, soumettait, à chaque rendez-vous, l’adolescente à un ‘’traitement’’ spécial à base de longues séances de caresses et autres ‘’massages’’ intimes très pointus…au point de lui faire découvrir ses premiers émois sexuels ! « Je suis donc devenue accro… Disons même amoureuse de lui. J’inventais même souvent des problèmes imaginaires, rien que pour qu’il me ‘’consulte’’ » souligne-t-elle. Prise au piège de ce petit jeu coquin, c’est presque sur un plateau d’or que G. Marcelle s’offrira à ‘’son’’ gynécologue.

«Les choses sont allées très vite et je suis devenue sa petite amie secrète, puisqu’il était marié. Mais je peux dire que cette relation a fait de moi une femme libérée sexuellement, quoi ! Ça fait trois ans que je suis avec mon gars » Et toc ! De quoi se convaincre finalement que la question des abus (en tous genres) en milieu hospitalier reste un sujet « sensible et trop compliqué », pour emprunter les mots de G.K François, médecin dans un Centre hospitalier d’Abidjan-nord. A moins que…

Par Améday KWACEE

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Dimanche 19 Octobre 2014
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